MARCHIANI

(LE RÉCIT D'UNE ÉPOPÉE)

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La biographie de Jean-Charles MARCHIANI

MARCHIANI (Jean-Charles), Préfet, Homme politique.
Né le 6 août 1943 à Bastia (Corse).
Fils d' Ignace Marchiani, Fonctionnaire.

et de Mme, née Isaure Bernardi, Institutrice. Mar. le 22 juillet 1971 à Mlle Christiane Fichot, Médecin cancérologue (2 enf. : Charles-Stéphane, Jean-Alexandre).

 

Etudes : Lycée de Bastia, Petit séminaire d'Ajaccio, Lycée Thiers à Marseille, Faculté de droit et des lettres d'Aix-en-Provence, Faculté de droit de Paris I.
Dipl. : Licence de lettres, Diplôme de l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, Diplôme d'études supérieures de droit public, Diplôme d'études approfondies d'administration publique
Carr. : Délégué au Service de documentation extérieure et de contre espionnage (SDECE) (1967-70), Chargé des affaires syndicales de Peugeot SA (1970-72), Directeur du personnel et des affaires juridiques (1972-76) puis Secrétaire général de Servair (1976-80) et de la Société des hôtels Meridien (groupe Air France) (1980-83), Président-directeur général de Vigilia SA (1983-85), Chargé de mission au cabinet de Charles Pasqua (ministre de l'Intérieur) (1986-88), Conseiller pour le Moyen-Orient au groupe Thomson (1988-93), Préfet, chargé d'une mission de service public relevant du gouvernement (1993), Collaborateur de Charles Pasqua (ministre de l'Intérieur) (1993-95), Préfet du Var (1995-97), Préfet, Secrétaire général de la zone de défense de Paris (1997-99), Préfet en service détaché (1999); Parlementaire européen (liste Rassemblement pour la France et l'indépendance de l'Europe) (1999-2004), Préfet hors cadre (2004); Membre fondateur, Responsable pour la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et Secrétaire national pour la sécurité et la défense du RPF (2000), Conseiller du Commerce extérieur de la France (1989), Auditeur de l'Institut des hautes études de défense nationale (1986-87).

Décor. : Chevalier de la Légion d'honneur, Officier des Palmes académiques, Commandeur de l'ordre national du Lion (Sénégal), de l'ordre national de Côte d'Ivoire et de l'ordre national du Burkina Faso.

Distractions : lecture, musique.
S'intéresse à l'œnologie.

Sports : parachutisme, ski.

Organisation : RPF (RASSEMBLEMENT POUR LA FRANCE)

 

 

LES MEFAITS D'ARMES D'UN PRÉFET FACE AU JUGE


Jean-Charles Marchiani, convoqué ce matin devant le juge Courroye dans le cadre de l’affaire des ventes d’armes à l’Angola, risque la détention. Récit d’une épopée.

Jean-Charles Marchiani, ancien préfet du Var, député européen non réélu en juin, est convoqué ce matin par le juge Philippe Courroye. Il n’a plus d’immunité. Et la journée promet d’être longue, tant les charges se sont accumulées contre lui. Durant les trois ans d’enquête qui ont suivi sa mise en examen dans l’affaire des ventes d’armes à l’Angola, le juge a adressé au Parlement européen pas moins de quatre demandes de levée d’immunité le concernant. Toutes rejetées. Dans la dernière en date, examinée en décembre, le magistrat soulignait que, eu égard aux risques « de concertation avec des tiers ou d’entraves aux investigations », « de disparition de preuves » ou de « fuite », il envisageait d’assortir les nouvelles mises en examen du député « d’une mesure de détention provisoire ». Dans sa lettre d’accompagnement, le procureur de la République formulait les mêmes conclusions. C’est dire l’enjeu, pour Marchiani, de ses auditions d’aujourd’hui. Voilà dix jours, Me Trémolet de Villers, son avocat, a estimé d’avance qu’il jugerait « invraisemblable » que son client « fasse l’objet d’une quelconque mesure coercitive ». Sur les cinq dossiers dans lesquels il est mis en cause chez le juge Courroye, Marchiani n’est pour l’instant poursuivi que dans un seul, l’Angola. Sans dissimuler son inquiétude, il a déclaré récemment au Figaro que « s’il s’avérait que des infractions » avaient été « commises », par lui-même ou ses « collaborateurs », il en « assumerait, seul, l’entière responsabilité ». Jusqu’à présent, il n’avait même pas envisagé cette éventualité. Charles Pasqua, qui a lui aussi perdu son immunité parlementaire, devrait être entendu ultérieurement, trois dossiers le concernant ayant déjà été transmis à la Cour de justice de la République.

« Je suis un agent secret. Je ne veux pas voir les journalistes. Je n’ai rien à dire, pas même à ma femme. Je n’ai de compte à rendre qu’au Premier ministre Jacques Chirac et au ministre de l’Intérieur Charles Pasqua. » Ces premiers mots publics de Jean-Charles Marchiani datent du 5 mai 1988, lorsqu’il n’était encore que le « mystérieux émissaire » de la libération des otages du Liban. C’est l’époque d’une photo floue, prise au téléobjectif. On l’aperçoit sur le tarmac de l’aéroport de Beyrouth, entouré d’une dizaine de gardes du corps. Plus tard, métamorphose : c’est avec une casquette blanche de préfet sur la tête qu’on le voit en photo. Marchiani, alias Alexandre Stefani, la barbouze par excellence, l’agent tout droit sorti des Tontons flingueurs, est devenu préfet de la République, en 1993, malgré les scandales et une détention provisoire en 1985.

Mais c’est un autre Marchiani, le député européen, élu sur la liste du Rassemblement pour la France (RPF) en 1999, que le juge Philippe Courroye a réveillé, le 30 novembre 2000, pour une perquisition de son domicile dans le cadre de l’affaire des ventes d’armes à l’Angola. Comme Pasqua, dont il a les manières et l’accent méridional, il s’est plaint d’un complot politique. Par la suite, l’enquête fait apparaître des comptes bancaires secrets de Marchiani à Vaduz (Liechtenstein), puis à Genève (Suisse), et conduit le juge à demander, sans succès, la levée de son immunité au Parlement européen. Tout au long de sa « carrière » préfectorale, de 1993 à 1999, Marchiani a encaissé des commissions, y compris de l’office de vente d’armes du ministère de l’Intérieur, la Sofremi. Agent secret, commerçant, préfet ou politique, il n’a visiblement pas su choisir.

Contre-espionnage. Jean-Charles Marchiani a été formé très tôt aux jeux de l’ombre. Né le 6 août 1943 à Bastia, il est entré au Sdece (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage) en 1962, après avoir servi chez les paras du 8e RPIMa (régiment de parachutistes d’infanterie de marine).

Dans les annales des services spéciaux, son nom apparaît en deux occasions au début des années 70 (1). Après l’assassinat, en octobre 1968, de Stefan Markovitch, garde du corps d’Alain Delon, il s’est mis sur la piste de photos compromettantes du défunt avec Claude Pompidou, l’épouse du Premier ministre. Une « honorable correspondante » au surnom de Karamel est à l’origine du tuyau crevé. Le lieutenant Marchiani, avec d’autres, doit quitter le service, en mars 1970, sur ordre du nouveau patron, Alexandre de Marenches. L’année suivante, nouveau scandale : un correspondant du service, Roger Delouette, est arrêté pour trafic de drogue aux Etats-Unis. Il mouille le Sdece, Marchiani, ses supérieurs et l’un des cousins du lieutenant. De concert, les barbouzes assurent devant un juge français que l’affaire de drogue était censée financer une opération des services aux Etats-Unis.

Des réseaux font protection. Déjà lié au Service d’action civique (SAC) et à Pasqua, Marchiani se réinsère aux usines Peugeot, où il est chargé par la direction de suivre les « affaires syndicales » ! En 1972, il entre dans une filiale d’Air France, Servair, comme directeur du personnel, puis secrétaire général (en 1976), activité qui lui permet de voyager et, semble-t-il, de négocier des armes en faveur de la guérilla d’Erythrée. En 1980, le voilà secrétaire général des hôtels Méridien. Mais, quatre ans plus tard, une enquête judiciaire sur des détournements au comité d’établissement de Servair l’éclabousse. Marchiani explique au juge que certaines sommes étaient « destinées à rémunérer des personnalités à l’étranger dont le concours était nécessaire à l’obtention des marchés au Moyen-Orient ou en Afrique ». Inculpé pour « abus de confiance et complicité », il est alors placé en détention préventive du 13 décembre 1984 au 5 mars 1985, selon une note des services spéciaux transmise au juge Courroye. Cet épisode, évidemment ignoré par la chronique officielle, se termine par un non-lieu, mais il marque le personnage au fer rouge.

« Comme au cinéma ». En mars 1986, avec la première cohabitation, Marchiani devient l’un des discrets chargés de mission du nouveau ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua. On le voit à l’Elysée, où il fréquente des membres de la fameuse cellule, et à la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure). Alors chef de cabinet du patron des services spéciaux, le colonel Pierre Lethier l’entend déplorer la « timidité » et les « scrupules » de la DGSE. « Marchiani prétend avoir une voiture de service, des frais de fonctionnement opérationnel, des faux documents d’identité, relate Lethier dans un compte rendu de la rencontre. Il exige de disposer de tous les moyens du service. Faute de quoi, il sera obligé de rendre compte à Pasqua que les promesses n’ont pas été tenues. Il veut un revolver de marque italienne qu’on pourra assortir à la taille et à la couleur de la boucle de sa ceinture. Bien sûr, il s’agit d’un revolver extraplat comme on en voit au cinéma. » Selon Marchiani, la France est en « état de belligérance avec l’Iran ». « Lui-même fait la guerre et n’attend que notre argent pour commencer », relate Lethier. Lors de l’affaire des otages français du Liban, ses réseaux dont l’homme d’affaires Iskandar Safa ­ lui permettent en tout cas de s’imposer comme « l’envoyé spécial du gouvernement français » auprès des ravisseurs et d’obtenir le dénouement quatre jours avant le deuxième tour de la présidentielle. Les élections perdues par la droite, on le recase officiellement chez Thomson. Ce qui ne l’empêche pas de négocier, en freelance, avec les Libyens, la libération des deux enfants en croisière sur le Silco, otages du groupe Abou Nidal.

La seconde cohabitation le fait rêver, car Pasqua espère cette fois le poste de ministre de la Défense. Mais c’est encore l’Intérieur. « Il a failli prendre la DGSE, soutient un ancien agent spécial. Si Pasqua avait été ministre de la Défense, il l’aurait eu. » C’est donc à François Léotard que Marchiani présente sa candidature, à la mi-93, dans le cadre du renouvellement du chef des services spéciaux. Il s’affirme « tout à fait habilité à gérer les affaires de la DGSE ». « Les avis ont été unanimes pour me déconseiller de le nommer », a raconté Léotard au juge Courroye. Balladur rappelle à Léotard la rumeur qui avait associé Marchiani à « l’opération de déstabilisation visant madame Pompidou » en 1970. « Traditionnellement, le ministre de la Défense présente trois noms au chef de l’Etat. Je n’ai pas proposé celui de Jean-Charles Marchiani, et François Mitterrand m’a dit que, de toute façon, il ne l’aurait jamais nommé à cette fonction, car il le connaissait bien et n’en voulait pas. »

Lot de consolation. En octobre 1993, Marchiani obtient son lot de consolation. Il est nommé préfet chargé d’une mission de service public relevant du gouvernement. Pasqua lui confie le renseignement. Belle revanche quand même, qui lui fait oublier ses premières casseroles. C’est l’époque de sa rencontre avec l’homme d’affaires Pierre Falcone, de la reprise en main de la Sofremi et de ses premiers voyages en Angola. La vente d’armes par Falcone au pouvoir de Dos Santos s’effectue alors avec l’appui secret de l’équipe de Pasqua, que les Angolais promettent de « récompenser ». Marchiani engrange ainsi les futurs renvois d’ascenseur. En 1994, il donne un numéro de compte en Suisse à l’intermédiaire d’un groupe allemand chargé d’équiper en boîte de vitesse les chars Leclerc vendus aux Emirats arabes unis. Le préfet reçoit aussi des fonds de la Sofremi sur une fondation à Vaduz. Lors de sa mise en cause, il prétendra que ces comptes sont en rapport avec ses missions secrètes dans la lutte antiterroriste, faisant semblant d’ignorer qu’il a laissé des procurations, non pas à d’autres « agents », mais à sa femme et ses fils.

Une Légion d’honneur à la boutonnière, Marchiani reprend du service, en octobre 1995, à l’occasion de la prise d’otages de deux pilotes français en Bosnie. Il fait appel à un nouveau personnage interlope, Arcadi Gaydamak, très introduit au sein des services à l’Est, qui n’est autre que l’associé de Falcone dans l’affaire angolaise. Cette fois, l’efficacité de sa mission est contestée par une partie du monde du renseignement. Le général Pierre Gallois ayant été, de son côté, en négociation officielle. Pour son aide, Marchiani remet, l’année suivante, l’ordre national du Mérite à Gaydamak sur le contingent du président de la République. Selon le juge Courroye, cette décoration aurait été monnayée par un versement simultané à l’Association (pasquaïenne) France Afrique Orient (Afao).

C’est dans le Var que Marchiani fait parler de lui, après sa nomination comme préfet du département, en novembre 1995. Il s’oppose publiquement à un concert de NTM prévu au Théâtre national de Châteauvallon. Bientôt, une alliance se profile entre le préfet très droitier et le maire FN de Toulon contre le directeur du théâtre, coupable d’initiative antifrontiste ­ enquêtes des RG, procédures administratives, licenciement et garde à vue, sans suite.

Entre en politique. Le spectre de la manipulation plane sur le Var et... l’ex-ministre Léotard. Un dossier circule même sur la pseudo-implication du maire de Fréjus dans le meurtre de l’ex-élue FN Yann Piat, en 1994. Lorsqu’un livre sort, en 1997, Léotard s’indigne d’une « République qui, depuis Mehdi Ben Barka et Stefan Markovitch, avec les mêmes hommes, a laissé des officines spécialisées fabriquer du discrédit, de l’amalgame ». En juillet, la gauche rapatrie Marchiani sur Paris, pour s’occuper de la zone de défense.

Mais le préfet est toujours ailleurs. C’est l’époque de la guerre civile au Congo-Brazzaville. A Vaduz, il dispatche secrètement de l’argent que les Congolais viennent de recevoir d’Elf-Aquitaine. Il songe à entrer en politique... dans le Var. En juin 1999, le voilà élu député européen aux côtés de Pasqua. Maladroitement, il consigne sa comptabilité codée d’initiales sur une feuille que le juge découvre chez lui, lors d’une nouvelle perquisition, en décembre 2001. L’agent spécial a décidément perdu la main.

(1) Entre autres dans la Piscine, les services secrets français, 1944-1984, de Roger Faligot et Pascal Krop (Seuil).


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Marchiani : A savoir

Sans immunité

Tête de liste du Rassemblement pour la France (RPF) dans le Sud-Est aux dernières élections européennes, Marchiani n’a pas été réélu et a ainsi perdu son immunité parlementaire le 19 juillet. Entre 2001 et 2003, la justice française avait demandé, à quatre reprises et sans succès, au Parlement européen, la levée de cette immunité.

L’affaire des ventes d’armes à l’Angola

Entre 1994 et 1995, dans le secret le plus total, 505 millions de dollars d’armement ont été fournis par Pierre Falcone à l’Angola, avec l’appui du ministère de l’Intérieur, Charles Pasqua, et l’aide de Jean-Charles Marchiani, alors préfet. Depuis mai 2001, ce dernier est mis en examen dans le dossier instruit par le juge Courroye. Il se voit reprocher des recels à hauteur de 3,7 millions de dollars et 3,2 millions de francs.

L’affaire Elf

Depuis janvier 2004, Marchiani est poursuivi, cette fois par le juge Renaud Van Ruymbeke, pour avoir encaissé 5 millions de dollars initialement versés par Elf aux autorités congolaises.

Quatre nouveaux dossiers

Marchiani est mis en cause, sans faire l’objet de poursuites, dans quatre autres enquêtes menées par le juge Courroye. La Sofremi, l’office de vente d’armes du ministère de l’Intérieur, lui a versé 2 millions de francs sur une fondation de Vaduz, Sopar. Sur son compte « Stef », à la banque Indosuez de Genève, ce sont 2,4 millions de marks de la firme allemande Renk fournissant le Giat et 9,7 millions d’une société hollandaise fournissant Aéroports de Paris. Iskandar Safa, propriétaire des chantiers maritimes de Normandie, lui aurait fait bénéficier, en liquide, d’une commission sur des patrouilleurs vendus au Koweït.


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Réseaux

Par Gérard DUPUY

Pasqua et son factotum préfectoral Marchiani ne sont pas vraiment des hommes politiques comme les autres. Ces activistes d’un ordre conservateur musclé n’ont pas simplement quelques casseroles attachées à leurs basques, mais toute une quincaillerie brinquebale derrière eux à chaque pas qu’ils font. L’échec électoral de leur famélique « rassemblement » permet désormais à des juges, qui s’intéressent beaucoup à eux, de les entendre.

Oublions le comparse Marchiani. Pasqua est assez vieux pour toucher aux deux bouts du gaullisme. A suivre sa trace, on retrouve une image assez dégoûtante de cette mouvance politique qui n’a jamais lésiné sur l’adage cynique qui veut que la fin justifie les moyens. Des agités comploteurs liés à l’extrême droite des années 50 à la barbouzerie des années 60, des turpitudes des SAC des années 70 au système Chirac de la mairie de Paris juppéisée, l’histoire réelle du gaullisme n’est pas de celles qu’on voudrait laisser lire aux petits enfants. Avant d’endosser le costard croisé du parrain, Pasqua aura été le héraut mal embouché et le tireur de ficelles de ces « réseaux », toujours évoqués et jamais attrapés.

Il pourrait aussi avoir emporté quelques mauvaises habitudes dans sa dissidence souverainiste ratée ­ c’est du moins ce qu’a souvent dit son éphémère compère Villiers. Cette période, pendant laquelle Pasqua s’est en quelque sorte mis à son compte, intéresse particulièrement le juge Courroye, qui entendra Marchiani aujourd’hui. Pendant ces années, Pasqua pouvait espérer voir ses efforts enfin récompensés, grâce à son ancien poulain Chirac parvenu à l’Elysée. Les caprices de la destinée en ont décidé autrement. Dans une récente supplique de Pasqua à Chirac, on a retrouvé, sans surprise, le ton sourdement menaçant dans lequel il a toujours excellé. Une façon de rappeler au président de la République que son immunité, comme toutes, n’est que provisoire...

Par Karl LASKE

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Journée cruciale pour Jean-Charles Marchiani

Journée cruciale pour Jean-Charles Marchiani

 

C’EST SUREMENT le rendez-vous judiciaire de sa vie. Jean-Charles Marchiani est convoqué aujourd’hui dans le bureau du juge Philippe Courroye au pôle économique et financier du tribunal de Paris. L’ancien préfet du Var est mis en cause dans plusieurs affaires si bien que son nom est aujourd’hui plus souvent associé aux idées de commissions occultes qu’aux notions d’intérêt de l’Etat français qui lui sont si chères.

Jean-Charles Marchiani, 60 ans, pourrait même, au terme de son audition être placé en détention. Sa non-réélection au Parlement européen où il siégeait depuis 1999 rend désormais possible une telle hypothèse pour ce vieux briscard de la chiraquie. L’ancien conseiller de Charles Pasqua, à l’époque où celui-ci était ministre de l’Intérieur, est déjà mis en examen dans deux dossiers. Celui des ventes d’armes à l’Angola tout d’abord, où il est poursuivi depuis le 22 mai 2001 pour abus de confiance, abus de biens sociaux et trafic d’influence. Il est soupçonné d’avoir perçu divers avantages, notamment financiers, de la part des deux cerveaux présumés de l’affaire : Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak. De son côté, le juge Renaud Van Ruymbeke l’a également mis en examen dans le cadre de l’instruction portant sur des commissions versées par Elf en marge de contrats pétroliers au Nigeria. Mais le nom de Marchiani, qui a commencé sa carrière au contre-espionnage dans les années 1960, apparaît dans plusieurs autres enquêtes. Il existe des soupçons de « trafic d’influence aggravé » dans la passation du marché entre le ministère de la Défense et la société allemande Renk pour la livraison de boîtes de vitesses pour les chars Leclerc. D’autres sur le « recel d’abus de biens sociaux » dans l’obtention du contrat d’automatisation du tri des bagages à Roissy par l’entreprise Vanderland Industries SA. Le préfet de la République est également mis en cause dans le cadre des investigations menées sur les conditions de la libération des otages au Liban en 1987 et 1988.

« Dans l’intérêt de la France »

Pour sa défense, l’ex-député européen a toujours répété qu’il avait « agi dans l’intérêt de la France » et qu’il se tenait à la disposition du juge. Son avocat a répété à plusieurs reprises qu’au « vu des dossiers il est invraisemblable que M. Marchiani fasse l’objet d’une quelconque mesure coercitive ». Ses arguments convaincront-ils le juge Courroye ? Pas sûr. Dans l’une des demandes de levée d’immunité que le magistrat a adressées à Stasbourg, celui-ci écrivait en effet que « l’ensemble des éléments conduit à envisager d’assortir la mise en examen de M. Marchiani d’une mesure de détention provisoire ». Evoquant « la gravité des faits », « la peine encourue », « le risque de disparition de preuves » et de « concertation avec des tiers », il craignait même que Jean-Charles Marchiani ne se dérobe à la justice. Il restera ensuite au magistrat à traiter le cas de Charles Pasqua. Trois dossiers concernant l’ancien ministre de l’Intérieur ont déjà été transmis à la Cour de justice de la République (CJR). Mais le juge Courroye le soupçonne de divers délits financiers dans d’autres enquêtes, notamment les ventes d’armes à l’Angola et le financement de son parti, le Rassemblement pour la France. Officiellement, aucune convocation n’a encore été envoyée à Charles Pasqua. Selon plusieurs sources judiciaires, celui-ci ne risque pas, lui, un quelconque placement en détention et sera, en cas de mise en examen, placé sous contrôle judiciaire.

Julien Dumond

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QUAND MARCHIANI VOULAIT L'INTERVENTION DU "GRAND CHEF"

L’ANCIEN DÉPUTÉ européen est plus bavard au téléphone que devant le juge Courroye. Confronté hier durant trois heures à un autre mis en examen, Jean-Charles Marchiani, soupçonné d’avoir perçu des commissions occultes à l’étranger, a campé sur ses positions. « La seule chose que cherche le juge, c’est l’utilisation de l’argent et le nom des agents utilisés. Mais cela, il ne l’aura jamais », confie l’avocat de Marchiani, M e Jacques Tremolet de Villers, qui demande par ailleurs l’annulation des écoutes téléphoniques du dossier. Placé sur écoutes entre le 14 juin et le 29 juillet, le préfet Marchiani a multiplié les coups de fil au sujet de ses ennuis judiciaires. Plusieurs conversations intriguent le juge Courroye. Le 9 juillet, Marchiani téléphone à la députée européenne UMP Margie Sudre : « Si tu as l’occasion d’avoir Perben il est très au courant du dossier, commence-t-il. Il m’a fait passer un message. Tu lui dis simplement qu’on n’est pas des ingrats ! » Une allusion à son affaire ? Le 2 août dernier, avant son incarcération, le juge Courroye a interrogé l’intéressé sur le sens de ses propos impliquant Dominique Perben, l’actuel ministre de la Justice. Réponse de l’ancien préfet du Var : « M m e Sudre me parlait des ambitions municipales de M. Perben à Lyon. »

« Si tu peux appeler Dominique en lui disant de mettre le paquet... » Le 18 juillet, Marchiani converse cette fois au téléphone avec l’éditeur gaulliste Denis Tillinac. Une autre conversation lourde de sous-entendus : « Ce que je sais, dit l’ancien député, c’est qu’au cabinet de Raffarin ils sont très au courant et qu’à l’Elysée aussi. Et chez Raffarin, cela peut avoir des répercussions sur le plan de la sécurité. Il faut bouger un peu et donner des instructions... Si tu peux appeler Dominique en lui disant de mettre le paquet. » Le juge Courroye veut savoir qui est donc ce Dominique. Réponse de Marchiani : « Peut-être Dominique de Villepin », l’actuel ministre de l’Intérieur. Toujours avec Tillinac, l’ancien préfet du Var évoque une intervention auprès d’un « magistrat de la Cour de cassation », mais refuse de livrer son nom au juge d’instruction. « Perben nous avait dit qu’il avait donné des instructions pour qu’il y ait deux sinon trois magistrats instructeurs... Ça arrangerait beaucoup de choses », avait poursuivi Marchiani lors de l’échange du 18 juillet, suggérant là aussi une intervention du garde des Sceaux dans son dossier. Autre conversation sensible, celle du 5 juillet avec Charles Pasqua. Marchiani est interrogé le 2 août sur cet échange : « Charles Pasqua vous indique avoir eu Jérôme au téléphone, qui a donné des renseignements au grand chef, lequel avait eu l’air perplexe et n’avait rien dit », résume le juge Courroye. « Il vous précise qu’il va le voir et que le grand chef n’est plus contre vous. Qui sont Jérôme et le grand chef ? » questionne le magistrat, pensant certainement à Jérôme Monod, conseiller politique auprès du président de la République, et à Jacques Chirac. Réponse de Marchiani : « Je ne sais pas qui est ce Jérôme, on en connaît tellement, et je ne sais pas qui est le grand chef ». Le juge Courroye a prévu de confronter aujourd’hui l’ancien préfet avec Yves Manuel. Cet homme d’affaires a reconnu avoir remis des fonds au préfet quand celui-ci était au cabinet de Charles Pasqua. « J’avais trouvé cela bizarre », a déjà admis Yves Manuel.

Laurent Valdiguié

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JEAN-CHARLES MARCHIANI MET EN CAUSE MM. CHIRAC ET PASQUA

 


Soupçonné d’avoir perçu plusieurs millions d’euros de commissions occultes, l’ancien préfet a déclaré au juge Courroye que les sommes touchées en Suisse l’avaient été avec l’accord de MM. Pasqua et Chirac. Il évoque aussi des fonds "réels ou supposés" détenus à l’étranger par les deux hommes.

Incarcéré à la maison d’arrêt de la Santé depuis le 2 août, Jean-Charles Marchiani, soupçonné d’avoir bénéficié de plusieurs millions d’euros de commissions occultes, a tenté, au cours de ses dernières auditions, d’impliquer Jacques Chirac, et l’ancien ministre de l’intérieur Charles Pasqua.

Questionné le 17 décembre par le juge Philippe Courroye sur l’alimentation de ses comptes suisses, M. Marchiani, notamment mis en examen pour "abus de biens sociaux" et "trafic d’influence", a une nouvelle fois démenti tout enrichissement personnel et évoqué "un dispositif financier" mis en place en 1986 afin de mener des opérations confidentielles à l’étranger.

Agent des services secrets jusqu’en 1970, date de son éviction du Sdece (ancêtre de la direction générale de la sécurité extérieure, DGSE), M. Marchiani avait continué d’entretenir ses "réseaux", et joué un rôle majeur dans la libération, en 1987 et 1988, des otages du Liban.

Le 17 décembre, il a précisé au juge : "Les mouvements de tous ces comptes étaient surveillés par une cellule spéciale de la DGSE dont c’était la vocation. Cette cellule, dirigée par un magistrat financier, était chargée de surveiller les avoirs financiers réels ou supposés de personnalités de droite dont M. Jacques Chirac et Charles Pasqua." "Le chef de poste de la DGSE avait fait des tas de notes de renseignements concernant ces comptes qui me concernaient", a ajouté l’ancien préfet du Var, qui a livré à M. Courroye le nom du magistrat financier alors détaché à la DGSE.

Ce magistrat a assuré au Monde, jeudi 23 décembre, que les déclarations de M. Marchiani étaient "délirantes et absurdes". M. Pasqua était, lui, "injoignable" jeudi 23 décembre, tandis que l’Elysée indiquait que les déclarations du préfet étaient "sans fondement".

Sibylline mais lourde de sous-entendus, la petite phrase lâchée par M. Marchiani fait écho à une polémique apparue en 2002, quand l’Elysée avait accusé le premier ministre Lionel Jospin d’avoir demandé à la DGSE et à la DST d’enquêter sur d’éventuelles "relations financières" de M. Chirac au Liban et au Japon (Le Monde du 26 juin 2002). L’affaire avait provoqué, après la réélection de M. Chirac en 2002, le limogeage des deux directeurs des services de renseignement.

Le 1er septembre, au cours d’une audition par le juge Courroye, M. Marchiani avait déjà cité les noms de MM. Chirac et Pasqua, déclarant qu’ils étaient parfaitement au courant qu’entre 1986 et 1988 - M. Chirac était premier ministre et M. Pasqua ministre de l’intérieur -, il avait perçu des fonds à l’étranger.

Ces sommes, selon M. Marchiani, étaient destinées à financer des opérations de renseignement, notamment pour obtenir la libération des otages français du Liban. "Mon rôle à l’étranger a toujours été de vérifier, conformément aux instructions gouvernementales données par le premier ministre de l’époque, le ministre de l’intérieur et un certain nombre de fonctionnaires, que les fonds ne devaient pas venir de sociétés françaises", a-t-il assuré.

"INSTRUCTIONS" DE M. PASQUA

M. Marchiani a affirmé avoir perçu ces sommes en vertu "d’instructions" qui lui auraient "été données par Charles Pasqua" et par "le directeur de cabinet du premier ministre - Jacques Chirac -, Maurice Ulrich". Au juge qui lui faisait observer qu’il avait continué à percevoir des fonds "à partir de 1991, à une époque où MM. Pasqua et Ulrich n’exerçaient aucune fonction gouvernementale", M. Marchiani a répondu : "M. Chirac m’a demandé le samedi qui a précédé l’élection présidentielle, le 6 ou 7 mai 1988, de continuer à m’occuper de ces questions et à faire fonctionner les réseaux."

Interrogé par Le Monde, l’avocat de M. Marchiani, Me Jacques Trémolet de Villers, a contesté que son client ait "la volonté de mettre en cause MM. Chirac et Pasqua". Assurant que M. Chirac avait bien demandé à son client, "le 7 mai 1988, en présence de M. Pasqua, de maintenir le dispositif financier mis en place en 1986", Me Trémolet de Villers confirme toutefois que M. Marchiani a décidé d’en dire plus qu’il ne l’avait fait jusque-là. "Mon client commence tout simplement à en avoir assez. Il estime que si l’exécutif ne prend pas ses responsabilités, il va être contraint de dire des choses qui devaient rester confidentielles. Et tant pis si cela met dans l’embarras des personnalités politiques", affirme l’avocat.

A plusieurs reprises en juin et juillet, M. Marchiani et ses proches ont multiplié les interventions auprès du chef de l’Etat et du ministre de la justice afin de lui éviter la prison. Plusieurs conversations téléphoniques, enregistrées par les enquêteurs - dont certaines ont été annulées par la cour d’appel - attestent la réalité de ces démarches.

Ainsi, le 9 juillet, M. Pasqua a téléphoné à M. Marchiani pour lui dire : "Bon alors, j’ai écrit à Chirac (...). Plusieurs lettres, dont une à votre sujet." Et l’ancien ministre d’ajouter : "Et je viens de m’entretenir avec Dominique Perben... A votre sujet (...). Et je l’ai trouvé... assez coopératif." (Le Monde du 5 octobre.) Las, le 2 août, M. Marchiani était placé en détention provisoire.

Meurtri de n’avoir reçu aucun signe du chef de l’Etat, M. Marchiani semble aussi prendre ses distances avec son mentor, M. Pasqua. Sans doute n’a-t-il guère apprécié les déclarations de ce dernier devant les policiers de la brigade financière.

Interrogé comme témoin le 1er septembre, M. Pasqua a affirmé, à propos des fonds touchés en Suisse par son ancien conseiller place Beauvau : "Je suis surpris de constater qu’alors qu’il occupait des fonctions au ministère de l’intérieur, M. Marchiani ait pu percevoir de telles sommes."


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Fin de l’enquête sur les chars Leclerc

Le juge Philippe Courroye a clôturé, jeudi 23 décembre, l’enquête portant sur le contrat conclu entre une société allemande et le ministère de la défense pour l’équipement de chars Leclerc. Jean-Charles Marchiani est poursuivi, dans ce dossier, pour "recel d’abus de biens sociaux" et "trafic d’influence par personne dépositaire de l’autorité publique". Il a touché 2,4 millions de deutschemarks (1,23 million d’euros) sur un compte genevois entre 1994 et 1999. M. Marchiani, également mis en examen pour avoir perçu une commission occulte en marge d’un marché avec Aéroports de Paris, est poursuivi dans deux autres enquêtes : l’une porte sur les ventes d’armes à l’Angola, l’autre sur des largesses consenties par l’homme d’affaires Iskandar Safa.

Fabrice Lhomme

http://leruisseau.iguane.org/article.php3?id_article=905

 

 

Affaires Marchiani : de fortes odeurs d’argent

 

 

D’après un dossier de Fabrice Lhomme, publié dans Le Monde daté du 25 décembre 2004, Jean_Charles Marchiani, en prison depuis le 2 août pour le versement litigieux de treize millions d’euros sur des comptes bancaires suisses, aurait mis en cause Jacques Chirac et Charles Pasqua. Tandis que ses affirmations sont contestées, l’ancien préfet du Var rappelle qu’il a « effectué des tas de missions en Afrique et au Moyen-Orient », et il distingue devant les magistrats « l’argent personnellement gagné » et « celui qui était mis à sa disposition le cadre de ses activités pour l’Etat ».
L’ancien agent des services secrets, qui fut successivement préfet du Var de 1995 à 1997, secrétaire général de la zone de défense de Paris (1997-1999) puis député européen (1999-2004), est incarcéré depuis le 2 août 2004 dans le quartier "VIP" de la maison d’arrêt de la Santé. [1]

Les raisons qui ont poussé le juge d’instruction Philippe Courroye à demander cette mise à l’écart d’un haut fonctionnaire portent sur une apparente confusion des genres qui en dit long sur le sentiment d’impunité dont Jean-Charles Marchiani a joui durant au moins deux décennies. La justice le soupçonne en effet d’avoir perçu de juteuses commissions en marge de plusieurs contrats.

Interrogé par le juge d’instruction le 17 décembre 2004 à propos du versement litigieux de treize millions d’euros sur des comptes bancaires suisses, l’ancien préfet aurait déclaré avoir monté de telles “structures financières” avec l’accord de Jacques Chirac, et de l’ancien ministre de l’Intérieur Charles Pasqua. Tandis que tous les « hauts fonctionnaires et hommes politiques » contestent ses affirmations, J.-C. Marchiani rappelle « qu’entre 1993 et 1995, [il a] effectué des tas de missions en Afrique et au Moyen-Orient. » L’ancien préfet a toujours contesté tout enrichissement personnel.

http://www.ldh-toulon.net/imprimer.php3?id_article=431

 

 

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Voici la “situation au 19 juillet 2004” de Jean-Charles Marchiani telle qu’elle apparaissait sur le site du Parlement européen à la fin décembre 2004

 

Jean-Charles MARCHIANI,
né le 6 août 1943 à Bastia,
Rassemblement pour la France

 

membre du Groupe Union pour l’Europe des nations au Parlement européen,
membre de la Commission des affaires étrangères, des droits de l’homme, de la sécurité commune et de la politique de défense,
membre suppléant de la Commission des libertés et des droits des citoyens, de la justice et des affaires intérieures,
membre de la Délégation pour les relations avec les pays du Maghreb et l’Union du Maghreb arabe.

Licence ès lettres et diplôme d’études politiques (1966). Diplôme d’études supérieures de droit public (1967). Diplôme d’études approfondies d’administration publique (1974). Fonctions de direction dans différentes entreprises (1970-1985).

Délégué au Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (1967-1970). Auditeur à l’Institut des hautes études de défense nationale (1986-1987). Chargé de mission au cabinet de M. Pasqua (1986-1988) et collaborateur de M. Pasqua (1993-1995). Conseiller du commerce extérieur de la France (depuis 1989). Préfet chargé d’une mission de service public relevant du gouvernement (1993) ; préfet hors cadre (1995) ; préfet du Var (1995-1997) ; préfet, secrétaire général de la zone de défense de Paris (1997).

Chevalier de la Légion d’honneur. Officier des Palmes académiques. Commandeur de l’ordre national du Lion (Sénégal). Commandeur de l’ordre national du Mérite de la Côte-d’Ivoire.

 

 

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Biographie de Jean-Charles MARCHIANI


 

 

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Montage: Patrice Saint-Jacques :

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