DE L'AFFAIRE CLEARSTREAM
BIOGRAPHIE
Dominique Galouzeau de Villepin
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BIOGRAPHIE :
Dominique Galouzeau de Villepin
Dominique Galouzeau de Villepin, dit Dominique de Villepin, né le 14 novembre 1953 à Rabat (Maroc), est un écrivain, diplomate, homme politique français, il fut Premier ministre le 31 mai 2005. Il est membre de l'Union pour un mouvement populaire (UMP).
Né au Maroc, alors encore sous protectorat français, il est le fils de Xavier de Villepin, sénateur centriste puis UMP, et d'Yvonne Hétier, première conseillère de tribunal administratif. Il passe la majeure partie de sa jeunesse à l’étranger : en Afrique, aux États-Unis d'Amérique, en Amérique latine et spécialement au Venezuela.
En mai 68, à l'âge de quinze ans, il est le seul gréviste de son école à Caracas. Il rentre en France, et poursuit ses études à Toulouse, d'abord au lycée privé jésuite Le Caousou où il obtiendra son bac (avec la mention assez bien) à l'âge de 16 ans, puis à la faculté de lettres.
Il entre ensuite à l'Institut d'études politiques de Paris, puis à l'École nationale d'administration dans la promotion Voltaire, aux cotés de François Hollande et Ségolène Royal. Il finira 25e, ses adversaires politiques d'aujourd'hui finissant respectivement 11e et 95e. Il adhère en 1977 au Rassemblement pour la République.
Il effectue son service militaire dans la Marine comme officier sur le porte-avions Clemenceau, avant d'occuper son premier poste au ministère des Affaires étrangères.
Marié à Marie-Laure Le Guay, ce passionné de sport, d'histoire et de littérature est aussi un écrivain qui a publié, outre un ouvrage sur l'épopée napoléonienne, plusieurs essais, et deux recueils de poèmes en 1986 et 1988. Dans ceux-ci il décrit, au fil de pages en l'honneur des grands poètes, son enfance hors de France. Il dédie d'autres pages à sa mère, et aussi à son frère dont la disparition prématurée semble l'avoir durablement affecté.
Dominique de Villepin a eu trois enfants avec Marie-Laure Le Guay :
- Marie, née en 1986, mannequin, s'est fait remarquer en posant pour le magazine Elle avec des robes de haute couture signées Givenchy, Valentino, Giorgio Armani et Chanel. Après avoir passé son bac en 2004 à Paris, elle commence une première année d'économie-gestion à l'université Paris-Dauphine, qu'elle arrête pour partir à New York afin de continuer sa carrière de modèle. Elle a aussi tourné dans le cinquième épisode des "Rois Maudits". Elle vient de créer un parfum pour la maison Dior qui sera mis en vente prochainement.
- Arthur a également entamné une carrière dans le mannequinat. Un début de polémique en septembre 2005 a concerné l'intervention prêtée à son père auprès des forces de police pour dissimuler son implication dans une bagarre à la sortie d'une fête, dans le XVIe arrondissement de Paris. Cette version, donnée par les medias, a été officieusement contestée par les intéressés. Arthur, auquel le policier aurait demandé s'il voulait porter plainte après avoir vérifié son identité aurait appelé son père pour prendre conseil.
- Victoire, née en 1989.
CURSUS POLITIQUE
1977 : Adhère au RPR
-01-1978 : Elève de l'Ecole Nationale de l'Administration jusqu'en mai1980
06-1980 : Secrétaire des Affaires étrangères jusqu'en 1981
1981-1984 : Entre aux Affaires africaines et malgaches et Centre d’Analyse et de Prévision
05-1984 : Premier secrétaire de l’ambassade de France aux Etats-Unis jusqu'en juillet 1987
1987-1989 : Directeur du service de presse et d’information de l’ambassade de France aux Etats-Unis
1989-1990 : Deuxième Conseiller à l’Ambassade de France à New Delhi
1990-1992 : Premier Conseiller à l’Ambassade de France à New Delhi
1992-1993 : Directeur adjoint au Ministère des Affaires étrangères
1993-1995 : Directeur de cabinet du Ministre des affaires étrangères
01-1996 : Président du conseil d’administration de l’Office national des forêts jusqu'en mai 1999
17-05-1995 : Secrétaire Général de la Présidence de la République (Pr : Jacques Chirac) jusqu'en 2002
07-05-2002 : Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Francophonie
17-06-2002 : Ministre des Affaires étrangères
31-03-2004 : Ministre de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales
31-05-2005 : Premier Ministre
01-06-2005 : Le Premier Ministre se donne "cent jours" pour redonner confiance aux français
30-06-2005 : Le Premier Ministre s'engage, lors de sa première conférence de presse, à rendre compte tous les mois aux Français de son action
05-07-2005 : L'Assemblée Nationale rejette un motion de censure du Gouvernement déposée par le PS en ne receuillant que 174 voix sur les 289 nécessaires
07-09-2005 : Dominique de Villepin préside exeptionnellement le Conseil des Ministres en remplacement du Président Chirac hospitalisé au Val de Grâce
08-09-2005 : Le Premier Ministre est à Matignon depuis Cent jours. La majorité salue l'action du Gouvernement et la baisse du chômage, l'opposition dénonce cette politique et la "fausse" baisse du chômage. des sondages donnent 70 à 80% de Français qui n'estiment pas que le Premier Ministre ait redonné confiance au pays.
14/16-09-2005 : Préside, à la place du Président Chirac, la délégation française réunie à New-York pourles 60 ans de l'ONU
07-11-2005 : Pour répondre à la crise des banlieues et aux violences urbaines que connait le pays, le Premier Ministre annonce le recours à la loi de 1955 sur le couvre-feu
16-01-2006 : Le Premier Ministre annonce une loi pour la création du Contrat Première Embauche (CPE) pour les jeunes de moins de 26 ans
07-02-2006 : Première manifestation en France contre le CPE
09-02-2006 : Le Gouvernement de Villepin engage sa responsabilité (art 49.3 de la Constitution) pour faire approuver le CPE par l'Assemblée Nationale
13-02-2006 : Les étudiants de Rennes appellent à la mobilisation générale des jeunes
16-02-2006 : Manifestations dans une trentaine de villes
21-02-2006 : L'Assemblée Nationale rejette un motion de censure du Gouvernement déposée par le PS en ne receuillant que 178 voix sur les 289 nécessaires
06-03-2006 : Le Sénat approuve le projet de loi incluant le CPE
07-03-2006 : Manifestation enorme en France (396.000 manifestants selon la police / 1.000.000 selon les syndicats) contre le CPE avec des blocages d'universités
08-03-2006 : Occupation de la Sorbonne à Paris et blocage de nombreuses universités en Province
09-03-2006 : Adoption définitive par le Parlement incluant le CPE
12-03-2006 : Le Premier Ministre propose des aménagements au CPE
16-03-2006 : Nombreuses manifestations en France (247.500 manifestants selon la police / 500.000 selon les syndicats)
18-03-2006 : Nombreuses manifestations en France (500.300 manifestants selon la police / 1.500.000 selon les syndicats)
24-03-2006 : Première réunion entre le Premier Ministre et les principaux syndicats de salariés débouchant sur un échec de discussion
25-03-2006 : Première réunion entre le Premier Ministre et des syndicats étudiants et lycéens. Les principaux syndicats étudiants et lycéens (UNEF/UNL/FIDL) refusent de le rencontrer et réclament au préalable à toute négociation le retrait du CPE
28-03-2006 : 1.000.000 à 3.000.000 de manifestants en France selon la police ou les syndicats contre le CPE. Le Premier Ministre refuse de retirer son projet de loi et propose aux syndicats étudiants et de salariés de le rencontrer le 29 Mars
29-03-2006 : Les syndicats refusent de rencontrer le Premier Ministre et demande par écrit au Chef de l'Etat d'arbitrer cette question. La majorité parlementaire se fissure en deux. La gauche poursuite ses demandes de retrait du CPE
30-03-2006 : Les manifestants poursuivent les blocages des établissements scolaires ainsi que des axes routiers et des gares. Le Conseil Constitutionnel valide le projet de loi du Premier Ministre sans aucune réserve
31-03-2006 : Le Président Chirac promulgue la loi instituant le CPE et réclame au Gouvernement une loi modifiant les deux points contestés de la loi
04-04-2006 : 1.000.000 à 3.000.000 de manifestants en France selon la police ou les syndicats contre le CPE
10-04-2006 : Le Président Chirac signe la fin du CPE
04/05-2006 : Le Premier Ministre de Villepin est pris dans la tourmente de l'affaire Clearstream mettant en cause son rôle dans l'utilisation de faux documents pour compromettre des hommes politiques (dont Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Khan, Jean-Pierre Chevènement etc.) et des personnalités du monde économique. Le Premier Ministre poursuit sa chute dans les sondages suite au CPE et à cette affaire
12-05-2006 : Le Premier Ministre "dérape" en s"adressant à des photographes, en pleine affaire Clearstream et à un retour de déjeuner avec des Ministres : «Vous auriez dû venir avec nous, on a fait une belle balade. Vous êtes là comme des fonctionnaires, comme des moules accrochées au rocher ! Allez, Salut !»
16-05-2006 : L'Assemblée Nationale rejette un motion de censure du Gouvernement déposée par le PS en ne recueuillant que 190 voix sur les 289 nécessaires. L'UDF a voté pour le tiers de ses députés en faveur de cette motion
20-06-2006 : Le Premier Ministre porte plainte contre les auteurs de deux livres sur l'affaire Clearstream
20-06-2006 : Interpellé à l'Assemblée par le Premier Secrétaire du PS François Hollande sur différentes affaires et la responsabilité de l'Etat dans la crise que connait le pays, le Premier Ministre répond vivement en employant à trois reprises le mot de "lacheté" pour qualifier Mr Hollande. Cette réponse provoque un incident parlementaire et une crise médiatico-politique durant 24 heures
21-06-2006 : Le Premier Ministre porte plainte contre un troisième auteur de livre sur l'affaire Clearstream
21-06-2006 : Le Premier Ministre fait part de ses regrets à l'Assemblée pour les propos tenus la veille à l'encontre des socialistes qui menaçaient de boycotter les questions au Gouvernement sans excuse du Premier Ministre.
17-07-2006 : Le Premier Ministre se rend à Beyrouth pour exprimer la solidarité de la France au peuple libanais sous les bombes israéliennes
08-10-2006 : Dominique de Villepin annonce l'interdiction de fumer dans les lieux publics pour Février 2007 en France
06-12-2006 : Le Conseil des Ministres donne son autorisation à l'audition par les juges de Dominique de Villepin comme témoin dans l'affaire Clearstream
21-12-2006 : Dominique de Villepin est entendu comme témoin par la justice dans l'affaire Clearstream pendant 17 heures
21-03-2007 : Il apporte son soutien à la candidature de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle
09-05-2007 : Il participe à son dernier Conseil des Ministres présidé par le Président Chirac
15-05-2007 : Dominique de Villepin remet la démission de son Gouvernement au Président Chirac qui l'a acceptée
17-05-2007 : Passation de pouvoir entre Dominique de Villepin et son successeur François Fillon
05-07-2007 : Deux juges et des policiers perquisitionnent le domicile parisien de Dominique de Villepin dans le cadre de l'affaire Clearstream
06-07-2007 : Les juges perquisitionnent le bureau parisien de Dominique de Villepin dans le cadre de l'affaire Clearstream
Biographie de Dominique DE VILLEPIN
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Clearstream: "qui a falsifié les listings", demande Dominique de Villepin
26/10/2007 AP - il y a 2 heures 6 minutesPARIS - "Qui a falsifié les listings?", c'est ce que veut savoir Dominique de Villepin, ce qu'il attend des juges qui instruisent l'affaire Clearstream.
A la question de savoir ce qu'il attend de cette instruction, l'ancien Premier
ministre, mis en cause dans l'affaire des faux listings de Clearstream, a
répondu vendredi: "Une chose très simple, très
très simple: que l'on sache, que je sache, que tous les Français
sachent qui a falsifié ces listings".
"Je crois qu'au-delà des rumeurs, au-delà des fuites et de la rupture du secret de l'instruction qui alimente toutes ces rumeurs, il y a une donnée très simple, un fait très simple: qui a falsifié ces listings?", a insisté Dominique de Villepin sur LCI.
"Quand on saura qui, on verra bien que je n'avais rien à voir avec ce dossier", a-t-il ajouté. AP
ca/ma
http://fr.news.yahoo.com/ap/20071026/tpl-justice-clearstream-villepin-cfb2994_1.html
Durée : 09:51 Pris le : 21 septembre 2007
Le général Philippe Rondot entendu pendant neuf heures dans l'affaire Clearstream
AFP - Jeudi 6 septembre, 21h12 PARIS (AFP) - Le général Philippe Rondot, témoin capital de l'affaire Clearstream, a été entendu pendant neuf heures jeudi, assisté de son avocat, par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons qui instruisent ce dossier, a-t-on appris de source proche du dossier.
L'ex-conseiller du ministre de la Défense pour le renseignement et les opérations spéciales (Cros) est arrivé au pôle financier peu avant 10H00. Il en est ressorti vers 20HOO, a-t-on précisé de même source. L'audition a été interrompue par une pause repas d'une heure.
Il s'agit de la cinquième audition du général Rondot en tant que témoin assisté depuis le 22 mai.
Auparavant, il n'avait été entendu que comme simple témoin, le 28 mars 2006. La révélation de son témoignage un mois plus tard dans Le Monde avait lancé l'affaire Clearstream, les noms de Dominique de Villepin et de Jacques Chirac ayant été lâchés par le général. Il les avait ensuite mis hors de cause.
Selon une source proche du dossier, le militaire a été entendu jeudi sur les déclarations de Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d'EADS mis en examen dans l'affaire, faites au mois de juillet devant les juges. Les magistrats visaient notamment celles parlant d'"instructions" venant du président de la République dont se serait prévalu M. de Villepin pour initier une enquête sur les fameux listings Clearstream.
Le 4 juillet, le général Rondot avait été entendu pendant une dizaine d'heures pour confirmer le contenu de notes retrouvées par une expertise fin juin sur son ordinateur. Ces écrits, qui avaient été effacés, suggèrent la participation de M. de Villepin à une machination destinée à compromettre son rival Nicolas Sarkozy.
Depuis le 22 mai, les magistrats ont cherché à retracer avec le général le déroulement des faits de façon chronologique. Il l'ont notamment interrogé sur la réunion du 9 janvier 2004 dans le bureau de M. de Villepin, alors au Quai d'Orsay, au cours de laquelle ce dernier l'avait chargé d'une enquête secrète pour opérer des "vérifications" sur les listings de l'institution financière Clearstream installée au Luxembourg.
Les documents bancaires, qui comportaient des noms de personnalités, dont celui de M. Sarkozy caché sous son patronyme complet, et des numéros de compte, étaient en réalité des faux.
http://fr.news.yahoo.com/afp/20070906/tfr-politique-enquete-clearstream-lead-f56f567_1.html
05/09/2007 - Dominique de Villepin sort ses griffes contre Nicolas Sarkozy
Par Sophie Louet Reuters - il y a 2 heures 20 minutes PARIS (Reuters) - Inspiré par l'Aigle napoléonien, qui "sait tomber avec hauteur", Dominique de Villepin aiguise ses griffes contre Nicolas Sarkozy, puisant dans sa "rage" de justice les ressorts d'une renaissance politique.

Le silence de l'ancien Premier ministre, d'abord fruit de sa volonté de réserve puis du choc de sa mise en examen dans l'affaire Clearstream, a laissé place à un discours tranchant et opportunément ciselé pour briser l'unanimisme qui prévaut dans la majorité depuis l'élection de Nicolas Sarkozy.
Le retour du "vrai Villepin", veulent croire ses amis. De là à imaginer un courant "villepiniste" au sein de l'UMP? Dominique de Villepin s'affirme pour l'heure dans le rôle du franc-tireur aux côtés d'une opposition de gauche quasi atone.
"J'entends dire ce que je pense", a prévenu l'ancien chef du gouvernement, qui multiplie les interventions dans les médias depuis fin août à l'occasion de la parution de son nouvel ouvrage sur Napoléon, "Le Soleil noir de la puissance".
Ce passionné qui aime à disséquer le pouvoir en presque chirurgien se pose en "conscience" de la majorité - et de Nicolas Sarkozy? - face à "l'esprit de cour" qui menace selon lui l'action du chef de l'Etat, rival d'antan.
Mercredi, sur France Inter, Dominique de Villepin a durci le trait en tançant les "béni-oui-oui" et les "cire-pompes".
"Ce n'est pas quand vous êtes entouré de béni-oui-oui, de cire-pompes et de courtisans que vous faites avancer un pays", a-t-il dit à, invoquant l'exemple du "Bourgeois gentilhomme", personnage fat, entiché de noblesse, créé par Molière.
"On confond parfois le pouvoir et la gloire", a-t-il souligné. "Le Bourgeois gentilhomme, c'est toujours celui qui se met en scène. C'est forcément celui vers lequel les regards se tournent".
"Je suis celui qui remplit le rôle de conscience et d'aiguillon d'une majorité qui ne doit pas s'endormir sur ses lauriers", a-t-il expliqué, rappelant les "courtisans" à la réalité d'"une conjoncture économique difficile", d'un "investissement pas glorieux" et d'un commerce extérieur qui "atteint les chiffres les plus mauvais".
"NICOLAS SARKOZY AVAIT RAISON"
Déjà lundi, sur Europe 1, Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires étrangères, avait souhaité que le nouvel exécutif "fasse mieux" sur plusieurs dossiers diplomatiques, critiquant sans détour les "interprétations éminemment discutables" de Nicolas Sarkozy sur l'Afrique et s'alarmant d'une possible "caution" donnée à l'administration Bush en Irak.
L'ancien Premier ministre, qui fut secrétaire général de la présidence de la République de 1995 à 2002, s'est attaqué également à l'omniscience et l'omniprésence médiatiques de l'entourage élyséen. Claude Guéant, a-t-il ainsi estimé, n'a "pas de légitimité politique" à s'exprimer publiquement.
"Il faut qu'il réfléchisse aux erreurs qui ont été commises aussi pendant sa période, c'est le meilleur service qu'il a à rendre", a répliqué mercredi sur i-télé le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez, relayant l'agacement de plusieurs responsables UMP.
"S'il estime qu'on manque d'une opposition, après tout, il y a des emplois vacants", a ainsi déclaré Patrick Devedjian, secrétaire général délégué de l'UMP.
Maniant à son tour l'ironie, Dominique de Villepin a rétorqué mercredi que sa posture était d'essence sarkozienne.
"J'ai été dans un gouvernement où Nicolas Sarkozy n'a pas arrêté d'expliquer qu'il fallait animer le débat, qu'il y ait des grandes voix, des consciences capables de porter le débat et de nous permettre d'aller plus d'animer le débat. Nicolas Sarkozy avait raison", a-t-il lancé.
Convoqué de nouveau par les juges le 13 septembre pour s'expliquer sur le dossier Clearstream, qu'il présente comme une "construction" politique destinée à lui nuire, Dominique de Villepin sait que son combat judiciaire hypothèque pour l'heure tout scénario politique personnel.
Avec toujours à l'esprit l'exemple de Napoléon.
"Napoléon possède le génie de la conquête mais pas celui de la conservation. Le premier nécessite l'alliance de l'instinct, du courage et de la volonté. Le second, une réelle capacité d'écoute et de questionnement sans laquelle la politique s'abîme dans l'habitude et l'artifice entretenus par l'adulation intéressée des courtisans", écrit-il.
Dominique de Villepin, qui affirmait vouloir "tourner la page", travaillerait-il à sa "conservation" politique?
http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20070905/tts-france-politique-villepin-ca02f96_1.html
04/09/07
- Clearstream : Villepin va donner "des éléments
nouveaux" aux magistrats
AFP - il y a 1 heure 28 minutes PARIS (AFP) - L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a affirmé mardi qu'il donnerait "des éléments nouveaux" dans l'affaire Clearstream lors de son audition le 13 septembre, et que la vérité "fera un grand pas en avant".

"
Je n'ai rien à me reprocher", a-t-il déclaré sur
I-Télé.
"Je donnerai des éléments nouveaux, je dirai la vérité sur l'affaire Clearstream", a-t-il ajouté, en affirmant aussi qu'il n'était "pas un délateur".
Il a précisé avoir, depuis son audition de décembre 2006, "lu le dossier d'instruction". "J'apporterai des preuves qu'à aucun moment, je n'ai été impliqué dans ce dossier, que je n'ai fait que mon devoir", a-t-il ajouté.
"Le 13 septembre, la vérité fera un grand pas en avant", a déclaré encore l'ancien Premier ministre.
Il s'est dit "diabolisé par un tour de passe-passe qui a fait passer ce dossier d'industriel à politique", assurant que "ce n'est pas un dossier politique".
"Ma conviction, c'est qu'il y a eu une thèse politique qui a préexisté et que l'instruction s'en est trouvée bouleversée", a-t-il encore déclaré.
"J'ai été attaqué dans cette affaire, je demande réparation", a dit le Premier ministre.
http://fr.news.yahoo.com/afp/20070904/tpl-partis-ump-justice-ee974b3_1.html
CLEARSTREAM
Secret de l'instruction :
pas de mise en examen
NOUVELOBS.COM | 03.09.2007 | 18:17
Les deux juges d'instruction en charge de l'affaire sur la violation du secret de l'instruction, dans le cadre de l'affaire Clearstream, ont bouclé leur enquête.
L'enquête sur la violation du secret de l'instruction dans le cadre
de l'affaire Clearstream a été bouclée par les juges d'instruction à la
fin du mois d'août sans qu'aucune mise en examen n'ait été décidée,
a-t-on appris lundi 3 septembre.
Françoise Desset et Thomas Cassuto, les deux magistrats du pôle
financier du TGI de Paris devaient maintenant transmettre leur dossier au parquet à qui
il revient de prendre ses réquisitions. Mais l'absence de mise en examen
peut laisser présager un non-lieu.
Tentative de perquisition au Canard
Dans
le cadre de cette instruction, une tentative de perquisition, vaine, des
locaux du Canard
Enchaîné avait
eu lieu le 11 mai.
Le juge Cassuto s'était présenté devant la porte de l'hebdomadaire
satirique mais s'était vu refuser l'accès par les journalistes
de la rédaction, qui avaient fermé la porte à clé.
Pendant ce temps, Françoise Desset s'était présentée
au cabinet de Thierry Herzog, l'avocat de Nicolas Sarkozy, partie civile dans
l'affaire Clearstream.
La magistrate avait opéré des vérifications sur le fax
de l'avocat, notamment sur le temps de transmission afin de s'assurer que ce
dernier n'avait pas transmis au Canard des éléments du dossier.
En outre, plusieurs journalistes d'investigation ayant travaillé sur
le dossier Clearstream ont été entendus en décembre: Hervé Gattegno
et Laurent Zecchini du journal Le Monde, Karl Laske et Renaud Lecadre de Libération,
Nicolas Beau et Hervé Liffran du Canard Enchaîné, Laurent
Valdiguié du Parisien et Serge Raffy du Nouvel Observateur.
02/08/07
- Révélation
Clearstream: la piste barbouzarde
Un listing de comptes bancaires trafiqué a été retrouvé au siège de la DGSE. Un cabinet noir, abrité par les services secrets, a-t-il joué un rôle dans la machination anti-Sarko?
Leur décision de mettre Dominique de Villepin en examen pour «complicité de dénonciation calomnieuse» dans l'affaire Clearstream vient de faire les gros titres des journaux. Mais, avant de partir en congés les juges d'instruction Jean-Marie d'Huy et Henri Pons ont réalise une autre avancée, beaucoup plus discrète mais tout aussi explosive, dans ce qui apparaît maintenant clairement comme une affaire d'Etat: l'implication des services de renseignement dans l'affaire Clearstream. Les dernières investigations, que «l'Obs» révèle ici, mettent carrément en cause le rôle de la DGSE dans l'attribution de comptes bancaires occultes à nombre de personalités de la politique, des affaires et de la haute administration! Un tournant majeur dans le scandale.
Après trois ans d'enquête, les juges d'instruction butent toujours sur l'identité du ou des cerveaux de la machination. Jusqu'ici, ils n'ont réussi à cerner qu'une partie de la distribution de ce mauvais thriller politique. Les premiers rôles sont connus. L'informaticien Imad Lahoud fait office de «mécanicien» des fausses listes, la petite main qui rajoutait les noms. L'ancien dirigeant du groupe aéronautique EADS, Jean-Louis Gergorin, est lui «le corbeau», celui qui a transmis les faux listings à la justice. Quant à Dominique de Villepin, «le pompier-pyromane», il est soupçonné d'avoir attisé les braises du scandale pour abattre son meilleur ennemi Nicolas Sarkozy. Parmi les seconds rôles, on retrouve le général Rondot, de greffier», notant minutieusement qui fait quoi sur de petits carnets à spirale. Mais également le journaliste Denis Robert et l'ex-auditeur Florian Bourges, «les candides», ayant fourni aux faussaires leur matière première, les vrais listings bancaires de Clearstream, qui seront ensuite trafiqués dans leurs dos.
Mais qu'en est-il de la vedette de ce film noir, le ou les chefs du complot? La clé se trouve peut-être à «la piscine», le siège de la DGSE. C'est ici, en mars 2005, que les juges d'Huy et Pons au cours d'une perquisition avaient saisi plusieurs cédéroms de comptes Clearstream. Sur le moment, les magistrats n'y ont pas prêté grande attention. Imad Lahoud, qui a oeuvré un temps comme «source» du service de renseignement, avait en effet reconnu avoir récupéré en 2003 des listings Clearstream authentiques auprès du journaliste Denis Robert pour les confier à son officier traitant, un agent répondant au pseudonyme d'« Antoine». L'analyse informatique des cédéroms saisis dans le service n'est donc pas urgente. Elle va prendre près de deux ans. Et là, surprise: un des listings retrouvés dans les bureaux de la DGSE s'avère trafiqué! Aux côtés des comptes authentiques, deux comptes bidon (numérotés N005 et 90755) ont été ajoutés. Ils sont attribués à Charles Edelstenne, l'actuel PDG de Dassault Aviation, et à Sergueï Mikhaïlov, un mafieux russe notoire. Ces deux noms se retrouveront d'ailleurs, parmi les autres faux comptes, dans les cédéroms envoyés à la justice par «le corbeau» au printemps 2004.
La manip Clearstream a-t-elle commencé au sein même des services secrets? La DGSE a-t-elle été le laboratoire d'essai des faux listings? Un cabinet noir au sein des services s'est-il livré à des expérimentations de corruption de fichiers avant de sous-traiter ensuite le travail à Imad Lahoud? Les juges d'Huy et Pons enquêtent sur cette piste. Cela les a conduit à interroger le 15 juin dernier, sous le statut de témoin anonyme, «Antoine», l'officier traitant de Lahoud. Las, celui-ci n'a pas su expliquer pourquoi la DGSE détenait des cédéroms trafiqués, renvoyant les magistrats à ses supérieurs hiérarchiques de l'époque, Alain Juillet et Dominique Champtiaux, deux piliers chiraquiens du service.
Seule certitude pour le moment: certains au sein des services secrets connaissaient intimement l'organisme interbancaire luxembourgeois Clearstream depuis longtemps. « La DGSE a commencé à s'intéresser à Clearstream à partir du milieu ou la fin des années 1990, a ainsi révélé au cours de l'enquête, Alain Chouet, un ancien directeur du renseignement de "la piscine". Très rapidement ces travaux ont permis de parvenir à la conclusion que Clearstream participait à l'économie mondialisée mais n'était pas pour autant un vecteur de blanchiment et de criminalité organisée. » De telles vérifications ont forcément entraîné le recrutement de taupes dans la société bancaire. Les services secrets français avaient donc accès aux fichiers Clearstream avant qu'Imad Lahoud ne s'en mêle. Certains barbouzes ont-ils eu les premiers l'idée de les trafiquer pour déstabiliser Nicolas Sarkozy? Pour y voir plus clair, dès la fin de l'été, les juges d'instruction vont diriger leurs investigations vers les membres du clan chiraquien dans les services de renseignement. A la DGSE donc. Mais également du côté des Renseignements généraux. Selon nos informations, les auditions de l'ancien patron des RG Yves Bertrand et de l'une de ses proches, l'ex-commissaire Brigitte Henri, sont déjà programmées. Ils devront s'expliquer sur leurs liens avec les principaux protagonistes de l'affaire Clearstream.
Olivier Toscer
Le Nouvel Observateur
http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2230/articles/a351394-.html
CLEARSTREAM
Des
locaux utilisés
par Villepin
perquisitionnés
NOUVELOBS.COM | 07.07.2007 | 12:17
Après avoir perquisitionné son domicile jeudi, les juges en charge du dossier Clearstream se sont rendus dans un bureau dont l'ancien Premier ministre a l'usage. Ils ont quitté les lieux à 17h00 en emportant des documents.
Les
juges chargés de l'enquête sur une possible conspiration
visant Nicolas Sarkozy à l'aide des faux listings de la société Clearstream
ont perquisitionné vendredi 6 juillet dans des locaux utilisés
par Dominique de Villepin, apprend-on de source policière.
Ils se sont rendus en milieu de matinée avec des policiers, avenue Kléber,
dans un bureau dont l'ancien Premier ministre a l'usage et qui appartient au
ministère des Affaires étrangères. Ils en sont ressortis à 17h00
sans faire de déclaration. Des policiers ont embarqué dans une
seconde voiture chargés d'un gros carton et d'une grosse valise.
Dominique de Villepin est rentré de vacances jeudi soir, mais on ignorait
dans l'immédiat s'il était toujours présent dans les locaux.
Les magistrats Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, accompagnés de policiers,
avaient déjà perquisitionné jeudi durant plus de six heures
au domicile parisien de Dominique de Villepin, dans le XVIIe arrondissement,
en son absence, emportant de nombreux documents dans une valise et des sacoches.
Les deux journées de perquisition sont "la suite logique" des
dernières trouvailles des juges sur l'ordinateur du général
Philippe Rondot, a expliqué une source proche du dossier.
Deux documents classés "secret défense" saisis
Selon Le Monde daté de samedi, ils ont saisi deux documents classés "secret
défense". Les magistrats devront faire une demande officielle de
déclassification et le ministre de la Défense prendra la décision
finale, après l'avis d'une commission administrative spécialisée.
Cette perquisition est une première judiciaire concernant un ancien
Premier ministre. Dominique de Villepin, qui nie toute malversation et était
jusqu'ici témoin, est désormais susceptible d'être mis
en examen pour "complicité de dénonciation calomnieuse".
Ce rebondissement fait suite à la découverte de notes du général
Philippe Rondot qui ravivent les soupçons d'une participation de Dominique
de Villepin à une machination.
Dans les notes, détruites initialement mais retrouvées dans la
mémoire de l'ordinateur du général par un expert judiciaire,
le militaire rapporte des déclarations de Jean-Louis Gergorin et Imad
Lahoud, protagonistes du dossier Clearstream.
Ces deux derniers lui ont dit que Dominique de Villepin avait suscité la
remise en mai 2004 par Jean-Louis Gergorin des faux listings Clearstream, compromettant
en apparence Nicolas Sarkozy, au juge de Paris Renaud Van Ruymbeke.
Interrogatoire de Gergorin le 18 juillet
L'étape suivante est maintenant l'interrogatoire de Jean-Louis Gergorin,
ex-vice président d'EADS, mis en examen pour "dénonciation
calomnieuse". Il est programmé le 18 juillet,
la veille de celui d'Imad Lahoud, ex-cadre d'EADS et auteur supposé des
faux listings.
L'Elysée n'a pas commenté ces développements. Nicolas
Sarkozy est partie civile dans le dossier depuis janvier 2006 et a maintenu
cette position après son accession à l'Elysée.
Selon des magistrats interrogés par Reuters, cette position pourrait à terme
poser un problème de droit. En tant que chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy
est en effet président du Conseil supérieur de la magistrature
(CSM) et "garant de l'indépendance de la magistrature",
selon la Constitution.
Le juge Van Ruymbeke fait actuellement l'objet d'une enquête disciplinaire
au CSM en marge de cette affaire.
Par ailleurs, le chef de l'Etat, par l'intermédiaire de son ministre
de l'Intérieur, a aussi indirectement autorité sur la police,
qui mène l'enquête.
CLEARSTREAM
Gergorin implique Chirac
pendant son audition
NOUVELOBS.COM | 19.07.2007 | 08:38

Selon Le Parisien, l'ex-vice-président d'EADS interrogé pendant onze heures hier, a rejoint la position du général Rondot, impliquant également Dominique de Villepin.
L'ancien
vice-président
d'EADS, Jean-Louis Gergorin (Sipa)
Jean-Louis Gergorin a impliqué Jacques Chirac et Dominique de Villepin
dans l'affaire Clearstream lors de son audition mercredi, affirme Le Parisien
dans son édition de jeudi 19 juillet.
Le corbeau a ainsi rejoint la version des notes du général Rondot.
Conformément à son annonce, il ne s'est pas exprimé mercredi
sur le contenu de l'audition par les juges.
"
C'était, je pense, une audition complète, mais non exhaustive",
a-t-il simplement indiqué à la sortie du bureau des magistrats.
L’audition a commencé à 10h du matin et s’est achevée à 23h15,
après une courte pause dans la soirée et un déjeuner-sandwich
pris à l'intérieur du Pôle financier du Palais de Justice
de Paris.
"
Nous reprenons tout de zéro", a indiqué son avocat Me Paul-Albert
Iweins à midi, précisant à la fin de l'audition que toutes
les questions n'avaient pas pu être abordées. Jean-Louis Gergorin
doit donc revenir vendredi en début d'après-midi pour compléter
ses déclarations.
Détendu
Le corbeau présumé de l'affaire Clearstream est arrivé peu
avant 10h au Pôle financier pour une nouvelle audition par les juges
Henri Pons et Jean-Marie d'Huy qui l'ont déjà interrogé à plusieurs
reprises au cours de l'année écoulée.
Dès la publication des dernières notes du général
Rondot, début juillet, Jean-Louis Gergorin avait fait savoir qu'il réservait
son interprétation de ces documents aux magistrats instructeurs. C'est
donc un sourire détendu aux lèvres qu'il est arrivé à pied
mercredi matin.
Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud, suspecté d'avoir falsifié les
fameux listings Clearstream pour impliquer des personnalités, ont été mis
en examen en 2006 notamment pour "dénonciation calomnieuse".
Le premier a reconnu être le fameux "corbeau" qui a adressé à la
justice les listings de la société Clearstream mettant en cause
de nombreuses personnalités. Le second est suspecté d'avoir falsifié ces
documents et d'y avoir ajouté des noms. Imad Lahoud doit être
entendu ce jeudi.
Villepin "soucieux de ne pas apparaître dans le scénario"
Les interrogatoires de cette semaine doivent essentiellement porter
sur les notes du général Philippe Rondot, récemment trouvées
dans l'ordinateur du militaire. Ces documents laissent entendre que l'ancien
Premier ministre Dominique de Villepin, avec la complicité de Gergorin
et Lahoud, a monté une manipulation politique pour nuire à ses
adversaires, en première ligne desquels Nicolas Sarkozy.
L'une des notes, datée du 26 mai 2004, relate un entretien entre le
général et Jean-Louis Gergorin, alors l'un des vice-présidents
d'EADS, du 4 mai 2004. Gergorin aurait alors affirmé à Rondot "avoir
reçu des instructions de Dominique de Villepin, huit jours auparavant
de parler au juge Van Ruymbeke".
La même note fait état d'un autre entretien entre le militaire
et Jean-Louis Gergorin, quinze jours plus tard, au cours duquel ce dernier évoque
un Dominique de Villepin "jubilatoire mais surtout soucieux de ne pas
apparaître dans le scénario".
"
Des rivalités industrielles et financières"
Après les perquisitions à son domicile et à son bureau
début juillet, l'ancien Premier ministre s'est encore défendu
de toute manipulation politique. Il a évoqué "des rivalités
industrielles et financières" à l'origine de cette affaire,
s'inscrivant en faux contre de "soi-disant rivalités politiques".
Convoqué depuis en vue de sa mise en examen pour "complicité de
dénonciation calomnieuse, recel de vol, recel d'abus de confiance et
complicité d'usage de faux" il devra cependant expliquer aux juges
pourquoi il n'a pas tout simplement saisi la justice de ses soupçons
sur les listings. (AP)
CLEARSTREAM
Jean-Louis Gergorin entendu
par les juges d'instruction
NOUVELOBS.COM | 18.07.2007 | 09:05

Les juges d'Huy et Pons doivent entendre l'ex-vice-président d'EADS, suivi d'Imad Lahoud jeudi, au sujet des notes inédites du général Rondot leur attribuant des propos impliquant Dominique de Villepin.
Les
juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons doivent entendre, mercredi 18 juillet,
l'ex-vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin, dans le cadre de l'affaire
Clearstream. Imad Lahoud, ex-cadre de l'entreprise aéronautique, devrait également être
auditionné jeudi. Les deux hommes devraient être interrogés
sur les notes inédites du général Rondot, ex-conseiller
au ministère de la Défense, leur attribuant des propos impliquant
Dominique de Villepin dans une manipulation politique.
L'ex-Premier ministre est convoqué le 27 juillet en vue de sa mise en
examen pour "complicité de dénonciation calomnieuse, recel
de vol, recel d'abus de confiance et complicité d'usage de faux".
Gergorin et Lahoud mis en examen
Jean-Louis
Gergorin et Imad Lahoud ont tous deux été mis en
examen après l'envoi, en mai et juin 2004, au juge Renaud Van Ruymbeke,
de lettres anonymes et de listings bancaires accusant faussement des personnalités,
parmi lesquelles Nicolas Sarkozy, de détenir des comptes occultes chez
Clearstream, un organisme financier par lequel, selon ces courriers, auraient
transité les pots-de-vin de la vente des frégates de Taiwan.
Jean-Louis Gergorin a reconnu être l'auteur de ces courriers, tandis
qu'Imad Lahoud est suspecté d'être le "falsificateur" des
listings bancaires, ce qu'il a toujours nié.
"Balancer Nicolas Sarkozy"
Les
auditions de mercredi et jeudi portent sur les notes du général
Rondot, récemment mises à jour, qui suggèrent l'implication
de Dominique de Villepin dans une manipulation politique, ce qu'il dément
formellement. Dans l'une d'elles, le général Rondot explique
qu'Imad Lahoud lui a affirmé le 28 mai 2004 que Jean-Louis Gergorin
aurait reçu l'ordre, formulé par Dominique de Villepin sur demande
de Jacques Chirac, de "balancer Nicolas Sarkozy".
Des propos contestés par Imad Lahoud, tandis que Jean-Louis Gergorin,
ami de Dominique de Villepin, a indiqué, par son avocat Me Paul-Albert
Iweins, vouloir réserver "ses déclarations aux magistrats
instructeurs".
Trois ans d'enquête
Il
peut, comme Imad Lahoud, contester les propos que lui prête le général
Rondot, ou les confirmer en expliquant que l'ancien Premier ministre croyait à l'époque,
comme lui-même, à l'authenticité des listings de Clearstream.
Resterait, dans ce cas, à savoir pourquoi Dominique de Villepin n'a
pas officiellement saisi la justice.
Les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons enquêtent depuis près
de trois ans sur ce dossier de dénonciation calomnieuse, devenu une
affaire d'Etat en raison des personnalités mises en cause, comme les
présidents Chirac et Sarkozy (partie civile) ou l'ex-Premier ministre
Dominique de Villepin.
Villepin : "la vérité apparaîtra"

Crédit Photo : TF1-LCI
Dominique de Villepin, le 6 juillet 2007
En deux jours, les juges
d'Huys et Pons ont perquisitionné le domicile
et un bureau de l'ex-Premier ministre mis en cause dans l'affaire Cleastream.
"
Je viens de vivre des moments qui, comme vous l'imaginez, ne sont pas agréables",
a commenté Dominique de Villepin en quittant vendredi soir son bureau
perquisitionné.
D.H. (avec agence) - le 14/07/2007 - 08h35
"
Je viens de vivre des moments qui, comme vous l'imaginez, ne sont pas agréables
mais je sais que la vérité apparaîtra." Voici l'unique
commentaire qu'a fait Dominique de Villepin vendredi soir, en quittant son bureau
parisien de l'avenue Kléber (XVIe arrondissement). Un bureau, prêté par
le ministère des Affaires étrangères, qui venait d'être
perquisitionné durant plus de 6 heures par les juges Jean-Marie d'Huy
et Henri Pons qui enquêtent sur l'affaire Clearstream. En partant, les
policiers qui les accompagnaient emportaient avec eux un gros carton et une
grosse valise.
La veille déjà, les deux juges avaient passé au peigne fin pendant, là encore pendant plus de 6 heures, le domicile de l'ancien Premier ministre (lire notre article). Et selon le Monde, ils y auraient saisi deux dossiers classés "secret défense", dont ils auront à obtenir auprès du ministre de la Défense la déclassification. Contrairement à vendredi, l'ancien Premier ministre, qui fut également ministre des Affaires étrangères de 2002 jusqu'à fin mars 2004, était absent jeudi lors de la perquisition de son domicile. Dominique de Villepin, parti en vacances mercredi, était rentré "jeudi soir", certainement dans l'urgence en apprenant la nouvelle, avait indiqué vendredi matin l'entourage de l'ancien Premier ministre.
Lahoud dément
"Désormais, les deux juges sont en situation de poursuivre l'ex-chef du gouvernement", expliquait dès mercredi soir une source proche du dossier. Selon plusieurs autres sources proches du dossier, l'interrogatoire pourrait avoir lieu "cet été". Ces deux journées de perquisition sont en tous cas la "suite logique", selon une source proche du dossier, des dernières trouvailles des juges sur l'ordinateur du général Philippe Rondot, l'un des personnages centraux du dossier. L'ordinateur a révélé plusieurs notes consignées par l'ancien militaire, ex-conseiller spécial du ministre de la Défense, et mettant en cause directement l'ancien chef du gouvernement de Jacques Chirac.
Cette expertise, rendue le 27 juin, a remis sur le devant de la scène le nom de Dominique de Villepin. Mais les juges ne devraient pas, selon toute vraisemblance, le convoquer avant d'avoir entendu les deux acteurs cités dans cette note, Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d'EADS et Imad Lahoud, ex-cadre du géant aéronautique, respectivement les 18 et 19 juillet. D'après les notes inédites du général Rondot mises au jour par cette expertise, Dominique de Villepin serait à l'origine de la dénonciation à la justice de toute une série de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, prétendument corrompues.
D'après les documents datés de mai-juin 2004, si M. Gergorin, le "corbeau", a envoyé à la justice les lettres de dénonciation, c'est qu'il tenait cette idée de Villepin. "Lors d'un entretien avec Jean-Louis Gergorin, le 4 mai 2004, j'ai appris que, après avoir, selon lui, reçu des instructions de Dominique de Villepin, huit jours auparavant il avait été décidé de ‘parler au juge van Ruymbeke'", lit-on dans une des notes. L'objectif, dans des propos prêtés à Imad Lahoud par le général Rondot, étant de "balancer Nicolas Sarkozy", dit explicitement une autre note. "Je dément catégoriquement ces propos", a assuré vendredi soir Imad Lahoud dans un entretien à l'AFP. L'ancien cadre d'EADS a affirmé qu'il n'avait jamais prononcé les propos que lui prête le général Philippe Rondot dans ses notes car il ne "connaît pas" Dominique de Villepin.
Villepin: "Je n'accepterais pas d'être un bouc-émissaire"
Dominique de Villepin dément "formellement" avoir pris une quelconque initiative en direction du juge Renaud van Ruymbeke ou en faveur d'Imad Lahoud dans le cadre de l'affaire Clearstream, dans un entretien à L'Est républicain publié samedi. "Je suis stupéfait et indigné de voir qu'on peut instruire le procès de quelqu'un dans les médias alors qu'il n'a même pas accès au dossier", affirme-t-il. "Je ne réclame aucun traitement particulier", se défend-il, "seulement le respect des droits élémentaires de tout citoyen. Or ces derniers jours, ces droits on été bafoués". "On veut à tout prix présenter cette affaire comme un règlement de comptes politique. Mais je le redis: à aucun moment de n'ai demandé à qui que ce soit d'enquêter sur des personnalités politiques, encore moins de les compromettre", poursuit-il. "Je suis tout à fait serein sur ce dossier. Je vais bien évidemment me battre pour la vérité. Je n'accepterais pas d'être un bouc-émissaire, ce serait trop facile", conclut-il.
http://tf1.lci.fr/infos/france/justice/0,,3486056,00-villepin-verite-apparaitra-.html
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«Libération» publie les documents que l'ancien Premier ministre avait fait effacer de l'ordinateur du général Rondot.
Par
Karl Laske
QUOTIDIEN : vendredi 13 juillet 2007
CLEARSTREAM: LES NOTES QUE VILLEPIN VOULAIT DÉTRUIRE
Les notes de réflexion et la disquette détruites ensemble», avait noté le général Philippe Rondot, à l’issue d’un rendez-vous avec Dominique de Villepin, le 19 juillet 2004. Libération publie aujourd’hui ces notes, retrouvées dans l’ordinateur de Rondot, dans leur quasi-intégralité et accompagnées des commentaires du général.
Au moment de détruire ces notes, l’affaire des faux listings de Clearstream venait d’exploser médiatiquement, et l’enthousiasme cédait place à la crainte. Rondot dessinait une flèche droite pour signaler une remarque de Dominique de Villepin : «Si nous apparaissons, le PR [Président, ndlr] et moi nous sautons.» Les carnets Rondot le suggéraient donc lourdement : Philippe Rondot et Dominique de Villepin ont fait disparaître des documents, le 19 juillet 2004, dans le bureau du ministre de l’Intérieur, place Beauvau. Ainsi que l’a révélé l’hebdomadaire Paris Match mardi, Philippe Rondot a confirmé aux juges, lors de ses deux dernières auditions, avoir non seulement procédé à une destruction de notes, mais surtout «après avoir obtenu l’accord de Dominique de Villepin».
Auditions. Ces confessions de Rondot, les 26 juin et 4 juillet derniers, ont précipité l’annonce de la convocation de l’ancien Premier ministre pour sa mise en examen par les juges de l’affaire Clearstream, Jean-Marie d’Huy et Henri Pons, le 27 juillet prochain. Entre ces deux auditions explosives du général, un expert informatique a versé au dossier quatre notes intitulées «opération Reflux» (nom de code que Rondot avait donné à l’affaire Clearstream), retrouvées «après qu’elles aient été effacées» dans la mémoire cachée de son ordinateur iPAQ.
Manipulation. Ces notes, partiellement dévoilées la semaine dernière, ont été précisément commentées par Rondot lors de son audition du 4 juillet (lire ci-contre). Elles placent Dominique de Villepin à l’épicentre de la manipulation de la justice. Rondot fait état d’instructions données par le ministre à Jean-Louis Gergorin pour qu’il entre en contact avec le juge Van Ruymbeke, et pour qu’il «balance» Nicolas Sarkozy.
Dans le bureau de Villepin, le 19 juillet 2004, les recommandations sont tout autres, puisqu’il s’agit pour Rondot de «protéger le PR et D de V». «Je fais savoir à Dominique de Villepin que j’ai rédigé quelques notes de réflexion, ce sont quelques notes d’étape internes qui se trouvent sur une disquette, et je propose que cela soit détruit puisqu’il est envisagé une note de synthèse», a confié Rondot aux juges, le 26 juin. Le ministre, selon Rondot, «donne son accord pour la destruction de ces quatre notes et de la disquette». Le général assure aussi aux juges que «la trace de ces notes» pourrait être retrouvée «sur son iPAQ».
C’est rapide, en effet. Les experts exhument, grâce à ses conseils, ces documents moins d’une semaine plus tard.
Destruction. Le 4 juillet dernier, Philippe Rondot confirme «être l’auteur» des quatre notes exhumées. «Il s’agit bien des notes que j’ai détruites après en avoir obtenu l’accord de M. Dominique de Villepin, le 19 juillet, et en avoir informé M. Philippe Marland [directeur de cabinet de Michèle Alliot-Marie, ndlr] .» Effectivement, si l’on se reporte à ses carnets, Rondot y signale le 21 juillet 2004, après un entretien avec Philippe Marland : «Destruction des notes mémo.» Le général a donc averti ses supérieurs du nettoyage. Il précise aux juges que sa nièce Stéphane, qui était alors son assistante, avait dactylographié les quatre notes. Le 4 juillet, elle l’a confirmé aux policiers.
« Je m’interroge sur le rôle de Dominique de Villepin, a déclaré Rondot, le 26 juin. En effet, M. Dominique de Villepin ne m’a jamais demandé le 9 janvier [2004, ndlr] de me prêter à une manipulation et encore moins de cibler des hommes politiques.» Le général s’interroge encore sur l’attitude du ministre. «S’il y avait eu montage, et que M. Villepin en avait été à l’origine - ce que je ne peux imaginer -, il ne m’aurait pas demandé de vérifier l’authenticité des listings.» Philippe Rondot assure en tout cas qu’il a eu «un véritable cas de conscience» en apprenant l’opération consistant à manipuler le juge Van Ruymbeke. «Je savais que les listings étaient faux et que le juge Van Ruymbeke entreprenait une enquête sur des éléments dont j’avais découvert la fausseté», a-t-il conclu.
http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/266862.FR.php
CLEARSTREAM
Les
notes du général
Rondot
qui accablent Villepin
NOUVELOBS.COM | 13.07.2007 | 12:22

Voici
la quasi-totalité des quatre notes du général Philippe
Rondot que ce dernier avait détruites et qui ont été extraites
de la mémoire cachée de son iPAQ, telles que publiées
dans Libération du vendredi 13 juillet.
"
Mes interrogations demeurent sur le bien fondé de l’existence
d’un vaste réseau politico-mafieux, au sein duquel figureraient
quelques responsables appartenant ou ayant appartenu à nos services
de renseignements. Pour le moment, je n’arrive pas à discerner
le but recherché par cette entreprise et son (ou ses) maître(s)
d’œuvre."
"
Madhi [Imad Lahoud, ndlr], que j’ai rencontré pour la dernière
fois le 16 mars, continue de m’assurer que les renseignements qu’il
recueille sont sûrs, mais que, en revanche, l’interprétation
qu’en fait Jean-Louis Gergorin pourrait procéder d’une
vision paranoïaque : le souci de faire figurer parmi les personnes impliquées
nombre de ses adversaires, passés et présents, dans ses affaires
dont le principal est le maître d’œuvre."
"L’apparition également de quelques hommes politiques de gauche
et, plus récemment de droite, dont - en ce qui concerne celle-ci - certains
qui tiennent en ce moment la vedette et de ce fait pourrait susciter l’intérêt
de la magistrature suprême. A priori, aucune corrélation ne
semble exister entre les uns et les autres."
"
Je précise que le directeur général de la sécurité extérieure
(DGSE), auquel le président de la République avait demandé de
m’assister au plan technique, m’a fait savoir, le 11 mars, que
son service était dans l’impossibilité de le faire. Je
lui ai communiqué les noms de quatre personnes à cibler, toutes étrangères,
et mon souhait de savoir quels avaient été les collaborateurs
du fonctionnaire de son service, précédemment impliqué,
et quelles étaient leurs fonctions actuelles."
"
L’opération Reflux a connu ces derniers jours des rebondissements
importants, dont j’ai été informé après coup.
Je m’efforce, actuellement, d’en suivre le cours. Constatant, sans
doute, que mes interrogations demeuraient sur le bien fondé des renseignements
communiqués par la source Madhi et exploités par Jean-Louis Gergorin
(JLG), ce dernier a pris un certain nombre d’initiatives, sans m’en
avertir préalablement. C’est ainsi que, lors d’un entretien
avec Jean-Louis Gergorin, le 4 mai 2004, j’ai appris que, après
avoir, selon lui, reçu des instructions de Dominique de Villepin huit
jours auparavant, il avait été décidé de parler
au juge Renaud Van Ruymbeke . La rencontre entre Jean-Louis Gergorin et le
juge a eu lieu le 28 avril, grâce à un ami commun (que j’ai
identifié, ensuite, comme étant l’avocat Thibault de Montbrial),
Jean-Louis Gergorin a montré ses notes concernant la genèse de
l’affaire (utilisation de rétrocommissions des frégates
de Taiwan) en citant les noms d’Alain Gomez, Philippe Delmas, de Gilbert
Flam et en donnant les numéros de compte (sans en identifier les détenteurs)
de Gilbert Flam, Jean-Jacques Martini, Bernard Squarcini, et Alain Chouet.
Le nom du Russe Mikhaïl Khodorkovski a également été cité.
Le juge lui a demandé de rédiger le contenu de ses informations
sur une lettre anonyme (sic), ce qui a été fait. J’en détiens
la copie."
"
Jean-Louis Gergorin, devant la situation qu’il a provoquée et
face aux contradictions ou absences de confirmation de ses preuves, continue à s’agiter.
Lors d’un entretien qu’il a eu avec Dominique de Villepin, le 19
mai, ce dernier se serait montré à la fois jubilatoire mais surtout
soucieux de ne pas apparaître dans le scénario . Curieusement,
le ministre de l’Intérieur, qui aurait dit à Jean-Louis
Gergorin qu’il ne pouvait rien faire car son environnement est pourri
, n’est pas entré en contact avec moi, me faisant simplement demander
(par JLG) de veiller à la sécurité de Madhi."
"
Selon la source Madhi rencontrée le 28 mai 2004, Jean-Louis Gergorin
aurait reçu les instructions de Dominique de Villepin, elles-mêmes
formulées par le président de la République de balancer
Nicolas Sarkozy ."
"
La même source me fait savoir le 9 juin 2004 que le juge a demandé à Denis
Robert - un journaliste de ses amis, auteur d’un livre sur Clearstream
- de lui apporter son concours , ce qui sera effectivement fait quelques
jours plus tard."
"
Je constate que cette affaire prend un tour politique qui risque de devenir
dangereux, en effet, nous ne savons pas s’il n’existe pas une opération
de désinformation, à l’origine et pour des motifs indéterminés,
que pourrait exploiter un juge d’instruction et qui viendrait toucher
le chef de l’Etat. S’il venait à être établi
que cette vaste affaire de corruption est réelle, les conséquences
politiques, tant à droite qu’à gauche, seraient calamiteuses.
Dans le cas contraire, le chef de l’Etat se trouverait mis en cause pour
avoir laissé se développer, sinon encouragé à travers
Dominique de Villepin, une campagne visant de possibles concurrents, à droite
comme à gauche. Je note aussi que la source Madhi, qui a un passé et
un comportement peu clairs, a une bonne connaissance de l’ensemble, documents à l’appui,
puisque c’est elle qui les fournit, et qu’elle pourrait les utiliser à des
fins propres, si elle devait rencontrer des difficultés, notamment judiciaires.
Selon Jean-Louis Gergorin, Dominique de Villepin serait intervenu auprès
de Dominique Perben [garde des Sceaux, ndlr] afin de le faire bénéficier
d’une immunité judiciaire ?"
"
A ce stade, il me paraît urgent de présenter directement au président
de la République un état de ce dossier en lui faisant part des
zones d’ombres qui demeurent, même si l’architecture qui
nous est présentée repose sur quelques fondements qui pourraient
se révéler solides si les documents bancaires produits par la
source Madhi sont authentiques, ce qui selon moi reste encore à prouver
de manière irréfutable."
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20070713.OBS6448/les_notes_du_general_rondotqui_accablent_villepin.html
«
Je suis devant un fait que je juge insensé»
Le général Rondot a commenté les quatre notes exhumées
de son ordinateur, lors de son audition du 4 juillet :

Par Karl Laske
QUOTIDIEN : vendredi 13 juillet 2007
Intitulées «opération
Reflux», quatre notes du
général
Philippe Rondot (datées du 2 février, 14 mars, 26 mai et 30 juin
2004) ont été extraites par les experts de la mémoire
cachée
de son iPAQ. Interrogé par les juges Jean-Marie d’Huy et Henri
Pons le 4 juillet dernier, le général a confirmé être
l’auteur
de ces notes d’étape, finalement détruites il y a deux
ans «après
en avoir obtenu l’accord de Dominique de Villepin». Les extraits
suivants ont été commentés par Philippe Rondot devant
les juges.
Quel est le but de l’opération ? «Mes interrogations demeurent
sur le bien fondé de l’existence d’un vaste réseau
politico-mafieux, au sein duquel figureraient quelques responsables appartenant
ou ayant appartenu à nos services de renseignements. Pour le moment,
je n’arrive pas à discerner le but recherché par cette
entreprise et son (ou ses) maître(s) d’œuvre.»
Philippe Rondot : Je ne comprends pas pourquoi tel ou tel personnage, notamment des services, figure sur ces listings Clearstream, et les raisons pour lesquels il y figure. D’emblée, cela ne me paraît pas crédible. Je travaille sur cette affaire-là depuis novembre 2003 et je rédige cette note le 2 février 2004. Il s’est donc écoulé trois mois. Même si je ne m’étais pas attaché particulièrement aux vérifications, car j’avais d’autres sujets d’intérêt, tout ça m’apparaissait fumeux. L’affaire est tellement extravagante que je me demande qui a pu l’imaginer et pour quels motifs. Il y avait beaucoup d’éléments troubles dans cette affaire, et notamment l’apparition des ennemis de Jean-Louis Gergorin sur les listings.
Gergorin paranoïaque ? «Madhi [Imad Lahoud, ndlr], que j’ai rencontré pour la dernière fois le 16 mars, continue de m’assurer que les renseignements qu’il recueille sont sûrs, mais que, en revanche, l’interprétation qu’en fait Jean-Louis Gergorin pourrait procéder d’une vision paranoïaque : le souci de faire figurer parmi les personnes impliquées nombre de ses adversaires, passés et présents, dans ses affaires dont le principal est le maître d’œuvre.»
P.R. : Il y a deux interprétations. La première, c’est que, effectivement à la demande de Jean-Louis Gergorin, Imad Lahoud a fait figurer le nom des adversaires de M. Gergorin. Cette interprétation correspond à ce que m’a dit Imad Lahoud et que j’ai rapporté dans cette note. Ou, à l’inverse, c’est qu’Imad Lahoud, connaissant ces noms, car c’était de notoriété publique au sein d’EADS, ait pu prendre l’initiative de le faire pour appâter Jean-Louis Gergorin. A ce moment-là, il est difficile d’apprécier laquelle de ces deux interprétations correspond à la réalité, étant précisé que la première version est celle que m’a présentée Imad Lahoud, qui charge Jean-Louis Gergorin. J’ai donc compris des explications d’Imad Lahoud qu’il était possible à la demande de Jean-Louis Gergorin d’injecter des noms dans les listings ou de les sortir, c’est-à-dire d’en manipuler le contenu. Imad Lahoud ne m’a donné aucun détail sur les techniques utilisées pour ces manipulations du contenu des listings.
L’apparition des politiques «L’apparition également de quelques hommes politiques de gauche et, plus récemment de droite, dont - en ce qui concerne celle-ci - certains qui tiennent en ce moment la vedette et de ce fait pourrait susciter l’intérêt de la magistrature suprême. A priori, aucune corrélation ne semble exister entre les uns et les autres.»
P.R. : C’est à ce moment-là qu’Imad Lahoud m’a montré un listing sur lequel figuraient les patronymes Nagy et Bocsa de M. Nicolas Sarkozy. S’ajoutaient à ces patronymes les noms d’hommes politiques de droite dont M. Alain Madelin, précédemment apparu avec des hommes politiques de gauche, dont les noms avaient été cités auparavant. [.] Cela pouvait susciter l’intérêt ou l’attention du président de la République, dans le contexte politique du moment de rivalité interne entre M. Chirac et M. Sarkozy.
La DGSE refuse d’enquêter «Je précise que le directeur général de la sécurité extérieure (DGSE), auquel le président de la République avait demandé de m’assister au plan technique, m’a fait savoir, le 11 mars, que son service était dans l’impossibilité de le faire. Je lui ai communiqué les noms de quatre personnes à cibler, toutes étrangères, et mon souhait de savoir quels avaient été les collaborateurs du fonctionnaire de son service, précédemment impliqué, et quelles étaient leurs fonctions actuelles.»
P.R : J’ai effectivement eu une réunion le 11 mars 2004 avec Pierre Brochant, directeur de la DGSE, pour traiter d’affaires en cours [.] Je lui ai demandé si son service pouvait m’aider à vérifier un certain nombre de comptes à l’étranger, ce qu’il lui était impossible de faire, selon la réponse qu’il m’a donnée. Pour des raisons de cloisonnement, car c’est une habitude propre aux services de renseignements, je n’ai pas motivé l’objet de mes demandes, ni fait état devant lui d’instructions présidentielles.
Villepin manipule Van Ruymbeke «L’opération Reflux a connu ces derniers jours des rebondissements importants, dont j’ai été informé après coup. Je m’efforce, actuellement, d’en suivre le cours. Constatant, sans doute, que mes interrogations demeuraient sur le bien fondé des renseignements communiqués par la source Madhi et exploités par Jean-Louis Gergorin (JLG), ce dernier a pris un certain nombre d’initiatives, sans m’en avertir préalablement. C’est ainsi que, lors d’un entretien avec Jean-Louis Gergorin, le 4 mai 2004, j’ai appris que, après avoir, selon lui, reçu des instructions de Dominique de Villepin huit jours auparavant, il avait été décidé de parler au juge Renaud Van Ruymbeke . La rencontre entre Jean-Louis Gergorin et le juge a eu lieu le 28 avril, grâce à un ami commun (que j’ai identifié, ensuite, comme étant l’avocat Thibault de Montbrial), Jean-Louis Gergorin a montré ses notes concernant la genèse de l’affaire (utilisation de rétrocommissions des frégates de Taiwan) en citant les noms d’Alain Gomez, Philippe Delmas(1), de Gilbert Flam (2) et en donnant les numéros de compte (sans en identifier les détenteurs) de Gilbert Flam, Jean-Jacques Martini, Bernard Squarcini, et Alain Chouet (2). Le nom du Russe Mikhaïl Khodorkovski a également été cité. Le juge lui a demandé de rédiger le contenu de ses informations sur une lettre anonyme (sic), ce qui a été fait. J’en détiens la copie.»
P.R. : Je rapporte ce que m’a indiqué Jean-Louis Gergorin au cours d’un entretien que j’ai eu avec lui le 4 mai 2004. C’est au cours de cet entretien qu’il m’a révélé, a posteriori, ses démarches auprès du juge Renaud Van Ruymbeke en déclarant avoir reçu, sur ce point, des instructions de Dominique de Villepin. Il me détaille ensuite les conditions dans lesquelles lui-même et le juge ont organisé leurs rencontres à travers Me Thibault de Montbrial. [.] Comme je vous l’ai précédemment déclaré, ma réaction à ce qu’il me disait a été furieuse pour deux raisons : d’une part il ne m’avait pas prévenu, et d’autre part je constatais que, après m’avoir instrumentalisé, il allait instrumentaliser la justice, ce qui est grave. [.] J’imagine que, faute d’avoir pu obtenir de moi les résultats qu’il escomptait, il avait proposé au ministre d’aller plus loin en frappant plut haut. [.]
[Sur sa réaction.] Ensuite, je me sens totalement dépassé par les événements. Je pense que j’ai eu une réaction d’abattement car on embarquait la justice après moi. Je n’appelle personne. Je suis sous le choc. Je suis abattu. Je suis devant un fait accompli que je juge insensé. Tout cela m’échappe.
Villepin veut rester discret «Jean-Louis Gergorin, devant la situation qu’il a provoquée et face aux contradictions ou absences de confirmation de ses preuves, continue à s’agiter. Lors d’un entretien qu’il a eu avec Dominique de Villepin, le 19 mai, ce dernier se serait montré à la fois jubilatoire mais surtout soucieux de ne pas apparaître dans le scénario . Curieusement, le ministre de l’Intérieur, qui aurait dit à Jean-Louis Gergorin qu’il ne pouvait rien faire car son environnement est pourri , n’est pas entré en contact avec moi, me faisant simplement demander (par JLG) de veiller à la sécurité de Madhi.»
P.R.: Je ne me souviens plus à quelle date Jean-Louis Gergorin m’a parlé de l’entretien qu’il avait eu avec Dominique de Villepin, le 19 mai 2004. Je note simplement ce qu’il me dit en reprenant entre guillemets les deux phrases qu’il prononce à ce sujet. [.] Soucieux de ne pas apparaître dans le scénario fait référence au scénario Jean-Louis Gergorin-Van Ruymbeke, c’est-à-dire toute l’instrumentalisation du juge Van Ruymbeke par Jean-Louis Gergorin. [.] [Sur la sécurité d’Imad Lahoud.] J’ignore si effectivement Dominique de Villepin m’a fait passer cette instruction par Jean-Louis Gergorin. C’est en tout cas ce que celui-ci m’a dit, et j’ai noté que c’était un discours rémanent chez Jean-Louis Gergorin, lequel exprimait des inquiétudes sur la sécurité de sa source. Gergorin me transmet selon lui un message de M. de Villepin de m’inquiéter de la sécurité d’Imad Lahoud. Cela revenait souvent dans la bouche de Jean-Louis Gergorin.
Van Ruymbeke pense «tous les tenir» «Au moment où cette note est rédigée, la source Madhi me fait savoir que son ami journaliste Denis Robert (qui a écrit sur Clearstream) avait dîné avec le juge le 24 mai, lequel lui aurait révélé qu’il les tenait tous cette fois-ci . Des perquisitions auraient eu lieu, non seulement chez Philippe Delmas, mais également chez Pierre Martinez et chez la sœur d’Alain Gomez, qui serait presque en fuite . Le juge aurait établi le lien entre le Luxembourg et la Suisse, s’agissant de la dualité des comptes et pourrait mettre en cause des policiers au Luxembourg et en France. Dans les semaines qui viennent, selon lui, des mises en examen seraient effectuées si les vérifications informatiques qu’il a décidé d’entreprendre (il dit ne pas disposer d’une réelle capacité sauf à exploiter celle supposée de la source Madhi, dont il connaît l’existence par Jean-Louis Gergorin) confirment l’entreprise. D’ici là, le juge Renaud Van Ruymbeke compte entretenir l’attention en alimentant la presse : il est prévu la parution d’un article dans l’hebdomadaire le Point.»
P.R. : Imad Lahoud, selon ce qu’il avance, semble particulièrement informé de l’action du juge Van Ruymbeke, que cela soit vrai ou faux.
Quand Chirac apparaît «Selon la source Madhi rencontrée le 28 mai 2004, Jean-Louis Gergorin aurait reçu les instructions de Dominique de Villepin, elles-mêmes formulées par le président de la République de balancer Nicolas Sarkozy .»
P.R. : Je confirme mon entretien avec Imad Lahoud et les propos qu’il m’a tenus. Je prends tout ceci avec beaucoup de distance, car au même moment, et depuis quelque temps déjà, dans la presse, il est fait état de l’exacerbation des rivalités entre Dominique de Villepin et le président de la République d’une part, et M. Nicolas Sarkozy d’autre part. On se trouve dans une ambiance délétère que j’ai déjà décrite et, à sa manière, Imad Lahoud par ses propos y participe. Lahoud m’a indiqué que Jean-Louis Gergorin avait reçu des instructions du président de la République, relayées par Dominique de Villepin de balancer Nicolas Sarkozy, mais il ne m’a pas précisé les modalités de ces instructions. Je ne lui ai pas demandé, c’est-à-dire que je ne suis pas entré dans son jeu, car le politique n’était pas mon domaine, ce que j’ai dû lui faire comprendre. Pour moi balancer Nicolas Sarkozy signifiait la transmission des listings Clearstream portant mention des comptes et des noms de Nagy et Bocsa au juge Van Ruymbeke.
Un journaliste en soutien du juge «La même source me fait savoir le 9 juin 2004 que le juge a demandé à Denis Robert - un journaliste de ses amis, auteur d’un livre sur Clearstream - de lui apporter son concours , ce qui sera effectivement fait quelques jours plus tard.»
P.R. : A ce moment-là, je pense que c’est Denis Robert qui a informé Imad Lahoud de cela. Toutefois, il ne m’a pas précisé en quoi consistait ce concours, ni les modalités de celui-ci. Lorsque je vois Imad Lahoud, je note ce qu’il me dit sans pour autant m’intéresser à ce qu’il me dit et même sans lui poser de questions. Je suis cette affaire, et j’assiste à l’instrumentalisation du juge Van Ruymbeke en témoin passif. [.] Parce que je me sens impuissant.
Une affaire d’abord politique «Je constate que cette affaire prend un tour politique qui risque de devenir dangereux, en effet, nous ne savons pas s’il n’existe pas une opération de désinformation, à l’origine et pour des motifs indéterminés, que pourrait exploiter un juge d’instruction et qui viendrait toucher le chef de l’Etat. S’il venait à être établi que cette vaste affaire de corruption est réelle, les conséquences politiques, tant à droite qu’à gauche, seraient calamiteuses. Dans le cas contraire, le chef de l’Etat se trouverait mis en cause pour avoir laissé se développer, sinon encouragé à travers Dominique de Villepin, une campagne visant de possibles concurrents, à droite comme à gauche. Je note aussi que la source Madhi, qui a un passé et un comportement peu clairs, a une bonne connaissance de l’ensemble, documents à l’appui, puisque c’est elle qui les fournit, et qu’elle pourrait les utiliser à des fins propres, si elle devait rencontrer des difficultés, notamment judiciaires. Selon Jean-Louis Gergorin, Dominique de Villepin serait intervenu auprès de Dominique Perben [garde des Sceaux, ndlr] afin de le faire bénéficier d’une immunité judiciaire ?»
P.R. : Il s’agit d’une réflexion qui traduit les inquiétudes que j’éprouve. [.] Je note que nous ne savons pas s’il n’existe pas une opération de désinformation dont l’origine et les motifs me semblent indéterminés. [.] S’agissant d’Imad Lahoud, je constate qu’il a connaissance de l’ensemble de cette opération [.] L’ayant pratiqué depuis maintenant plusieurs mois, j’ai pu mesurer sa capacité de nuisance, l’usage qu’il fait des informations qu’il produit et les mensonges ou les approximations ou réponses évasives qui ont entouré nos entretiens.
Il faut en référer au Président «A ce stade, il me paraît urgent de présenter directement au président de la République un état de ce dossier en lui faisant part des zones d’ombres qui demeurent, même si l’architecture qui nous est présentée repose sur quelques fondements qui pourraient se révéler solides si les documents bancaires produits par la source Madhi sont authentiques, ce qui selon moi reste encore à prouver de manière irréfutable.»
P.R.
: Ce souhait urgent de présenter
au Président un état
de ce dossier [.] n’est pas nouveau. Je suis
toujours dans la logique d’une
instruction présidentielle du 9 janvier 2004.
A maintes fois, comme cela ressort de mes verbatims,
je me suis inquiété de savoir ce que
savait le chef de l’Etat de mes investigations,
jusqu’à aller
demander à ma hiérarchie, en l’espèce à M.
Marland [directeur de cabinet de la ministre de la
Défense, ndlr], à Mme
Michèle Alliot-Marie, à être
reçu par lui. Je n’ai
jamais eu de retour. [.] Tout simplement, je voulais
voir le Président
pour faire un bilan et m’assurer de ce qu’il
savait.
(1) Industriels. (2) Responsables des services spéciaux et policiers.
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Villepin devient premier suspect
Les trois motifs de la très probable mise en examen de l’ancien chef du gouvernement.
Par Karl Laske
QUOTIDIEN : vendredi 13 juillet 2007
Dominique de Villepin a-t-il agi en tant que ministre tout au long de l’affaire
des faux listings de Clearstream ? En janvier 2004, il est aux Affaires étrangères
lorsqu’il convoque le général Philippe Rondot. En avril
2004, il est à l’Intérieur lorsqu’il donne instruction à Gergorin
de «parler au juge Van Ruymbeke». En juillet 2004, il est toujours à l’Intérieur
lorsqu’il donne son assentiment à la destruction des notes de
Rondot. Les proches de Villepin tentent, déjà, de soulever
l’argument
de ses fonctions ministérielles pour suggérer que son implication
présumée devrait être examinée par la Cour de
justice de la République. Sa mise en examen par les juges paraît
pourtant inévitable, pour, au moins, trois motifs.
1. L’enquête parallèle
Comme le militaire l’a rapporté, Dominique de Villepin lui a demandé de «démonter le système», sans en avoir la prérogative. Rondot ne cache pas son embarras. Il s’interroge plusieurs semaines, puis se résout à «avertir MAM», la ministre de la Défense, dont il dépend (lire page 5). «Je m’interroge sur cette manipulation et sur le fait que M. Dominique de Villepin m’a engagé dans ces vérifications», a expliqué Rondot le 26 juin.
2. La dénonciation calomnieuse
Rondot l’apprend indirectement : Gergorin lui confie n’avoir pas choisi de sa propre initiative d’aller voir le juge Van Ruymbeke. Il en aurait reçu instruction de Villepin. Difficile de soutenir qu’il ait pu agir en tant que ministre de l’Intérieur en ordonnant ce que Rondot a qualifié lui-même d’ «instrumentalisation» du juge. Une démarche secrète, qui plus est inconnue du magistrat. Rondot avait compris que des noms, pouvaient être «injectés» ou «sortis» des listings. Si le ministre de l’Intérieur a ordonné, comme l’a rapporté Rondot, de «balancer» Sarkozy, on ne peut plus exclure qu’il ait appris lui aussi que les listings étaient à géométrie variable, et qu’il était possible d’y ajouter des noms. Quoi qu’il en soit, c’est la manipulation de Renaud Van Ruymbeke qui fait exister la dénonciation calomnieuse. Avec ces envois anonymes versés à sa procédure, le juge entreprend de vigoureuses vérifications. Philippe Delmas, vice-président d’Airbus, est d’ailleurs placé en garde à vue, début mai. Il ne récupérera son ordinateur qu’en novembre suivant.
3. La destruction de preuves
Dès la médiatisation de l’affaire début juillet 2004, Dominique de Villepin, ministre de l’Intérieur, confie au directeur de la DST, Pierre de Bousquet de Florian, la mission de «voir ce qu’il y a derrière», et d’identifier le corbeau de Clearstream, qu’il connaît pourtant assez bien. Il ordonne simultanément à Gergorin de «ne plus bouger, se reposer», et à Lahoud de «cesser ses recherches». Il donne son feu vert à la destruction des notes du général Rondot auquel il avait pourtant fait appel.
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MAM pas vraiment sortie «d’affaire»
Rondot assure avoir tenu au courant l’ex-ministre de la Défense de sa mission «présidentielle».
Par Karl Laske
QUOTIDIEN : vendredi 13 juillet 2007
Le
gouvernement Fillon n’en a pas
fini avec l’affaire Clearstream.
Entendue une journée entière alors qu’elle était
ministre de la Défense en décembre dernier, la ministre de
l’Intérieur
Michèle Alliot-Marie pourrait être confrontée aux nouvelles
interrogations des juges. Le général Rondot était son
conseiller pour le renseignement et les opérations spéciales
lorsqu’il
menait ses investigations secrètes sur l’affaire Clearstream.
«
Non, le général Rondot ne m’a jamais avertie que des
rencontres avaient eu lieu entre Jean-Louis Gergorin et le juge Van Ruymbeke,
j’ai
appris tout cela par la presse» , avait-elle assuré en décembre.
Une position qu’elle a maintenue, hier, dans le Monde. Le 4 juillet,
pressé de
commenter ses verbatim, Philippe Rondot contredit la ministre. «J’ai
rapporté à Mme Alliot-Marie ce que M. Gergorin m’avait
dit de ses contacts avec le juge Van Ruymbeke, c’est-à-dire
que M. Gergorin lui avait remis une lettre anonyme comme il l’avait
décrit. Je ne
me souviens plus des détails que j’ai pu lui dire.»
Le 3 mai 2004, une première lettre anonyme avait été remise à Van Ruymbeke. Le lendemain, Gergorin informait le général Rondot. Ce dernier avait noté: «envoi d’une lettre anonyme au juge VR = remise au juge?». La mémoire de l’ordinateur de Rondot mentionnait les «instructions» de Villepin de «parler aujuge». Le 11 mai 2004, Rondot était dans le bureau d’Alliot-Marie. Et il notait: «Exposé de l’opération Reflux à MAM : avertie du contact JLG-VR.»
Démenti. Depuis novembre 2003, Philippe Rondot rendait compte fidèlement au directeur de cabinet d’Alliot-Marie, Philippe Marland, des prémices du réseau Clearstream tel que le lui décrivaient déjà Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud. Il avait obtenu un feu vert pour enquêter sur les personnels de la Défense qui figuraient sur les faux listings. Parmi les «suspects» de Clearstream figuraient deux anciens responsables de la DGSE soupçonnés d’avoir fait une enquête parallèle sur un compte de Jacques Chirac au Japon.
Le général avait aussi averti Michèle Alliot-Marie de la réunion chez Villepin, d’où il était ressorti chargé d’une mission «présidentielle»: démonter le système Clearstream. MAM avait «mal pris la chose». Rondot a assuré aux juges qu’il n’avait évoqué devant sa ministre la présence «du nom de Sarkozy» dans les listings Clearstream, que le 6 juillet 2004 . «Lorsque je lui donne cette information, elle n’a pas réagi de manière particulière», dit Rondot. Sur ce point, ils étaient d’accord. Par contre, Alliot-Marie a démenti formellement «avoir demandé au général Rondot de voir le président de la République, ou avoir parlé de cette affaire au président de la République». Rondot avait noté : «Feu vert de MAM pour voir D de V/PR. Ne veut pas s’impliquer.» Réinterrogé sur cette contradiction le 26 juin, Rondot a dit vouloir s’en tenir «à l’attitude qui doit être celle d’un militaire par rapport à son ministre».
La DGSE ignorée. Entendu le 28 juin dernier, Pierre Brochant, le patron de la DGSE a déploré que son service n’ait pas été saisi des vérifications sur l’affaire. «La DGSE n’a jamais été informée par ses autorités hiérarchiques que des investigations avaient été déclenchées sur les listings Clearstream et confiées au général Rondot.» Selon Brochant, la DGSE avait «largement les moyens de procéder en quelques minutes à cette validation [des listings], si elle avait eu la possibilité de le faire». «Et peut-être ne serions-nous pas là, ni vous ni moi», a-t-il lancé aux juges. Imad Lahoud avait effectivement donné ses premiers listings Clearstream à la DGSE.
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L’affaire
Clearstream
QUOTIDIEN : vendredi 13 juillet 2007
Villepin, Rondot et Gergorin au Quai d’Orsay
En janvier 2004,
Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, reçoit au Quai d’Orsay Jean-Louis Gergorin, vice-président d’EADS, et Philippe Rondot, électron libre des services de renseignements. Ils évoquent un listing de supposés détenteurs d’un compte clandestin chez Clearstream.
Un listing remis à Van Ruymbeke
En mai 2004, avec l’aval de Dominique de Villepin, Jean-Louis Gergorin remet au juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke une liste de 388 noms, dont Stéphane Bocsa et Paul de Nagy, censés représenter Nicolas Sarkozy (de Nagy-Bocsa, selon son patronyme complet).
Sarkozy porte plainte
En janvier 2006, après que le juge Van Ruymbeke eut démontré la fausseté du listing, Nicolas Sarkozy porte plainte pour dénonciation calomnieuse: «Je veux savoir qui m’a mis sur ces fichiers et pourquoi.»
Villepin plaide la vérification
En décembre 2006, entendu comme simple témoin, Dominique de Villepin assure qu’il n’a jamais été question d’enquêter sur Nicolas Sarkozy, mais simplement de vérifier les «informations» transmises par Jean-Louis Gergorin.
Le disque dur de Rondot parle
En juillet 2007, l’exhumation du disque dur du général Rondot insinue que Villepin aurait donné pour instruction de «balancer» Sarkozy. L’ex-Premier ministre est convoqué en vue d’être mis en examen pour complicité de dénonciation calomnieuse.
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Une graphomanie incongrue
Par Karl Laske
QUOTIDIEN : vendredi 13 juillet 2007
Depuis la saisie de ses archives par les juges en mars 2006, Philippe Rondot n’a cessé de se justifier devant l’ampleur des indices laissée par ses notes. Sa graphomanie était surprenante, l’archivage encore plus : incongru, inapproprié, suspect. Le 22 mai, il a donné quelques explications. Il avait tenu un journal de marche comme son père - ancien agent - avant lui. Sous la forme de carnets à spirale. «Tous ces journaux de marche comprenaient ce que j’appelle des verbatims, c’est-à-dire qu’ils reprenaient quotidiennement, heure par heure, les réunions ou faits que j’avais vécus et que je voulais garder en mémoire. Ce sont des notes qui peuvent être assez élaborées ou simplement des annotations succinctes.» Chaque année, il photocopiait des pages de son journal pour les intégrer dans des dossiers classés chronologiquement. A sa retraite, il avait détruit les carnets, mais conservé les chemises, qu’il s’apprêtait à transmettre au service historique des armées. Mais, pour complètement comprendre, il faut remonter à 1975. Alors capitaine, chef de poste adjoint du Sdece à Bucarest, il est soupçonné de compromission par sa hiérarchie en mal d’espionnite, puis «mis en sommeil». Faute d’avoir pu justifier une absence de quarante-huit heures, il doit quitter le service. Après avoir écrit quelques Que sais-je ?, il entre en 1980 au Centre d’analyse et de prévision (CAP) du Quai d’Orsay, sous la direction de Jean-Louis Gergorin.
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Mauvais polar
Edito
Par Fabrice Rousselot
QUOTIDIEN : vendredi 13 juillet 2007
A chaque nouvel épisode, on s’enfonce encore un peu plus dans le mauvais polar. Depuis longtemps déjà, tous les ingrédients sont là : la manip sur fond de règlements de comptes politiques, le général en mission top secret, les intermédiaires véreux. Certes, il y a les démentis et les cris d’indignation, les silences et les zones d’ombre. Mais c’est bien dans les détails que se révèle toute l’affaire Clearstream. Avec les révélations la semaine dernière sur les notes mal détruites du général Rondot, Dominique de Villepin s’est trouvé une nouvelle fois au cœur de ce sombre imbroglio. En publiant aujourd’hui la quasi-intégralité de ces notes, Libération dessine encore un peu plus précisément les contours de la machination et de ses ressorts. On est fasciné par exemple de voir comment Rondot est lui-même choqué d’apprendre que Gergorin, apparemment sur instruction de l’ex-Premier ministre, a décidé de tout confier au juge Van Ruymbeke alors que le dossier apparaît largement «fumeux», selon ses propres termes. Et Rondot d’essayer ensuite de comprendre qui instrumentalise qui, tout en se déclarant «totalement dépassé». A lire les pages les unes après les autres, on se dit que Clearstream n’a pas fini de nous surprendre. Avec celui de Villepin, le nom de Jacques Chirac ne cesse de réapparaître dans les méandres de la saga, sans que personne ne puisse définir exactement pour l’instant le rôle de l’ancien président. Le prochain chapitre officiel de l’affaire est connu, avec la convocation de «D de V» - comme l’appelle Rondot - devant les juges pour sa possible mise en examen. Mais il ne faut pas forcément en attendre grand-chose, alors que ce dernier se défend déjà en affirmant qu’il a agi en tant que ministre tout au long de l’histoire. Comme dans tous les mauvais polars, on peut parier que l’intrigue, un peu poussive, va continuer à se dévoiler par bribes. Et que c’est seulement tout à la fin, peut-être, que seront révélés les noms des coupables.
http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/266860.FR.php
Clearstream
: la secrétaire de Rondot
confirme le témoignage visant Villepin
NOUVELOBS.COM | 11.07.2007 | 18:49

Le général Rondot (Sipa)
La nièce du général, qui était aussi sa secrétaire particulière au ministère de la Défense, confirme aux enquêteurs le contenu des notes du militaire précisant le rôle de l'ancien Premier ministre, qui pourrait être mis en examen.
Dans
son édition datée du jeudi 12 juillet, Le Monde révèle
que Stéphane Q., la nièce du général Rondot,
qui était aussi sa secrétaire particulière au ministère
de la Défense, a confirmé aux enquêteurs de la division
nationale des investigations financières (DNIF) le contenu des
notes du militaire précisant le rôle de Dominique de Villepin
dans l'affaire Clearstream.
" Je confirme que le général Rondot qui me faisait taper ces
notes décrivait sa vision de la situation, qu'il était sincère
(…). Je vous rappelle qu'il s'agissait de notes destinées à son
propre usage.", a déclaré, selon le Monde, Stéphane
Q. aux juges.
"Balancer Sarkozy"
Selon
ces notes, Dominique de Villepin aurait poussé Jean-Louis Gergorin,
ancien vice-président d'EADS, à dénoncer à la
justice des personnalités, dont l'ex-ministre de l'Intérieur,
faussement accusées de détenir des comptes occultes. L'objectif
premier de cette manoeuvre aurait été de "balancer
Nicolas Sarkozy", selon des propos prêtés à Imad
Lahoud, autre personnage clef du dossier.
Le général Rondot a indiqué aux juges le 4 juillet avoir
voulu détruire ces notes en accord avec l'ex-Premier ministre. De nouveaux éléments
qui confortent les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, après qu'ils
ont convoqué Dominique de Villepin le 27 juillet. En lui précisant
qu'ils envisageaient sa mise en examen pour quatre chefs : "complicité de
dénonciation calomnieuse", "recel de vol", "recel
d'abus de confiance", et "complicité d'usage de faux".
Audition de Gergorin, puis de Lahoud
Les
faux listings de comptes ainsi que des courriers, adressés au
printemps 2004 au juge Van Ruymbeke, accusaient à tort des industriels,
des politiques, dont Nicolas Sarkozy, et des membres des services de
renseignement d'avoir touché des pots-de-vin dans la vente de
frégates militaires françaises à Taiwan en 1991.
Le contenu des notes du général Rondot, qui ne sont que des retranscriptions
de conversations, doit encore être confirmé par les auditions
des principaux protagonistes. Les juges doivent ainsi entendre Jean-Louis Gergorin
le 18 juillet, puis Imad Lahoud le 19 juillet. Les deux hommes sont déjà mis
en examen pour "dénonciation calomnieuse, faux et usage".
Dominique de Villepin sera poursuivi dans l'affaire Clearstream
Reuters - il y a 59 minutes PARIS (Reuters)
Dominique de Villepin est convoqué pour être mis en examen le 27 juillet pour une conspiration présumée visant en 2004 Nicolas Sarkozy à l'aide des faux listings de la société Clearstream, un épisode judiciaire qui constitue une "première" sous la Ve République.
L'ancien Premier ministre a lui-même annoncé, dans un communiqué,
sa convocation par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons. Son avocat, Olivier
d'Antin, a confirmé qu'il se rendrait "bien sûr" à ce
rendez-vous judiciaire.
Les charges de "complicité de dénonciation calomnieuse", et probablement d'autres infractions, sont susceptibles d'être retenues contre Dominique de Villepin, dit-on de source proche du dossier.
Des poursuites contre un ancien chef de gouvernement seraient inédites, particulièrement dans un dossier où l'actuel chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, est partie civile.
Le domicile et le bureau de Dominique de Villepin ont déjà été perquisitionnés par les juges jeudi et vendredi derniers.
Dans son communiqué, l'ex-Premier ministre "réaffirme qu'il a agi strictement dans le cadre de ses fonctions de ministre des Affaires étrangères et de ministre de l'Intérieur" et "dément toute implication pénale dans le dossier".
Ces déclarations laissent entrevoir un argumentaire juridique contestant la compétence des juges d'Huy et Pons.
En effet, les actes commis en qualité de ministre ne peuvent, en principe, faire l'objet de procédures que devant la Cour de justice de la République (CJR), une juridiction spéciale.
Sur ce fondement, Dominique de Villepin peut refuser de répondre aux magistrats puis demander l'annulation de sa mise en examen devant la cour d'appel de Paris.
Le succès de cette démarche serait incertain - un complot éventuel contre un rival n'est pas juridiquement un acte ministériel - mais peut retarder l'issue de la procédure.
"MAM" INTERROGÉE ?
Entendu pendant 17 heures en qualité de simple témoin le 21 décembre dernier, Dominique de Villepin s'était posé en "victime" et niait toute malversation, expliquant qu'il s'intéressait aux listings Clearstream uniquement au regard de la "moralisation de la vie économique internationale".
Depuis, de nouveaux documents ont été mis au jour sur l'ordinateur du général Philippe Rondot, l'un des protagonistes de l'affaire.
Ils accréditent l'hypothèse que Dominique de Villepin a suscité au printemps 2004, lorsqu'il était ministre des Affaires étrangères, une remise au juge Renaud Van Ruymbeke de faux listings de comptes bancaires Clearstream.
Ces listes, qu'avaient initialement fait apparaître en 2003 son ami Jean-Louis Gergorin, vice-président d'EADS, semblaient compromettre, entre autres personnalités, Nicolas Sarkozy, alors rival de Dominique de Villepin dans la course à l'Elysée.
Cette démarche a entraîné des vérifications susceptibles de nuire au futur candidat à l'Elysée.
Les notes Rondot citent des propos de Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud - ex-cadre d'EADS et auteur supposé de la falsification - selon lesquels il a demandé de livrer le nom de Nicolas Sarkozy au juge Van Ruymbeke.
Devant les juges, le général Rondot a dit avoir été "abattu" en apprenant cette manoeuvre, selon son procès-verbal d'interrogatoire publié dans Paris-Match à paraître jeudi.
Le général a également révélé un élément nouveau sur Dominique de Villepin: ce dernier aurait "donné son accord" le 19 juillet 2004 au militaire pour la destruction des notes finalement retrouvées par un expert dans son ordinateur.
Avant l'interrogatoire de l'ex-Premier ministre, les magistrats vont exploiter les documents et faire explorer les ordinateurs saisis chez lui, entendre Jean-Louis Gergorin le 18 juillet et le lendemain Imad Lahoud.
Parallèlement, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie paraît susceptible d'être à nouveau interrogée. Les notes Rondot font en effet état du fait qu'elle a été informée le 21 mai 2004, lorsqu'elle était ministre de la Défense, de la dénonciation au juge Van Ruymbeke.
Michèle Alliot-Marie a déjà été entendue comme témoin le 9 novembre 2006.
http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20070710/tts-france-justice-clearstream-villepin-ca02f96.html
CLEARSTREAM
Villepin
et Chirac mis en cause
dans les notes de Rondot
NOUVELOBS.COM | 05.07.2007 | 11:01
Selon une expertise judiciaire de l'ordinateur du général, l'ex-Premier ministre aurait donné instruction à l'ancien vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin, sur demande de Jacques Chirac, de "balancer Nicolas Sarkozy". Dominique de Villepin dénonce "des accusations infondées".

Dominique de Villepin (Reuters)
De
nouveaux documents apparus dans l'enquête sur les faux listings
de la société financière Clearstream accréditent
l'hypothèse selon laquelle cette manipulation menée en
2004 avait pour cible Nicolas Sarkozy et que Dominique de Villepin et
Jacques Chirac y auraient eu un rôle, a-t-on appris mercredi 4
juin. L'ancien Premier ministre a dénoncé dans un communiqué "des
accusations infondées" et a "souhaité maintenant
disposer du statut de témoin assisté" pour pouvoir
se défendre.
Ces documents sont des notes du général Philippe Rondot, initialement
détruites, mais reconstituées sur l'ordinateur du militaire lors
d'une expertise judiciaire. D'autres notes écrites du général
avaient lancé l'affaire en 2006.
" Selon la source Mahdi, rencontrée le 28 mai 2004, Jean-Louis Gergorin
aurait reçu instruction de Dominique de Villepin, elle-même formulée
par le président de la République, de 'balancer' Nicolas Sarkozy",
dit une première note du général Rondot dont France Info
a fait état mercredi soir.
Villepin veut être "témoin assisté"
" Dominique de Villepin déplore profondément d'apprendre par
la presse des accusations infondées alors que, simple témoin dans
cette affaire, il ne peut utilement s'en défendre, n'ayant pas d'accès
au dossier", indique l'ancien locataire de Matignon dans un communiqué,
réaffirmant qu'il n'a "pas cherché à enquêter
ni compromettre aucune personnalité politique" dans cette affaire.
" Pour sortir de cette situation inadmissible, il souhaite maintenant disposer
du statut de témoin assisté pour pouvoir bénéficier
comme tout citoyen du droit de se défendre et faire valoir la vérité",
ajoute-t-il.
Sans commentaire
Le
général Rondot a été interrogé toute
la journée de mercredi par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri
Pons sur ces notes, a dit à Reuters son avocat, Eric Morain.
Ce dernier n'en a pas nié l'authenticité mais il n'a souhaité faire
aucun commentaire.
Le parquet de Paris n'a pas encore eu connaissance de ces documents, a dit à Reuters
une porte-parole.
Philippe Rondot, spécialiste du renseignement, avait été chargé en
janvier 2004 par Dominique de Villepin, alors au Quai d'Orsay, d'une enquête
parallèle sur les listings Clearstream qu'avait fait apparaître
Jean-Louis Gergorin, alors vice-président de la société EADS.
Ces documents censés recenser des comptes bancaires occultes détenus
au sein de cette société financière luxembourgeoise, et
qui se sont avérés plus tard être des faux, comportaient
les noms de centaines de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy,
alors sur le point de prendre la tête de l'UMP.
"Le juge VR"
Dans
ses notes, le général Rondot rend compte d'entretiens et
d'investigations sur les listings.
Ses écrits laissent penser que c'est sur instruction de Dominique de
Villepin que Jean-Louis Gergorin a remis au printemps 2004 les listings au
juge Renaud Van Ruymbeke.
Ce juge recherchait depuis 2001 les bénéficiaires d'opérations
de corruption en marge d'une vente de frégates à Taiwan en 1991.
Après des entretiens hors-procédure avec Jean-Louis Gergorin,
il a versé les listings à son dossier d'enquête sous forme
de correspondances anonymes.
" Dans un entretien avec JLG (Jean-Louis Gergorin, NDLR), le 4 mai 2004,
j'ai appris que, après avoir selon lui reçu des instructions de
Dominique de Villepin huit jours auparavant, il avait été décidé de
parler au juge VR", dit une seconde note du général Rondot évoquée
par France info.
Enfin, une troisième note laisse entrevoir la réaction de Dominique
de Villepin à l'ensemble de l'opération.
" Lors d'un entretien que JLG a eu avec DDV le 19 mai, ce dernier se serait
montré à la fois jubilatoire et soucieux de ne pas apparaître
dans le scénario", dit le texte.
"Dénonciation calomnieuse"
Le
juge Van Ruymbeke a lancé des vérifications menaçantes
pour Nicolas Sarkozy. Elles ne l'ont innocenté qu'en 2005, après
vérifications à l'étranger, en Italie. Nicolas Sarkozy
a porté plainte début 2006 pour "dénonciation
calomnieuse" et il est toujours partie civile dans l'instruction.
Jean-Louis Gergorin est mis en examen pour "faux et dénonciation
calomnieuse", de même que son ex-employé Imad Lahoud, alias "Mahdi" auteur
supposé des faux. Tous deux sont convoqués pour nouvel interrogatoire
ces prochains jours chez les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons.
Le 21 décembre 2006, Dominique de Villepin a été entendu
comme témoin pendant 17 heures dans cette affaire. Il avait alors assuré aux
juges qu'il n'avait jamais rien fait pour nuire à Nicolas Sarkozy.
Jacques Chirac, convoqué comme témoin ces derniers jours par
les juges d'Huy et Pons, a refusé de venir en invoquant la séparation
des pouvoirs et la Constitution, qui selon lui interdit à la justice
d'interroger un ancien président sur ses actes. (avec Reuters)
CLEARSTREAM
Le contrôle judiciaire de Villepin
examiné en septembre
NOUVELOBS.COM
| 29.08.2007 | 16:40
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La caution de 200.000 euros imposée à l'ancien Premier ministre
sera au coeur des questions.

Dominique de Villepin (Reuters)
La cour d'appel de Paris examinera le 14 septembre le contrôle judiciaire
de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin mis en examen depuis le
27 juillet dans l'affaire Clearstream, a-t-on appris mercredi 29 août
de source judiciaire.
La caution de 200.000 euros imposée à Dominique de Villepin sera
au centre des questions sur lesquelles les magistrats de la chambre de l'instruction
de la cour devront se prononcer.
Le contrôle judiciaire prévoit également une interdiction
de rencontrer Jacques Chirac, ainsi que les principales personnes mises en
cause dans ce dossier, dont Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud mis en examen
en juin 2006, mais également le général Philippe Rondot,
entendu comme témoin assisté.
Les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons ont toutefois autorisé l'ancien
Premier ministre à se déplacer en France et à l'étranger.
Appel dès la mise en examen
Dominique
de Villepin avait fait appel de son contrôle judiciaire le
jour même de sa mise en examen pour "complicité de dénonciation
calomnieuse, recel de vol et d'abus de confiance, complicité d'usage
de faux".
Le 13 septembre, la veille de l'audience devant la cour d'appel, l'ancien Premier
ministre de Jacques Chirac doit être entendu sur le fond par les juges
d'Huy et Pons.
Clearstream : la DGSE savait

Crédit Photo : TF1/LCI
Clearstream : article du Monde daté du jeudi 21 septembre 2006
Selon Le Monde, une note
des services secrets français évoquait
dès juillet 2004 "une tentative de manipulation de la justice."
- le 20/09/2006 - 17h49
L'information a été révélée par Le Monde dans son édition de jeudi : dès juillet 2004, la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) avait évoqué dans une note interne "une tentative de manipulation de la justice française." Cette note de la DGSE, dont on ignore le ou les destinataires, aurait, selon le quotidien, été rédigée au lendemain de la parution dans Le Point d'un article qui mentionnait pour la première fois l'existence de listings bancaires en parlant d'une affaire d'Etat. C'est à cette même période que Dominique de Villepin, alors ministre de l'Intérieur, commandait une enquête sur l'authenticité de ces mêmes listings à la DST (Direction de la surveillance du territoire).
"Le service a obtenu des listes de comptes enregistrés chez Clearstream, transmises par Imad Lahoud sous la forme de deux CD-ROM. Ce listing est identique à celui que le 'Corbeau' a envoyé aux magistrats du pôle financier", constate la DGSE dans sa note en expliquant que "l'analyse de ces données incite à privilégier l'hypothèse d'une tentative de manipulation de la justice française par un 'corbeau'." Pour les services secrets français, "cette manoeuvre s'appuierait sur des liens imaginaires entre certains comptes et leurs soi-disant titulaires figurant dans les courriers anonymes."
La manipulation démontrée en décembre 2005
Le juge financier Renaud Van Ruymbeke avait reçu en mai et juin 2004 des lettres anonymes accompagnées de CD-ROM évoquant des transferts occultes sur des comptes de Clearstream et citant des noms de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, qui en aurait bénéficié. Il ne devait parvenir à démontrer la manipulation, après retour de commissions rogatoires internationales, qu'en décembre 2005.
Les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, chargés de l'enquête, ouverte en septembre 2004, sur cette manipulation, ont depuis lors identifié l'auteur des envois anonymes, l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin. Ce dernier a été mis en examen en juin 2006 pour "dénonciations calomnieuses" par les deux magistrats tout comme Imad Lahoud, ex-informaticien d'EADS, soupçonné d'avoir falsifié les fameux listings. (D'après agence)
http://tf1.lci.fr/infos/france/justice/0,,3333015,00-clearstream-dgse-savait-.html
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PATRICE-JACQUES
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