LA RÉSISTANCE EN CHARENTE

ET

LE RÉSEAU BIR-HAKEIM

 

http://www.monde-magouilles.com

 

 

(Photos : Patrice Saint-Jacques : Tous droits réservés 2004-2005)

(Photos & montage): Patrice Saint-Jacques

 

 

De gauche à droite : Le mémorial national de : Chasseneuil sur Charente. Le mémorial de : Claude Bonnier à Vibrac en : Charente. Le caveau de : Claude Bonnier & de (son épouse) ainsi que son adjoint : Jacques Nancy et de plusieurs résistants du maquis :"Bir-Hackeim" inhumés auprès de lui dans la crypte du mémorial national de Chasseneuil. (photo N°1). Le monument est situé au coeur d'une nécropole nationale qui regroupe 2255 sépultures. Dans la crypte reposent 28 héros de la Résistance, parmi lesquels Claude Bonnier, André Chabanne, les frères Chabasse, Bernard Lelay, Jacques Nancy, Maxence Simon...

 

 

Claude BONNIER

(1887 - 1944)
Commandeur de la Légion d'Honneur
Croix de Guerre 14 -18, 39 -45
Compagnon de la Libération
"Mort pour la France"

En 1915, âgé de 17 ans, il s'engage dans le génie, il participe à la guerre de sapes et de mines où il se distingue et risque même de perdre la vie en juin 1917 lors d'une explosion d'obus allemands. Le 6 novembre 1917, il est envoyé sur le front d'Italie ou il s'occupe du Génie (logistique, Ponts, communication...) en mars 1918 il participe à la bataille de la Somme où il reçoit plusieurs citations pour ses actions aux combats.
A 21 ans, il est Lieutenant, Chevalier de la Légion d'Honneur et décoré de la Croix de Guerre! Sorti de polytechnique en 1919, il entre dans une usine d'aviation d'Argenteuil, il réalise alors d'importants travaux scientifiques sur les moteurs d'avions (dont certains brevets sont encore utilisés de nos jours!).

En 1939, Commandant de l'Armée de l'Air, il demande à partir au front et participe à la défense de Dunkerque. Démobilisé en aout 1940, il gagne Alger ou il entreprend la construction d'un nouveau moteur d'avion (révolutionnaire pour l'époque), en novembre il s'engage dans les Forces Françaises Libres et rejoint l'Angleterre où il suit un stage de Commando-Parachutiste.
Dans la nuit du 14 au 15 Novembre 1943, Claude Bonnier alias "Hypothénuse" atterrit à Angeac-Charente avec son adjoint Jacques Nancy.

Il est envoyé en France en qualité de DMR (Délégué Militaire Régional) de la Région B (tout le sud-ouest de la France). mandaté par De Gaulle, il est chargé de réorganiser la Résistance en prenant contact avec les différents chefs de réseaux dont il est le supérieur hiérarchique, en organisant des parachutages afin d'armer des groupes de sabotages.
Le 5 Février 1944, il se rend à Chasseneuil rencontrer le Colonel André Chabanne, chef d'un maquis, il va baptiser ce Maquis: "Bir-Hackeim" du nom de la 1ère victoire de Leclerc en Lybie sur les troupes de Rommel.
Arrêté sur dénonciation à Bordeaux par la gestapo le 9 février 1944, il se donne la mort à l'aide d'une pastille de cyanure afin de ne pas trahir sa patrie et ses amis. D'après un témoin, emprisonné en même temps que lui, Claude Bonnier ayant échappé sa capsule de cyanure se voit contraint de n'en prendre que quelques gouttes récupérées sur le sol, il est ainsi décédé au bout de 9h00 de souffrance terribles.
Il est inhumé dans la crypte du Mémorial National de Chasseneuil depuis le 8 Mai 1954.

 

Biographie de Claude BONNIER

 

 

 


 

 

Jacques NANCY

 

( 1912 - 1987)
Commandeur de la Légion d'Honneur
Médaille Militaire
Croix de Guerre avec 7 Citations
Rosette de la Résistance
Military Cross
Médaille des Evadés

 

 

 


 

 

Ingénieur électricien, mobilisé en 1939 comme Aspirant, il est prisonnier pendant la drôle de guerre, il s'évade et entre dans la Résistance dans les Basses-Pyrénées. Il passe ensuite en Espagne ou il est fait prisonnier au camps de Miranda, après 6 mois de détention il peut enfin rejoindre Londres ou il suit un entraînement intensif de Commando-Parachutiste.
Présenté à Claude Bonnier en septembre 1943, il devient son adjoint à la Délégation Militaire Régionale de Bordeaux. Sous le pseudonyme de "SAPE" il est chargé de former des groupes de sabotages, fin janvier 1944, les deux hommes ont réussi a former et à armer environ 70 groupes de sabotages.
Après la mort de Claude Bonnier, Jacques Nancy coupé de Londres il décide avec 5 autres Résistants Charentais de créer un maquis afin de continuer la lutte.
C'est alors la naissance de la "SSS" (Section Spéciale de Sabotage) qui va être le groupe le plus actif de la Charente avec plus de 70 sabotages dans les deux Charentes !
Jacques Nancy termine sa carrière avec le grade de Capitaine, il décède le 10 Juillet 1987 à Salon de Provence. Il sera inhumé au Mémorial National de Chasseneuil le 7 Novembre 1987.

 

 

Une vue d'ensemble des réseaux, mouvements et des maquis :

 

 

 

Dans la Charente occupée par l’armée allemande, les Résistants agissent dans la clandestinité. Leurs premiers actes sont isolés, tel celui de Gontran Labrégère et Jean-Jacques Rivière, deux jeunes garçons qui décident dans la nuit du 20 au 21 septembre 1941 d’incendier un tas de paille à proximité d’un convoi de munitions en gare d’Angoulême. Gontran, armé d’un pistolet, cherche à intimider la sentinelle allemande qui les interpelle et finit par se faire capturer tandis que Jean-Jacques s’échappe. Condamné à mort, Gontran Labrégère sera le premier fusillé charentais.
Cette première résistance, spontanée, va progressivement se développer et s’organiser autour de trois types de structures: les réseaux, les mouvements, les maquis. La situation particulière de la Charente, partie en zone occupée et partie en zone libre jusqu’en novembre 1942 permet, à l’échelle du département, d’avoir une vue d’ensemble des organisations de Résistance.


Les réseaux :

 

Les réseaux sont organisés militairement, ils sont dirigés par des états-majors français ou alliés situés hors de France (sauf pour les services de renseignement de l’armée d’armistice jusqu’en novembre 1942). Ils mènent avec quelques volontaires des actions de renseignement, de sabotage, d’organisation de filières d’évasion.
Parmi les réseaux actifs en Charente:

le B.O.A. (Bureau des Opérations Aériennes), spécialisé dans les atterrissages et les parachutages clandestins, autour de René Chabasse, lié au réseau SOL.
le réseau Jade-Amicol, travaillant pour Londres (l’Intelligence Service, MI 6). Les réseaux du MI 6 tenaient leurs noms de pierres précieuses combinées aux noms de code de leurs chefs. L'un d'eux, Claude Ollivier, connu comme le Colonel; l'autre, J.M. Keun, comme l'Amiral; les premières syllabes réunies donnèrent "Amicol", d'où "Jade-Amicol". Jade-Amicol, représenté à Cognac par Roger Tapon, il s’étend en 1943 avec le recrutement de sapeurs pompiers d’Angoulême (Capitaine Favre).
le N.A.P. (Noyautage des Administrations Publiques), créé d’abord au sein des instituteurs, puis élargi aux fonctionnaires, lancé en Charente par Augustin Maurellet, instituteur et militant du S.N.I. (Syndicat National des Instituteurs).
le réseau Gallia, du B.C.R.A. (Bureau Central de Renseignement et d’Action, près du général de Gaulle à Londres), créé en Charente en mars 1942 par Abel Guillot à Gondeville.
le réseau Marie-Odile, réseau anglais d’évasion des ressortissants anglo-américains et canadiens (aviateurs surtout). Un chaîne d’évasion passait par Ruffec.
le réseau Manipule, créé par le B.C.R.A. en mars 1943, représenté en Charente par les fondateurs de Ceux de la Résistance (voir plus bas);
la "Confrérie Notre Dame", du B.C.R.A.

 

Les mouvements :

 

Les mouvements sont dirigés depuis la France. Leur objectif est d’impliquer le plus possible la population dans la Résistance. Leurs actions de résistance sont à la fois civiles et militaires;
civiles: diffusion de journaux clandestins, cache de jeunes menacés par le STO... militaires: renseignement, sabotages (mêmes actions que les réseaux).

 

 

Parmi les mouvements ayant des ramifications en Charente

 

 

En zone Sud, appelée aussi "Libre":

 

Combat, né en décembre 1941, principal mouvement de Résistance non communiste en zone sud. Il s’est développé en Haute vienne et en Charente libre dans les secteurs de Saint-Junien, Rochechouart, Saint-Mathieu, Chabanais, Montemboeuf, Confolens... autour de deux hommes: Paul Lafontan et Pierre Geneste, de Saint-Junien. Il s'étend grâce à l'action de Théophile Deserces et Jean Barataud, démobilisé rentré à Saint Junien en mars 1942. Au moment de l'invasion de la zone libre en novembre 1942, Barataud part créer un maquis en Charente près de Brigueuil avec Deserces.
Libération Sud; mouvement né en 1940 qui publie à partir de juillet 1941 le journal Libération. Mouvement bien implanté en zone sud mais cependant moins important que Combat. Implanté surtout en Haute-Vienne et en Dordogne Sud. Le responsable de Libération Sud à Limoges est Jean Gagnant, il recrute en janvier 1943 Hélène Nebout et Jean River pour diffuser le journal dans la région de Chasseneuil. Le responsable des cantons charentais rattachés à la Dordogne était Raymond Boucharel de Nontron.

 

En zone Nord, appelée "Occupée"

 

l’ O.C.M. (Organisation Civile et Militaire) née en septembre 1940 de la fusion de quelques officiers démobilisés et d'un groupe de résistants civils. L'O.C.M. devient vite le mouvement le plus important de la zone nord. En Charente, l'O.C.M., plus connue sous le nom de réseau «Centurie» (service de renseignement du mouvement) est représentée par Augustin Maurellet. Elle intègre en novembre 1942 un groupe de résistants charentais, le groupe LAPARAMBES, formé par Jean Lajudie, Louis Pataud, Pierre Rambourg et Edouard Escalier. La Charente appartient à la région B (de la Loire à la frontière des Pyrénées). Un artisan plâtrier, Robert Geoffroy, est désigné comme chef de la section charentaise par l'OCM. Mais l’OCM est décimée par les arrestations de septembre octobre 1943. Suite à ces événements, les membres de l'OCM et les mouvements clandestins en contact avec cette organisation reprennent leur indépendance ou rejoignent d'autres mouvements.
Ceux De La Résistance (C.D.L.R.) ce mouvement s’est créé à l’automne 1942 autour de militants du groupe «Combat» s’est rapidement étendu en zone nord représenté en Charente par un groupe constitué autour de André Butté et de Jean Augier. Le mouvement recueille nombre de membres de l'O.C.M. après octobre 1943.
Libération Nord. Important mouvement qui était dirigé par des sympathisants socialistes et d'anciens syndicalistes. En Charente, les principaux responsables étaient Mlle Mir, Maurellet, Bodet.
En fait les Résistants ne se sont répartis en réseaux et mouvements que très progressivement. La plupart d’entre-eux ont commencé à former de petits groupes locaux. Ils se sont rattachés ensuite à d’autres groupes qui ont réussi à former des mouvements étendus. En 1943, sous l’impulsion de Jean Moulin, les trois principaux mouvements non communistes de zone sud: Combat, Franc-Tireur et Libération Sud, se sont fondus dans les Mouvements Unis de Résistance (M.U.R.).

 



Cliquez sur l'icône: Les jeunes Charentais dans la résistance

 

Les maquis :

 

Les maquis apparaissent en Charente en 1943, alimentés par un nombre croissant de réfractaires au S.T.O. Suivant leur tendance, mais souvent par hasard, ils se rattachent aux grandes organisations paramilitaires: A.S. (Armée Secrète), O.R.A. (Organisation de Résistance de l’Armée), F.T.P.F (Francs Tireurs Partisans Français).
Grâce à ces organisations, ils reçoivent armes et munitions par parachutage. Les formations les plus importantes sont implantées dans les régions accidentées et boisées du Nord-Est du département, proche du Massif Central où les maquis sont en nombre. Les effectifs des autres maquis sont plus modestes du fait de leur vulnérabilité. Parmi les maquis charentais on peut citer par ordre d’entrée en activité:

Le maquis de Brigueuil, créé le 6 avril 1943 par Paul Deserces, groupe «combat» de Saint Junien, rattaché aux M.U.R.; il «éclate» le 30 novembre 1943.
Le maquis de Saulgond dans la forêt du Chambaud, fondé le 5 juin 1943 par Gilbert Lavrat, maquis F.T.P. issu du camp de Choeuvre (87); il «éclate» le 25 novembre 1943.
Le maquis du bois de Chambon, fondé le 15 juin 1943 par Jean Barataud (Picard); maquis M.U.R. rattaché à Brigueuil en juillet 1943.
Le maquis du Gros Fayant dans la forêt de la Braconne, fondé en juin 1943 par le capitaine Rogez; maquis rattaché à l’ORA: une vingtaine d’anciens de l’armée d’armistice transformés en forestiers. Ils sont trente au 25 janvier 1943, le groupe «éclate» après l’accident de Rogez.
Le maquis du Ménieux, constitué près de Saint Adjutory-Montemboeuf, le 24 juin 1943 par Deserces et Barataud, rattaché aux M.U.R., «vase communicant» avec Brigueuil et le Chambon.
Le maquis de Négret, groupe créé près de Saint Claud début juillet 1943 par Gaston Poitevin, rattaché aux M.U.R., anéanti le 22 mars 1944;
Maquis de Cherves-Châtelars, créé le 5 septembre 1943 autour de Chasseneuil par Pierre Gagnaire, André Chabanne, «Luc», «You», Beillard; deviendra le maquis Bir’ Hakeim A.S. 18, le plus important de Charente.
Le maquis du Moulin du Cros, né le 7 septembre 1943 sous l’impulsion de Ferrand et Tauja; rattaché aux M.U.R., subit les arrestations du 29 novembre 1943.
Le maquis Foch, à l'origine maquis de Saint Maurice des Lions, constitué autour d’Augier-Ferrand, en octobre 1943; rattaché à C.D.L.R., spécialisé dans le sabotage. Il prend le nom de maquis Foch (AS 15)après le débarquement et rassemble des combattants de Ruffec, Confolens, Champagne-Mouton, Saint Coutant...
La Section Spéciale de Sabotage, créée en février 1944 par le capitaine Jacques Nancy, issue du BOA, localisé en forêt de Bois blanc, forêt d’Orthe et La Bistandille (17).
Le groupe Charente-Lorraine, créé en janvier 1944 par Stern, Walter, Petit, Rechenmann, dans la région de Barbezieux, rattaché au S.O.E. (Special Opération Executive, services britanniques).
Le maquis de Bignac, créé par Charles Corbin en avril 1944 pour le S.O.E. actif dans les boucles de la Charente.
Le maquis d’Armelle, constitué le 10 mais 1944, par Barreau et Valentin, rattaché à l’A.S.
Le maquis de Saint André de Cognac, créé en mai 1944 par René Dubroca et Sirois, rattaché au S.O.E.
Le maquis de Pressac, constitué le 31 mai 1944 autour de Marc Beaulieu, Bricout et Bernard Lelay (maquis Bernard), maquis F.T.P.F. de la région de Chabanais.
Groupe Autonome de Sabotage, constitué en juin 1944 par Bernard Lévêque et Lafaurie, rattaché à l’O.R.A., en forêt d’Orthe; lié à la S.S.S., il devient 107ème RI/FFI.

 

 

Stèle de la famille : GUILLON à Ste SEVERE (Charente) Photo: (Photo: Camille Dogneton)

 

Les "Guillon" étaient membres des FTPF et cachaient des armes. Prosper Guillon et son fils Jean ont été fusillés à Bordeaux le 21 septembre 1942. Aminthe Guillon et Yvette sa belle-fille ont été assassinées à Auschwitz en 1943.

 

Cliquez sur l'icône pour lire la commémoration de Guy Môquet, controversée, dans les lycées

 

 

(Je tiens à remercier le musée de la résistance d'Angoulême, ainsi que son responsable: M. P.LEVEQUE pour la permission d'utiliser leurs pages, afin que perdure le souvenir et le devoir de mémoire).

 

 

 

PATRICE SAINT-JACQUES Cliquez pour consulter l'index

 

Montage: Patrice Saint-Jacques

Tous droits réservés - Copyright 2007 - 2008


statistiques