LE MUSÉE DE

 

LA POCHE DE ROYAN

 

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(Reproduction interdite : Tous droits réservés - Patrice Saint-Jacques © Copyright 2004)

(Photos & montage): Patrice Saint-Jacques

 

Triste nouvelle - Le musée de la Poche de Royan ferme ses portes le: 30/09/2007 faute de repreneur. L'Etat Français ne voulant rien savoir non-plus!!! Le comble; c'est un liquidateur Allemand qui sera chargé de la vente des pièces...

 

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UN PATRIMOINE HISTORIQUE INÉSTIMABLE

 

Particularités :

Le plus grand Musée du Sud-Ouest Atlantique sur le thème de la Seconde Guerre Mondiale ; 1 500m2 d’expositions en décors reconstitués, avec 3 collections exceptionnelles (française, allemande, américaine)

 

 

(Tout le texte et la présentation qui vous allez lire, est tirée de la documentation du musée édité par M. Philippe Lelaurain, que je tiens à remercier).

Fondateur et Directeur du Musée de la Poche de Royan

 

Le Musée de la Poche de Royan a une telle importance historique qu'il mérite le détour, afin d'en rapporter un souvenir inoubliable.

Le Musée se voulant impartial dans la présentation de ses collections sans aucune distinction, aussi bien du côté Allemand que Français et alliés, les visiteurs de tous pays n'en apprécieront que davantage l'authenticité et sa valeur historique.

Le Musée de la Poche de Royan est une création privée à l'initiative de deux Royannais : M. Alain DODAT & M. Philippe LELAURAIN, qui ont voulu par l'intermédiaire de celui-ci raconter l'histoire de leur région sous l'occupation allemande, lors de la seconde guerre mondiale. Il est situé en Charente-Maritime, à une quinzaine de Kilomètres au nord de Royan, sur la route de Rochefort en direction de Marennes, dans la zone commerciale de la commune du : GUA.

Il a été inauguré le 15 avril 1990 par les autorités du pays royannais : la Ville de Royan, le SIVOM et le Département, en présence de ses deux fondateurs. Mr. DODAT, qui malheureusement nous a quitté un an après, et c'est Mr & Mme Philippe LELAURAIN qui maintiennent l'oeuvre entreprise par les deux pionniers et continue à la développer, avec l'aide sur le plan historique de Bernard BALLANGER, documentaliste régional.

Actuellement, avec plus de 1 000 objets divers comptant des véhicules d'époque en très bon état, une collection importante de mannequins en tenue, une série unique d'affiches de propagande datant de l'occupation et de la Résistance, ainsi que de nombreuses armes mis en valeur sur 1 500 m2 couverts, on peut dire sans aucune prétention, qu'il s'agit du musée de la deuxième guerre mondiale le plus riche du sud-ouest de la France, comparable en importance aux musées du même ordre en Normandie: Avranches, Bayeux, Arromanches, Ste-Mère-Eglise.

Le Musée de la Poche de Royan reçoit régulièrement entre 15 000 et 20 000 visiteurs par an, en provenance de tous les pays concernés par ce phénomène mondial qui a cruellement marqué notre époque. De nombreux visiteurs s'y côtoient pour se souvenir : avec beaucoup de curiosité et d'émotion!

Le Musée comprend deux collections importantes:

- Allemande, pour la période de l'occupation.

- Française et américaine, pour les périodes de la Résistance et de la Libération de la région, assurées essentiellement par les troupe françaises.

 

A LA DECOUVERTE DU MUSÉE

 

Rappelons que les 2 importantes collections du Musée sont relatives à :

- L'occupation allemande d'une part

- La libération de la Poche de Royan d'autre part, essentiellement par des forces françaises : F.F.I, F.TP, résistants et armée française, pour la plupart équipés "à l'américaine".

Ces deux ensembles sont présentés derrière des panneaux vitrés (voir photographies) tout au long de 2 grandes travées latérales de 60 mètres chacune. Ils comprennent des véhicules et armements parfois imposants, regroupés en décor reconstitué avec des personnages en tenue et beaucoup d'autres objets militaires dont l'intérêt historique n'est plus à démontrer, étant donné leur rareté actuelle et leur importance dans le contexte de l'époque.

La travée centrale est plutôt réservée aux photos et affiches d'époque, ainsi qu'à une multitude de petits objets ayant appartenu aux 2 camps et soigneusement répertoriés sous vitrines.

Tout est d'une proportion historique :

Sur le côté gauche du Musée, qui représente pour l'essentiel le Mur de l'Atlantique vous découvrirez, une plage reconstituée et différentes installations allemandes. Une pièce de l'artillerie côtière marine de 105 m/m, 1 fusil Mauser, 1 pistolet P-08 avec son étui, 1 pistolet mitrailleur type: Schmeisser avec son porte chargeur.

Des obus de 105 m/m pour la batterie principale, de 88 m/m pour les batteries annexes et puis des obus de mortier.

Un bunker reconstitué, un télémètre sur trépied, un canon de 50 m/m placé sur le toit du bunker avec son bouclier de protection et des sacs de sable, afin d'être mieux vu des visiteurs. Également en continuant la visite, vous découvrez un poste de radio portable, des téléphones de campagne, des lampes-tempêtes, des fusils Mauser, ceinturon, gourde et gamelle, des casques et leur camouflage 3 teintes. Des masques à gaz.

Un peu plus loin, la reconstitution d'un petit bunker polygonal appelé communément : Tobrouk équipée d'une mitrailleuse MG-42 pouvant tirer 1 200 coups par minute. Tout en continuant vous trouverez également des motocyclettes avec side-car qui furent pour l'armée allemande les éléments de reconnaissance par excellence. La Zundapp KS-750. La BMW R-12. Une "FLAK" canon antiaérien de 20 m/m. Des chargeurs, un projecteur D.C.A sur pied. Un pistolet mitrailleur PPSH, à chargeur rond: dit "camembert". Un engin antichar: c'est le Panzerfaust, projectile pouvant perforer entre 50 et 80 m tous les blindages de chars existants, grâce à sa fameuse ogive à charge creuse.

Au sol, 2 types de mines, très spécifiques : Les mines plateau, antivéhicules. Les mines antipersonnel.

Vous découvrirez toujours en longeant ces vitrines, une caisse métallique contenant des grenades à manches, offensives et défensives, le terrible lance-flammes type 1943 constitué de 2 bouteilles, la plus petite contenant le gaz propulseur et la plus grosse le liquide inflammable. Le jet de feu pouvant atteindre 3 000° et projeté sur 25 à 30 m de distance. A suivre un camion type de l'armée allemande. Aussi célèbre que son homologue le : GMC américain. C'est l'Opelblitz, dont le moteur 6 cylindres à essence est curieusement d'origine américaine. C'est un véritable gouffre à la consommation, un jerrican de 20 litres ne lui faisant pas peur pour faire juste le tour d'un pâté de maisons.

Le Musée de la Poche de Royan est fier de posséder un véhicule très particulier et rare, présenté tout au bout de la galerie : c'est le Goliath ou Sprengpanzer (Le char que l'on fait sauter), dont il ne reste guère qu'une dizaine d'exemplaires sur l'ensemble du territoire français, à la fois dans les musées et dans les collections particulières. Ce minichar ne devait servir qu'une fois pour détruire à distance l'un de ses grands frères ennemis, ou bien une casemate fortifiée. 2 Chenilles indépendantes, chacune avec son moteur électrique et sa batterie, permettent tous les mouvements : si les 2 moteurs sont alimentés, le char avance; la coupure de l'un d'eux bloque la chenille correspondante et permet de tourner à gauche ou droite selon le cas. La commande à distance n'est ni télé ni radioguidée mais filoguidée par un rouleau de 2 fils électriques qui se déroulent simultanément à partir du compartiment arrière sur une longueur de 800 mètres. Un bouclier avant protège par son épais blindage les quelque 60 KG d'explosif du compartiment central; il présente une surface inclinée pour ne pas donner prise aux projectiles envoyés par l'ennemi qui serait tenté d'arrêter sa progression.

 

LES SOLDATS VENUS DU CIEL

 

 

Ce vaste panneau, en fin de travée gauche du Musée, est dédié aux soldats qui vont venir briser la résistance allemande par le ciel. Ce sont essentiellement des aviateurs anglais et américains, avec :

- La R.A.F (Royal Air Force) représenté par un mannequin en tenue classique bleu-gris R.A.F. Gilet de sauvetage, petit serre-tête en cuir avec lunettes de vol à facettes, foulard de soie blanc, gants en peau de mouton, revolver Enfield calibre 38.

- Les américains de la 8ème Air-Force avec leurs énormes forteresses volantes B-17, ici pour rappeler leur présence, ils sont représentés par 2 mannequins en tenue de vol. A remarquer les bottes chauffantes et le masque à oxygène, car il fait froid et l'air est raréfié à haute altitude de ces avions très mal isolés.

Dans le décor alentour, toutes sortes de vestiges récupérés dans la région, dans le sol, les champs, les bois, les fermes.... : Hélices brisées ou tordues, mitrailleuse tordue de Lancaster abattu, mitrailleuse de chasseur Mustang, containers d'armement en toile pour parachutage à basse altitude, bombe américaine de : 500 KG, d'époque, larguée sur Royan et n'ayant pas explosé, équipements radio de carlingues diverses avec leurs antennes en forme de ballon de rugby. Poste aux lampes énormes qui font sourire à l'heure des transistors et circuits intégrés. Siège de chasseur Thunderbolt abattu près de Cozes, nombreux nécessaires de sauvetage en mer: canots, bouées sonores, peintures fluorescentes. Et puis des cales pour avions allemands Messerschmitt et Focke-Wulf qui furent utilisées sur les pistes de Médis, ou encore des torpilles à ailettes que l'on larguait en chapelets des avions, et dont la particularité était de pouvoir exploser avant leur arrivée au sol, grâce à leur système de mise à feu déclenché selon le nombre de tours effectué par l'hélice. On remarquera également le corps strié de la torpille pour permettre l'explosion : une fragmentation encore plus meurtrière.

 

LES TROUPES AMÉRICAINES AU SOL

 

 

Hommage au fond de la travée de droite du Musée à la seule unité alliée présente dans la région de la Poche de Royan : c'est la 13ème brigade d'artillerie US commandée par le colonel Banks.

Canon de 105 et de 155 m/m sur roue pour apporter un soutien logistique de première importance aux troupes française de libération, en pilonnant systématiquement le moment venu les batteries côtières allemandes. Les canons manquent malheureusement à la collection, mais sont exposés des matériels lourd de transport d'engins et de troupes.

Ainsi, un de ces fameux GMC, camion universel US, à châssis long et caisse en bois pour ce modèle. A proximité, 2 soldats de la M.P, facilement reconnaissable. Cartouchière, fusil à pompe fabrique par Winchester, déjà présent à la guerre de 14, d'où son nom : Le Trench-gun (fusil de tranchée), avec la baïonnette en plus. Une moto de la très célèbre marque Harley-Davidson avec 2 cylindres en V, 1 200 cm3, 12 CV dans sa version militaire. Mais revenons au GMC, véhicule idéal pour le transport de toutes sortes de matériels : cuisines portatives avec bidons et gamelles, caisses de ravitaillement et de rationnement, bureaux de secrétariat, postes de radio, extincteurs et, accrochés par des bretelles latérales, brancards et longs piquets de tentes. A Noter le marquage de la bâche de toit, en rouge fluorescent pour le repérage de l'aviation amie. Un fusil Springfield 1903, un traditionnel fusil Garant, chargeurs, grenades défensives etc... Le GMC est pourvu à l'avant d'un treuil, très efficace pour le dépannage ou le remorquage. Tous les GMC n'en étaient pas pourvus. Pelles, pioches, haches, jerrican de 20 L pour le carburant de réserve.

A suivre, une arme bien connue : la mitrailleuse Browning de calibre 30, c'est-à-dire de 7,62 m/m sur son trépied, système de réglage pour le tir répété, boîte d'alimentation classique d'où se déroule la bande de cartouches engagée. La célèbre "poêle à frire" ou détecteur de mines,

Un engin de reconnaissance blindé : le "Half-track", c'est-à-dire semi-tracté par chenille ou semi-chenillé. Il fut donné à l'armée française reconstituée, et plus précisément à la 2 ème DB de Leclec. Pistolet mitrailleur américain Thompson calibre 45 (11,43 m/m) mitrailleuse 30, bande de cartouches engagée. Paquetages, couvertures US, boîtes métalliques de stockage de munitions, ici en boîtes de 250 cartouches. Nom du véhicule présent : Le "GLOIRE". A la suite, un lance-roquettes antichar portable. Le bazooka, l'équivalent américain du Panzerschreck allemand. Particularité des 2 modèles présentés côte à côte.

Le véhicule de commandement qui suit est réservé au transport des officiers, ici de la 13 ème brigade d'artillerie américaine. C'est un Dodge type WC-56 décapotable, 6 cylindres essence, 4 roue motrices. L'ancêtre des 4 X 4 si prisés actuellement. Au pare-brise, une arme courte : Le "grease-gun", ou "pompe à graisse" en jargon militaire à cause de sa forme cylindrique. C'est un pistolet mitrailleur type M-3, avec chargeur de 30 cartouches au calibre important de 11,43 m/m. On en rencontre également en 9 m/m, réservés aux parachutistes. Un fusil mitrailleur de base dans l'infanterie : C'est le F.M.-BAR avec chargeur de 25 cartouches au calibre US de 30, BAR signifiant Browning Armement Rifle (fusil de la société d'armement Browning). Nous y voyons également un pistolet Colt 45 dans son étui de cuir, et puis une autre moto Harley-Davidson dite 750 cm3 WLA, plus petite et plus commune que la précédente.

 

HOMMAGE A LA RÉSISTANCE

 

La reconstitution qui suit est très émouvante : dans un décor de petite bergerie charentaise de pré salé avec ses nombreux accessoires paysans. Un opérateur radio, son poste, d'un modèle élaboré, est à la fois émetteur et récepteur avec long fil d'antenne déployé discrètement; c'est un modèle anglais, dit type 3 MK-2. Livres de codes, manipulateur en morse. Grenades défensives MK-1, pistolet mitrailleur STEN MK 2, démontable en 3 éléments ne dépassant pas 35 cm de longueur, et éventuellement muni comme ici d'un silencieux. Non loin, 2 autres résistants appartenant à l' "A.S", cette armée secrète dont l'action principale consistait à glaner dans l'ombre tous les renseignements possibles et imaginables. 1 officier en tenue française. 1 résistant type, plus anonyme, derrière un fusil mitrailleur britannique BREN MK-1 au calibre 7,7 m/m avec son chargeur courbe typique.

La suite du décor nous présente un parachutage, les containers métalliques. La couleur du parachute indiquait aux destinataires le contenu : armes, munitions, ravitaillement, sanitaire, etc...

A côté, hommage spécial aux cheminots dont tout le monde connaît l'action continue dès 1941 pour détruire machines et voies ferrées. Ici, une double charge de pains de plastic a été placée de part et d'autre d'un rail. Elle est reliée à un système de mise à feu électrique, branché un peu plus loin.

Devant nous, véhicule symbole de la Résistance : une traction avant Citroên 11 CV et ce célèbre symbole F.F.I à la croix de Lorraine dans le "V".

Dernière grande évocation que le visiteur découvre juste en entrant dans le Musée, en retour de travée droite : un décor hallucinant de ruines et de gravats parsemés d'éclats d'obus. Tout est brûlé, calciné, détruit et pourtant émergent de ces décombres que l'on imagine encore fumants, des scènes et faits d'époques : Une rue, des maisons, un vieux garage avec sa pompe à essence à main. Un vieux camion Renault ayant mal supporté le bombardement. Dans la rue, les fils électriques sont arrachés des poteaux; aux murs sont encore visibles les vestiges d'affiches de propagande. Et puis voici une épave, belle encore, mais très marquée par les impacts de tirs. C'est une Mercedes 170 camouflée, de la Kriegsmarine, avec tout autour un dédale d'objets abandonnés : armes légères, casques troués, bottes, bidons en tout genre, masques à gaz etc...

Arrivée à droite un char énorme : c'est un Sherman de la 2ème DB, "L'Osthouse", qui a effectivement participé à la libération de la Poche de Royan. Affecté au régiment du 12ème Cuirassiers, il s'est trouvé sous le commandement du général Leclerc, qui dirigea aussi dans cet engagement le 12ème Chasseurs d'Afrique, un autre régiment blindé et des éléments importants du régiment blindé de fusiliers marins.

A l'arrière du char, sur la jupe du compartiment moteur, plusieurs combattants (mannequins toujours) du 4èmes Zouaves d'origine tunisienne, avec leur tenue disparate : Armes US, casque français, etc...

Dans le reste du décor, des enfants errent, à la recherche de nourriture ou d'objets à récupérer, qu'ils emporteront dans un vieux landau... Une jeune fille est venue apporter des fleurs aux libérateurs.

 

LES COLLECTIONS DE L'ALLÉE CENTRALE

 

Après les 2 grandes collections des travées latérales consacrées à de vastes décors avec véhicules, armements, plus ou moins imposants et mannequins en situation, la visite se termine par l'allée centrale. Ce n'est pas la moindre, car elle regroupe à elle seule 3 collections qu'il m'est impossible de décrire ici dans leur intégralité, tellement elles sont riches et fourmillent de détails pittoresques. Objets ou anecdotes pour lesquels le conservateur du Musée reste intarissable dans ses explications, qu'elle que soit la question posée! Cette allée centrale comprend essentiellement :

- Une collection de photos. 500 photos regroupées sur 35 panneaux double face. En gros, 200 concernent l'occupation allemande et 300 la Résistance ainsi que la ville de Royan et ses environs, avant et après le bombardement du 5 janvier 1945.

- Une collection d'affiches. Les affiches de propagande. La collection d'affiches est composée d'éléments rares et de qualité exceptionnelle dans leur qualité de conservation. Il y en a plus de 50. Toutes de grand format, ce sont pour l'essentiel des affiches de propagande, illustrées de desseins et caricatures relatifs aux 3 grands thème critiques de la guerre:

- La propagande allemande et surtout du gouvernement de Vichy sous la Collaboration.

- La propagande française pour inciter à faire carrière dans l'armée pour lutter contre le nazisme et organiser la libération de l'Europe.

- La propagande alliée contre les dirigeants des puissances de l'Axe : Hitler et Mussolini, sans oublier Hiro-Hito pour le Japon.

Curieusement, la Résistance est absente dans la fabrication d'affiches de propagande, tout simplement parce qu'elle n'en avait pas les moyens et parce qu'elle aurait pris trop de risques. Le tract fut par contre beaucoup plus répandu. De petites dimensions il pouvait circuler plus facilement.

 

LE TÉMOIGNAGE PAR LES PETITS OBJETS

 

Cette dernières collection comprend 16 vitrines à hauteur du regard, 2 rangées de 8 regroupant plus de 1 000 objets, tous d'un intérêt certain, parfois rares et insoupçonnés :

La première rangée est réservée à l'occupation allemande et à tout ce dont disposaient ceux-ci pendant cette période.

La deuxième rangée est relative à : La vie des Français sous la présence allemande, vue du côté de la populations. La vie des Français et des Alliés, vue du côté de la Résistance et des Unités combattantes, alliées ou venues d'outre-mer.

Ici on découvre un autre aspect de la vie militaire et de la vie quotidienne de tous ces hommes dans les 2 camps, à travers leurs objets personnels : Petits armements, tenues et insignes, papiers et documents pendant l'occupation, outils et instruments ayant permis d'organiser la résistance et de conduire à la victoire, photos souvenir, etc...

- Côté occupation allemande : Sabre de cavalier russe, chachka cosaque, un bonnet de marin de la kriegsmarine : fabriqué "aux Galeries Lafayette, Paris" ! Des dagues de la kriegsmarine, des pattes d'épaulettes d'amiral et de contre-amiral, l'étendard allemand de plus de 5 mètres de long, qui flottait sur le Golf Hôtel. Des jumelles étanches. Une lettre dédicacée de l'amiral Dönitz, successeur d'Hitler en 1945, apportant des renseignements sur le front du Mur de L'Atlantique et de la Poche de Royan.

- Différents objets ayant appartenu aux Italiens qui furent environ 600 dans l'île d'Oléron : fusil, poncho, insigne réglementaire, casque italien, etc...

- Une pièce probablement unique en France qui intéressera les spécialistes de l'armement : un "Sturmpistol" ou "pistolet d'assaut". Gros pistolet dont l'encombrement est celui d'une mitraillette courte et capable de lancer des grenades à charge creuse. On connaît un exemplaire de cette arme rarissime en Suisse et un autre au musée américain d'Aberdeen aux Etats-Unis.

- Un casque colonial en feutre qui rappelle l'Afrikakorps de Rommel. Un curieux vestige, une coupe d'honneur dont les inscriptions indiquent qu'elle fut offerte à un officier allemand pour ses qualités de tir avec sa batterie de Flak de 20 m/m.

- Enfin, une vitrine entièrement consacrée à une quantité importante de cartouches dans les différents calibres qui furent utilisés durant la seconde guerre mondiale. Elles sont exposées avec leurs plus rare boîtes cartonnée d'origine. L'éventail est assez impressionnant, allant du pistolet 9 m/m au 20 m/m Flak explosif, en passant par toute la gamme des fusils Mauser, pistolets mitrailleurs, mitrailleuses, calibres d'entraînement, etc... Une panoplie complète pour collectionneur averti !

- Côté Alliés et Résistants : Les 8 vitrines qui suivent sont tout aussi riches et impressionnantes. Ainsi

Cette vitrine installée depuis 1995 seulement et consacrée entièrement à un équipage américain de B-17 qui s'est "crashé" en décembre 1943 sur l'aérodrome de Médis.

Dans la vitrine suivante, beau panachage d'objets ayant appartenu à toutes ces unités de l'Armée régulière appelées : Forces Françaises Libres : coiffures, insignes, photos, écrits du 4ème Zouaves, du 12ème "Cuirs", du 13ème Dragons, des chasseurs d'Afrique, des tirailleurs algériens, des régiments blindés de fusiliers marins, etc... Beaucoup de ces objets, dont de nombreuses décorations, citations, une médaille de la Légion d'honneur, ont été donnés au Musée pour que soit assurée à tous ces hommes la postérité de l'hommage qu'ils méritent.

- Plus loin, un tableau résumant la carrière du colonel Adeline, qui commanda l'ensemble des Forces Française de l'Intérieur (F.F.I) et qui finira général.

- Hommage encore aux bataillons d'outre-mer : Guyanne, Guadeloupe, Martinique et d'Afrique avec les Côtes des Somalis, l'Oubangui-Chari, et puis aussi d'autres pays d'Afrique noire.

- 2 autres vitrines sont ensuite dédiées à la Résistance et à ses équipements clandestins concernant respectivement : Les équipements de sabotage, les équipements radio. A l'actif du sabotage, pains de plastic avec allumeurs, mèches lentes, grenades piégées, pistolets mitrailleurs STEN, calots, insignes régimentaires, brassards, etc...

- Côté équipements radio, plusieurs modèles de postes (émetteurs seulement), listes de fréquences d'émission reportées sur des papiers spéciaux facilement dégradables en les avalant; écouteurs, batteries, quartz, armements divers, et... cet appareil photo miniature Minolta qui continuera à faire carrière dans le civil jusqu'à la fin des années 50.

- Une vitrine, entièrement civile celle-là, rappelle la vie quotidienne du temps de l'occupation allemande : y sont regroupés billets et monnaies d'époque, autorisations de circuler (les fameux "Ausweis", les billets verts provisoires d'origine américaine et qui ressemblaient à des dollars, sans oublier les carnets de tickets qui rappelleront à beaucoup d'anciens les restrictions et par là tous les rationnements imposés : tickets d'alimentation etc...

- A suivre, beaucoup de documents personnels pour le moins originaux : des textes, écrits, livres de chants de l'armée allemande, des journaux en langue allemande et russe. Des missels de l'armée américaine, dont ces 2 exemplaires placés côte à côte pour confessions catholique et juive. Des objets américains : bas nylons en emballage d'origine, trousse de survie pour pilote avec panoplie complète de lignes de pêche. Des objets britanniques non moins curieux, comme : ces gilets d'évasion à grosses mailles ayant la propriété de se "détricoter" pour constituer un filin capable de supporter 100 KG, le temps de franchir...1 ou 2 étages. Des bottes truquées de pilote de la R.A.F, dont on pouvait découper la tige à la base grâce à un petit canif logé à proximité, pour les transformer en chaussures basses civiles. Un foulard de soie imprimé d'une carte de France délimitant avec précision les zones occupées, la ligne de démarcation, etc...

- La dernière vitrine, regroupe tous les équipements personnels du G.I en campagne, du type fantassin ou artilleur : rasoir, peigne, glace, serviette, brosse à dents et dentifrice côtoient préservatifs, pansements compressifs, bandages, médicaments (à base de sulfamides que l'on peut considérer comme les premiers antibiotiques) rations individuelles : chocolats, café, biscuits, couverts en aluminium... et au milieu de tout cela un curieux bidon d'un nouveau modèle, pour la première fois en matière plastique.

 

 

Si vous désirez visiter complètement le musée.

 

 

MES CONCLUSIONS

 

La liste serait encore trop longue, pour dénombrer la multitude d'objets classés méticuleusement dans ces 16 vitrines.

Notamment : Toutes les armes de poings (revolvers, pistolets : non-loin je pense, de la centaine + les armes automatiques, etc...

Les musées sont ainsi faits, multipliant les centres d'intérêt.

Le Musée de la Poche de Royan fait partie de ceux-là : en vous demandant qu'une seule et unique chose. Venait me visiter et vous emporterez avec vous : une richesse intérieure, un patrimoine inestimable dans votre mémoire et une aventure irremplaçable. Vous pourrez vivre dans ces 1500 M2, ce que vos parents on vécus et que l'on appel aujourd'hui : le devoir de mémoire.

 

 

 

 

Merci à M. Philippe Lelaurain pour cette inestimable témoignage.

 

 

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(Photos et montage): Patrice Saint-Jacques :

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