ENQUÊTE
(1ère PAGE)
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Biographie
de M. Robert Boulin

20 juillet 1920 Villandraut (Gironde)
30 octobre 1979 Rambouillet (Yvelines)
Milieu Familial
Fils de Daniel (1887-1940), contrôleur des manufactures de l’État, et de Marcelle MARTINEAU (1888-1981)
É pouse le 8 avril 1947 Colette LALANNE
Deux enfants : Bertrand, Fabienne.
Études
Lycées de Talence (Gironde) et de Bordeaux (Gironde), facultés de droit et des lettres de Bordeaux
Licence ès-lettres et en droit.
Carrière professionnelle
Avocat (1946-1960) aux barreaux de Libourne (Gironde) et Bordeaux (Gironde)
Administrateur de sociétés : Compagnie française de l’Afrique occidentale, Perrier, Office commercial pharmaceutique (1973-1976).
Mandats électifs
Parti politique : Rassemblement pour la République (RPR)
Maire de Libourne (Gironde, 1959-1979)
Député de la Gironde (1958-1961, 1962, 1967, 1968, 1973, 1976, 1978)
Conseiller régional d’Aquitaine (1973-1979).
Responsabilités exercées
Secrétaire d’État aux rapatriés (1961-1962)
Secrétaire d’État au budget (1962-1966)
Secrétaire d’État à l’économie et aux finances (1967-1968)
Ministre de la fonction publique (1968)
Ministre de l’agriculture (1968-1969)
Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement (1972-1973)
Ministre chargé des relations avec le Parlement (1976-1977)
Ministre du travail et de la participation (1978-1979).
Ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l'économie et des finances durant 371 jours
dans le gouvernement BARRE
(30 mars 1977 - 4 avril 1978).
Résumé de l'action ministérielle
L’arrivée de Robert BOULIN au ministère des finances est marquée par le lancement d’un emprunt à 8,80% garanti sur l’unité de compte européenne.
Le ministre poursuit la politique de stabilité des prix de son prédécesseur, en accroissant les contrôles chez les commerçants et en faisant appliquer une baisse sur des produits de première nécessité (café, huiles, etc.).
L’accès des petites et moyennes entreprises aux marchés publics est facilité.
De nouvelles mesures d’indemnisation sont prises en faveur des rapatriés d’Afrique du nord (loi du 2 janvier 1978).
ROBERT
BOULIN ENQUÊTE 2ème PAGE: ![]()
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PARTIE 1
Le 30 octobre 1979, coup de tonnerre : le corps de Robert Boulin, résistant, gaulliste, ministre pendant 15 ans, est retrouvé mort dans un étang de la forêt de Rambouillet.
(Lettre de Mme: Fabienne Boulin Burgeat)
L'affaire
Boulin en questions
envoyé par rue89
Cher Monsieur,
Je
vous remercie de votre soutien et vos encouragements. Dans
cette affaire, l'opinion publique a un rôle eminent à jouer.
Je
vous recommande le livre de B. Collombat (Ed fayard). Une contre
enquête
absolument remarquable.
Je
connaissais votre site, que j'avais visité en cherchant sur google.
Vous êtes si peu à faire l'échos de cette affaire.....
Vous avez accès à une nouvelle liste d'anomalie que nous avons
posté sur wikipedia. Vous avez du déjà la voir.
Bien à vous
Fabienne Boulin Burgeat
Cliquez
pour entendre le témoignage de l'affaire boulin
Une enquête de Benoît Collombat (Robert Boulin, un homme à abattre (à écouter) 48m/n
Selon
la version officielle, il s’est suicidé, après la publication d’articles dans la presse le soupçonnant d’avoir acheté dans des conditions anormales un terrain à Ramatuelle.
A l’époque, Giscard est Président. La perspective de la présidentielle de 81 provoque une lutte féroce au sein de la droite, entre les partisans de Jacques Chirac et ceux de Valéry Giscard d’Estaing.
D’évidence, on ne nous a pas dit la vérité sur la mort d’un ministre de la République. Tout a plutôt été fait pour cacher ce qu’à l’époque Chaban-Delmas a appelé un "assassinat". La famille de Robert Boulin a été menacée pendant de très longues années pour qu’elle
se taise.
Avec le recul du temps, certains témoins acceptent de parler, bien qu’ils aient encore peur de dire tout ce qu’ils savent... Pendant plusieurs mois, Benoît Collombat a repris tous les éléments de l’enquête. Il apporte ce matin de nouveaux témoignages.
Benoît
Collombat
QUI A ASSASSINE ROBERT BOULIN ?

l’étang
Rompu en forêt de Rambouillet (Yvelines). On distingue
le corps et la 305

B1 - Vue du visage tuméfi- du ministre, avec notament une fracture du nez et les narines ensanglantées


B2 - Le corps de la victime vient d'être retiré de l'eau. La tuméfaction du nez est très visible

Octobre 1980 :
Disparition illégale des prélèvements de sang de Robert Boulin. Le docteur Le Breton, responsable de l'Institut Médico-légal décide alors par précaution de cadenasser le frigo contenant les derniers prélèvements d'organes du ministre.
Note du Docteur R. Le Breton du 4 juillet 1988 (pg 1)

Note du Docteur R. Le Breton du 4 juillet 1988 (pg 2)

Note du Docteur R. Le Breton du 4 juillet 1988 (pg 3)

VERSION OFFICIELLE : Robert Boulin s'est suicidé.
VÉRITÉ :
Robert Boulin a été assassiné après avoir été ligoté et violemment battu.
Robert
Boulin est découvert noyé le 30 octobre 1979 à 8
heures 35 mn dans l’Etang Rompu de la forêt de Rambouillet,
pièce d'eau profonde de 50 centimètres d'eau avec 40 centimètres
de vase. Le corps gît en position accroupie (dite position de "la
prière du musulman"), le thorax penché en avant, le
visage contre le fond de l’étang. Seul les épaules
et le haut de la nuque émergent de la surface de l’eau.
Dès les premières heures de l'après-midi, l'autopsie est
réalisée à l'institut médico-légal de Paris
par les docteurs J. Bailly et A. Deponge. Une autopsie bien étrange,
puisque les légistes n'effectuent aucune incision musculaire, ce qui
pourtant doit être systématiquement pratiqué.
Les deux spécialistes, qui ont quand même examiné les poumons
et l'estomac, concluent à un décès par noyade.
Quelques jours plus tard, ils remettent leur rapport, qui conclut que le décès
du ministre est intervenu vraisemblablement entre 19 heures 30 et 20 heures
le 29 octobre, soit 12 heures 30 à 14 heures avant que le cadavre ne
soit découvert. Les légistes précisent (deuxième
page du rapport) que "les lividités cadavériques siègent
au niveau de la face postérieure du corps". Or, tous les spécialistes
savent que les lividités cadavériques (de couleur rose bleuté)
déterminent la position d’un cadavre dans les heures qui suivent
la mort. Ce sont les traces laissées par le sang qui ne circule plus
après l’arrêt du coeur ; celui-ci est donc soumis à la
pesanteur et s’accumule dans les parties déclives du corps sur
lesquelles repose le cadavre. Elles apparaissent en quelques heures et leur
localisation devient immuable après dix à quinze heures.
Il est ainsi démontré que le corps de Robert Boulin porte des
lividités cadavériques situées sur le dos, alors qu’il
a été retrouvé sur le ventre.
Ce qui signifie que le corps du ministre a reposé sur le dos durant
une douzaine d'heures après sa mort.
L'examen toxicologique réalisé ensuite par les docteurs R. Le
Breton et J. Garat concluent à une absorption de 1,2 mg/litre de Valium
(dose qui ne peut en aucun cas être mortelle), ainsi qu'à une
alcoolémie nulle.
Aucun examen complémentaires du corps n'est pratiqué, ni aucune
analyse sur les lieux de découverte du corps.
Pourtant :
1.-
A l’avant du véhicule du ministre (voiture dont l’exploration
n’a jamais été effectuée), la moquette est
souillée de traces de boue (dont l'analyse n'a jamais été réalisée).
Question : d’où vient cette boue ?
2.-
Le tableau de bord porte des traînées de bave, principalement
devant le siège du passager.
Questions : quelle est la nature de cette bave ? Qui l’a émise
?
3.-
Quand le corps du ministre est sorti de l’eau, les témoins
remarquent que Robert Boulin saigne du nez, et qu’il a sur le visage
des traces ressemblant à des hématomes, la lèvre
fendue et trois blessures sur le nez. (Voir la photo b3)
Questions : comment un noyé peut-il saigner du nez ? Comment peut-on
récolter des hématomes (qui, par définition, ne peuvent
se former que du vivant d’un individu) en se noyant dans 50 centimètres
d’eau dans un étang parfaitement calme ?
4.-
Le poignet droit du ministre porte une profonde coupure évoquant
une trace laissée par un lien extrêmement serré.
(Voir la photo b3)
Question : qui a attaché Boulin, puis l’a détaché avant
qu’il ne se "suicide" ?
5.-
Au cours de la première autopsie (le 30 octobre 1979), aucun examen
du visage et du crâne n’est effectuée.
Question : cet examen étant systématiquement effectué au
cours de chaque autopsie, pourquoi n’a-t-il pas été réalisé dans
ce cas précis ?
Réponse : sur ordre du procureur de la République de Versailles.
Suite à une
plainte de la famille Boulin en 1983, le corps du ministre est exhumé pour
une nouvelle autopsie.
Celle-ci, réalisée à Bordeaux, révèle que
le cadavre a fait l'objet d'un début d'embaumement, alors que la famille
n'en avait pas fait la demande. D'ailleurs, une telle pratique est rigoureusement
réglementée dans les cas de décès douteux, puisqu'elle
peut fausser complètement tous les résultats d'analyses toxicologiques
ultérieures éventuelles, compte tenu des produits utilisés.
Au cours de cette nouvelle autopsie, on découvre des fractures des os
du nez et du maxillaire supérieur, étrangement passées
inaperçues aux yeux des premiers experts. Ce qui est d'autant plus incroyable
que les légistes bordelais concluent à un " traumatisme
appuyé du massif facial du vivant de Robert Boulin " ! Selon ces
spécialistes, il manque en outre un élément fondamental
pour établir de façon indiscutable l'hypothèse de la mort
par noyade : l'étude anatomo-pathologique des poumons.
Or, malgré de multiples recherches apparentes, il est officiellement
impossible de retrouver les poumons de Robert Boulin !
Questions : Pourquoi ces résultats n’ont-ils pas été publiés, et pourquoi aucun juge d’instruction n’en a-t-il tiré la conclusion qui s’impose : avant ou après qu'il ne soit ligoté, Robert Boulin a été violemment frappé au visage. Qui a ordonné d'embaumer le corps ? Où sont passés les poumons de la victime ? Pourtant, l’étude des Diatomées aurait permis de savoir immédiatement si Boulin s’était ou non noyé dans l’étang ou il avait été découvert. Ou dans une baignoire alimentée par de l’eau de ville ? Ou ailleurs ? Pourquoi ces analyses n’ont-elles pas été ordonnées ?
6.-
Entre le 29 septembre et le 6 octobre 1980, un flacon du sang de Robert
Boulin est volé au laboratoire de toxicologie de la Préfecture
de police de Paris.
Question : Qui a volé ce flacon ? Comment cette personne pouvait-elle
avoir accès au laboratoire de toxicologie de la Préfecture de
police de Paris, si elle n'y travaillait pas ou ne le fréquentait pas
officiellement** ? L'I.G.S., la police des polices fut chargée de l'enquête
et, comme on s'en doute, n'aboutit à aucun résultat.
En
juin 1983, la famille Boulin porte plainte pour homicide volontaire,
et ses avocats demandent diverses contre-expertises.
Car les échantillons toxicologiques existent encore.
Ils sont soigneusement conservés sous clé (depuis le vol du sang
en 1980) par le docteur Roger Le Breton, alors directeur du laboratoire de
toxicologie de la Préfecture de police de Paris.
Au début de mai 1986, Michèle Rudler, qui vient d’évincer
le Docteur Le Breton en dépit de son absence totale d'expérience
en criminalistique, trouve immédiatement extrêmement encombrant
le frigo cadenassé. Elle obtient de Jean Daubigny, chef de cabinet du
préfet de police, l’autorisation de faire enlever le meuble après
ouverture. Ce qui est fait le 21 mai 1986.
Date intéressante, car c’est seulement le lendemain de l’effraction
que Daubigny écrit au Docteur Le Breton pour lui demander de restituer
les clés du cadenas... Démarche à laquelle ce dernier
répond, le 3 juin, par une fin de non-recevoir : "L’affaire
Boulin n’est pas terminée. (...) Des vérifications pourraient être
demandées sur ces scellés reconstitués qui appartiennent à la
justice."
Une justice peu curieuse puisque, à l’époque, la famille
Boulin réclame depuis trois ans semblables examens. Non formolés,
le foie, les reins et l’un des poumons de Boulin, conservés -
avec le coeur - à des fins toxicologiques, peuvent encore parler. Mais,
transférés dans un autre réfrigérateur, les quatre
bocaux sont détruits au printemps 1987. Conformément, soutient
Michèle Rudler, à une circulaire du 3 octobre 1984 qui autorise
une telle élimination. Avec eux disparaissent les derniers indices scientifiques
qui auraient permis d’apporter une réponse définitive aux
questions qui entourent toujours la mort de Robert Boulin.
En fait, il n’y a qu’une seule vraie question : Robert Boulin ne s’étant à l’évidence pas suicidé, qui l’a ligoté, frappé, puis tué ? Sûrement quelqu’un -ou une organisation - importante en liaison étroite avec le(s) pouvoir(s) politique(s) pour bénéficier d’une telle protection et d'une telle aide...
En tout cas, à défaut de mériter des diplômes en criminalistique, il est certain que Michèle Rudler a bien mérité de la patrie...
Note du Docteur Le Breton (4 juillet 1988) concernant la destruction des prélèvements d'organes de l'affaire Robert Boulin :
" Les
pièces détruites avaient été confiées
aux Experts Garat et Le Breton, directeurs successifs du Laboratoire
de Toxicologie de la Préfecture de Police.
Il s’agissait de quatre bocaux de prélèvements d’organes
et deux flacons de sang de l’affaire Robert Boulin.
- trois bocaux de l’affaire Lucet de Marseille.
- trois bocaux de l’affaire Jane Seberg.
Les deux premières affaires étaient à retentissements
politiques.
La troisième avait fait l’objet d’un vol du flacon de sang.
Les prélèvements de l’affaire Robert Boulin nous avaient été remis
le 30 octobre 1979 par le Greffe de l’Institut Médico-Légal
de Paris sur réquisition du Parquet de Versailles aux fins d’examen
toxicologique.
Ces prélèvements ont été décrits dans notre
rapport du 7 novembre 1979.
Après examen toxicologique, ils ont été conservés
:
- pour les trois bocaux d’organes dans l’installation frigorifique
du rez-de-chaussée de l’Institut Médico-Légal.
- pour un flacon de sang dans le grand réfrigérateur de la façade
Est du Laboratoire de Toxicologie proprement dit (premier étage) dans
le panier de Monsieur Tourneau.
La reconstruction de l’installation frigorifique au début d’octobre
1980 a nécessité un recensement des scellés dont ceux
de l’affaire Boulin qui ont été transférés
le 29 septembre 1980 en raison de leur intérêt pour établir
les causes de la mort, au premier étage dans le grand réfrigérateur.
Le Docteur Garat avait vu ce jour là le flacon de sang de Monsieur Robert
Boulin à sa place.
Le lundi 6 octobre 1980, le Docteur Garat s’est aperçue de la
disparition de ce flacon de sang.
Le 7 octobre, j’ai signalé par lettre au Préfet de Police
cette disparition que j’ai confirmée par une autre lettre le 15
octobre 1980.
Le 21 octobre 1980 avec le Docteur Garat, nous avons mis au courant par lettres
de la disparition de l’échantillon de sang de Monsieur Robert
Boulin :
- d’une part, Monsieur le Procureur de la République près
le Tribunal de Grande Instance de Versailles qui nous avait requis.
- d’autre part, Monsieur le Procureur Général près
la Cour d’Appel de Versailles.
Pour éviter une disparition des autres prélèvements de
Monsieur R. Boulin qui pouvaient être utilisés pour trancher le
problème en suspens sur les causes de la mort entre submersion ou non,
Monsieur le Préfet Fromion, Chef du Cabinet du Préfet de Police,
a fait acheter par le Service du Matériel sur le Budget Spécial
de la Ville de Paris, un réfrigérateur et l’a fait munir
par les Services Techniques d’une fermeture à cadenas dont les
deux clés m’ont été remises.
Lors de mon départ à la retraite, j’ai confié ces
deux clés au Docteur Garat qui me succédait.
Depuis, les clés ne m’ont pas été demandées,
ni au Docteur Garat qui les tient à la disposition de l’Administration
contre un Procès-verbal de remise établi en présence de
l’autorité judiciaire actuellement compétente.
Le 22 mai 1986*** , Monsieur Jean Daubigny, Chef de Cabinet du Préfet
de Police, m’a demandé l’enlèvement des échantillons
du réfrigérateur fermé dont l’administration ne
détenait pas les clés.
Le 3 juin 1986, j’ai signalé au Préfet de Police que :
- l’affaire Robert Boulin n’était pas terminée.
- des vérifications pourraient être demandées par les parties
en cause sur des scellés qui appartenaient à la Justice et non
aux Experts.
- la décision de destruction ne pouvait être prise que par l’autorité judiciaire
qui ne devait pas manquer d’en informer la famille.
- j’étais à sa disposition à tout moment pour signer
un Procès-verbal de remise des scellés aux autorités judiciaires.
Depuis, je n’ai pas eu de nouvelles des autorités préfectorales.
J’ai lu dans l’Express que j’avais refusé de remettre
les clés à Madame Rudler faisant fonction de Chef du Laboratoire
de Toxicologie de la Préfecture de Police de Paris.
Ceci est inexact puisque les clés ne m’ont pas été demandées.
Il convient d’ajouter que le réfrigérateur et sa fermeture
sont la propriété de la Ville de Paris, et que les experts en étaient
les locataires par la redevance versée au Budget Spécial de la
Ville de Paris, conformément au statut du Laboratoire de Toxicologie
de la Préfecture de Police.
En effet, l’affaire Robert Boulin a été inscrite par Madame
Affichard, Adjoint Administratif, sur le Registre règlementaire des
entrées et résultats qui a dû être conservé puisque
la responsabilité des Experts judiciaires est trentenaire. "
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http://www.loic-le-ribault.ch/cms/03.php?PA=1&ID_STR=1&lang=fr
* Pour plus d'informations sur cette affaire, lire l'excellent ouvrage de Serge
Garde intitulé Interdit de se tromper, (éditions Plon,
Paris, 1993)
** Cf. Interdit de se tromper, op cité
*** Donc le lendemain du jour où Michel Rudler avait fracturé le réfrigérateur pour faire disparaître les pièces à conviction...
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Biographie
de Robert BOULIN
L’assassinat de Robert Boulin Preuves et anomalies
Le 15 décembre 1987, l’Humanité apportait la démonstration médico-légale que le suicide solitaire de Robert Boulin était impossible. La preuve par les lividités cadavériques. Après la mort, le sang, qui ne circule plus, traverse les tissus et se dépose, sous l’effet de la pesanteur, sur les parties du corps au contact du sol. Ces hématomes forment les lividités cadavériques, précieuses pour l’enquête puisqu’elles déterminent la position du corps au moment du décès. Elles se fixent en quelques heures. Selon le rapport d’autopsie, les lividités cadavériques ont été constatées sur le dos du ministre. Or son cadavre a été retrouvé agenouillé et penché vers l’avant. La situation des lividités est en contradiction avec la position dans laquelle le corps a été retrouvé. Le cadavre a nécessairement été manipulé. " C’est imparable ", explique Fabienne Boulin-Burgeat, la fille du ministre.
Second fait. Le procès verbal nø 850 établi par les gendarmes de Montfort-Lamaury précise que " le corps de monsieur Boulin " est retrouvé dans l’étang du Rompu, en forêt de Rambouillet, " à cinq mètres de la berge, à un endroit où il y a 50 cm d’eau et 40 cm de vase ". Si le ministre a parcouru ces cinq mètres dans l’eau et la vase avant de s’écrouler, comment expliquer que le bas de son pantalon et ses mocassins n’aient pas été souillés par la fange, comme l’attestent les photos prises au moment où son corps est sorti de l’eau ? Invraisemblable.
Troisième élément. Les docteurs Deponge et Bailly, qui effectuent l’autopsie du ministre à l’Institut médico-légal de Paris, signalent dans leur rapport que, " conformément aux directives de monsieur le procureur de la République ", ils n’ont pas procédé à l’autopsie du crâne. Pourquoi cette entrave judiciaire au bon déroulement de l’autopsie ? Le ministre a le visage tuméfié et une contre-autopsie pratiquée trois ans plus tard décèlera deux fractures de la face (nez et pommette droite).
Quatrième élément. Il était facile d’établir formellement la noyade, en analysant l’eau de l’étang forcément inhalée par la victime. L’analyse des poumons n’a pas été faite immédiatement. Mais, les viscères ayant été prélevés au cours de l’autopsie, elle restait possible à tout moment. Or, en 1987, les flacons contenant les poumons ont été volés dans un réfrigérateur dont le cadenas a été fracturé à l’Institut médico-légal. Cette destruction de scellés juridiques, un crime selon le Code pénal, n’a jamais été sanctionnée.
Cinquième fait. Les échantillons de sang qui auraient permis une contre-expertise à propos des barbituriques (du Valium) absorbés le ministre ont eux aussi été volés, toujours à l’Institut médico-légal de Paris.
On pourrait poursuivre l’énumération. Dans l’instruction ouverte après la mort de Robert Boulin, on dénombre plus de quarante anomalies ou invraisemblances. Le complément d’information décidé par le parquet général de Paris offre à la justice une chance de se ressaisir, après vingt-trois années d’acharnement souvent ubuesques pour accréditer le suicide. Il restera à expliquer pourquoi Robert Boulin était devenu si gênant qu’il a été supprimé. Personne n’ignorait l’aversion réciproque que se vouaient Robert Boulin et Jacques Chirac, président du RPR. Le premier, proche de Chaban-Delmas, n’avait jamais pardonné la " trahison " du second lors de la présidentielle de 1974. Chirac n’avait-il pas, en se ralliant à Giscard d’Estaing, sabordé la candidature de Chaban ? Robert Boulin, recordman de la durée ministérielle, avait refusé de participer au gouvernement chiraquien de 1974 à 1976. Il était redevenu ministre dès que Jacques Chirac avait quitté Matignon. En 1979, au moment de sa mort, d’insistantes rumeurs le désignaient comme le successeur de Raymond Barre, premier ministre en perte de vitesse. Robert Boulin, gaulliste " historique ", premier ministre de Giscard ? Deux ans avant la présidentielle de 1981, c’était une hypothèse que le RPR ne pouvait accepter sereinement. N’est-ce pas la raison pour laquelle des journalistes ont reçu des " tuyaux " sur une pseudo-affaire immobilière à Ramatuelle (Var), visant à discréditer le gêneur ? Robert Boulin ne cache pas à ses proches qu’il se sait victime d’une cabale orchestrée par le RPR. Va-t-il se laisser détruire, lui qui, dans sa carrière ministérielle, a occupé de nombreux postes clés (le Budget, l’Économie et les Finances, la Santé, la Sécurité sociale) ? Il connaît toutes les affaires sensibles de la Ve République. Le lundi 29 octobre 1979, à 15 h 10, il sort du coffre de son ministère un certain nombre de dossiers. Il les dépose chez lui, 32, boulevard Maillot, à Neuilly. Parmi eux, un dossier Elf. Son épouse Colette le voit sur le seuil de la porte. Il porte son index devant ses lèvres : " Chut ! J’ai un rendez-vous, ne t’inquiète pas. " Il repart au volant de sa Peugeot 306. Allait-il négocier avec ses ennemis intimes l’arrêt de la campagne calomnieuse qui le visait ? Le lendemain, on retrouvait son cadavre. Et les dossiers avaient disparu du domicile du ministre assassiné. Le parquet général de Paris et la police judiciaire auront-ils le courage d’aller au bout de ce mystère ?
Serge Garde : Article paru dans l'édition du 7 novembre 2002
http://www.humanite.presse.fr/journal/2002-11-07/2002-11-07-12659
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PARTIE 2
La
fille de Robert Boulin va demander
une nouvelle enquête
NOUVELOBS.COM - 16.04.2007 - 18:02

La fille du ministre RPR mort en 1979, sur lequel l'information judiciaire avait conclu au suicide, souhaite la réouverture de l'enquête. Elle considère que de nouveaux éléments appuient la thèse d'un complot politique.
Robert
Boulin (Sipa)
La fille du ministre RPR (Rassemblement Pour la République) Robert Boulin,
mort en 1979, a déclaré lundi 16 avril qu'elle souhaite demander
la réouverture de l'enquête. Elle estime que de nouvelles auditions
menées depuis 2002 démontrent que son père a été assassiné.
" De nouveaux témoignages confirment que Robert Boulin a été assassiné,
victime d'un complot politique. (...) Nous ne cessons de rassembler les preuves
tangibles que mon père a été assassiné et je vois
mal comment la justice de la République pourrait continuer à les
dénier", dit sa fille, Fabienne Boulin-Burgeat, dans un communiqué.
Thèse du meurtre
Elle
donnera une conférence de presse mercredi à Paris avec
son avocat, Me William Bourdon, pour demander la désignation d'un
juge d'instruction.
Robert Boulin, ministre du Travail de Valéry Giscard d'Estaing, dont
le nom était souvent cité à l'époque pour Matignon,
avait été retrouvé noyé dans une faible profondeur
d'eau d'un étang de la forêt de Rambouillet le 30 octobre 1979, à Saint-Léger-en-Yvelines.
L'enquête initiale avait conclu au suicide. Depuis 2002, de nouvelles
auditions judiciaires ont été ordonnées à la demande
de Fabienne Boulin, à la suite notamment d'un reportage télévisé soutenant
la thèse du meurtre.
Selon elle, il est établi par ces auditions que le corps du ministre
portait des traces de coups et "preuve est faite" que des preuves
ont été dissimulée avant l'enquête judiciaire.
Un complot ?
La
thèse du complot, très ancienne dans cette affaire, a été examinée
mais a été écartée par la justice dès
1992.
L'enquête de gendarmerie d'abord menée pour "recherche des
causes de la mort" en l'absence de plainte initiale de la famille avait
conclu à un suicide par l'absorption de comprimés de Valium,
provoquant un état léthargique, puis une noyade dans une faible
profondeur d'eau.
La famille déposant plainte, une information judiciaire avait été ouverte
en 1983 et débouché sur un non-lieu, confirmé par la chambre
de l'instruction de Paris le 24 mars 1992, qui soulignait de nombreux éléments
rendant probable le suicide. (Reuters)
ROBERT
BOULIN ENQUÊTE 2ème PAGE: ![]()
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CHRONOLOGIE DE L'AFFAIRE BOULIN
30 octobre 1979 :

(Nous distinguons parfaitement le corps à quelques mêtres de la 305)
Le corps de Robert Boulin est officiellement retrouvé à 8 H 40 dans 50 centimètres d'eau de l'étang Rompu, près de la forêt de Rambouillet. Le SRPJ de Versailles chargé de l'enquête conclut immédiatement au suicide par noyade après absorption de barbituriques , puis, dans un deuxième temps, après ingestion de Valium.
Octobre 1980 :
Disparition illégale des prélèvements de sang de Robert Boulin. Le docteur Le Breton, responsable de l'Institut Médico-légal décide alors par précaution de cadenasser le frigo contenant les derniers prélèvements d'organes du ministre.
Février 1981 :
La famille Boulin découvre grâce à son avocat, Robert Badinter, des photographies du visage traumatisé du ministre prise par la police judiciaire.
Mai 1983 :
Colette Boulin affirme sur TF1 qu'elle n'a jamais cru à la thèse du suicide de son mari et qu'après sa mort, on a fait pression sur elle pour qu'elle se taise. Elle révèle que le 29 octobre 1979, à 20 heures, un collaborateur du ministre, Guy Aubert lui avait annoncé que Robert Boulin avait été tué . « Paris Match » publie des photos du corps du ministre tirées du dossier judiciaire.
Juin 1983 :
La famille Boulin,
conseillée par leur avocat Jacques Vergès, dépose plainte contre « X » pour homicide volontaire.
28 septembre 1983 :
Afin de prouver scientifiquement la noyade, Jacques Verges demande au juge d'instruction Michel Maestroni, du Tribunal de Versailles, un examen anatomo-pathologique , pour comparer les particules contenues dans les poumons du ministre avec des prélèvements d'eau de l'étang Rompu. Cette analyse indispensable à la recherche de la vérité, maintes fois réclamée, ne sera jamais effectuée . Pire, les prélèvements d'organes, conservés à l'Institut médico-légal seront tous détruits.
16 novembre 1983 :
Une deuxième autopsie à l'hôpital Pellegrin de Bordeaux, à la demande de la famille , après exhumation du corps, met en évidence la présence de plusieurs fractures au visage, passées sous silence lors de la première autopsie en 1979. Aucune autopsie du crâne n'avait été effectuée après la mort, « sur directive du Procureur de la République » Le corps a été embaumé illégalement . Les légistes considèrent qu'il y a eu « traumatisme appuyé du massif facial du vivant de Robert Boulin »… sans conclure, pour autant, que ce traumatisme ait pu être mortel. Les légistes constatent que le corps a été embaumé illégalement, ce qui a eu pour effet de maquiller les traces de coups.
15 janvier 1984 :
Bertrand Boulin déclare à la presse avoir vu des dossiers sortis par son père avant sa mort, en septembre 1979, concernant Elf, Dassault, la Sécurité sociale et l'Arabie Saoudite
18 janvier 1984 :
Sur les marches du Palais de justice de Paris, la famille Boulin accuse le procureur de la République de Versailles, Robert Barbat, de « forfaiture », suite aux nombreuses irrégularités et anomalies de l'enquête. Robert Badinter, garde des Sceaux, porte plainte pour « diffamation » contre la famille Boulin.
Mars 1984 :L'affaire Boulin est dépaysé au Tribunal de grande instance de Paris. Le magistrat Yves Corneloup reprend le dossier, en liaison avec la Brigade criminelle.
1985 :
Sortie chez Grasset du livre « Mort d'un ministre » de Patrick Rambaud, inspiré de l'affaire Boulin.
Octobre 1985 :
Découverte d'une écoute téléphonique du maire de Saint-Léger-en-Yvelines démontrant que l'heure de décès de Robert Boulin a été rectifiée sur ordre du Procureur de la République de Versailles.
7 novembre 1985 :
Déposition de l'adjoint au maire Serge Tirlet qui décrit les traumatismes au visage de Robert Boulin, qu'il avait lui-même constatés au bord de l'étang Rompu.
30 avril 1987 :
Avec son nouveau conseil, René Boyer, la famille Boulin demande au garde des Sceaux, Albin Chalandon, l'aide judiciaire pour financer les coûts d'exhumation des bocaux contenant les derniers prélèvements d'organes du ministre censés se trouver au cimetière de Thiais.
Juillet 1987 :
L'hebdomadaire « L'Express » annonce que le réfrigérateur cadenassé de l'Institut médico-légal contenant une partie des prélèvements de poumons de Robert Boulin a été fracturé, puis vidé de son contenu . Il s'agit de scellés judiciaires détruits illégalement.
28 octobre 1987 :
Le juge Corneloup interroge sur commission rogatoire Henri Tournet, l'homme qui a vendu le terrain de Ramatuelle à Robert Boulin, en cavale à Ibiza. La France ne demandera jamais son extradition . Le magistrat demande à la Brigade criminelle de retrouver le postier de Montfort l'Amaury pour éclaircir l'épisode des lettres posthumes. La Criminelle répond que c'est impossible . Le postier serait parti en Guadeloupe, ce qui est totalement faux.
Novembre 1987 :
Après des fouilles infructueuses au cimetière de Thiais, la famille Boulin découvre que les ultimes prélèvements d'organes du ministre ne sont pas enterrés sous un monument à la gloire des donneurs d'organes, au cimetière de Thiais. Contrairement à ce que la justice et la police lui indiquaient depuis plusieurs mois…
8 janvier 1988 :
Dans « L'Express », (« Le faux suicide de Robert Boulin ») James Sarrazin révèle que la position des lividités cadavériques sur le dos de Robert Boulin indique que le corps du ministre a été déplacé après sa mort. Un « pool » de journalistes de plusieurs médias se constitue pour tenter de tirer au clair les conditions de la mort de Robert Boulin.
Mars 1988 :
Le magistrat Alain Verleene reprend le dossier Boulin.
Juin 1988 :
La famille Boulin porte plainte pour « destruction de preuves »
20 septembre 1991 :Ordonnance de non-lieu rendue par la juge d'instruction, Laurence Vichnievsky , seulement quelques jours après que le dossier lui ait été confié.
24 mars 1992 :
Confirmation du non-lieu « en l'état » par la chambre d'accusation de la Cour d'appel de Paris, présidée par Martine Anziani.
15 décembre 1992 :
La Cour de cassation confirme le non-lie u, ouvrant un délai de 10 ans avant une éventuelle prescription. Tout fait nouveau surgissant durant ce délai peut permettre la réouverture de l'enquête.
1993 :
Sortie chez Plon du livre de Roger Lebreton et Juliette Garat (avec Serge Garde) : « Interdit de se tromper. 40 ans d'expertises médico-légales. » L'ancien responsable du laboratoire de toxicologie de la Préfecture de police de Paris, qui a analysé les prélèvements toxicologiques de Robert Boulin bat en brèche la version du suicide et réfute l'argument les arguments utilisés par Martine Anziani pour expliquer la localisation des lividités cadavériques.
4 juillet 1995 :
La justice rend une ordonnance de non-lieu suite à la plainte pour « destruction de preuves » déposée par la famille Boulin à la suite de la disparition des prélèvements anatomo-pathologiques
Novembre 1999 :
Le magazine « Golias », sous la signature de Francis Christophe , publie une contre-enquête détaillée remettant en cause la version du suicide (« Le grand maquillage . L'affaire Boulin, 20 ans après.»)
2000 :
Sortie du livre « Adieu Colbert » de Yann Gaillard , ancien directeur de cabinet de Robert Boulin, aujourd'hui sénateur UMP de l'Aube. Il affirme qu 'à 2h du matin il apprend par le directeur de cabinet de Raymond Barre à Matignon, Philippe Mestre, que le corps de Robert Boulin vient d'être retrouvé.
15 janvier 2002 :
L'émission 90 minutes sur « Canal + » (« Robert Boulin : le suicide était un crime ») apporte de nouveaux éléments infirmant la thèse du suicide : le témoignage du colonel de gendarmerie (Jean Pépin) qui a sorti le corps de l'eau, d'une spécialiste en toxicologie (Juliette Garat) qui a analysé le sang du ministre et d'un ancien substitut du Procureur de la République (Daniel Leimbacher) qui explique avoir subi des pressions de sa hiérarchie.
30 octobre 2002 :
« France Inter » diffuse un reportage de 10 minutes dans son 7-9 du matin contenant de nouveaux témoignages battant en brèche la version du suicide : le postier Denis Lemoal , l'expert en écriture Alain Buquet ou encore le gaulliste Olivier Guichard , qui affirme avoir « toujours pensé que Boulin ne s'était pas suicidé ». Le même jour, la justice annonce l'audition de nouveaux témoins dans l'affaire Boulin. Cette nouvelle enquête préliminaire interrompt la prescription
13 décembre 2002 :
Témoignage de Jacques Douté dans « Sud Ouest » (« Un silence trop lourd ») expliquant avoir été prévenu de la mort de Robert Boulin dès le 29 octobre 1979, à 20 heures.
26 octobre 2003 :Le magazine Interception , sur « France Inter », diffuse une contre-enquête de 45 minutes (« Robert Boulin : un homme à abattre), rediffusé le 18 avril 2004, remettant en cause , une nouvelle fois, la version du suicide.
4 janvier 2006 :
Fin des nouvelles auditions devant un officier de police judiciaire de Nanterre. 28 personnes ont été entendues entre 2002 et 2006. Sans réouverture d'information judiciaire…
Janvier 2007 :
Sortie du livre « L'Expérience du Pouvoir » (Fayard) de Raymond Barre (entretiens avec Jean Bothorel) où l 'ancien Premier ministre affirme avoir appris la découverte du corps à 3h du matin , alors que le corps n'a été découvert officiellement qu'à 8H40 . On lui précise alors que Robert Boulin se serait suicidé par barbituriques.
11 avril 2007 :
Sortie chez Fayard du livre : « Un homme à abattre. Contre-enquête sur la mort de Robert Boulin » par Benoît Collombat . De nouveaux témoignages remettent en cause la thèse du suicide.
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(Les 75 principales anomalies) Prouvant le meurtre
1. Les lividités cadavériques sont dans le dos, ce qui est incompatible avec la thèse officielle : elles auraient dû apparaître sur le ventre ou en dessous des genoux, preuve infaillible que la mort n'a pas eu lieu dans l'étang Rompu.
2. Le ministre se serait noyé dans 50 centimètres d’eau après absorption de Valium, connu pourtant pour diminuer la volonté. Il est reconnu qu’on ne se suicide pas au Valium, qui plus est dans 50cm d’eau à 12°.
3. Dès 9h45 une dépêche AFP annonce la mort de Robert Boulin par suicide aux barbituriques, mais aucune trace de barbiturique ne sera jamais retrouvée ni sur les lieux, ni dans les analyses. A 12h le Procureur de Versailles parle de suicide. Au journal télévisé de la mi-journée sur Antenne 2, Danièle Breem raconte le suicide aux barbituriques en détail. Pourtant, à cette heure là, aucun médecin n’a encore examiné le corps.
4. Les photographies de l’identité judiciaire révèlent que Robert Boulin porte une entaille à la limite du poignet et de l’avant-bras droit. Or, il a été démontré que celui-ci ne s’était fait aucune blessure à cet endroit jusqu’au départ de son domicile. Ce fait n’a donné lieu à aucune analyse ou expertise. L’ordonnance de non-lieu ne fait même pas état de cette blessure.
5. Il est noté une absence de vase et de boue sur le bas du pantalon et sur les chaussures, ce qui indique qu'il n'a pas pu entrer dans l'étang par ses propres moyens.
6. Des épitaxies (saignements de nez) sont constatés à la sortie du cadavre de l’eau, ce qui est la preuve de coups portés antérieurement à la mort.
7. Le médecin appelé sur les lieux signera le certificat de décès sans examiner le corps qui avait déjà été installé dans l’hélicoptère, pour son évacuation.
8. Le corps reste plusieurs heures à l’hôpital de la Salpetrière en attendant une ambulance pour l’emmener à l’Institut médico-légal (ILM).
9. Le corps arrive nu à l’ILM.
10. Le Procureur de la République ordonne que l’autopsie de crâne ne soit pas pratiquée.
11. Le Procureur ordonne la recherche de traces de projectile, mais pas des fractures éventuelles, alors que le visage du mort ressemble à celui d'un boxeur.
12. L’analyse des blessures au visage n’est pas faite.
13. Les enquêteurs ne s’intéressent pas à l’étrange position en « coffre de voiture » du corps, avec les jambes légèrement repliées et un seul bras levé, dont les rigidités semblent cassées.
14. Le corps est retrouvé bouche fermée, ce qui va à l’encontre d’une logique de suicide par noyade.
15. Le pharynx, le larynx et la langue ont été enlevés sans être examinés. Puis, ils ont disparu.
16. L’analyse anatomopathologique des poumons, qui est pourtant l’examen déterminant en cas de noyade, n’est pas réalisée.
17. Aucune recherche de diatomées (micro-organismes à la surface de l’eau) n’est effectuée, ce qui aurait pu permettre de certifier, en cas de noyade, le lieu exact de celle-ci.
18. Le diazépam (principe actif du Valium) retrouvé dans le sang de la victime, a pour effet de neutraliser la volonté. Il est souvent utilisé sur des victimes pour commettre des viols et abus de blancs-seings. Aucun tube de comprimés de Valium n’a été retrouvé alors que les analyses ont démontré que la boîte de sucrettes, seule retrouvée sur les lieux n’avait jamais contenu de Valium.
19. Aucune trace des comprimés de Valium ne sera détectée, ni dans l’estomac, ni dans le tube digestif comme cela aurait dû être le cas en cas d’ingestion de comprimés. Aucune autre explication ne sera fournie sur la provenance de trace de Valium dans le sang du ministre.
20. Non-réalisation, lors de l’autopsie de « crevés », c'est-à-dire d’incisions dans les téguments et les muscles qui permettent de retrouver les traces d’hématomes profonds ou les traces de piqûres afin de déterminer si un produit a été injecté à la victime de son vivant.
21. Il a été procédé à l’institut médico-légal, à des soins de thanatopraxie et d’embaumement, sans que la famille en soit informée. Cet acte réalisé par l’IML est contraire aux lois françaises.
22. Alors même que la bouche est fermée et les rigidités formées, les maxillaires du cadavre sont solidarisés à l’IML, sans que la famille en soit informée.
23. Voyant le visage tuméfié de son mari, Colette Boulin demande pourquoi le visage est abîmé, la police lui répond que c’est à cause de l’autopsie. Or, aucune autopsie du crâne n’avait été pratiquée sur ordre formel du Procureur. Les enquêteurs chercheront ensuite à faire croire que cette autopsie n’aurait pas été pratiquée à la demande de la famille.
24. Après exhumation à la demande de la famille (16 novembre 1983), la seconde autopsie découvrira deux fractures, une du maxillaire d’un centimètre de large, l’autre au nez, non décrites dans le premier rapport d’autopsie.
25. Malgré deux fractures à la face et huit hématomes et contre toute logique, aucune trace de sang n’aurait été constatée ni sur le costume ni sur les lieux de la découverte du corps.
26. Le bristol retrouvé sur le tableau de bord indique, dans un style indirect : « embrassez éperdument ma femme». Le bristol comporte deux écritures différentes, attribuées de manière non certifiée à Robert Boulin. Aucune recherche d’empreinte sur le bristol ne sera effectuée.
27. Il est aussi indiqué sur le bristol «la clé de ma voiture est dans ma poche droite» La clé est pourtant retrouvée par terre non loin de la voiture.
28. Le toit de la voiture est légèrement ouvert alors que les portes de la voiture sont fermées à clé.
29. Sur le tapis de sol du passager, une tâche suspecte est détectée. Elle ne sera pas analysée.
30. Les enquêteurs signalent la présence, dans la voiture, de mégots de gauloises, alors que Robert Boulin ne fumait pas de cigarettes. Aucune analyse ne sera effectuée et aucune explication ne sera trouvée.
31. De longues traînées de doigts apparaissent sur la carrosserie. Aucune recherche d’empreintes ne sera ordonnée.
32. La voiture est sale et couverte de boue. Pourtant, elle se trouve non loin d’une route départementale et dans un chemin empierré, non boueux.
33. Un dossier portant la mention « à n’ouvrir que sur ordre formel de ma part » est retrouvé vide dans la voiture du ministre. Le dossier ne sera jamais recherché.
34. Une boucle d’une des chaussures du ministre est manquante. Elle ne sera jamais retrouvée.
35. Le gilet de Robert Boulin est, sans explication, entièrement décousu dans le dos. Aucune analyse des vêtements ne sera jugée utile durant l’enquête préliminaire.
36. Le portefeuille est resté sec, mais aucune information ne fut donnée sur l’endroit où il a été retrouvé.
37. Le 28 octobre 1979, veille de sa disparition, Robert Boulin avait lu dans le bureau de son domicile à sa famille la réponse au journal Monde qu’il était en train d’écrire, avant de dîner de bon appétit en leur compagnie. Le 29 octobre, jour de sa disparition, il avait encore manifesté toute la matinée aux membres de son cabinet la volonté de répondre au journal. La pelure de la réponse, d’un seul feuillet, est retrouvée dans son bureau et remise aux autorités. Elle est datée du 29 octobre 1979 et ne sera jamais publiée par le journal.
38. Robert Boulin le même jour aurait écrit une autre lettre, constituée d'éléments de son dossier sur la défense de Ramatuelle. En fin de matinée, il envoie son officier de sécurité, l’inspecteur Autié, remettre ce document en mains propres à Monsieur Patrice Blank, son conseiller pour la presse, et Maitre Alain Maillot, son avocat. Cette lettre est la dernière écrite du vivant de Robert Boulin dont on soit sûr de l’authenticité. Ces deux lettres ne seront réclamées que des années plus tard par la justice. A ce jour, elles n’ont toujours pas été versées au dossier.
39.
La lettre dite posthume comportant quatre feuillets, reçue par
plusieurs destinataires reprend pour l’essentiel un argumentaire sur
l’affaire de Ramatuelle. La première phrase de la première
page,
« j’ai décidé de mettre fin à mes jours» est
nettement décalée horizontalement et verticalement du texte.
Or cette phrase, ainsi que les quatre dernières lignes, elles-mêmes
isolées sur un dernier feuillet séparé, sont les seuls
passages de la lettre à faire référence à une intention
suicidaire.
40. L’original des lettres dites posthumes est toujours resté introuvable. Toutes les lettres sont des photocopies à l’exception de quelques mots manuscrits et de la signature.
41. Max Delsol, l’autre inspecteur de Police chargé de la sécurité de Robert Boulin, reconnaît que lui-même, ainsi que d’autres collaborateurs, avaient l’habitude d’imiter l’écriture et la signature du ministre avec son autorisation
42. Une des lettres dites posthumes a été remise au Garde des Sceaux, Alain Peyrefitte. Celui-ci ne l’a jamais remise aux autorités judiciaires.
43. Les lettres dites posthumes sont tapées sur un papier à en-tête obsolète du « Ministère du Travail » que Robert Boulin n’utilisait plus à cette époque, ayant à sa disposition le nouveau papier à en-tête du « Ministère du Travail et de la Participation » dont il faisait quotidiennement usage.
44. Aucune lettre ne sera envoyée à la famille, notamment à la mère du défunt. Robert Boulin est pourtant fils unique. Il a donc la charge de sa mère qu’il va voir très régulièrement.
45. Aucune lettre ne sera envoyée au Président de la République et au Premier Ministre. Aucune lettre non plus adressée à son soutien de toujours, Louis Jung, du journal Le Résistant.
46. La lettre dite posthume envoyée à Gérard César est adressée à l’Assemblée Nationale. Pourtant, Robert Boulin avait pris l’habitude depuis toujours de lui écrire en Gironde, à Rauzan.
47.
Toutes les enveloppes retrouvées des lettres dites posthumes font
le même poids, alors
que selon la déposition du postier de Montfort-Lamaury
où Robert Boulin aurait déposé ces lettres, certaines
faisaient moins de 20 grammes et d’autres plus de 20 grammes.
48. Robert Boulin avait laissé une lettre au mois de septembre 1979 à sa fille Fabienne intitulée : « Instructions à Fabienne s’il devait m’arriver un accident » ou il précise « dormez dans la salle à manger pour protéger votre mère ».
49. Robert Boulin a quitté à 15h00 le ministère du Travail avec une pile de dossiers secrets, déposée par son inspecteur de Police dans le bureau de son domicile. Ces dossiers ne seront jamais retrouvés.
50. Quand Robert Boulin quitte, pour la dernière fois, son domicile vers 15h30, la corbeille à papier sous son bureau était vide. Pourtant, au début de la nuit, la famille retrouve dans cette même corbeille des papiers déchirés annonçant le suicide.
51. Le 29 octobre au soir, de nombreux « collaborateurs » et relations du ministre débarquent au domicile des Boulin et s’aventurent particulièrement dans le bureau personnel du ministre. Notamment Patrice Blank, que Robert Boulin avait chargé des contacts avec la presse. L’enquête préliminaire ne jugera pas utile de l’auditionner.
52. Aucune audition ne pourra être faite des policiers en faction devant le domicile de Neuilly de Robert Boulin. Quand le juge Corneloup a décidé de rechercher ces policiers pour les interroger, la police a tenté de cacher leur existence.
53. Une fois prouvée la présence de ces policiers en faction 24h sur 24, ce sont les registres de présence du commissariat de Neuilly qui ont disparu. Pourtant ces auditions permettraient de reconstituer précisément les allées et venues au domicile de Robert Boulin dans la soirée du 29 octobre.
54. Le chef de cabinet de Robert Boulin, accompagné d’Eric Burgeat, conseiller technique et gendre du Ministre, signalent peu après minuit au ministère de l’Intérieur, puis à Matignon la disparition du ministre. Or d’après le dossier pénal, les premières recherches sont lancées le 30 octobre à 6h25 du matin et le corps n'est retrouvé qu'à 8h40 par une brigade de gendarmerie.
55. Jacques Douté, un proche de Robert Boulin alors en compagnie de deux personnes, reçoit un coup de téléphone le 29 octobre 1979, vers 19h à son restaurant de Libourne lui indiquant qu’ « il est mort ».
56. Guy Aubert, collaborateur du ministre, débarque vers 18h30-19h00 le 29 octobre 1979 au domicile de Robert Boulin et déclare à Colette Boulin : « Robert est mort ».
57. Yann Gaillard, directeur de cabinet de Robert Boulin est convoqué à Matignon vers deux heures du matin par Philippe Mestre, directeur de cabinet du Premier Ministre. Celui-ci reçoit, devant Yann Gaillard, un coup de téléphone. Après avoir raccroché Philippe Mestre confie: « On a retrouvé le corps ». Cet épisode se passe plus de 6 heures avant la « découverte » officielle du cadavre par les gendarmes.
58. L’ancien Premier ministre Raymond Barre, déclare dans son livre « L’expérience du Pouvoir » (Fayard, 2007) avoir été prévenu vers trois heures du matin « que l’on a retrouvé le corps de Boulin dans un étang de la forêt de Rambouillet » en indiquant qu’on lui précise -faussement- que le ministre s’est donné la mort en se noyant après avoir avalé des barbituriques.
59. Quelques jours après la disparition de Robert Boulin, « sur ordre de Paris » (sans informer, ni la famille du défunt, ni Monsieur Basty, le responsable du bureau libournais de Robert Boulin) toutes les archives du ministre entreposées à son domicile-bureau de Libourne sont transportées aux fins de destruction dans un établissement libournais spécialisé.
60. Trois semaines plus tard, une nouvelle vague de destruction a été effectuée, sans que la famille n’en soit avisée. Les dossiers sont cette fois, transportés par des camions de gendarmerie.
61. Robert Boulin avait fait une demande pour louer une maison aux Etats-Unis, la réponse arrivera quelques jours après son décès.
62. Dans les jours qui suivirent le décès, deux inspecteurs de Police débarquent à minuit au domicile du maire de Saint-Léger-en-Yvelines. Ils lui demandent de les accompagner à la mairie, en pleine nuit, afin de leur donner accès au registre d’état civil, où sont inscrits l’heure et le jour de la mort de Robert Boulin.
63. Peu après, Max Delsol, inspecteur chargé de la protection de Robert Boulin depuis 18 ans, est venu chercher le gendre du ministre, Eric Burgeat, pour l’emmener dans une voiture de la police judiciaire de Versailles à la mairie de Saint-Léger-en-Yvelines afin de lui faire contresigner le registre d’Etat civil, où le jour et l’heure de décès avaient été modifiées. Quand, quelques années plus tard, la famille a porté plainte pour « faux en écriture publique », elle a été déboutée sur l’argument que la famille aurait ainsi cautionné les ratures portant sur l’heure et le jour du décès, alors qu’Eric Burgeat avait alors simplement obtempéré à la demande de la police. On concéda à la famille Boulin que le faux en écriture privé était constitué mais le délai de prescription de ce délit était écoulé.
64. Le rouleau encreur de la machine à écrire du bureau de Robert Boulin, où il aurait tapé, selon la thèse officielle, ses lettres dites posthumes, ne fut pas saisi immédiatement. Au contraire l’inspecteur qui interroge Eric Burgeat, le 30 octobre 1979, tape sa déposition sur la machine personnelle du ministre (comme l’indique la déposition elle-même !). Elle sera saisie plus tard, et disparaîtra dans les locaux de la police judicaire sans avoir été analysée.
65. Contrairement à ce que dit une note du SRPJ de Versailles, alors que la famille en avait besoin, la voiture du ministre ne lui est rendue qu’au bout d’un mois par les autorités judiciaires. Malgré l’expertise qui aurait du être pratiquée, des cassettes de dictaphone sont retrouvées par la famille sous la banquette arrière de la voiture.
66. Les Policiers n’ont pas auditionné, au cours de l’enquête préliminaire, messieurs Guy Aubert, Patrice Blank et Roger Thiery, qui sont passés au domicile de Robert Boulin dans la soirée du 29 octobre 1979, alors que leurs noms sont cités immédiatement par la famille.
67. Aucune audition de Fabienne Boulin-Burgeat au cours de cette même enquête préliminaire, malgré sa demande.
68. Les menaces écrites adressées à Robert Boulin, conservées par son inspecteur de police ne furent jamais versées au dossier.
69. Le scellé contenant le sang de Robert Boulin est volé sans effraction dans les locaux mêmes de l’IML. L’enquête effectuée après dépôt de plainte par l’expert responsable de l’IML n’est pas versée au dossier pénal. L’enquête n’a pas abouti. On ne retrouvera jamais le bocal.
70. Le Préfet de Police de Paris, Monsieur Jean Daubigny, ordonne la destruction de la série bis des prélèvements, conservés par le froid dans un réfrigérateur qui avait été fermé à clé par précaution à l’Institut médico-légal après le vol du bocal contenant le sang du ministre. La destruction est exécutée par Michelle Rudler, directrice de l’IML, sans que la famille ni le magistrat instructeur n’en soient avertis alors que seule l'autorité judiciaire est habilitée à prendre cette décision sauf conditions particulières, non remplies dans le cas d’espèce (6 ans après un non-lieu et à condition que la famille en soit informée). Un courrier de l’expert de l'IML dépositaire des scellés, le Professeur Roger Le Breton, avait pourtant averti le préfet Jean Daubigny de toutes ces modalités et insistait sur la nécessité de conserver ces prélèvements. La partie civile porte alors plainte pour « destruction de preuves ». La justice reconnaîtra l’élément de fait (les preuves ont bien été detruites) et la demande fondée en droit (les pièces ne devaient pas être détruites), mais la partie civile sera quand même déboutée, « l’intention de nuire » n’étant pas reconnue.
71. Lorsque le juge Corneloup décide de procéder à l’analyse anatomopathologique des poumons, on constate alors que les bocaux contenant ces organes, conservés à l’IML, ont disparus. Ils auraient été fort inopinément transférés au cimetière de Thiais. La police, après enquête, explique au juge qu’un monument à la gloire des donneurs d’organes a été élevé sur l’exact emplacement des voliges renfermant les prélèvements recherchés et que le coût pour casser ce monument et sa reconstruction serait de 250 000 francs, entièrement aux frais de la partie civile. Plus tard, il s’avère que le monument ne se trouve pas à l’endroit indiqué par la Police judiciaire. Après cette révélation, la recherche des bocaux contenant les poumons de Robert Boulin est ordonnée par le juge Corneloup, qui juge cette analyse absolument indispensable. Malgré des recherches approfondies dans les voliges enfouies au cimetière de Thiais, aucun bocal contenant des poumons n’a été retrouvé ni, a fortiori, aucun bocal contenant ceux du ministre.
72. Le juge Corneloup, qui voulait entendre le postier de Montfort-L’Amaury, n’a pu l’auditionner. Selon la Brigade criminelle, il était à la Guadeloupe. Le postier, retrouvé par des journalistes en consultant l’annuaire, était en fait affecté à un poste en Bretagne.
73. Malgré les demandes réitérées de la famille à différents ministres de la justice, l’extradition d’Henri Tournet, l’homme qui a vendu le terrain de Ramatuelle à Robert Boulin, n’a jamais été requise sous le prétexte que la justice ignorait où il se trouvait. Or le juge Corneloup lui-même ira l’interroger en se rendant à son domicile légal à Ibiza.
74. Martine Anzani, présidente de la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Paris, dans son ordonnance de non-lieu en 1992, explique, de sa propre initiative et sans s'appuyer sur aucun dire d'expert, l’absence de vase ou de boue sur le bas du pantalon et sur les chaussures de Robert Boulin alors qu’il est supposé avoir marché 7 mètres dans celles-ci. Selon Madame Anzani, et contrairement à ce qu’affirme le colonel de Gendarmerie qui était sur place au moment des faits, les pompiers ont traîné le corps sur le sol ce qui aurait eu pour effet de nettoyer le tout, intérieur des chaussures compris.
75. Un inspecteur de police a déclaré avoir constaté la présence d'un rocher dans l’étang du Rompu pour expliquer les traces de coup sur le visage. Or des personnes présentes au moment de la sortie du corps et les photographies prises le jour même témoignent du contraire.
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PARTIE 3

Le livre sur l'enquête - (Benoît Collombat)
PRINCIPAUX ÉLÉMENTS NOUVEAUX DU LIVRE 7
« UN HOMME A ABATTRE » de Benoît Collombat
SUR L'HEURE DE LA DÉCOUVERTE DU CORPS :
• Yann Gaillard, directeur de cabinet de Robert Boulin au ministère du Travail
Déjà entendu dans la procédure, Yann Gaillard raconte qu'il est « convoqué en pleine nuit » dans le bureau de son homologue auprès de Raymond Barre, Philippe Mestre. A 2 heures du matin, le téléphone sonne. Le directeur de cabinet de Raymond Barre lui déclare alors « On vient de trouver le corps ! »
(« Un homme à abattre », p. 239-240)
Un témoignage démenti par Philippe Mestre, mais corroboré par celui de Raymond Barre.
• Raymond Barre, Premier ministre en exercice au moment des faits
Pourtant Raymond Barre, lui-même, explique avoir été informé de la découverte du corps de Robert Boulin « à 3 heures du matin » Si, pour le moment, l'ancien Premier ministre s'en tient à la version du suicide, il reconnaît, cependant qu' « il peut y avoir des hommes de main. »
(« Un homme à abattre », p.241-242-243)
Dans son livre: « L'Experience du Pouvoir », paru en janvier 2007, aux éditions Fayard, (page 175) Raymond Barre confirme avoir été prévenu de la mort de son ministre à 3 heures du matin.
• Christian Bonnet, ministre de l'Intérieur au moment des faits
Christian Bonnet affirme lui aussi avoir été alerté de la mort de Robert Boulin « entre 2h et 3h du matin »
(« Un homme à abattre », p. 242-243)
• Marie-Thérèse Guignier, administratrice de biens judiciaires
Marie-Thérèse Guignier, administratrice de biens judiciaires, ex-membre des cabinets ministériels de Robert Boulin, intime des milieux gaullistes, est réveillée dans la nuit du 29 au 30 octobre 1979, entre 1h30 et 2 h du matin, par son ami proche, Louis-Bruno Chalret, à l'époque Procureur général près la Cour d'Appel de Versailles. Chalret lui apprend que l'on a retrouvé le corps de Robert Boulin dans les étangs de Hollande. « Et là, déclare-t-elle, il se couvre, il appelle tout le monde sur le REGIS (le réseau téléphonique interministériel de l'époque), c'est-à-dire l'Elysée, Matignon, probablement l'Intérieur et la Chancellerie»
Lié au SAC et aux réseaux Foccart, Louis-Bruno Chalret s'est immédiatement rendu sur place avec une équipe d'hommes sûrs : « On a tout fait minutieusement, comme il fallait. J'ai tout surveillé. Rien n'a été laissé au hasard », dit-il à Marie-Thérèse Guignier, en qualifiant cette affaire de « truc à emmerdes ». Son amie résume ainsi le rôle actif qu'il a pu jouer cette nuit là : « Il était l'homme qu'il fallait pour ce genre de choses. »
(« Un homme à abattre », pages 243-244-245).
• Victor Chapot, proche conseiller du président de la République de l'époque,Valéry Giscard d'Estaing
Victor Chapot déclare, lui, avoir appris la mort de Robert Boulin à 9h du matin par un coup de téléphone d'Henri Martinet, un ancien collaborateur du ministre. Il se serait alors « précipité chez Giscard qui apprend la nouvelle au téléphone au même moment. »
(« Un homme à abattre » p. 250)
Rappelons que VGE, dans son livre « Le pouvoir et la vie », affirme avoir appris la mort de son ministre à 11h30 du matin. Ce qui est en contradiction totale avec les témoignages précédents.
L'ensemble de ces personnalités doivent être entendues par un juge d'instruction.
SUR L'ANNONCE DE LA MORT DE ROBERT BOULIN :
• Bernard Sube, photographe pour l'actuel conseil général de Gironde
Bernard Sube confirme qu'un proche du ministre, Jacques Douté, a été prévenu de la mort de Robert Boulin dès le 29 octobre 1979, vers 20 heures, soit la veille de la découverte du corps.
(« Un homme à abattre », p.254)
• Guy Aubert, collaborateur de Robert Boulin
Un autre homme, Guy Aubert, est lui aussi prévenu, le 29 octobre à 20 heures, de la mort du ministre.
(Voir « Un homme à abattre », p.254-260)
SUR L'ÉTAT SUSPECT DE LA VOITURE DE ROBERT BOULIN :
• Frédéric Mesnier, beau-frère de Bertrand Boulin
Frédéric Mesnier explique que le véhicule du ministre « avait été réparé sur l'aile arrière-gauche, ainsi qu'une partie de la jupe arrière », alors qu'officiellement la 305 Peugeot de Boulin n'a jamais été accidentée auparavant.
(« Un homme à abattre », p. 220)
SUR L'AGITATION INHABITUELLE AUTOUR DE L'ÉTANG ROMPU DURANT LA NUIT DU 29 AU 30 OCTOBRE 1979 :
• François Pic-Paris, maire de Saint-Léger-en-Yvelines au moment des faits
François Pic-Paris raconte qu'un couple de sa commune s'adresse spontanément à lui, en tant que maire, pour lui signaler « des mouvements anormaux à la sortie de l'étang du Rompu entre minuit et 1 heure du matin »
(« Un homme à abattre », page 215)
• Michel Collobert, chef d'état-major des RG des Yvelines de 1974 à 1983
Michel Collobert raconte que « plusieurs riverains se sont émus d'une agitation inhabituelle » aux abords de l'étang du Rompu, dans la nuit du 29 au 30 octobre 1979. Ces témoignages ont été écartés de l'enquête préliminaire de l'époque.
(« Un homme à abattre », page 215-216)
• Georges Restoueix, garde-forestier responsable du secteur nord de la forêt de Rambouillet de 1971 à 1991, officier de réserve
Georges Restoueix certifie qu'à l'époque un colonel à la retraite lui a confié avoir vu, vers 23 heures le 29 octobre 1979, au bord de la route, sur le terre plein au dessus de l'étang Rompu, la voiture du ministre. Qui a déplacé la voiture, puisque celle-ci sera bien retrouvée mais en contre-bas, et que Robert Boulin est déjà mort à cette heure?
(« Un homme à abattre », p. 216)
SUR LES TRACES DE VIOLENCE :
- La thèse officielle :
Robert Boulin se serait suicidé par noyade, après ingestion de comprimés de Valium
-Les faits nouveaux :
Le ministre a recu des coups d'une grande violence.
• René Raynaud, ancien directeur de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière
René Raynaud, ancien directeur de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière où transite la dépouille a vu le corps de Robert Boulin. Il a constaté des « blessures » sur le visage « gonflé », tout comme sur « l'ensemble du corps », des blessures « à la limite de plaies. » Avec les Professeurs Lascar et Viars, ils se sont alors demandé si Boulin « n'avait pas reçu des coups ».
(« Un homme à abattre », pages 182-183)
• Claude Richir, ancien responsable du laboratoire de l'hôpital Pellegrin
Claude Richir, ancien responsable du laboratoire de l'hôpital Pellegrin de Bordeaux où est pratiquée la deuxième autopsie en novembre 1983 déclare avoir constaté une fracture des os propres du nez, pouvant difficilement résulter d'une chute. On doit, selon lui, envisager la possibilité d'une mort « consécutive à de petites hémorragies multiples diffuses dans le cerveau, comme chez les boxeurs après un KO mortel. » L'asphyxie pratiquée dans un lavabo ou baignoire n'aurait servi qu'à « finir le travail ».
(« Un homme à abattre » p. 186 et 205)
• L'ancien assistant des légistes bordelais
L'ancien assistant des légistes bordelais ayant procédé à la deuxième autopsie du corps de Robert Boulin, le 16 novembre 1983. L'homme tient, pour le moment à rester anonyme, mais se dit prêt à témoigner, le cas échéant, devant un juge d'instruction. En 20 ans de métier il a été amené à traiter près de 30.000 corps. Il confie avoir été « surpris » et « choqué » par ce qu'il a clairement identifié comme une « trace de corde circulaire au poignet droit » de Robert Boulin.
Il a également vu « un hématome derrière la boîte crânienne » du ministre : hématome gélatineux, bleuté, qui n'était pas un dépôt cadavérique. Selon lui, cette « face postérieure aplatie » ne peut s'expliquer par la position dans le cercueil, car la tête reposait sur un coussin moelleux. La conclusion de ce professionnel de la médecine légale est sans appel : « Pour moi, il a été assommé ! »
(« Un homme à abattre ». pages 180, 192-193)
Ce témoignage impose également d'entendre également le Professeur Lazarini, qui a expertisé le corps de Robert Boulin, lors de cette deuxième autopsie.
• Le père Boulanger, aumônier au Bourget, puis à Roissy, de novembre 1972 à juin 1992
Le père Boulanger, en 1989, recueille les confidences d'un homme ayant manipulé le corps de Robert Boulin après sa mort. L'homme lui confie avoir constaté avec effroi sur le visage et le crâne de Robert Boulin, des « pommettes fracturées à coups de poing » ainsi qu'une « blessure mortelle derrière la nuque, provoquée par un objet contondant. »
(« Un homme à abattre », p. 234-235)
• Jean Mauriac, journaliste à l'AFP et proche de la famille
Jean Mauriac était au domicile des Boulin le 30 octobre 1979. Il raconte avoir été « surpris par un visage violacé, entièrement tuméfié ». Dans ses carnets de notes publiés en septembre 2006, aux éditions Fayard, sous le titre « L'Après de Gaulle », il y décrit déjà le visage de Robert Boulin tel qu'il lui est apparu : « tuméfié, sanglant, couleur lie-de-vin. »
(« Un homme à abattre », p. 231)
SUR L'EMBAUMEMENT CLANDESTIN :
• Un proche d'Henri Tournet
Un proche d'Henri Tournet, l'escroc qui a vendu le terrain de Ramatuelle à Robert Boulin, se dit prêt à témoigner à visage découvert devant un juge d'instruction sur le fait qu' « un membre de l'Institut médico-légal lui avait avoué qu'on avait maquillé le corps de Robert Boulin pour le montrer à la famille. »
(« Un homme à abattre », p. 230)
SUR LES COURRIERS DITS POSTHUMES :
- la thèse officielle :
Officiellement, Robert Boulin a posté plusieurs lettres de suicide, le lundi 29 octobre 1979, à 17 h 30, à Montfort l'Amaury, avant de se donner la mort quelques heures plus tard.
- les faits nouveaux :