BIOGRAPHIE DE :

 

Mu‘ammar Ibn Abi al-Minyar al-Kadhafi

 

http://www.monde-magouilles.com

 

 

Le bilan de 37 ans de règne du président libyen Kadhafi : le fossoyeur de la cause nationale arabe

 

 

 

La Libye célèbre, ce 1er septembre 2006, le 37e anniversaire de l’arrivée au pouvoir du colonel Mouammar Al-Kadhafi, désormais doyen des chefs d’État arabes. Ancien responsable du monde arabo-musulman de l’AFP, le journaliste René Naba dresse un bilan sombre de celui qui aura été le héraut de l’unité arabe avant de devenir un allié objectif des États-Unis et d’Israël.

En 37 ans de pouvoir erratique, le chantre de l’unité arabe aura été l’un des fossoyeurs du nationalisme arabe, le démineur par excellence des menées américaines dans la sphère arabe, le meilleur allié objectif d’Israël. Tombeur de la dynastie Sennoussi, première conséquence directe de la défaite arabe de juin 1967, l’héritier présomptif de Nasser sera propulsé au firmament politique lors de sa nationalisation des installations pétrolières anglo-saxonnes et de la gigantesque base aérienne américaine Wheelus Air Field, rebaptisée, en juin 1970, du nom d’un grand conquérant arabe Oqbah Ben Nafeh. Mais, simultanément, l’homme de la relève s’appliquera fougueusement à dilapider systématiquement le capital de sympathie qu’il s’était spontanément constitué et à affaiblir méthodiquement son propre camp.

Éternel second de la politique arabe réduit à un rôle d’appoint, Mouammar Kadhafi, épris de rêves de grandeur mais affligé d’un mouvement pendulaire, n’a jamais cessé d’osciller entre les deux pôles du monde arabe, le Machreq (le Levant) et le Maghreb (le Ponant), épousant toutes les formes d’union – confédération, fédération, fusion – tour à tour avec les États de la vallée du Nil (Égypte-Soudan), en 1970, avec les bureaucraties militaires prosoviétiques (Égypte, Syrie, Libye, Soudan), en 1971, puis avec l’Égypte seule, avant de se tourner vers le Maghreb avec la Tunisie (1980), puis l’Algérie, pour finalement jeter son dévolu sur l’Afrique dont il s’applique depuis le début de ce siècle à jeter les bases d’un État transcontinental. Par ses pulsions, impulsions et compulsions, ce fringant colonel n’aura jamais tiré le moindre coup de feu contre ses ennemis déclarés, Israël et les États-Unis.

Mais sur son sombre tableau de chasse, il épinglera, tragiquement, certaines des figures les plus emblématiques du mouvement contestataire arabe, le chef charismatique du Parti communiste soudanais, Abdel Khaleq Mahjoub, en 1971, ainsi que le chef spirituel de la communauté chiite libanaise, l’imam Moussa Sadr, en 1978.

1971 : avec les Britanniques contre les communistes
L’animateur du groupe des « Officiers libres » libyens, ainsi dénommé sur le modèle de leurs aînés égyptiens, fera cause commune avec les Britanniques, au mépris de son aversion déclarée pour ses anciens colonisateurs, en ordonnant le déroutement d’un avion de ligne de la BOAC (British Overseas Airways Corporation), en juillet 1971, pour livrer à son voisin soudanais, le général Gaafar Al-Nimeiry, les auteurs communistes d’un coup de force, notamment le colonel Hachem Al Attah, un des plus brillants représentants de la nouvelle génération des jeunes officiers arabes. Pis, au mépris des règles de l’asile politique, Kadhafi livrera le chef communiste Mahjoub, malencontreusement réfugié en Libye, poings et pieds liés au président Nimeiry. Les remords marmonnés en 1976 devant cet acte de forfaiture ne l’empêcheront pas de récidiver deux ans plus tard contre l’imam Moussa Sadr, mystérieusement disparu au terme d’un séjour à Tripoli, en 1978, au paroxysme de la guerre du Liban. Le tortionnaire soudanais se déconsidérera par la suite, et son complice libyen avec, en supervisant le premier pont aérien d’Éthiopiens de confession juive vers Israël.

Saluée par la presse occidentale comme un acte de bravoure, l’opération dans la foulée de la double décapitation du plus grand parti communiste du monde arabe et du premier mouvement militant chiite du monde arabe (Amal), a affecté durablement les capacités combatives du camp progressiste et renforcé les capacités démographiques d’Israël avec l’apport de 80 000 juifs d’Éthiopie.

1972 et 1986 : deux poids, deux mesures
1972: « L'opération Raymond », neutralise un complot cherchant à déstabiliser les rapports de la France envers le Tchad. L’attentat organisé par la Libye, visait l'arrivée du Président de la république française de l'époque. Celui-ci devait effectivement s’y rendre au mois de janvier, en vue de de négociations qui permettraient de mettre un terme au conflit. Ceci devait également entraîner le retrait des troupes françaises, appelées à ce moment-là les “néocolonialistes ou les mercenaires”. Cette action menée d'une main de maître par la France et la DGSE, fit parmi l'agent envoyé en mission: un mort parmi ses hommes, cinq du côté des terroristes recrutée par la Libye.

En 1982, dans Beyrouth assiégée, à Yasser Arafat ployant sous le pilonnage de l’aviation israélienne face à un immobilisme arabe quasi-général, l’homme de Tripoli, confortablement tapi à Aziziah, la caserne militaire transformée en résidence officielle, à des milliers de kilomètres du camp retranché libanais en ruines, plutôt que de forcer le blocus israélien pour voler au secours du chef palestinien, plutôt que de se taire, lui conseillera, affligeant conseil, non le « martyr », la sublimation symbolique de la mort au combat, mais le suicide, infligeant une épreuve supplémentaire au supplice palestinien.

Quatre ans plus tard, terré une semaine dans son abri tripolitain au premier coup de semonce de l’aviation américaine, en avril 1986, Kadhafi, orchestrera, sans crainte du ridicule, une campagne médiatique visant à élever Tripoli au rang de « Hanoi des Arabes », occultant le combat singulier des Beyrouthins durant les soixante jours de siège israélien, s’attirant par la même le sarcasme des correspondants de guerre plutôt avertis des réalités du terrain. L’homme fera aussi la fortune des marchands d’armes et la ruine de son pays. L’impressionnant arsenal militaire dont il s’est doté dès son arrivée au pouvoir en 1970 par des achats massifs d’armes à la France – dont le contrat du siècle portant sur la livraison de 75 avions de combat Mirage, de l’ordre de 15 milliards de francs de l’époque (environ 2,3 milliards d’euros) – sera carbonisé en 18 mois par son propre fournisseur français par suite de retentissants revers au Tchad, en 1985 et 1986, notamment à Wadi Doum et Faya Largeau.

Les années 80 : l’expulsion des Égyptiens et le dernier soutien soviétique
Sans égard pour les conséquences tragiques de sa décision, Kadhafi ordonnera l’expulsion de 200 000 travailleurs égyptiens, au début des années 80, pour sanctionner l’équipée solitaire du président Anouar el-Sadate dans ses négociations de paix avec Israël. Récidiviste, il ordonnera cinq ans plus tard, en 1984, l’expulsion de près d’un million de travailleurs africains pour sanctionner les réticences des dirigeants africains à l’égard de son activisme belliqueux.

Piètre stratège, piètre tacticien, d’une nocivité vibrionnaire, l’homme s’aliénera alors définitivement la sympathie de ses alliés naturels. Il ne devra sa survie qu’à la protection de l’Union soviétique qui pensera compenser par la Libye la défection de l’Égypte post-nassérienne, à la vigilance des services de renseignements est-allemands qui déjoueront de nombreuses tentatives de coup d’État fomentés contre lui, ainsi qu’à celle des aviateurs nord-coréens et syriens qui assureront une protection permanente de son espace aérien.

Le théoricien de pacotille
La guerre verbale aura été la seule guerre qu’il aura véritablement menée. L’homme avait en effet développé une phraséologie outrageusement polémique dans le souci d’accréditer l’idée qu’il menait l’avant-garde du combat contre « l’impérialisme américain » et faire oublier ainsi ses connexions antérieures anglo-saxonnes. Kadhafi usait, ainsi que ses médias, d’une terminologie à telle point outrancière que la population avait peine parfois à la décoder.

Un sommet Reagan-Thatcher, du nom du président américain Ronald Reagan et du Premier ministre britannique Margaret Thatcher, au pouvoir dans les années 1980, était présenté comme une rencontre entre « le chien enragé d’Israël et la tueuse d’enfants » par allusion au raid américain d’avril 1986 contre Tripoli au cours duquel la fille adoptive du colonel avait été tuée. Le Caire qui signifie en arabe « la victorieuse » était désignée, par inversion, par la « vaincue » et le mouvement chiite Amal qui signifie en arabe « l’espoir » était qualifié de « désespoir ». La « Maison-Blanche » était devenue la « Maison-Noire », le Royaume-Uni, « le porte-avion immobile des Américains », par allusion à l’autorisation donnée aux appareils américains de décoller des bases britanniques lors du raid contre la Libye. Le président égyptien Hosni Moubarak était, par un jeu de mots, l’affalé (Al-Barek), le roi Hussein de Jordanie « le traître » et le président tchadien Hissène Habre, en conflit avec la Libye, « le stipendié ».

Se piquant de culture, le « Guide suprême de la Révolution libyenne » édictera son Livre Vert, un condensé de théories contradictoires glanées de l’air du temps qui se présentait comme une sorte de « Troisième théorie universelle ». Offert gracieusement à toute personne de passage en Libye ou en rapport avec ce pays, une formalité obligée, cet ouvrage se proposait d’instaurer un socialisme sans socialistes, une démocratie sans démocrates et un pouvoir populaire sans peuple. La « populocratie » « Jamahirya » qui lui a tenu lieu de substitut, a érigé la bureaucratie en système de gouvernement et le parasitisme en règle de vie. À son actif aussi, au passif de la cause qu’il était censé promouvoir, la destruction des avions de lignes commerciales, un appareil de la compagnie américaine Panam à Lockerbie (Écosse), en 1988, un avion de la compagnie française UTA au dessus du désert tchadien, ainsi qu’un attentat contre une discothèque à Berlin.

Reddition aux États-Unis et caution à Israël
Un blocus draconien de dix ans (1992-2002) aura raison de sa résistance. Kadhafi livrera son plus proche collaborateur à la justice internationale en tant que victime expiatoire de l’attentat de Lockerbie, avant de basculer lui-même sous les fourches caudines américaines, trop heureux d’échapper au sort funeste de l’irakien Saddam Hussein.

En 1995, hanté par une idée qu’il pensait « géniale », il expédia un groupe de Libyens en pèlerinage à la Mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, troisième haut lieu saint de l’islam, s’imaginant briser par un coup d’éclat le blocus frappant la Libye depuis trois ans. Mais ce pèlerinage rocambolesque a finalement abouti à cautionner la souveraineté israélienne sur la ville sainte et à conforter l’État hébreu dans son rôle de garant des lieux saints.

En décembre 2003, en une opération apparue comme une capitulation en rase campagne, Kadhafi s’abandonnera aux Américains livrant sans coup férir la totalité de son programme nucléaire à l’administration néo-conservatrice du président George Bush jr, dévoilant du même coup tout un pan de la coopération des pays arabes et musulmans (Pakistan, Iran, Syrie) dans le domaine de la technologie nucléaire.

Sadate dans son escapade solitaire avait pour lui l’excuse de la paix. Kadhafi, la survie de sa personne. Deux ans après sa reddition sans condition à l’ordre américain, le colonel Kadhafi, égal à lui même au sommet arabe d’Alger, le 22 mars 2005, traitait Palestiniens et Israéliens d’« idiots » pour n’avoir pas édifié une fédération « Isratine », néologisme forgé par la contraction d’Israël et de Palestine, gommant d’un trait cinquante ans de combat du peuple palestinien pour prévenir la négation de son identité nationale.

« Les Libyens doivent se ranger du côté de l’Amérique »
Au plus fort de l’exaspération nationaliste en Irak et en Palestine, alors que le Premier ministre israélien Ariel Sharon se livrait en toute impunité à des liquidations extrajudiciaires, les assassinats ciblés par hélicoptère des dirigeants islamistes, cheikh Ahmad Yacine et Abdel Aziz al-Rantissi, alors que le chef démocratiquement élu de l’Autorité palestinienne en personne, Yasser Arafat, était confiné en résidence forcée depuis trois ans à Ramallah et que l’opinion mondiale était sous le choc des révélations des tortures de la prison irakienne d’Abou Ghraïb, le libyen, toute honte bue, justifiait son renoncement en des termes qui ont retenti comme une désertion. « L’Amérique n’a jamais été l’ennemie de la Libye, laquelle a été sanctionnée pour sa solidarité avec Yasser Arafat et les causes du tiers monde [...]. Arafat s’acoquine avec les Américains et son Premier ministre se saoule avec son homologue israélien [...]. Les Libyens doivent se ranger du côté de l’Amérique », affirmera-t-il contre toute évidence à Syrte devant une assemblée impassible dépitée par tant de reniements [1].

Maniérisme avéré ? Narcissisme affirmé ? Ce révolutionnaire aura vécu dans l’opulence à bords de voitures rutilantes, d’amazones de légende, une ribambelle de jolies filles chargées de sa protection rapprochée, un tailleur italien à deux doigts de couture de son auguste personne, ses enfants, Seif El Islam et surtout le cadet Hannibal, dans un luxe tapageur, défrayant régulièrement la chronique mondaine des capitales occidentales. Trônant désormais sur une nappe de pétrole, le doyen des dirigeants arabes contemporains, la trésorerie débordante de devises fortes, manque singulièrement de crédit. Nul n’est plus dupe. Nul ne sera plus dupé. La Fondation Kadhafi pour les droits de l’homme, la structure ad hoc chargée de recycler le dirigeant libyen dans l’honorabilité en réglant au plus fort coût le prix de ses turpitudes passées, notamment l’indemnisation des 288 victimes de Lockerbie ou la libération des otages occidentaux de Mindanao (Philippines) relève du domaine du rafistolage.

Par ses foucades et ses rebuffades, ce militaire d’apparat et de parade, ce théoricien révolutionnaire de la troisième voie universelle, s’est mû en bouffon des sommets arabes qu’il menace régulièrement de quitter, la risée universelle de l’opinion internationale, le désespoir des peuples arabes lassés par ses frasques à répétition.

René NABA

http://www.voltairenet.org/article143216.html

 

 

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BIOGRAPHIE DE :

Mu‘ammar Ibn Abi al-Minyar al-Kadhafi

 

Ayant pris le pouvoir à Tripoli, lors d'un coup d'État non violent le 1 septembre 1969, à ses débuts, il prône le passage à un socialisme d'État fait des nationalisations d'entreprises (notamment celles détenues par des ressortissants italiens) et teinté de panarabisme. En 1977, il déclare la « révolution du peuple » : il change le nom du pays de République arabe libyenne en Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste et met en place des « comités révolutionnaires »
Petit à petit, lors des années 1980, son régime est mis au ban de la communauté internationale à cause des implications du président Kadhafi dans plusieurs actes terroristes (attentat dans une discothèque berlinoise fréquentée par des militaires américains en 1986, attentat de Lockerbie en Écosse contre un avion de ligne civil américain qui explose en plein vol en 1988 ou encore l'attentat contre le Vol 772 UTA reliant Brazzaville à Paris en 1989) et de son soutien à de nombreuses rébellions dans le monde.
À partir du milieu des années 1990, Kadhafi va œuvrer afin que son pays retrouve une place moins inconfortable par rapport aux nations dominantes comme les États-Unis ou l'Europe : en 1999, les agents des services secrets suspectés de l'attentat de Lockerbie sont livrés à la Justice internationale, ce qui provoque la suspension des sanctions de l'ONU envers le pays et le rétablissement des relations diplomatiques avec le Royaume-Uni.
Par la suite, en 2003, la Libye reconnaît officiellement sa responsabilité dans l'attentat de Lockerbie et a payé $2,16 milliards de compensation aux familles des 270 victimes, ce qui a pour conséquence la levée définitive des sanctions de l'ONU et des États-Unis.
En parallèle, le président Kadhafi entame des négociations diplomatiques – pendant toute l’année 2003 – entre responsables libyens, britanniques et américains, et annonce en décembre de cette année qu’il renonce officiellement à son programme d’armes de destruction massive. Enfin, en mars 2004, il signe le protocole additionnel du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).
Grâce à cela et une politique d’assouplissement de sa réglementation en matière économique permettant l’ouverture du marché local aux entreprises internationales, le régime de Kadhafi assure sa survie. Bien plus, il parvient ainsi à se rapprocher des puissances occidentales et particulièrement de certains pays européens, comme le Royaume-Uni, la France, l’Espagne et l’Italie. Ainsi, le président Kadhafi déclare désormais qu’il entend jouer un rôle majeur dans la pacification du monde et la création d’un Moyen-Orient sans armes de destruction massive.
Particulièrement par rapport aux relations avec l’Union européenne, ce volte-face de la Libye doit notamment être vu sous l’angle du combat des gouvernements européens contre l’immigration illégale massive venant d'Afrique et pour laquelle la Libye servait, jusqu'il y a peu, de plaque tournante.
Ces actions politiques différentes mises en place depuis le milieu des années 90 peuvent surtout être vues comme le prix que le régime de Kadhafi a dû payer pour assurer sa pérennité et la survie économique de son pays.

 

 

(+ DE 35 VIDÉOS SUR LE SÉJOUR DE

KADHAFI EN FRANCE EN FIN DE PAGE)

 

 

Idéologie

 

 

Il a écrit le "livre vert", en référence au Petit Livre rouge écrit par Mao Zedong, dans lequel il explique de manière succincte ses solutions aux problèmes posés par la démocratie et l'économie. Il y fait l'apologie de la démocratie directe.

 

 

Son image

 

 

Fils de bédouin, il se considère toujours comme un bédouin étant arrivé au pouvoir et soigne cette image. Il continue, en effet, à vivre dans une tente entouré d’amazones avec plusieurs chamelles qui l’accompagnent partout puisqu’il aime boire leur lait. Il lança d’ailleurs la révolution verte (révolution agricole)

http://www.arikah.net/encyclopedie-francaise/Mouammar_Kadhafi

 

Biographie de Mouammar KADHAFI

 

 

Enquêtes, reportages et autres subtilités
Kadhafi Land

 

 

 

Les discussions s’éternisent sur le sort de cinq infirmières bulgares et d’un médecin palestinien accusés d’avoir infecté des enfants avec le virus du sida. On évoque des négociations secrètes entre le régime lybien et les autorités bulgares, une histoire de gros sous et de marchandages… ref, tous les ingrédients d’une affaire made in Khadafi Land !

 

Muammar al-Kadhafi, le poulpe

 

A 62 ans, la Colonel Muammar Al-Kadhafi affirme à qui veut l’entendre qu’il est un homme nouveau. Après avoir financé la plupart des attentats terroristes qui ont ensanglanté la planète depuis sa prise de pouvoir en Lybie en 1969, le dictateur se présente désormais comme l’apôtre de la paix dans le monde. Comme le poulpe, il faut lui taper sur la tête pour l’attendrir. Le bombardement par des avions de chasse US de ses appartements privés en 1986 dans l’opération El Dorado Canyon et la mort de sa fille adoptive de 15 mois, Hana, l’ont apparemment bien calmé. Le Ben Laden des années 80, la bête noire de Ronald Reagan est désormais le plus fidèle soutien de la politique américaine… et accessoirement le nouvel ami des Européens si l’on en juge les chaudes embrassades avec Berlusconi, Blair, Chirac et toute la clique !

 

Mohamed Khadafi, pour une dictature… high tech !

 

Mohamed, l’aîné de 35 ans fils d’un premier mariage, était considéré jusque récemment commeun ingénieur discret et inoffensif. L’année 2004 lui a pourtant permis de compter parmi les prétendants au trône grâce à son rôle clé dans le domaine des nouvelles technologies en tant que président de l’organisme libyen des télécommunications. Depuis qu’il a offert à Alcatel pour 200 millions d’euros le marché des téléphones portables grâce à la privatisation de Libyana Mobile Phone, Momo est le meilleur copain de la France… Il préside en outre le Comité olympique lybien et l’association méditerranéenne des échecs.

 

Seif Al-Islam Khadafi, le dauphin auto-proclamé

 

A 32 ans et au look de playboy, l’architecte-peintre Seif Al-Islam est surtout connu pour son rôle dans l’indemnisation des familles des victimes de l’attentat de Lockerbie et du DC-10 d’Utah abattu par des Lybiens en 1988. Pour succéder à son père, Seif Al-Islam dispose d’une machine de guerre à travers la fondation Khadafi. A la tête de cette curieuse ONG, il est en fait le ministre officieux des affaires étrangères lybiennes. Il a montré qu’il joue aussi bien du pipeau que son père en déclarant en novembre 2004 sur la BBC qu’il souhaitait que « la Lybie se réforme pour devenir une démocratie directe »…

 

Al Saidi Khadafi, le fils à papa

 

C’est l’histoire d’un fils à Papa surnommé « le hooligan » pour avoir provoqué une fusillade mortelle dans un stade de foot à Tripoli et qui se fait offrir un club de foot italien juste pour pourvoir jouer avec les plus grands. Condamné en 2003 pour dopage, l’attaquant de Pérouse (qui n’a jamais été sélectionné pour un match officiel !) a été élu second plus mauvais joueur du foot italien par les téléspectateurs de la RAI. Actionnaire de la prestigieuse Juventus, il a réussi en 2002 à faire jouer la Supercoupe d’Italie en Lybie… contre un chèque d’un million de dollars !

 

Motassim Bilal Khadafi, dit Hannibal

 

Dans la famille, Motassim Bilal est sans doute le plus allumé, un mélange de Robert de Niro et de Massimo Gargia. Aussi connu sous le nom d’Hannibal, il a fait parler de lui en septembre dernier après une bagarre sur les Champs-Elysées qui a envoyé trois policiers français à l’hôpital. Interpellé à 140 km/h en plein centre de Paris après avoir grillé plusieurs feux rouges, cet amateur de jolies filles et de belles voitures a évité la prison uniquement grâce à son passeport diplomatique. De passage à Paris début 2005, il a à nouveau fait parler de lui. La justice française lui reprochait cette fois-ci d’avoir tapé sa jolie compagne Aline Skaff alors enceinte. Il a finalement été condamné par le tribunal correctionnel de Paris, le 23 mai 2005, à quatre mois de prison avec sursis pour violences et port d’un pistolet de calibre 9 mm sans possession de permis.

 

Aïsha Khadafi, une Loana made in Lybie

 

La fille du Colonel surprend d’abord par son style. Avec ses jeans, ses cheveux blonds décolorés et ses lunettes noires, celle que l’on surnomme la « Claudia Schiffer de Lybie » est aussi depuis peu l’une des avocates de Saddam Hussein. Fraîchement diplômée de l’Université Paris VII où elle a réalisé une thèse sur le tiers monde, la fifille de 27 ans commence à faire de l’ombre à ses frères. Elle multiplie les sorties officielles et certains chuchotent qu’elle pourrait peut-être devenir la première femme présidente d’un pays arabe. Elle serait toujours célibataire…

Bruno Fay

 

Commentaires

Kadhafi : la descendance ascendante

 

Le retour au pays de Saadi, le footballeur jet-setteur, et la montée en puissance de l’aîné Mohammed nourrissent les spéculations sur la succession de leur père Muammar. Dans la famille, il y a aussi Aïcha, la fille gâtée, Seif el-Islam et Motassim Bilal.

Par Christophe BOLTANSKI

Il ne joue plus au football ou, plutôt, au footballeur. Finis les matchs observés depuis le banc de touche, les problèmes de dos pendant les entraînements, la vie de bohème dans des palaces de province et les rêves de coupes du monde. A 32 ans, Saadi Kadhafi a renoncé à sa carrière tout juste esquissée de milieu de terrain. Après ses passages à Pérouse et Udine, deux clubs italiens, il a négocié à la fin de la saison dernière son transfert dans une autre équipe : les forces spéciales libyennes. Un changement effectué dans la plus grande discrétion.

En prenant du galon, Saadi suit les traces de son père, Muammar Kadhafi, ancien colonel tombeur de la monarchie, proclamé «Guide de la révolution» en Libye. Mais visiblement, il n’a pas encore adopté la raideur militaire qui sied à ses nouvelles occupations. Une personnalité étrangère, qui l’a rencontré récemment à Tripoli, s’en étonne encore : «Il a beaucoup de charme. Il est très souriant mais il manque d’expérience et a une tenue… un peu spéciale pour un chef des forces spéciales.» Le jeune homme l’a accueilli en jean et en santiags. L’entretien se déroulait sans doute au ministère de la Défense. Mais le visiteur n’en est pas sûr : «En Libye, vous ne savez jamais précisément où vous êtes.»

Il y a peu, Saadi Kadhafi ne jurait pourtant que par le ballon rond. Aujourd’hui, il explique à ses interlocuteurs qu’il préfère se dédier à «l’avenir de son pays». Le jeune homme a surtout agi par respect filial : son père lui a ordonné de retourner au pays pour y prendre «des responsabilités» aux contours encore flous. «Tu vaux mieux qu’un footballeur», lui a-t-il lancé.

A 63 ans, dont trente-sept passés à la tête de la Libye, Muammar Kadhafi donne des signes de lassitude. «Il commence à dire qu’il va se retirer», confie un responsable français. Celui que Ronald Reagan traitait de «chien enragé» paraît être rentré dans le rang. L’ex-socialiste qui avait officiellement aboli le salariat et la propriété privée encourage la liberté de marché. Le prophète fantasque qui trônait parmi ses amazones et multipliait les propos extravagants ¬ il avait ainsi proclamé l’arabité d’un Shakespeare rebaptisé «cheikh Spire» ¬, adopte dorénavant la pose d’un vieux sage africain. L’ennemi juré de l’impérialisme dit rechercher «l’amitié des Etats-Unis». Le trublion a renoncé à ses armes de destruction massive et à ses camps d’entraînement terroriste.

Le retour de Saadi au pays a relancé les rumeurs de départ de son père. A la fin des années 90, les Libyens le regardaient comme un possible dauphin. Mais depuis ses déboires sportifs, son étoile a pâli et c’est son frère cadet, Seif el-Islam, qui paraît le mieux placé dans la course à la succession. Beau gosse au sourire Colgate, il dirige une fondation qui, sous couvert d’oeuvres de bienfaisance, lui permet de conduire une diplomatie parallèle. Un autre nom revient, celui de l’aîné, Mohammed, patron discret et appliqué des télécoms, du comité olympique et de l’Automobile club. Hors compétition, il y a aussi Aïcha, la «Claudia Schiffer de Syrte» ou le cadet, Motassim Bilal, dit Hannibal, célèbre surtout pour ses frasques à Paris et ailleurs.

« Cinq Kadhafi au lieu d’un»

La question de l’après-Kadhafi peut sembler prématurée. L’intéressé, jugeant unique sa contribution à l’histoire de l’humanité, a toujours répété qu’il était irremplaçable. D’autant qu’il n’a rien à léguer puisqu’il a officiellement cédé tout son pouvoir au peuple lors de l’instauration de la Jamahiriyya, «l’Etat des masses», en 1977. Comment prendre la suite d’un souverain absolu qui prétend n’occuper aucune charge ? Une chose est sûre : jamais sa progéniture n’a été aussi présente. La blague court dans tout Tripoli : «Nous faisons beaucoup de progrès. Avant, nous avions un Kadhafi, maintenant cinq.»

En public, le colonel ne s’affiche pas avec sa famille. «Sur les photos, il prend soin d’apparaître seul. Ce n’est pas fortuit, mais volontaire», souligne un universitaire. Il règne sans partage en jouant des antagonismes entre tribus, clans et chapelles. Dans ce système traditionnel enrobé d’un vernis révolutionnaire, ses enfants lui servent à contourner un establishment dont il se méfie, à mener des actions officieuses et à renforcer son autorité. «Son virage pro-occidental, même s’il est tactique, n’a pas plu à tout le monde. Il se sent fragilisé et utilise ses fils comme une sorte de garde rapprochée», explique un homme qui l’a rencontré à multiples reprises.

Seif el-Islam, littéralement le «glaive de l’Islam», est le monsieur Bons Offices. Par le biais de sa fondation, il a joué un rôle clé dans la libération des otages de Jolo aux Philippines en 2000 (1). «Il a payé les ravisseurs», estime un diplomate. Une façon de s’attirer les bonnes grâces des Occidentaux, France en tête. Il a aussi indemnisé les familles des victimes de l’attentat contre le DC10 d’UTA. La justice française avait fixé un montant mais, dans un autre attentat aérien attribué à la Libye au-dessus de Lockerbie, les Etats-Unis ont ensuite obtenu cent fois plus pour leurs ressortissants disparus (2). Tripoli refusait de payer plus que la somme demandée par la cour d’assises de Paris. «Pour sortir de cet imbroglio, il fallait passer par une structure non-gouvernementale. Ce fut la fondation Kadhafi», raconte un bon connaisseur du dossier.

Il se veut le symbole d’une Libye moderne. Pas de boubou, d’uniforme ou de tente bédouine. Seif préfère les costumes Armani, les palaces sur Park Lane et les soirées folles à Ibiza. Son tigre, qu’il enferme dans sa ferme style Beverly Hills, près de l’aéroport de Tripoli, est sa seule touche d’exotisme. Après avoir été déclaré persona non grata par la France, pour cause d’embargo, il a étudié en Autriche où il a copiné avec le dirigeant d’extrême droite, Jörg Haider, puis à la London School of Economics. «Il adore l’Amérique et ne nous porte pas dans son coeur», regrette un businessman français.

Sa stature internationale établie, «il s’emploie depuis un an et demi à être présent à l’intérieur», selon un diplomate. Cet été, il a accueilli à sa sortie de prison un chef des Frères musulmans. Un geste envers le principal mouvement d’opposition toujours interdit. Le 1er septembre dernier, c’est lui qui a prononcé le discours marquant l’anniversaire de la révolution. Il intervient dans le choix des juges à la Cour suprême, apporte son soutien au Premier ministre réformateur, Choukri Ghanem. Il a plaidé l’innocence des infirmières bulgares accusées d’avoir inoculé le sida à des enfants libyens et a sollicité l’expertise du professeur Luc Montagnier. Mais ses propos les plus audacieux, comme son appel récent à davantage de démocratie en Méditerranée, Libye comprise, ne sont pas repris par les médias locaux et paraissent surtout à usage externe.

Jalousies et critiques

Les enfants Kadhafi déclinent les multiples facettes du père. Seif incarne son ouverture vers l’Occident et sa fille, la fidélité à son credo tiers-mondiste. Aïcha, la rebelle, a fini par masquer sa crinière blonde oxygénée sous un voile. Son projet de recherche à l’université Paris-V René- Descartes était intitulé : le Tiers-monde face à la légalité des actes du Conseil de sécurité. Un sujet brûlant au moment où son pays sortait à peine des sanctions onusiennes. «Son travail était à la fois sérieux et militant», déclare son directeur de thèse, Edmond Jouve, qui est aussi l’auteur d’un livre d’entretien avec Kadhafi père (3). Elle a rédigé sa thèse, sans la soutenir. «A cause (de l’invasion) de l’Irak, je ne crois plus au droit international», a-t-elle expliqué à son prof en 2003. Raison d’Etat : sa diatribe antiaméricaine tombait mal au moment où Tripoli normalisait ses relations avec Washington.

Aïcha, qui possède aussi sa fondation, wa al’Itassamou, (Protégez-vous !) conjugue jet-set et révolution. Elle fréquentait l’Irak de Saddam et fait partie du comité de défense de l’ex-dictateur. En juillet 2003, elle est descendue au Dorchester, l’hôtel le plus cher de Londres, et le lendemain a débarqué avec ses gardes du corps au Speaker’s Corner, le coin des prophètes et des prédicateurs, à Hyde Park, pour rendre un hommage aux «combattants de la liberté» de l’Ira, l’Armée républicaine irlandaise. Une performance appréciée sans nul doute par un père conquis d’avance. «Il lui passe tout», dit-on à Tripoli.

Cette montée en puissance des enfants suscite jalousies et critiques. Leur train de vie tranche avec l’austérité proclamée du régime. «On entend des Libyens dire qu’ils s’en mettent plein les poches et abusent de la situation», confie un habitué du pays. Seif s’est ainsi offert une virée en Terre de Feu pour fêter son anniversaire, avec son avion privé. Peintre à ses heures, il expose à Berlin, Tokyo, Montréal et Paris, mais a tendance à solliciter un peu trop pesamment le sponsoring des entreprises qui commercent avec son pays. Lors de sa prestation à l’Institut du monde arabe à Paris, des firmes françaises ont dû tout payer, depuis le transport des toiles jusqu’à la réception au Crillon.

Sport et affairisme

A Pérouse, comme à Udine, Saadi occupait tout un étage dans l’hôtel le plus luxueux de la ville, avec six gardes du corps et huit accompagnateurs, son épouse, Amirah et leurs deux enfants. Une chambre était réservée à son doberman et à son dresseur. Outre ses six Mercedes blindées et son jet privé, il possédait une limousine de dix mètres de long où il venait le soir regarder des DVD sur sa télé au plasma.

Le président du club, Luciano Gaucci, «l’a engagé pour la pub», selon Valerio Picconi, un journaliste de la Gazetta dello Sporto. Mais le fils Kadhafi a aussi englouti des dizaines de millions dans le football et détient 7,5 % des parts de la Juventus de Turin, via la Libyan Arab Foreign Investment Company (Lafico), ainsi que 10 % du capital de la Triestina, une équipe de série B. Les résultats n’ont pas été à la mesure de l’investissement. Alors qu’il passait son temps sur le banc de touche, il a été testé positif à un stéroïde anabolisant en novembre 2003 et suspendu trois mois. En deux ans, il n’aura joué que quinze minutes en fin de partie, le 2 mai 2004. Un quart d’heure warholien, lors d’un match contre la Juve, en championnat d’Italie.

Sa propension à mêler sport et affairisme lui a valu les remontrances de son père. Dans un discours, le colonel a critiqué l’argent public gaspillé pour un «match de foot» après la tenue à Tripoli de la finale de la Supercoupe d’Italie. Une lubie de Saadi. A Tripoli, il dirige aussi un club, al-Ittihad. Mais après une défaite en 2004, ses gardes du corps ont ouvert le feu contre des partisans de l’équipe adverse, al-Ahli. Bilan : au moins trois morts. Par malchance, al-Ahli appartient à son frère Mohammed. Nouvelle colère paternelle. Depuis, Saadi a abandonné la présidence de la Fédération libyenne de football.
(1) 19 otages occidentaux prisonniers du groupe Abu Sayyaf ont été libérés en 2000.
(2) L’avion d’UTA avait explosé au-dessus du Niger, le Boeing de la Panam au-dessus de la ville écossaise de Lockerbie.
(3) Dans le concert des nations. Libres propos et entretiens de Muammar Kadhafi, Archipel, Paris, 2004.

http://www.liberation.fr/page.php?Article=361102

 

Excusez, il ya une erreur dans l’article les frères Khdafi sont sont 5 + 1 soeur et non pas 4. Hannibal n’est pas le surnom de Moatassim mais son frère. Hannibal est son vrai prénom et pas un surnom. Moatassim n’a rien a voir avec la bagare à Paris, tout cela est l’act de son frère Hannibal.

 

 

 

Kadhafi l'affaire des infirmières bulgares

KADHAFI : DES INFIRMIERES EN ENFER

 

 

Libye: la justice se prononce sur le sort des infirmières bulgares

 

SOFIA (AFP) - La Bulgarie retient son souffle dans l'attente d'une décision mardi de la Cour suprême de Tripoli sur un appel de cinq infirmières bulgares et un médecin palestinien, condamnés à mort en première instance pour avoir, selon la Libye, inoculé le virus du sida à des enfants.

" Nous n'avons pas beaucoup d'espoir car ma femme et ses collègues sont devenues un enjeu dans un contexte politique international. La Libye en fera le commerce au prix qu'elle désire", a déclaré Ivan Nenov, l'époux de l'une des infirmières détenues en Libye depuis 1999.


La Cour suprême de Tripoli doit se prononcer sur la recevabilité de l'appel des infirmières et du médecin, condamnés à la peine capitale le 6 mai 2004 après avoir été reconnus coupables d'avoir sciemment inoculé le virus du sida (VIH) avec des produits sanguins contaminés à 426 enfants, dont une cinquantaine sont morts, à l'hôpital pédiatrique Al-Fatah de Benghazi (nord de la Libye).

Le tribunal peut soit confirmer la peine de mort, soit ordonner un nouveau procès, soit reporter sa décision.

Alors que la presse internationale fait état de possibles arrangements que Tripoli et Sofia négocieraient en secret, le ministre bulgare des Affaires étrangères, Ivaïlo Kalfin, a déclaré vendredi qu'il rejetait le versement de compensations financières aux familles des enfants malades. Il s'est également refusé à un "échange" des infirmières contre un officier libyen condamné à 27 ans de prison en Grande-Bretagne pour l'attentat de Lockerbie contre un avion de PanAm en 1988. "Il n'y a aucun lien entre les deux. Je ne veux pas voir les infirmières utilisées dans ce contexte", a déclaré M. Kalfin.

" Ce n'est plus une affaire bilatérale. Il s'agit d'une affaire sur laquelle se penchent désormais l'Union européenne (UE) et des Etats Unis", a-t-il ajouté. Les Etats-Unis, réconciliés avec le régime libyen, et l'UE ont demandé à plusieurs reprises la libération des condamnés tout en s'engageant à aider Tripoli, dont le système de santé est délabré, à combattre le sida.

Vendredi à Zagreb, le Premier ministre libyen, Choukri Ghanem, avait souligné qu'il s'agissait d'"un problème légal qui n'avait rien à voir avec la politique". "L'affaire est devant un tribunal indépendant. Nous attendons sa décision et nous allons discuter ensuite", avait-il ajouté. Interrogé par téléphone, l'ambassadeur de Libye à Londres, Mohammed Al-Zaoui, a fait état "de contacts continus sur le sujet avec la Grande-Bretagne", qui assure la présidence de l'UE. "Le sujet n'a pas de volet politique", a-t-il dit. "Je crois qu'il est possible de parvenir à un arrangement qui satisfasse les parties libyenne et bulgare et qui (permette) de sortir de l'impasse", a-t-il ajouté.

Interrogé sur la nature de cet arrangement, il a suggéré "la formation d'une organisation non-gouvernementale bulgare ou (l'intervention de) l'UE (...) auprès des familles des victimes pour arriver, avec elles, à une solution pour payer le prix du sang conformément à la loi islamique et annuler les condamnations à mort". "Il n'est pas question de payer des compensations aux familles des enfants contaminés (...) car cela reviendrait à reconnaître que les condamnés sont coupables", a répondu le chef de la diplomatie bulgare. M. Kalfine "parle du gouvernement bulgare", a rétorqué M. Al-Zaoui. "Nous cherchons un arrangement en dehors du cadre gouvernemental, par le biais d'organisations" de la société civile, a-t-il précisé.

A Dubaï et à Washington, des journaux ont écrit récemment que Tripoli était "sur le point d'abolir la peine capitale afin d'ouvrir la voie à une commutation des peines des cinq Bulgares et du médecin palestinien". Un règlement parrainé par les Etats-Unis et l'UE impliquerait des compensations pour les familles via un fonds financé par Sofia, Tripoli et des organisations caritatives lybiennes, selon ces informations de presse.

 

 

Libye
Infirmières bulgares: verdict le 11 juillet 2007

 

La Cour suprême de Libye rendra le 11 juillet prochain son arrêt sur l'appel des cinq infirmières bulgares et du médecin condamnés à mort pour avoir inoculé le virus du sida à des enfants libyens.

"Les preuves ont été établies et montrent clairement l'implication" des cinq infirmières et du médecin d'origine palestinienne, qui vient d'obtenir la nationalité bulgare, "dans l'inoculation délibérée du virus du sida aux enfants", a lancé le procureur, avant que le président Fathi Dahane n'annonce la mise en délibéré du verdict.

Un report du verdict "positif"
Me Othman Bizanti, l'avocat libyen des infirmières, a estimé que ce "report du verdict" était "positif. Cela montre que la Cour est convaincue de nos arguments et qu'elle va relancer les enquêtes sur la contamination des enfants".

Il s'agit du dernier recours pour les six Bulgares accusés d'avoir délibérément inoculé le virus du sida à 438 enfants de Benghazi (1.000 km à l'est de Tripoli), dont 56 sont décédés.

Ils s'affirment innocents et sont appuyés par les témoignages d'experts internationaux, dont le codécouvreur du virus du sida Luc Montagnier. Affirmant que leurs aveux ont été obtenus sous la torture, les prévenus sont soutenus par les Etats-Unis et l'Union européenne, qui font pression sur Tripoli pour obtenir leur libération.

 

 

La Cour confirme les peines des infirmières bulgares en Libye - 11/07/07 - 11h05

 

Reuters - il y a 22 minutesTRIPOLI (Reuters) - La Cour suprême de Libye a confirmé mercredi les condamnations à mort prononcées en décembre contre cinq infirmières bulgares et un médecin palestinien pour avoir inoculé sciemment le virus du sida à 426 enfants libyens à la fin des années 1990.

" La Cour rejette les recours en appel des accusés et confirme la peine de mort", a déclaré le juge Fathi Dhan.

Les six accusés nient en bloc les accusations portées contre eux, affirmant que ce sont les conditions d'hygiène déplorables à l'hôpital de Benghazi où ils travaillaient à l'époque qui sont à l'origine de la contamination.

Emprisonnés depuis 1999, ils affirment en outre que leurs supposés aveux leur ont été extorqués sous la torture.

Des scientifiques occidentaux ont eux aussi mis en cause les conditions d'hygiène de l'hôpital, en estimant que l'on transformait en boucs émissaires les cinq infirmières et le médecin palestinien.

Mardi, la Fondation Kadhafi avait annoncé la conclusion d'un accord censé mettre fin à la crise et permettre la libération des six accusés.

"Un accord a été conclu entre la Fondations Kadhafi et les familles des enfants contaminés qui règlera le cas des infirmières et du médecin (palestinien)", selon un communiqué lu à la presse par un responsable de la fondation.

"Cet accord satisfait toutes les parties et met fin à la crise. Les détails seront dévoilés ultérieurement", ajoutait-il.

La Cour suprême ayant confirmé les condamnations de décembre, le cas des six accusés devrait être transmis au Haut Conseil judiciaire, qui dispose du pouvoir de commuer leur peine, voire de les en dispenser.

Les autorités libyennes avaient prévenu que les cinq infirmières et le médecin ne seraient libérés qu'en cas d'accord financier entre les familles des enfants contaminés, qui réclament 10 millions d'euros par enfant, et l'Union européenne.

http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20070711/tts-libye-infirmieres-cour-972e905_2.html

 

 

 

Un avion français ramène les infirmières bulgares à Sofia - 24/07/07

Reuters - il y a 13 minutes PARIS (Reuters) - L'avion présidentiel français a décollé de Libye à destination de Sofia, en Bulgarie, avec à son bord les cinq infirmières bulgares et le médecin d'origine palestinienne, annonce l'Elysée.


" Le président de la République française, Monsieur Nicolas Sarkozy, et le président de la Commission européenne, Monsieur Jose Manuel Barroso, se félicitent de l'accord qui a enfin permis cette libération et ce retour en Bulgarie des infirmières détenues depuis plus de huit ans, et du médecin palestinien, ainsi que de la mise en place d'un dispositif amélioré pour assurer les soins délivrés aux enfants victimes du sida en Libye", peut-on lire.

L'Elysée précise que la commissaire européenne aux Affaires extérieures, Benita Ferrero-Waldner, l'épouse du président français, Cécilia Sarkozy, et le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, qui s'étaient rendus dimanche en Libye pour finaliser les discussions sur le transfert des six, se trouvent eux aussi à bord.

Nicolas Sarkozy et Jose Manuel Barroso "saluent le geste d'humanité de la Libye et de son plus haut dirigeant et s'engagent à tout faire pour aider les enfants atteints du sida", poursuit l'Elysée, qui mentionne la "médiation" accomplie dans ce dossier par l'émir du Qatar.