L'HISTOIRE DU TCHAD

LES REPÈRES CHRONOLOGiQUES

LA BIOGRAPHIE D'IDRISS DÉBY ITNO

LES ENFANTS SOLDATS

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L'HISTOIRE DU TCHAD

 

 

 

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Le Tchad, indépendant depuis 1960 a connu une histoire coloniale assez courte (moins de 80 ans) puisque les premières expéditions françaises dans la région du lac Tchad datent de la fin du siècle dernier (Mission Maistre relatée par P. Brunache dans Le centre de l'Afrique, autour du Tchad, Paris, 1894). Le statut de colonie, comme partie de l'Afrique équatoriale française, ne date que de 1910. Le peuplement du Tchad est très ancien, en particulier dans la région du lac Tchad. Son histoire est marquée par l'arrivée de populations berbères au VIIIe siècle puis de l'Islam au XIe siècle. Entre le XVIe siècle et la colonisation, trois royaumes importants ont prospéré dans cette région : Kanem-Bornu, Baguirmi et Ouaddaï. Ces états restèrent centrés sur les zones sahélienne et tropicale. Après une courte domination musulmane à la fin du XIXe siècle, les incursions française se multiplièrent. La forme actuelle du pays, réunissant au sein d'un même état les nomades musulmans du nord et les cultivateur animistes (ou chrétiens aujourd'hui) du sud est donc largement un héritage colonial.

L'histoire ancienne

Le premier royaume connu dans la région est le Kanem, qui prit son essor à la fin du XIe siècle, sous la dynastie des Sefawad. Les relations commerciales avec le nord du continent et la conversion des mai (souverains) vers l'an 1100 répandirent l'islam dans toute la sous-région. Le Kanem possédait une armée forte et entraînée, un réseau de fonctionnaires chargés de maintenir l'ordre et de prélever les impôts jusque dans les régions lointaines, et une économie prospère. Mais des querelles de pouvoir et des dissensions religieuses affaiblirent l'empire. Les Boulalas, vassaux du Kanem, en profitèrent pour se révolter. Au XIVe siècle, les attaques répétées des Arabes obligèrent les Sefawad à fuir le Kanem. Au XVe siècle, la dynastie des Sefawad constitua un nouvel empire, à l'ouest du lac, dans le Bornou. Les troupes du mai Idriss (1497-1519) envahirent l'ancien Kanem et l'intégrèrent à l'empire. Celui-ci s'étendait de Kano jusqu'au Darfour. Le Kanem-Bornou vivait du commerce, notamment de la traite des esclaves avec l'Arabie. Les guerres de conquête servaient de prétexte aux Bornouans pour capturer les «infidèles», les hommes et surtout les femmes et les enfants, très demandés sur tous les marchés du Moyen-Orient. Les femmes, en particulier, avaient la réputation d'être d'excellentes ménagères et des cuisinières exceptionnelles

 

Histoire politique

 

Après la seconde guerre mondiale, se développent des institutions de la représentativité populaire et cela donna naissance aux partis politiques d'ou l'autodétermination. Des l'autodétermination, l'histoire politique du Tchad se trouve décrite dans le règne de six régimes successives dont nous passerons en revue dans les prochaines lignes.

 

Le règne de Gata Tombalbaye

 

Le régime de Tombalbaye commence avec l'opposition entre RDAistes (Rassemblement Démocratique Africain) et PPTistes (Parti Progressiste Tchadien). Les rarissimes intellectuels du nord s'estimaient victimes de discrimination de la part du PPT a majorité sudiste au pouvoir. Pour s'attirer des amis, les hommes politique du nord orientèrent le débat de façon a ce qu'on croit qu'ils avaient pour ambition de défendre leur liberté de religion contre le pouvoir chrétien. C'est ainsi qu'en Octobre 1965, les habitants de Mangalme, région située au nord, ont assassine plusieurs fonctionnaires sudistes de la ville sous le prétexte qu'il payait d'impôts très élevés a un pouvoir sudiste. Le 22 Juin 1966, le FROLINAT (Front de Libération Nationale) voit le jour comme une rébellion des nordistes. Bien qu'il ait deux fronts nord sud, il ne s'agissait en fait que de coalition fragiles, car plusieurs hommes ayant des ambitions parfois opposées se mirent ensemble par le concours des circonstances politiques, comme d'abord éliminer l'ennemi ensuite voir. Au début des années 1970, le président Tombalbaye suspecta son plus proche entourage de préparer un coup d'état contre lui. Cette suspicion le poussa a changer son parti PPT en MNRCS (Mouvement National pour la Révolution Culturelle et Sociale) et les suspectes a majorité des militaires furent emprisonnes. Constatant que les sudistes se divisent, Habré et Goukouni fondent ComFAN (Commandement des Forces Armées du Nord). Le 21 Avril 1974, le médecin Allemand Christophe Staewen, deux coopérants Français Marc Combe et madame Françoise Claustre devinrent otage dans la région de Bardai. Le gouvernement Français se trouvait oblige de soutenir Habré espérant la libération des otages. En réaction a cela, les pays Arabes sous le leadership de la Libye supportèrent Goukouni. Cependant, les militaires sudistes emprisonnes firent un coup d'état le 13 Avril 1975. Le pouvoir devint militaire a travers le CSM (Conseil Supérieur Militaire) organe exécutif avec le général Félix Malloum comme président.

 

Le règne de Felix Malloum

 

Le Général Malloum avait choisi Habré comme premier ministre espérant séduire les nordistes, mais Habré lui même ne s'en satisfaisait pas, car il n'avait que des attitudes méprisantes a l'endroit du président par exemple, il saluait le président avec une main en poche et ne se présentait parfois pas a certaines cérémonies officielles, entre autres celle de présentation des vœux du nouvel an. Habré a même été instigateur d'un génocide au lycée Félix Éboué lorsque chaque élève nordiste avait reçu la mission de tuer au moins un de ses camarade originaire du sud et Goukouni lui vint au secours. Il y avait plusieurs conférences de paix donne au Soudan sans succès. Il y eut deux conférences a Kano et la deuxième de celles ci donna naissance au GUNT (Gouvernement d'Union Nationale de Transition). Goukouni fut fait président du GUNT et Habré ministre de la défense. Felix Malloum décida de se retirer définitivement de la scène politique et trouva refuge au Nigeria ou il jouit d'une paisible retraite.

 

Le règne de Lol Mahamat Choa

 

Le règne de Mahamat Choa fut court et eut lieu lorsque les chefs des factions en guerres se rendirent a la conférence du Nigeria a travers laquelle le GUNT vit le jour.

 

Le règne de Goukouni Waddeye

 

Goukouni fut fait président du GUNT qui vit le jour le 10 Novembre 1979. Malloum prit sa retraite et se rendit au Nigeria, Habré devint ministre de la défense. Le 21 Mars 1980, le ministre mécontent de la défense déclara la guerre aux forces loyales au GUNT a travers son armée secrète qu'il avait pourtant promis de démanteler les fameux FAN. Le GUNT fut vainqueur de ce combat fratricide mais s'ouvrit a l'influence totale de la Libye. Habré et ses combattants s'en fuirent en Décembre 1980 a Kousseri au Cameroun. Mais Habré revint en Juin 1982 pour chasser Goukouni du pouvoir et s'autoproclama président de la république du Tchad. Le défaitiste Goukouni Waddeye s'en fuit en Algérie ou il continue de nourrir des ambitions politiques pour ce pays qui a tant souffert.

 

Le règne d'Hissein Habré

 

Il fut soutenu par la France et arriva au pouvoir en Juin 1982 apres un combat tres sanglant. Mais puis qu'Habre est l'homme qui a orchestre le génocide contre les sudistes du lycee Felix Eboue de 1979, le sud décida de faire sécession qu'a l'accepter comme chef et la république du sud fut commandée par Kamougue. La seule façon pour Habre de devenir le président du Tchad tout entier fut d'instaurer la dictature. En effet, son système est base sur la metrise du renseignement, l'entière main mise sur les services financiers et l'intégration des FANT dans le pouvoir. Il s'agissait d'un regime de parti unique. En realite, c'est la rebellion FAN qui devenait civile et prit le nom UNIR (Union Nationale pour l'Indépendance et la Révolution). Les directions de la douane, de la trésorerie et de l'amortissement ne recevaient d'ordre que de la présidence et le ministre de tutelle n'avait qu'un statut de regnant. La DDS (Direction de la Documentation et de la Sécurité) avait pour but d'espionner a travers trois sous services qui etaient la SIP, la MPR et les RG. Le SIP (Service d'Investigations de la Presidence) espionnait a travers le conseiller des affaires culturelles des ambassades les opposants politiques établis a l'étranger. La MPR (Milice Populaire et Révolutionnaire) avait pour mission de rentrer dans des milieux populaires et recolter te renseignement. Les RG (Renseignements Généraux) avaient pour fonction de veiller a des ecoutes telephoniques et la violation du secret des correspondances. Les FANT (Forces Armees Nationales du Tchad) se chargeaient de la grande repression sur l'etendue du territoire. La MT (Mission Terroriste) se chargeait de la repression a l'interieur et le BSIR (Bureau Special d'Intervention Rapide) de la repression a l'etranger. La SP (Securite Presidentielle) veillait a la securite du president et beneficiait d'une immunite totale. La MT, le BSIR et la SP ne recrutait que des Zaghawas et Gouranes. En 1984, les FANT s'en allerent tuer les Codos du sud. En huit ans de regne, habre, a tue environ 40000 morts. Il s'en fuit le premier Decembre 1990 du palais presidentiel pour faire place a Idriss Deby. Hissein Habre vit jusqu'ici un asile paisible ou il ne se sent pas inquiete alors que plusieurs Tchadiens contraints de quitter leur pays a cause de discriminations ethniques sont encore mal acceptes ailleurs.

 

Le regne d'Idriss Deby Itno

 

Il est arrive au pouvoir le premier Decembre 1990 apres avoir ete chef militaire pendant et de rebellion, c'est pourquoi il convient de parler de as carriere militaire.

Deby, le militaire

Il a oeuvre sans doute a l'entrainement des ComFAN qui aient commis trop de massacres en 1982 lorsqu'ils arrivent au pouvoir, Habre fut le penseur du régime de 1982 a 1990 et Deby le bras arme. Pour preuve lorsque les FANT sous le commandement de Deby investissent le terrain des codos au début des années 80s chacun sait que Deby lui meme que mit au chevet du bataillon. Le même Deby fit la même chose lors de la tuerie des Adjarai fideles a l'idéologie du MOSANAT (Mouvement Du Salut National). Malgre ses mains rougies de sang, Deby eut l'audace de devenir un chef politique, et la question a se poser c'est la façon dont il s'en ait pris.

Deby, le leader politique.

Tout d'abord, la France s'ingère encore dans des questions internes du Tchad et prétend même donner des leçons. Lorsque Habre devint indésirable pour la France, il savait qu'il ne resterait plus longtemps au pouvoir et en autocrate averti, il décida de choisir son successeur, ce fut Deby. Il fallut donc prétendre qu'il eut un coup d'etat manque afin que Deby aille se préparer militairement au Soudan en Avril 1989. Deby n'eut vraiment pas assez de temps de concevoir un programme politique, c'est pourquoi il choisit celui qu'il concut plutot avec son predecesseur. Il changea quelques noms pour des raisons demogogiques autoour de Deby, l'on remarque qu'il n'apprecie pas de debattre et c'est la raison pour laquelle l'opposition est toujours obligee de s'armer. Au debut des annees 90s, on peut citer le MDD de Moussa Medela, le FAIDT de Zakaria Garba, les FARF de du legendaire Laokein Barde, etc. Deby et ses compagnons d'armes usurpaient la fonction des juges et policiers car ils arretaient et tuaient sans raison formelles mais bien arbitraires, il n'eut en general que de tuerie et tres peu de plaintes en justice. Les victimes furent des journalistes, les représentants des associations des droits de l'homme et des milliers de personnes non célèbres. Je vous fais remarquer que lors de l'assassinat du vice président tchadien de la ligue des droits de l'homme, le juge Behidi, il etait dit a l'avocat du defunt, maitre Gomez, que les suspectes qui etaient arrete pour des raisons mediatiques avaient fuit. Les tentative de paix ont eu lieu a travers la CNS (Conference Nationale Souveraine) le 15 Janvier 1993, mais ce qui fut etonnant est que le president autoproclame se sentait au dessus du premier ministre qui lui devait sa legitimite a la CNS. C'est ainsi que le premier ministre de transition et son ministre de finances ait ete limoges parce qu'ils voulaient gouverner de facon independante. La connaissance insuffisante du Tchad fait courrir de nombreux risques a des Tchadiens fuyant l'oppression pour vivre ailleurs, car certains pays font des extraditions sans savoir qu'ils livrent des gens a des executions sommaires. C'est ainsi que l'extradition si ce n'est d'Abas Koty du Cameroun, de Bichara Chaibo du Togo, du colonel Mahamat Fadil du Niger, de Goukouni Guet du Nigeria vers le Tchad n'aient conduit qu'a l'execution sommaire des extrades. La plupart des membres des FARF et leurs sympathisants ont tous ete tues en Octobre 1998 a travers un linchage inhumain, ce qui prouve encore bien que pour Deby, il n'y a de solution a tout que par des armes et le développement économique du pays n'est pas une priorité. Il n'y a pas de doute que la puissante rébellion du MDJT (Mouvement pour la Démocratie et la Justice au Tchad) avec pour chef fait des revendications dans le nord du pays. Autant il est clair que le gouvernement ait reçu le premier Juin de l'an 2000 une importante somme de 25 millions de Dollard comme avance sur les recettes pétrolières. Ce qui s'est tristement passe est que le président ait utilise cette argent pour acheter des armes contre la rebellion nordique dont le gouvernement nie l'influence au lieu de négocier la paix comme par exemple en Macédoine. Une partie a servi a l'enrichissement personnel du président de la république. Mais pour eviter tout soupcons, le president a fait imprimer des faux billets de banque dont une partie a ete remis a la CotonChad pour le payement des cotonculteurs et le reste a ete distribue par voie illicite dans l'économie de la région. C'est ainsi que le baux frere du président, le général commandant de la garde présidentielle Youssouf Boy et l'aide de camp du président avaient ete arrête avec une importante somme d'argent en faux billets dans le nord du Cameroon. Par ailleurs, le conseiller du président Hassan Fadoul avait aussi été arrête commettant le même crime financier. Un peuple politiquement mur comme le Chad a certainement renie ce president, mais a la surprise generale, il a fait des manipulations frauduleuses aux elections du 20 Mai 2001 au point d'etre elu avec un suffrage de 67 pour cent.

 

 

DÉCOUVREZ L'ENQUÊTE: DANS L'ENFER DU TCHAD:

DARFOUR GÉNÉALOGIES D'UN CONFLIT:

 

 

Le Trio magicien

 

 

La désertion des éléments de la GR et leur constitution en rébellion armée sous la direction du duo Timan – Allafoza, a été perçue et analysée sous plusieurs angles. Pour les uns, pourvu que ça affaiblisse d’avantage, pour d’autres, c’est une comédie destinée à conserver le pouvoir sous d’autres formes; enfin le troisième groupe, le plus averti, a compris que c’est le début des vraies difficultés du régime. Dès lors les désertions des civiles et militaires se sont multipliées, de toutes les toutes les communautés et de toutes les régions

Avec son mépris légendaire à l’égard des tchadiens en général et des siens en particulier, Deby a toujours minimisé la rébellion de son armée. «Ce ne sont pas les zaghawa qui se sont révoltés mais c’est le petit groupe des bideyat», disait il à la RFI. Et il a tenu effectivement à faire ce distinguo du début jusqu’à maintenant. En effet dans le groupe beri, seul le groupe zaghawa est resté l’allié indéfectible de Deby jusqu’à ce jour. Les rares qui ont gagné l’Est, sont ceux qui ont des relations parentales très proches avec tel ou tel insurgé. Et ils ne cachent pas à expliquer leur position : «en 1992 – 1993, quand nous avons compris la nature du personnage de Deby et nous nous sommes révoltés contre son régime, ce sont ceux-là même qui se révoltent aujourd’hui qui nous ont combattu à mort, alors, aujourd’hui ils n’ont qu’à se débrouiller !!», pour d’autres, « à quoi sert de remplacer un bideyat par un autre, autant rester avec celui qu’on connaît et en tirer les bénéfices de notre fidélité», etc. Un des illustres tenants de cette dernière ligne est sans aucun doute le Gl Mahamat Ali Abdallah, considéré comme le leader incontesté des zaghawa.

Longtemps autoproclamé dauphin en titre, un vrai pourfendeur de Deby et de son régime dans tous les milieux autres que celui des zaghawa, le Gl Mahamat Ali Abdallah est un homme intelligent, simple et facilement abordable. Opposant notoire de Deby et de son régime la nuit et allié indéfectible le jour, il a su louvoyer ainsi longtemps entre les opposants et les pros Deby; ainsi chaque groupe des rebelles de l’est, a, chacun de son coté, cru, un moment ou à un autre, que le Gl, malgré sa présence à Ndjamena, est avec eux.

Deby ne lésine pas sur les moyens pour acheter la fidélité de Mahamat Ali et avec ce dernier celle des zaghawa: immenses moyens financiers, matériels et promotions, etc. Deby l’a tellement gavé que le Gl a fini par se rendre.

D’abord en villégiature dans son Iriba natal à la veille des élections présidentielles il avait tenu un meeting public pour vanter les mérites de Deby, de son régime et le pourquoi il faut le soutenir. En citant mot à mot les passages entiers du livre de son oncle Bichara Idris Haggar ou en paraphrasant ce dernier, le Gl a tonné: «ces gens là, entendez les rebelles bideyat, n’ont aucun sens du pouvoir, ne connaissent pas ce qu’on appelle le pouvoir, n’ont jamais géré les hommes. «A regarder la façon dont Deby gère le pays, le Gl n’a pas totalement tort. « Quel pouvoir cherchent-ils dans les grottes de Hadjer Marfaïne, alors que le pouvoir est à Ndjamena et ils l’avaient», continua-t-il. S’ensuivirent après un chapelet des épithètes qualifiant «ces gens», pour finir par dire, «nous, entendez les zaghawa, sommes avec le pouvoir et nous restons avec Deby».

Aujourd’hui il forme avec Daoussa et Mahamat Ismail Shaibo le dernier trio magicien « MDM » autour de IDI. Depuis sa sortie maladroite et opportuniste à Iriba, le Gl ne s’occupe plus des ménages internes: l’achat des consciences, les délations, les calomnies, les filtrations et exfiltrations, etc., sont laissées à Daoussa et Chaibo; lui le Gl, il s’occupe de la procuration des armes, c’est une activité très lucrative, il est le principal interlocuteur des milieux mafieux sud-africains: les armes lourdes, les obus, les armes chimiques, les mercenaires, c’est lui.

La raclée subie par la soldatesque de Deby à Hadjer Marfaïne le 19 et 20 septembre 2006 a été insupportable pour chacun des ténors du régime et le Gl est obligé de descendre dans l’arène de la désinformation et de la calomnie.

En effet depuis la débâcle, le Gl ne manque aucune occasion pour «informer» l’opinion beri que lors des combats les rebelles ont intentionnellement achevé tous les blessés et prisonniers zaghawa, et que tous les bideyat blessés ont été soignés! Le Gl va plus loin: lors des combats, les rebelles ont attaqué les positions tenues par les chefs zaghawa, or il suffit de voir les morts et les blessés pour démentir le Gl Dr. Ces balivernes, le Gl les propage particulièrement au sein de certaines sous clans ciblés qu’il pense les drainer encore derrière Deby pour d’autres combats.

Lors d’une réunion, les cadres civils et militaires agacés par cette propagande de mauvais goût, ont sommé le Gl de donner la source de ses informations, il en a été incapable. Les uns et les autres lui ont demandé tout simplement de se taire et manger. On espère qu’il aura compris.

Mahamat Ahmat
N'djaména

 

 

 

Tchad : quelques repères chronologiques

Xe-XIXe siècles

 

Le Tchad actuel correspondait au Soudan central, où se sont constitués des royaumes (Kanem-Bornou, Ouaddaï et Baguirmi) dont la prospérité était liée au commerce d’esclaves, d’ivoire et de plumes d’autruche, menés par des négociants libyens, soudanais, nigérians,... Guerres fréquentes pour le contrôle des voies transsahariennes.

1090

Un musulman monte sur le trône du Kanem : Dunama, fondateur de la dynastie des Banu Sayf. Le Baguirmi et le Ouaddaï seront islamisés beaucoup plus tard (XVIe-XVIIe s.). Longtemps, seuls les souverains et les dignitaires seront musulmans - en conservant des pratiques animistes.

Fin du XIXe siècle

L’aventurier soudanais Rabat se taille un empire au Tchad, sous des prétextes religieux.

1900

Rabat est battu et tué à Kousseri par les forces françaises. Celles-ci fondent, au confluent du Chari et du Logone, le chef-lieu du " Territoire du Chari ", Fort-Lamy (N’Djaména).

1910

Rattachement de ce territoire à l’Afrique Equatoriale Française (AEF, capitale Brazzaville).

1917

Massacre de 24 dignitaires musulmans à Abéché, sur ordre de l’officier français commandant la place, pour étouffer un prétendu complot.

1922

Création de la colonie du Tchad.

Vers 1930

Début de l’imposition de la culture du coton dans le Sud-Ouest tchadien.

1944

De Gaulle convoque la Conférence de Brazzaville, présentée comme une étape sur la voie de l’émancipation politique et du développement économique.

1960

Proclamation de l’Indépendance du Tchad, sous la présidence de François Tombalbaye, leader du Parti Progressiste Tchadien (PPT), immédiatement transformé en parti unique. Le gouvernement engage une politique autoritaire visant à mettre au pas le Nord en rébellion contre les abus de la nouvelle administration. Discrimination contre les cadres musulmans dans la fonction publique.

1966

Création du Front de Libération Nationale (FROLINAT) par les forces d’opposition et du Nord.

La rébellion FROLINAT est momentanément étouffée par l’intervention de soldats français.

27-28 août 1971

Tentative de coup d’Etat d’un ancien député de l’Assemblée Nationale, Ahmed Abdalla. Le président Tombalbaye accuse la Libye d’être impliquée. Rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.

Fin 1972

Reprise des relations diplomatiques entre le Tchad et la Libye.

Avril 1974

Enlèvement de l’archéologue Françoise Claustre par les rebelles du Nord.

18 octobre 1974

Un communiqué de la présidence de la République du Tchad annonce la découverte de pétrole au Kanem par la société américaine Continent Oil Company (Conoco).

13 avril 1975

Le général Félix Malloum est porté au pouvoir par un coup d’Etat au cours duquel le Président Tombalbaye trouve la mort. Rupture des relations diplomatiques avec la France.

Oct.-novembre 1975

Les dernières troupes françaises quittent le Tchad sur la demande du Président Malloum. Seuls 300 conseillers militaires, 350 professeurs et 200 techniciens sont autorisés à rester. La France est accusée par Malloum de livrer des armes à Hissein Habré.

5-11 février 1976

La visite à N’Djaména du Ministre de l’Equipement Robert Galley marque la reprise de bonnes relations entre la France et le Tchad.

5 mars 1976

Le Premier ministre Jacques Chirac se rend au Tchad et souligne que " la France reste fidèle à ses amis ".

6 mars & 19 juin 76

Signature à N’Djaména d’accords de coopération militaire et technique entre la France et le gouvernement du général Malloum.

Juin 1976

Félix Malloum accuse la gauche française, la Libye et l’Algérie d’apporter une aide au FROLINAT.

13 septembre 1976

Faisant état d’un accord conclu à la fin de 1972 avec le Président Tombalbaye, le gouvernement libyen revendique la bande d’Aouzou à l’extrême Nord.

Septembre 1976

Rencontre du Vice-Président du Comité Militaire Suprême tchadien et du Colonel Kadhafi à Tripoli à propos de la Bande d’Aouzou. Promesse d’aide financière de la Libye. Le Tchad rompt ses relations diplomatiques avec Israël. L’Arabie finance la construction d’une Grande Mosquée à N’Djaména.

1977

Intensification du conflit armé avec le FROLINAT, dont les différentes factions se réunifient sous la direction de Goukouni Wedeye.

30 janvier 1977

Libération de Françoise Claustre suite à des négociations secrètes. La France remercie officiellement la Libye pour son rôle dans cette libération.

31 mars-1er avril 1977

Tentative de coup d’Etat contre Félix Malloum. Les mutins invoquent la discrimination contre les musulmans dans l’armée tchadienne.

Août 1977

Le gouvernement tchadien perd le contrôle du Nord du pays et lance un appel aux Etats-Unis.

Septembre 1977

Le gouvernement de Jimmy Carter propose une aide militaire au Tchad.

17 février 1978

Prise de Faya-Largeau par les forces du FROLINAT.

Février 1978

Signature d’un accord séparé entre Hissein Habré, chef des FAN (Forces armées du Nord) et Félix Malloum, qui le nomme Premier ministre.

7 février 1978

Proclamation d’une amnistie et libération de prisonniers politiques.

Fin février 1978

Réunion des chefs d’Etat libyen, nigérien et tchadien, et du vice-Président soudanais dans l’oasis libyenne de Sebha, à propos du conflit tchadien. Accord de Sebha : proclamation d’un cessez-le-feu, expulsion du personnel étranger soutenant les parties en présence.

27 mars 1978

Proclamation d’un cessez le feu conformément à l’Accord de Sebha. Le gouvernement tchadien refusant d’expulser les troupes françaises qui le soutiennent, ce cessez-le-feu sera de courte durée.

Avril 1978

Progression des troupes du FROLINAT vers N’Djaména. Renforcement des contingents français soutenant le pouvoir central.

Janvier 1979

Rupture entre Félix Malloum et Hissein Habré, qui quitte le gouvernement.

Février-mars 1979

Violents combats dans tout le pays. Lutte pour le pouvoir entre les troupes du FROLINAT de Goukouni Wedeye et les FAN de Hissein Habré.

Août 1979

Lors d’une rencontre organisée par le gouvernement nigérian, signature d’un accord à Lagos entre Wedeye, Habré et d’autres leaders d’opposition. Un gouvernement provisoire (le GUNT) est formé sous le présidence de G. Wedeye. H. Habré assume les fonctions de Ministre de la défense. W.A. Kamougue, chef politique reconnu de la population du Sud, devient vice-Président. Cet accord stipule que chaque faction doit libérer ses prisonniers et retirer ses troupes de la capitale.

Mars 1980

Reprise des combats due au refus d’une partie du FROLINAT de libérer les prisonniers faits à Faya-Largeau et de retirer ses troupes de la capitale. Le GUNT est divisé. Habré reproche à Wedeye de s’appuyer sur la Libye qui occupe la Bande d’Aouzou. Accrochages entre les FAN et les Forces Armées Populaires (FAP), qui soutiennent le Président Wedeye. Les FAN doivent quitter N’Djaména.

Décembre 1980

La paix civile revient après la victoire des forces coalisées du GUNT sur les FAN. Les forces libyennes se retirent du pays à la demande du gouvernement tchadien. Les FAN réfugiées au Soudan reçoivent le soutien des Etats-Unis.

Fin avril 1981

Les combats entre le FROLINAT et les FAN ont fait plus d’un millier de morts.

Juin 1982

Intervention d’une force africaine d’interposition (Nigéria, Zaïre et Sénégal), accompagnée d’une aide française, qui laisse renverser Goukouni Wedeye.

19 juin 1982

Investiture de Hissein Habré. Sa légitimité est confortée au Sommet franco-africain de Kinshasa.

9 juin 1983

Les participants au 19e sommet de l’OUA consacrent le régime de Hissein Habré.

24 juin 1983

Goukouni Wedeye (chef du GUNT) prend Faya-Largeau avec l’aide des Libyens.

3 juillet 1983

Reprise de Faya-Largeau par les FAN avec le soutien de la France et du Zaïre (envoi de soldats, de matériel et de munitions). Ces deux pays répondent à l’appel de Hissein Habré - contre les recommandations de l’OUA, opposée à toute intervention de puissances étrangères.

10 août 1983

Reprise de Faya-Largeau par les troupes de Wedeye avec le soutien de la Libye.

Débarquement de contingents français dans le cadre de l’opération " Manta " (3 000 hommes, avions d’appui tactique et gros porteurs, blindés légers, missiles... ).

26 août 1983

François Mitterrand explique que les missions du contingent français au Tchad sont de concourir à une paix définitive en arrêtant la guerre, en préservant l’intégrité territoriale et l’indépendance du pays, en suscitant une solution négociée permettant de parvenir à l’organisation d’élections libres.

Septembre 1984

" Septembre noir " : massacres commis par les forces gouvernementales dans la région Sud-est du Tchad.

1985

Le conseiller militaire de Hissein Habré, Idriss Déby, fait un stage à l’Ecole militaire de Paris où il noue des liens avec des militaires français.

Mars-avril 1985

H. Habré fait une tournée dans les provinces du Sud.

Juillet 1985

Signature d’accords militaires avec le Zaïre.

Décembre 1986

Les Etats-Unis réaffirment leur soutien à H. Habré.

Déc. 86-Janv. 87

Censure de la presse.

Mars-Avril 1987

Reconquête du BET (Borkou-Ennedi-Tibesti). Défaite des Libyens.

2 novembre 1987

Le FMI accorde un prêt de 19 millions de dollars au Tchad.

Fin 1987

Habré accuse le Soudan de soutenir les forces anti-gouvernementales dans les régions proches de la frontière soudanaise.

Mai 1988

La Libye reconnaît le gouvernement de Hissein Habré.

16 janvier 1989

La France annonce qu’elle retire une partie de ses troupes et sa station-radar de Moussoro.

12 avril 1989

Echec d’une tentative de coup d’Etat fomenté par Idriss Déby. Ce dernier se réfugie au Soudan, où il rencontre Paul Fontbonne, agent de la DGSE à Khartoum.

21 octobre 1989

Visite privée de Hissein Habré en Europe. Rencontre avec François Mitterrand.

10 décembre 1989

Référendum. Hissein Habré est réélu avec 99,96 % des suffrages.

Juin 1990

Sommet franco-africain de la Baule. Hissein Habré se montre très hostile au multipartisme et à la démocratisation recommandés par François Mitterrand.

1er décembre 1990

Idriss Déby prend le pouvoir avec l’aide de la France, qui maintient son dispositif militaire. Accompagné de l’officier de la DGSE Paul Fontbonne, il conquiert N’Djaména sans guère rencontrer de résistance.

Hissein Habré s’enfuit avec les liquidités publiques.

La Commisson d’enquête sur ses crimes et exactions, présidée par le magistrat Mahamat Hassan Abakar, dénombrera 40 000 personnes tuées ou disparues de 1982 à 1990.

Février 1991

Idriss Déby est reçu officiellement à Paris.

28 février 1991

Promulgation de la Charte Nationale qui accorde tous les pouvoirs au Président Idriss Déby et remet à 30 mois l’instauration du multipartisme.

Mars 1991

Investi Président Idriss Déby promet la tenue d’une Conférence nationale ayant pour tâche principale l’élaboration d’une nouvelle Constitution.

19 avril 1991

Promulgation d’une ordonnance légalisant le multipartisme.

Mai 1991

Goukouni Wedeye rentre d’exil.

21 décembre 1991

Nomination de la Commission Nationale de 80 membres chargée de la préparation de la Conférence Nationale Souveraine (CNS).

1992

Les leaders d’opposition politique et syndicaliste expriment le souhait de voir l’armée française assurer la sécurité de la CNS. La France accorde un don de 220 millions de FF en plus de sa coopération militaire. Elle obtient qu’Elf-Aquitaine puisse participer au consortium pétrolier, à direction américaine, appelé à exploiter le pétrole du Sud tchadien.

Février 1992

Assassinat du Président de la Ligue tchadienne des Droits de l’Homme.

Mai 1992

La Banque mondiale et le FMI obtiennent du gouvernement tchadien la mise en place d’un plan d’assainissement de l’économie, qui provoque des mouvements sociaux.

Juin 1992

Christian Quesnot, chef d’état-major particulier du Président Mitterrand, met 6 conditions au maintien de la présence militaire française (le plan Epervier) : forte réduction des effectifs de l’armée, tenue de la Conférence nationale, puis formation d’un gouvernement de transition, libération des prisonniers politiques, respect des droits de l’homme, reprise en main de l’administration financière de l’Etat. Seul le second point sera convenablement appliqué.

Mi-décembre 1992

Le président Déby signe avec la France une convention instaurant un " dispositif d’appui renforcé aux finances tchadiennes " (impôts, finances, trésor, douanes), incluant le déploiement de coopérants français dotés des mêmes pouvoirs que les hauts fonctionnaires tchadiens. Faute de pouvoir empêcher les malversations, ces coopérants devront être retirés.

Janvier 1993

Le gouvernement annule ou allège une grande partie des mesures du plan d’assainissement.

Dans la région du Lac et dans le Sud, exactions des forces armées : 246 personnes tuées, 22 villages brûlés et pillés dans le Logone oriental.

15 janvier 1993

Ouverture de la Conférence nationale souveraine (CNS).

Avril 1993

Nouvelles offensives de l’armée dans la région du Lac et dans le Sud.

11 janvier 1994

Dévaluation de 50% du franc CFA à Dakar.

3 février 1994

Un arrêt de la Cour de la Haye attribue définitivement au Tchad la Bande d’Aouzou.

3 avril 1994

Prolongation d’un an de la période de transition engagée à l’issue de la CNS.

Eté 1994

La DST rassemble à Paris, pour une " réunion de travail ", un certain nombre d’opposants au régime.

Septembre 1994

" Expédition punitive " de la Garde républicaine dans le Logone, au Sud : tueries, pillages, tortures.

Fin 94-Début 95

Le consortium pétrolier renonce provisoirement à mettre en exploitation les gisements du Sud.

Préparation des élections présidentielles. Adoption d’un Code électoral qui autorise le vote des " Tchadiens de l’étranger " (on parle de près de 5 millions). Les élections seraient supervisées par une " Commission nationale " dépendant du ministère de l’Intérieur.

 

 

DÉCOUVREZ L'ENQUÊTE: DANS L'ENFER DU TCHAD:

DARFOUR GÉNÉALOGIES D'UN CONFLIT:

 

 

BIOGRAPHIE D'IDRISS DÉBY ITNO

 

 

 

Idriss Deby Itno est né en 1952 à Berdoba à côté de Fada dans le nord-est du Tchad, d'un père berger. Musulman de l'ethnie Zaghawa, il est plus précisément Bilieda (les habitants de la région de Bilia), un sous groupe des Bideyat, lui-meme sous groupe de la grande ethnie des Zaghawas que l’on trouve des deux côtés de la frontière tchado-soudanaise
Après avoir passé son baccalauréat, il a fait l'école d'officiers de N'Djaména, puis obtient en 1976 une licence de pilote professionnel en France.
De retour au Tchad, il collabore avec Hissein Habre, entré en rébellion en mars 1980, contre Goukouny Weddeye, après l’éclatement du Gouvernement national de transition (Gunt) formé cinq mois plus tôt.
Hissein Habre nomme alors Idriss Deby commandant en chef des Forces Armées du Nord (FAN).
Le 7 juin 1982, Habré entre dans N’Djamena avec Deby à ses côtés poussant Goukouny Weddeye à s’exiler en Algérie.
Promu colonel, il se rend en France où il suit les cours de l'Ecole de guerre inter-armées (1986-1987).
De retour au Tchad, il est nommé conseiller d’Habré pour la défense et la sécurité

En 1989, rien ne va plus entre Habré d’une part, et Déby de l’autre, mais aussi son cousin Hassan Djamous qui l'a remplacé au poste de commandant en chef et son demi-frère Ibrahim Itno, ministre de l'Intérieur.
Accusés de complot, les trois hommes prennent la fuite. Tandis que Djamous est tué, Idriss Deby réussit à gagner la Libye, puis le Soudan, où il créé en mars 1990 le Mouvement patriotique de Salut (MPS), mouvement rebelle. Le 1er décembre 1990, ses forces s'emparent de N'Djaména et chassent Habré qui se réfugie au Sénégal.
Il est porté à la présidence du " Conseil d'Etat " dès le 4 décembre 1990, puis " désigné " par le MPS, président de la République le 28 février 1991 après l'adoption d’une Charte Nationale qui accorde tous les pouvoirs au président et reporte à 30 mois l'instauration du multipartisme
Investi président, il promet la tenue d'une Conférence nationale ayant pour tâche principale l'élaboration d'une nouvelle Constitution
Mais Deby traîne des pieds et rien ne se passe. Le président français, François Mitterrand, dépêche alors, en juin 1992, Christian Quesnot, son chef d'état-major particulier, qui arrive à N’Djaména avec dans ses bagages plusieurs " conditions " au maintien de la présence militaire française dans le cadre de l’opération Epervier : réduction des effectifs de l'armée, tenue de la Conférence nationale, puis formation d'un gouvernement de transition, libération des prisonniers politiques, respect des droits de l'homme, reprise en main de l'administration financière de l'Etat.
Déby, qui sait qu’il n’a pas les moyens de contrer les ambitions de la Libye sans l’aide militaire de la France, a compris le message et la Conférence nationale de réconciliation se tiendra du 15 janvier au 7 avril 1993. La Conférence nationale adopte une Charte de transition, chargée de régir le pays jusqu'à la mise en place d'institutions démocratiques, après l’adoption d’une nouvelle constitution par référendum.
Entre temps, Déby est promu général de corps d'armée le 21 février 1995.
Il remportera les deux élections présidentielles pluralistes de1996 et de 2001, deux scrutins farouchement contestés par ses opposants.
En juillet 2003, il est hospitalisé à l'hôpital Américain de Neuilly sur Seine en France.
Le 26 mai 2004, le parlement entièrement dominé par son parti le MPS, adopte une modification constitutionnelle qui supprime la limitation des mandats présidentiels, auparavant fixée à deux. Le projet de révision a été intégralement adopté, à main levée, par 123 voix pour, 0 contre et une abstention, les députés de l'opposition ayant refusé de voter en quittant l'hémicycle.
Son goût pour le maintien au pouvoir est sans doute lié à une nouvelle donne pour le Tchad : depuis octobre 2003, le pétrole coule en direction du port de Kribi au Cameroun.

La face cachée du démocrate

Dans son premier discours, après être entré à N‘Djaména en décembre 1990, Idriss Déby déclare: "Je vous ai apporté ni or, ni argent mais la liberté…" De fait, la DDS (Direction de la Documentation et de la Sécurité), police secrète de Habré est dissoute et les prisonniers politiques sont libérés. Alors, le paradis, le Tchad ?
Au fil du temps, le "régime Déby" commettra lui aussi bon nombre de violations des droits de l'homme, dans la lignée du précédent régime. N'Djaména est sévèrement épinglée dans le rapport 1994 d'Amnesty International.
Parmi les faits notoires, arrestations arbitraires d'opposants sans jugement, liquidation dans l'ombre, le tout sur fond de guerre entre clans rivaux.
A titre d'exemple, le 13 octobre 1991, une "tentative de putsch" voit le départ de son ancien bras droit, le colonel Maldom Abbas, soutenu par une dizaine de responsables politiques et militaires appartenant pour la plupart à l'ethnie Hadjarai. Il s'agissait d'un premier conflit de partage du pouvoir, entre les Hadjarai (l'ethnie du colonel Maldom Abbas) et les Zaghawas (ethnie d’Idriss Deby). A l'époque, plusieurs centaines de militaires Hadjarai avaient déserté l'armée.
En janvier 1992, Maldom Abbas, libéré, a été propulsé à la présidence du Conseil provisoire de la République.
Tous n'auront pas la même chance: Abbas Koty Yacoub, arrêté le 22 octobre 1993 fut exécuté par des membres de la Garde républicaine, sous les yeux de ses proches, selon Amnesty, sans qu'il oppose la moindre résistance. On le soupçonnait de préparer…un coup d'Etat. Abbas Koty Yacoub était pourtant rentré à N'Djaména à la suite d'un accord avec le gouvernement, garantissant la libre circulation des membres de son mouvement.
En février 92, l'armée contrôlée par les Zaghawa mène une sévère répression en terre "sudiste", à tel point que Paris lance un coup de semonce en annonçant le retrait de sa couverture aérienne au Tchad, mise en place dans le cadre du dispositif de protection Epervier.
Ce même mois de février le vice-président de la Ligue tchadienne des droits de l'homme, Me Joseph Behidi, est mystérieusement assassiné.
En février 1992, le Nigeria extrade vers le Tchad 278 opposants tchadiens dont beaucoup étaient membres du MDD (Mouvement pour la Démocratie et le Développement) dirigé par Moussa Madela. La ligue tchadienne des Droits de l'homme n’a pu que constater la disparition - sans procès ni jugement - de plusieurs d'entre eux.
Août 1993, répression violente d’une manifestation à N'Djaména : au moins 41 morts…
Février 1995, sévère répression contre les populations de Goré dans le Logone oriental…
1er juin 1995, mise à sac du journal N'djamena Hebdo et tabassage du directeur de publication et de ses journalistes …
Il serait fastidieux d’énumérer ici tous les cas dénoncés par des Tchadiens eux-mêmes (cf le livre " Tchad, le procès d’Idriss Déby ", de l’opposant Ngarlejy Yorongar)
Quant à ses rapports avec la France, parfois "tendus", Idriss Déby a cru bon de déclarer un jour que "l'arrivée du président Chirac à l'Élysée a marqué un changement visible entre les deux pays". Jacques Chirac "est un homme dynamique, loyal et chaleureux, qui a pour l'Afrique le même attachement que le général de Gaulle". C’était en 1996, avant l’élection présidentielle, et c’est toujours d’actualité.

http://www.afrique-express.com/archive/CENTRALE/tchad/tchadbios/deby.htm

 

 

Biographie de Idriss deby ITNO

 

 


Tchad, la couleur de l'or noir
envoyé par Ali_La_Pointe

Durée : 10:34 Pris le : 30 mars 2007 Lieu : France

 

 

Les enfants utilisés comme chaire à canon par Deby

 

On se rappelle que les organisations humanitaires avaient dénoncé en son temps le recrutement des enfants dans les camps des réfugiés, par la rébellion du Darfour; or, avec les combats de Aram-Kollé et Hadjer-Marfaïne, on vient d’avoir la preuve irréfutable que les rebelles de Darfour opéraient comme d’habitude pour le compte de Deby. En effet, une bonne partie de ces enfants a été conduite et formée dans des camps d’instruction tchadiens qui sont inconnus du grand public, loin des yeux des curieux.

Un autre groupe des enfants a été recruté par les Généraux Mht Ali Abdallah et Abderahim Bahar et formés à Koundoul et à Moussoro. Dès que les hostilités ont commencé, ces enfants, avant la fin de leur formation, ont été déployés sur les champs de bataille de Aram-Kollé et de Hadjer Marfaïne. Beaucoup ont perdu la vie ou blessés durant les violents combats de Aram-Kollé et Hadjer Marfaïne dont le gouvernement refuse de donner le bilan. Les blessés légers ont été abandonnés dans les dispensaires de l'arrière pays.

Les parents qui ont pris d’assaut les QG des differents groupes armés à la recherche de leurs enfants, sont dans un état de désarroi indescriptible, puisque le gouvernement refuse de ne donner aucune information. Sous la pression des parents le gouvernement a acheminé pendant le week-end une centaine sur N’Djamena dont plus de la moitié fut évacuée sur Tripoli nuitamment. Mais beaucoup sont encore aux avants gardes des differents champs de bataille ou carrément à la charge des parents.

C’est une catastrophe humanitaire pour enfants qui va se produire si on n’y prend pas garde. La rébellion a attiré plus d’une fois les organisations humanitaires, particulièrement l’Unicef, sur l’utilisation des enfants par le régime de Deby, comme chaire à canon et cette fois-ci cela prend l’allure d’un drame.

Beremadji Felix N'djamena

 

 

Françafrique une malédiction ...

 


Françafrique une malédiction ...
envoyé par Snake94400

Durée : 04:13 Pris le : 18 octobre 2007

Certaines images peuvent choquer les plus jeunes.

Ca se passe de commentaires. Je suis fier d'etre français, mais j'ai honte de l'état français.

Il faudra tot ou tard débarasser l'Afrique de ses dictateurs...

 

Cliquez: Tchad Enfants soldats : le sujet n’est plus tabou

http://www.rfi.fr/actufr/articles/089/article_51733.asp

 

 

Dans l’enfer tchadien

(Le Messager 02/06/2005)

 

Le visiteur qui débarque à l’aéroport international Hassan Djamous de Ndjamena peut être flatté de trouver des bus qui assurent le transbordement de la piste d’atterrissage au hall. Mais ce n’est qu’une joie éphémère. Car dans le hall principal où tout est apparemment calme, il est facile de faire une à deux heures pour se faire établir un visa quand l’on n’est pas de la zone Cemac. Ici, aucune précaution n’est prise pour enregistrer les ressortissants de la zone Cemac. Juste un cachet dans le passeport avec un délai de 3 jours pour être en règle à la direction de la police, service de l’émi-immigration. L’intégration sous-régionale est à la traîne. Une fois à l’hôtel, il faut serrer les dents et croiser les doigts pour qu’il n’y ait ni baisse de tension ni coupure de courant électrique. Car les climatiseurs vont se mettre à hurler à vous casser les tympans. Le fonctionnement ici est aux groupes électrogènes. Soit.

Le climat est rude et capricieux de jour comme de nuit. Il ne fait plus de doute, le Tchad est menacé par l’avancée du désert. Les quelques arbustes qui jonchent les rues de Ndjamena n’échappent pas au pillage que leur imposent les ménagères qui crient leur misère. Le régime civilement militaire semble avoir ses priorités ailleurs. En toute impunité, il a lâché ses hommes en tenue armés jusqu’aux dents qui, à bord des pick-up 4x4, écument rues et ruelles des villes et villages, tuant pour un oui ou pour un non. La population tchadienne la plus pauvre ne sait plus à quel saint se vouer. Les nantis sont derrière de hautes barrières et bien armés pour se prémunir de l’insécurité ambiante. Ndjamena dort à partir de 19 heures. Les grandes surfaces et les commerces ferment pour échapper aux assaillants éventuels. Seuls Djamal Bahr, Moursal et Garba Laï survivent à cette morosité grâce à la colonie camerounaise qui se souvient toujours de l’ambiance chaude des principales métropoles de leur pays. On y croque la vie à belles dents tous les jours, une fois la nuit tombée. Un peu comme s’il fallait noyer les soucis du jour avant de recommencer le lendemain.

La vie étant un éternel recommencement.
Ndjamena comme d’ailleurs le reste des principales villes marche au pas militaire. La capitale tchadienne porte les vestiges des guerres successives. Aujourd’hui c’est une paix de cimetière qui y règne. La grande menace étant du côté de l’Est à la frontière avec le Soudan, et dans le Tibesti. Quelques étincelles s’annoncent si souvent à la frontière avec la République centrafricaine. Une paix de braves symbolise les relations avec le Cameroun quand les éleveurs ne font pas monter la moutarde.

L’opposition constituée pourtant de 83 partis ne vit que par endroits. Difficile de voir une plaque indiquant le siège d’un parti en dehors du Mouvement patriotique du salut (Mps) de Idriss Déby. De jour comme de nuit, son drapeau aux emblèmes de guerre flotte au vent au quartier Djamal Bahr. Il a des raisons d’en être fier. Il compte 113 députés à l’Assemblée nationale sur les 155 que compte le parlement. Alors que la Fédération action pour la République (Far-Fédération) de Ngarlejy Yorongar en a 12 (même s’il déclare avoir remporté 58 sièges) et le Rdp dont les députés avaient été élus sur les listes du Mps en compte 10. Il se raconte que sur les 83 partis de l’opposition, plus de la moitié une création du pouvoir et dont les dirigeants ont leur siège dans les mallettes. Aussi, beaucoup de partis qui levaient jadis la tête ont fini par perdre leur crédibilité du fait de leur va-et-vient entre l’opposition et le pouvoir. En plus, il y a des personnes qui sont membres de plusieurs partis à la fois. Il n’y a plus d’enquête de moralité préalable.
C’est le flou total que personne n’est autorisé à dénoncer, même pas la presse. Celle-ci est écartelée, malmenée et bâillonnée.

Avec un taux d’analphabétisme très élevé, des coûts d’impression exorbitants, un manque de matériel adéquat et l’absence des annonceurs, les chiffres de vente sont très bas. La dizaine de journaux à parution plus ou moins régulière tire le diable par la queue. La plupart ont révisé leur tirage à la baisse. La presse ne nourrit pas son homme au pays de Idriss Déby. Les journalistes formés à bonne école désertent les salles de rédaction pour des activités plus lucratives. Les plus téméraires portent la casquette d’opposants et sont personna non grata dans les cercles du pouvoir. Il ne fait pas bon de vivre au Tchad en cette période de campagne référendaire. Ce n’est ni plus ni moins qu’un enfer que redoutent les Tchadiens eux-mêmes. Nous vous conseillons la prudence comme cela nous a été conseillé.

Par Noé Ndjebet Massoussi à Ndjamena
Le 02-06-2005

Source: http://www.mdjt.net/journal%20du%20mois/actualites.htm#actu7

 

 

Tchad: Des coups de fouet comme cadeaux de mariage

 

La semaine qui suit leur mariage, les jeunes mariées de l’est du Tchad sont quotidiennement fouettées par les proches de leur mari. Certaines en meurent. Une tradition d’une extrême violence comme tout ce qu’endurent les femmes de cette région.


Quand Myriam, une jeune journaliste d’Abéché, ville à l’est du Tchad, m’invite au mariage de son frère, elle me prévient : “Il n’est pas très éduqué. Il respecte la tradition.” Des journalistes de la radio où elle travaille tentent aussi de me dissuader de me rendre à la cérémonie. “Il y a beaucoup de gens en armes en ce moment à Abéché et sortir le soir est dangereux“, insistent-ils. “La semaine passée, une dizaine d’hommes en uniforme ont fait irruption dans une cérémonie de mariage et ont pris les invités en joue. Ils voulaient enlever les femmes pour les violer, mais d’autres militaires sont arrivés et les intrus se sont enfuis en sautant par-dessus la clôture. Une personne est morte“, précise l’un d’eux, présent à la cérémonie.

Je décide donc d’arriver tôt au mariage du frère de Myriam et d’en repartir avant la tombée de la nuit. La cérémonie a lieu dans un quartier populaire d’Abéché où toutes les maisons et les boutiques sont en torchis. À quatre heures de l’après-midi, une soixantaine de femmes sont déjà là, voilées, assises sur des nattes, à ras du sol, sous une toile de tente colorée. De l’autre côté de l’enclos qui sert de salle de fête, les hommes arrivent par petits groupes. Pour eux, des sièges en plastique ont été installés en demi-cercle face aux femmes, sous des bâches. Une façon de montrer sans ambiguïté l’infériorité de celles-ci.

Mariées de force à 13 ans


Deux larges fauteuils, placés sur une estrade, attendent les mariés. Le jeune mari arrive une heure plus tard, porté par ses amis qui le déposent sur l’un des sièges. Il brandit un long fouet en peau d’hippopotame. Ces fouets sont interdits au Tchad, non seulement parce que les hippopotames deviennent rares, mais parce que leurs lanières rugueuses blessent cruellement les chairs.

La jeune mariée arrive ensuite, discrète, et s’assied à côté de son mari qui tient toujours son fouet. Les invités commencent à danser. D’abord les femmes, puis les hommes. Les uns et les autres s’observent sans se parler. À la porte de l’enclos, deux policiers montent la garde. Ils ont des bâtons dont ils se servent pour repousser brutalement les enfants et les adolescents qui tentent de se joindre à la cérémonie sans invitation.

En quittant les lieux, je demande à Hassan, un journaliste d’Abéché qui m’accompagne, combien de coups de fouet recevra la mariée. “Elle sera fouettée toute la semaine“, me répond-il avec sérieux. Intrigué et choqué, je décide d’en savoir plus.

Je me rends ensuite à Goz Beida, 400 km plus au sud, un grand village, aux chemins de terre. Comme partout dans l’est du Tchad, les femmes y vivent dans la terreur que leur inspirent les hommes dès leur plus jeune âge. Toutes ont été excisées, sans anesthésie, entre six et huit ans. Nombre d’entre elles ont été mariées de force dès l’âge de 13 ans, l’âge minimum requis par la loi. Bien souvent, elles épousent des hommes de plus de 40 ans, qui ont déjà une ou deux épouses. Tout comme au Darfour voisin.

C’est le cas d’Housna que me présente Azene, un ami qui travaille dans l’humanitaire. Cette jeune réfugiée soudanaise de 20 ans avait commencé ses études universitaires au Darfour avant d’être vendue à 18 ans par son père à un forgeron de 55 ans, qui en a fait sa troisième femme. Elle a déjà deux enfants qu’elle porte sur son dos tout en travaillant dans une ONG internationale.


“ Moi, je préfère frapper fort”

Je demande à Azene s’il est au courant de cette pratique qui consiste à fouetter les jeunes mariées. “Moi aussi, j’ai fait cela. Tous les Arabes font cela, ainsi que des tribus non arabes, me répond-il. La nuit de noces, on conduit la femme dans la maison du mari. Le plus souvent, elle refuse de s’y rendre. Si elle n’agit pas ainsi, les vieilles femmes se moqueront d’elle. Donc, on l’amène par la force. Si la femme refuse d’aller chez son mari, son père, ses frères, ses oncles, ses cousins, la fouettent. On la tape, on la ligote, on lui fait n’importe quoi. Son mari l’attend. Parfois, elle meurt en route des suites de ses blessures ou de déshydratation, attachée sur le dos d’un chameau.”

Après la cérémonie de mariage, poursuit Azene, on conduit l’épouse dans une pièce où se trouvent des amies. Elle doit rester voilée et n’a pas le droit de sortir pendant une semaine. C’est le moment du fouet. Tous les hommes, le plus souvent des proches du marié, sont alors autorisés à entrer dans la chambre et à lui donner deux, trois coups de fouet. Parfois violemment, parfois doucement. “Moi, je préfère frapper fort, pour ne pas paraître une mauviette“, conclut Azene.

De retour à Abéché, je constate que les femmes, comme à Goz Beida, ont généralement l’air épuisé et abattu, un peu comme les ânes qui les transportent. La violence exercée par les hommes sur les femmes et les enfants est ici systématique.

Le jour de mon départ, je demande à mon chauffeur : “Avez-vous un fouet chez vous ?“.”Oui“, répond-il. “L’utilisez-vous pour frapper votre femme ?” “Quand elle proteste, je la fouette. C’est normal“

Claude Adrien de Mun

http://www.tchadforum.com/?p=20#more-20


 

 

 

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Montage: Patrice Saint-Jacques :

 

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