KOLWEZI A KINSHASA
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KOLWEZI QUAND TU NOUS TIENS
PAR: PATRICE SAINT-JACQUES
En
mars 1978, suite à une réunion entre Algériens,
Angolais et activistes du Front national de libération du Congo,
les services secrets zaïrois sont informés de l'éventualité d'une
opération de déstabilisation dans la région de Shaba,
région riche en matières premières stratégiques.
Depuis plusieurs mois l'Union soviétique achète tout le cobalt
qu'elle trouve sur le marché libre. Cette information économique
ne sera pas gérée par les services de renseignements occidentaux.
L'homme qui doit mener cette action est Nathaniel Mbumba. Ses miliciens, les "Tigres",
sont assistés par des officiers cubains et est-allemands.
La région voisine, le Katanga, s’étant révoltée
contre le dictateur Mobutu, le 11 mai 1978, un groupe d'environ 3 à 4
000 rebelles katangais bien armés, venus d'Angola transporté par
la 2e division cubaine à travers la Zambie, pays neutre, prennent en
otage environ 3 000 européens et commettent des exactions.
Un peloton de Panhard AML 60 de l’armée zaïroise s’est
alors rallié aux rebelles.
Entre 90 à 280 Européens sont tués (selon les estimations).
Dès le 15 mai, plusieurs centaines de rebelles quittent la ville dans
des véhicules volés, il ne reste que 500 hommes encadrés
par des Cubains. La plupart sont installés en banlieue, dans la ville
de Manika.
Le président Joseph-Désiré Mobutu appelle alors les États-Unis,
la France et la Belgique à l’aide. Afin de protéger ses
ressortissants, la France met le 2e REP (Régiment étranger de
parachutistes) - commandé par le colonel Philippe Erulin - en alerte
le 16 mai à 0 h 45.
Une réunion entre les autorités militaires belges et françaises à lieu
en Allemagne afin de coordonner une opération commune. Elle échoue
et la Belgique décide l'envoi de parachutistes dans une opération
séparée.
Cependant, les déclarations de la presse et les rapports sur les mouvements
d’aéronefs font craindre une perte de l’effet de surprise,
essentiel à l'opération.
Le 18 mai en début d'après-midi les C-130 de la Force Aérienne
belge (15e Wing) décolle de l'aéroport militaire de Melsbroek à destination
de Kamina via Kinshasa.
La France leur refuse le survol du territoire français et oblige les
Belges à contourner l'Afrique par l'Ouest.
Ce faisant les premiers C-130 belges n'arriveront que dans l'après-midi
du 19 mai à Kamina après avoir essuyé des problèmes
de ravitaillement en fuel dans les anciennes colonies françaises.
Paris freine l'opération belge.
Le 17 mai dans la journée, les légionnaires sont envoyés
dans quatre DC-8, appartenant à la compagnie civile UTA, de Solenzara
vers Kinshasa, suivis par un Boeing 707 emportant le matériel et l’armement.
Ils arrivent à partir de 23 h 15 le lendemain. Les préparatifs
sont faits à l’aéroport militaire de Kinshasa, notamment
la réception de parachutes militaires américains, pour lesquelles
les compagnies reçoivent une instruction rapide durant la nuit du 18
au 19.
Le briefing a lieu également durant la nuit, et permet la définition
des détails de l’opération dont les plans sont conçus
par l’attaché militaire de l’ambassade de France, le colonel
Gras.
Les 2 Transall de l'armée de l'air française et les 4 C-130 Hercules
zaïrois décollent dès 11 heures pour emporter la première
vague alors que les parachutistes belges se regroupent à Kamina.
Le 19 mai à 14 h 30, celle-ci, composée de 405 hommes (le PC
et trois compagnies), saute à 250 mètres d'altitude sur l'ancien
hippodrome. Six hommes sont blessés par des tirs d’armes légères
dès le largage, un autre, atterrissant loin de son unité, est
tué et mutilé en pleine rue, sans avoir pu se défaire
de son parachute.
Immédiatement, de violents combats de rue commencent, permettant de
délivrer des Européens retenus en otage ou qui avaient pu se
cacher.
Une colonne rebelle, avec une AML, est stoppée vers 15 heures à hauteur
de la gare par un tir de lance-roquettes. Par des actions débordantes
rapides, tous les groupes rebelles sont éliminés.
La ville est sous contrôle de la Légion dès la tombée
de la nuit à 18h. Les unités s’installent aux carrefours.
Pendant la nuit, les rebelles contre-attaquent en s’infiltrant dans le
tissu urbain mais sont stoppés par des embuscades de la Légion.
Dans la nuit du 19 au 20, de nouveaux combats ont lieu. Ce n’est qu’en
fin de nuit, à 6 h 30, qu’une deuxième vague de 250 parachutistes
de la légion est larguée (4ème compagnie et section d'éclairage
et de reconnaissance), alors qu’elle était initialement prévue
pour la nuit du 19 au 20.
Sautant à l’est de la ville, elle prend les rebelles à revers
et occupe cette partie de la ville dans la matinée.Ils découvriront
les massacres du quartier P2.
Le 20 mai les parachutistes belges atterrissent sur l'aérodrome de la
plaine à 5 km de Kolwezi vers 6h30 du matin, font la route à pied
vers Kolwezi et tirent par méprise sur la Légion étrangère.
La légion accepte de laisser entrer les paras Belges dans Kolwezi. Ces
derniers ont pour ordre de ne rester que "septantedeux" heures. Ils évacuent
vers l'aérodrome les ressortissants Belges, à l'exclusion des
Africains et autres Européens, qu'ils font même redescendre des
avions ! I
ls laissent aux Français la tâche entière des combats de
ratissage. Sur l'intervention du président Giscard d'Estaing auprès
du 1er ministre Belge, les troupes belges resteront plus d'un mois au Katanga
pour ravitailler en nourriture la population de la région de Kolwezi
et assurer, en collaboration avec les troupes marocaines, le maintien de l'ordre,
sans participer à aucun combat.
À
midi, les premiers otages sont évacués par le terrain d’aviation.
Dans l’après-midi du 20, la ville minière de Metal-Shaba
est elle aussi prise par le 2e REP. Les 200 rebelles sont forcés d’évacuer,
mais tuent un sous-officier légionnaire.
L’audace et la rapidité d’exécution de l'opération
procurent un effet de surprise favorable aux légionnaires qui s'emparent
du centre-ville dans la foulée.
En deux jours, ils prennent le contrôle de la ville, libèrent
les 2 800 ressortissants et les évacuent le 21 mai.
La région est elle aussi sous contrôle des parachutistes, jusqu’à leur
relève par une force africaine commandé par le Maroc et ses partenaires
(Sénégal, Togo et Gabon).
Environ 250 rebelles ont été tués, ainsi que cinq légionnaires
, un parachutiste belge et un para-commando marocain, vingt autres sont blessés.
Les légionnaires ont également pris un millier d’armes
légères, 4 canons, 15 mortiers et 21 lance-roquettes, et détruit
2 AML.
Quelques 700 civils africains et 170 européens trouvèrent la
mort lors de cette tentative de déstabilisation.
A l'époque je dépendais du: SDECE.
Directeur: Alexandre de Marenches
Mon Colonel était le Colonel Gaigneron de Marolles par lequel je recevais
mes ordres directs.
Il était en rapport dans ce moment terrible avec le 2ème REP
le colonel Philippe Erulin et le Président de la République.
Nous avons sauté dans la nuit du 16 au 17 mai.
Nos supérieurs avaient appris que les Belges préparaient leur
arrivés et qu'ils allaient s'approprier le "biscuit". La France
ne pouvait accepter sur cet état de fait !
Nous avons fait notre travail,
c'est-à-dire, envoyer toutes les infos que nous pouvions pour l'opération "BONITE".
Mon devoir de réserve m'interdit d'en dire plus.
(Produit le: 18/10/2007 à la demande de quelques individus)
PATRICE SAINT-JACQUES
« LES paras sautent à Kolwezi », le titre de ce film à la gloire d’une opération militaire française au Zaïre en 1978 est devenu le triste symbole de la politique française en Afrique. On se souvient également des Jaguar bombardant les Sahraouis au cours de la même année, sur ordre de Giscard et à la demande du roi Hassan II. Ces ingérences par la force dans les affaires des peuples d’Afrique se sont poursuivies avec le même rythme au cours des années Mitterrand. Tout juste si l’on a ravalé la façade en couvrant ces opérations du masque de l’« ingérence humanitaire » et de « l’aide à la démocratisation ». Le but recherché est resté le même : maintenir au pouvoir des régimes honnis par la population et, quand ce n’est plus possible, les renverser pour les remplacer par de nouveaux dirigeants dont la qualité essentielle doit rester la soumission à Paris.
QUELQUES PHOTOS DE CETTE MISSION













Comprendre l'affaire Kolwezi
L'affaire
Kolwezi
envoyé par www-Piankhy-com
Durée : 11:53 Pris le : 08 novembre 2006 Lieu : France
Kolwezi,
cité minière du Zaïre, fut le théâtre
d'une opération armée où s'illustra l'armée
française, à travers le 2° Régiment Etranger
de Parachutistes. Ce fut le dernier saut opérationel d'une unité parachutiste
française. Les pertes ont été lourdes :
5 morts une quinzaines de bléssés mais la mission a été accomplie
jusqu'au bout.
More-majorum "A NOS ANCIENS"
Kolwezi
Durée
: 08:23 Pris le : 25 octobre 2007 Lieu : NIMES, France
Une petite vidéo inédite du saut de la légion à Kolwezi en 1978.
Vous pouvez voir un para qui ouvre son ventral à temps !!
Les journalistes de l'époque voulaient ce film pour 100 000 francs ou 15 000 euros.
L'auteur ne l'a jamais vendu.

Cliquez
sur ce lien pour découvrir la vidéo
Voici quelques dates significatives :
Août 1983 à novembre 1984 : opération « Manta ». Pour soutenir l’ex-preneur d’otages tchadien Hissène Habré, contre les partisans de Goukouni Oueddei, trois mille soldats français sont envoyés combattre dans le désert au nord du Tchad.
Février 1986 : l’opération « Manta » est rééditée au Tchad sous le nom d’« Epervier ». Un raid aérien sur la bande d’Aouzou - une zone frontalière contestée entre le Tchad et la Libye - a failli provoqué un conflit ouvert avec Tripoli, qui décide de retirer ses troupes.
1986 : 150 paras sont envoyés au Togo pour enrayer la chute du général-président Eyadema.
1989 : 200 militaires français débarquent aux Comores pour prendre le relais des mercenaires de Bob Denard chassé du pays après avoir organisé l’assassinat du président Ahmed Abdallah.
Avril 1990 : intervention des paras au Gabon, et notamment à Port-Gentil, pour officiellement « protéger des vies françaises ». Cette opération bloque la révolte populaire contre le patron du pays, l’un des fidèles parmi les fidèles de l’Elysée, Omar Bongo.
Octobre 1990 : 150 militaires français sont expédiés - en même temps que des soldats belges - au Rwanda et empêchent la chute du régime de Habyarimana. Sous couvert de protection de ressortissants français et belges, le corps expéditionnaire français bloque la progression en direction de Kigali des combattants du Front patriotique rwandais. Les troupes françaises continuent à combattre les rebelles tandis que le corps expéditionnaire belge est reparti.
Septembre 1991 : en complicité avec le gouvernement belge, Paris envoie un millier d’hommes au Zaïre, officiellement pour mettre fin à une mutinerie de militaires de la base aérienne de Kinshasa. Ces derniers - formés par des conseillers français - s’étaient soulevés pour protester contre le non-paiement de leurs salaires. Mobutu en profite pour se maintenir au pouvoir, le peuple zaïrois souffre de la misère et les troupes françaises sont toujours présentes dans les casernes de l’aéroport.
Montage:
Patrice Saint-Jacques : ![]()
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