HOMMAGE AU COLONEL BOB DENARD

“ LE MERCENAIRE DE LA CHARITÉ”

(SUR 4 PAGES)

 

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Décès de l'ancien mercenaire Bob Denard

L'ancien mercenaire français Bob Denard est décédé samedi 13/10/2007.

"Mes respects mon colonel, votre vie fut un exemple pour nombre d'entre nous, "ORBIS PATRIA NOSTRA"

Fils de militaire, Bob Denard naît à Bordeaux en 1929.

(Une vidéo à la fin du document)

 

 

Matelot de seconde classe, il s'engage comme volontaire en Indochine. En 1952 il quitte l'armée et accepte une place de conducteur d'engins et de mécanicien au Maroc. Il entre ensuite dans la police de ce pays toujours sous protectorat français.

Sa carrière de mercenaire commence dans les années 60-72, avec la période convulsive de la décolonisation et de la croisade anticommuniste en Afrique: du Katanga au Biafra, du Yémen au Tchad, il est l'homme de main des services français et de Jacques Foccart, le maître d'œuvres de la politique post-coloniale gaulliste. Celle qui octroie l'indépendance aux anciennes colonies, pour mieux les ferrer ensuite à force de corruption, de coups tordus armés et de dépendance économique.

C'est sur la demande de la France que le mercenaire Bob Denard intervient pour la première fois aux Comores, fraîchement indépendantes, le 5 septembre 1975. Il arrête le président Ahmed Abdallah et le remplace par Ali Soilihi, mieux perçu par la France.

Après avoir raté un un coup d'état au Bénin en 1977, Bob Denard est de retour aux Comores en 1978 à la tête de 43 mercenaires. Le président Soilihi, tombé en disgrâce auprès de la France, trouva la mort dans l'opération, et fut remplacé par Ahmed Abdallah, l'ancien président. Resté sur place, Bob Denard s'occupera d'organiser une garde présidentielle, forte de 600 Comoriens encadrés par une poignée d'officiers européens, qui entre en concurrence avec les Forces armées comoriennes. Une petite armée personnelle bien entraînée qui lui permettra de faire régner son autorité dans l'archipel, de développer ses propres intérêts commerciaux et qui sera disponible à tout moment pour d'autres missions délicates en Afrique. Les frais d'entretien de cette armée sont réglés par l'Afrique du Sud. L'Etat de l'apartheid se sert des Comores, situées entre la côte du Mozambique et le Madagascar, pour contourner l'embargo international auquel il est soumis ou comme base logistique dans ses opérations militaires contre les pays africains qui lui sont hostiles: le Mozambique et l'Angola.

En 1989, Bob Denard est lâché par son protecteur-bailleur de fonds sud-africain, qui est contraint d'abandonner progressivement la politique d'apartheid et n'a plus besoin de ce sulfureux et encombrant personnage. De son côté, le président comorien Abdallah voudrait se débarrasser de l'emprise de Denard. Celui-ci, accompagné de deux de ses plus proches collaborateurs, essaye d'obtenir du président Ahmed Abdallah la dissolution de l'armée comorienne au profit de "sa" Garde présidentielle, lors d'un "entretien" dans la nuit du 26 novembre 1989. A la fin de cet entretien mouvementé, on compte deux cadavres criblés de balles: celui du président Abdallah et de son garde du corps Jaffar. Les parachutistes français interviennent alors, évacuant Denard et ses hommes vers... l'Afrique du Sud.

Saïd Mohamed Djohar devient le nouveau président comorien et le reste jusqu'en septembre1995, quand il se fait renverser par une expédition d'une trentaine d'hommes menés par... Bob Denard! Ce dernier, une fois la mission terminée, sera ensuite rapatrié vers la métropole par les services français. Mohamed Taki, adoubé par Paris, accède à la présidence comorienne. Ce sera Eric Denard, fils de Bob, qui aura la tâche d'administrer le patrimoine familial aux Comores. Le père se contentant, en théorie, de soigner ses vignes dans le Médoc.

 

 

Cliquez : La nébuleuse des mercenaires Français

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Bob le mercenaire de la liberté

 

 

Bob Denard, l'enfant de troupe devenu faiseur de rois a du sortir, les armes à la main, de la ferme modèle qu'il a fondée, sur la Grande Comore. Ce papy du baroud apprend à ses dépens qu'un soldat de fortune ne peut jamais devenir un soldat laboureur. Il a été forcé de remettre la main à la patte, et d'éliminer Ahmed Abdallâh, le sultan autocrate qu'il avait installé à la tête des Comores en 1978 et qui était en train de le trahir. On sait, depuis Carthage, que le pire ennemi d'un mercenaire, c'est son employeur.

Ce baroudeur à la fois affairiste et romantique est le dernier soldat perdu. La France et l'Afrique du Sud l'ont aidé et utilisé avant de se boucher le nez avec horreur . C'est l'homme de toutes les sales guerres celles que les Etats font faire par une main-d’œuvre spécialisée, en regardant ailleurs.

Bob Denard c'est la dernière casserole coloniale française. Né à Bordeaux en 1929, il est le fils d'un sous-off. Il suit les cours de l'école des mécaniciens de la Marine, il est envoyé en Indochine puis en Algérie, comme quartier maître de commando. Il sera grièvement blessé et reviendra avec une jambe raide, ce qui accroît son prestige et donner à sa démarche une gravité solennelle. Il n'a jamais connu que l'armée et la guerre.

En 1954, il est accusé d'avoir monté un complot contre Pierre Mendès France. Il se lancera ensuite dans la bataille perdue de l'Algérie française. Il entre dans la confrérie des "affreux" , ces soldats de métier qui considèrent que leurs pays les ont trahis renonçant à leurs empires, et qui sont disponibles pour toutes les aventures. Aux cotés du belge Schramme et de l'anglais Hoare, il part pour le Katanga, et entre au service de Tschombé et des grandes compagnies minières de Shaba. 1972-1977 on le retrouve au Biafra, au Yémen, au Tchad.

1977 au Bénin, où il rate lamentablement, une opération de commando visant à renverser le régime marxiste. Il a longtemps roulé pour Foccart, le grand manipulateur de l'Afrique francophone sous le gaullisme. C'est encore comme franc-tireur des services spéciaux français qu'il débarque aux Comores, d'abord en 1976 pour renverser le président comorien Ahmed Abdallâh, l'homme le plus riche de l'océan Indien, puis en 1978 pour le replacer au pouvoir .Il devient le maire du palais de ce président milliardaire.

Il crée la garde présidentielle, la GP, une force de six cent comoriens encadrés par des officiers européens. La GP a un pouvoir magique sur la population, avec ses uniformes noirs set bérets verts, et sa devise : "Force, fois fidélité ". Bob Denard a fait une concession à ces sujets. Il s'est converti à l'islam, et se fait appeler Mustapha Madjou. Mais son trône est menacé.

A partir de 1981, la France prend ses distances avec lui, et la chambre d'accusation de la cour d'appel de Paris réactive même, en 1987, une vielle plainte pour association de malfaiteurs, qui avait été déposée contre loi après l'affaire du Bénin. Bob Denard se choisit alors un nouveau patron, l'Afrique du Sud

Les Comores intéressent Pretoria. C'est une base qui lui permet d'intervenir au Mozambique, une piste d'atterrissage pour les avions chargés d'armes à destination de l'Iran. C'est désormais Pretoria qui règle la solde de la GP :12 millions de francs. Bob Denard devine la montée des périls.

Il abandonne - au moins officiellement - le commandement de la garde. On ne le voit presque plus au camp d'entraînement de Kandany. Il se retire dans sa ferme modèle de trois cents hectares qu'il développe grâce à des capitaux Sud-africains ou dans son bungalow de la plage du Trou du Prophète. Il se consacre à la Sogecom une société de gardiennage qu'il a créé, et qui travaille pour le complexe hôtelier Galawa, édifié par la société sud africaine Sun International, qui possède beaucoup d'intérêts dans l'océan Indien. Ce soldat perdu a des biens au soleil.

Il a oublié que le repos du guerrier , ça n'existe pas. En 1987, il affronte une mutinerie de la GP.

Il se retrouve dans la situation d'Alexandre. Il est abandonné par ses vieux compagnons fatigués, qui veulent rentrer au pays, fortune faite. Il réprime très durement le complot, jusqu’à utiliser la torture. Il recrute de nouveaux officiers, plus jeunes, plus ambitieux. Mais le règne de la GP sur les Comores touche à sa fin.

Bob Denard est lâché par son patron sud-africain. L’Afrique du Sud s’est désengagée en Namibie. Elle voudrait avoir l’air respectable. Elle se fait un nouveau look. Les " affreux " ne sont plus présentables. Ahmed Abdallah en profite pour secouer le joug de ses prétoriens européens qu’il considère depuis longtemps comme geôliers. La France lance une nouvelle offensive contre Bob Denard. Le capitaine Barril aurait été envoyé aux Comores pour régler le problème de la GP. Dans son rapport, il aurait préconisé l’intégration de la garde dans les forces régulières. Bob Denard a pris les devants en éliminant Ahmed Abdallah.

 

 

UN AVOCAT D’ORIGINE LIBANAISE RACONTE LA VIE AVENTUREUSE DE CE :

“MERCENAIRE DE LA CHARITÉ”

 

 

Me Hatem s’entretenant
avec Bob Denard. Depuis le 4 mai, Bob Denard comparaît devant la Cour d’Assises de Paris, accusé de la mort de l’ancien président Abdallah, des Comores.
La vie de cet illustre mercenaire est un véritable roman qui a inspiré plus d’un cinéaste dont le célèbre hollywoodien Clint Eastwood qui en a acheté le droit de porter ses aventures à l’écran.
A travers la biographie de Bob Denard, on revit une période très agitée de l’Histoire de notre siècle. Du Maroc au Katanga, au Yémen, à l’Irak, à l’Indochine ou encore aux Comores, en passant par le Biafra ou le Bénin, en retournant en Chine... Denard a sillonné le monde et gardé des traces qui servent de références historiques. Il y a un an, il a publié son autobiographie chez Robert Laffont, un passionnant ouvrage de 500 pages. Mais cette biographie demeure inachevée...

Fils d’un sous-officier et neveu de marin, Robert Denard a acquis, très jeune, le goût de l’aventure et du voyage. C’est dans le Sud-Ouest de la France qu’il sent, pour la première fois, l’odeur de la poudre, lors de la Seconde Guerre mondiale, alors qu’il était adolescent.
Quelques années plus tard, il devient matelot de seconde classe, avec un brevet de mécanicien. Ensuite, il s’engage dans l’Armée comme volontaire pour l’Indochine. L’aventure commence. En se rendant au secours d’une unité tombée en embuscade, son camion saute sur une mine. Ses compagnons meurent sur le champ, tandis que lui sort presque indemne: il est brûlé au troisième degré. Tout au long de sa carrière, Denard affrontera la mort. Il en sort à chaque fois vivant.
Les premiers coups de cœur commencent, aussi, en Indochine. Sur une jonque, il tombe amoureux d’une Vietnamienne dont il aura un fils qu’il ne connaîtra jamais

 

 

D’INDOCHINE,
EN AFRIQUE ET AU YÉMEN

 

 

Après l’Indochine, Denard rentre en France; puis, s’embarque vers les Etats-Unis, en 1950, affecté sur le porte-avions le “La Fayette”. “La vie est belle aux Etats-Unis... Les Américains nous aiment bien, les Américaines, encore plus, ce qui me vaut d’être invité chaque soir à des fêtes copieusement arrosées”, raconte-il. Il repart, ensuite, vers le Maroc où un poste de maintenance dans un aéroport en construction l’attendait. Il s’engage, par la suite, dans la Police marocaine, le Maroc étant encore sous protectorat français. Ses premières relations avec le monde arabe se tissent. Il épousera une Marocaine dont il aura un fils.
Lors du retour du Général de Gaulle au pouvoir en France, en 1958, Denard entre en contact avec des personnalités influentes au pouvoir. Il devient l’arme d’une diplomatie parallèle, dans une période mouvementée de l’Histoire de notre siècle, celle de la décolonisation mais, aussi, de la guerre froide, liée au partage du monde en deux blocs. Ainsi, il travaillera la plupart du temps en collaboration ou au su des services secrets. Il luttera contre l’émergence du communisme, notamment en Afrique.
Puis, il rentre en France où il apprend, par un grand reporter du “Figaro”, les événements du Yémen. L’émir El-Badr tentait de restaurer la monarchie dans ce pays, tandis que les avions égyptiens bombardaient le désert. Denard s’envole vers ce pays et prête son assistance aux maquisards du désert. Le Yémen lui procurera, appelé alors “Mister Bob”, une nouvelle expérience avec le monde arabe. Curieusement, ce n’est pas au Maroc, mais au Yémen, qu’il se convertit à l’Islam. Mais son vrai amour reste l’Afrique. Il retourne, après le Yémen, en 1964, au Congo et se met sous les ordres de Mobutu, alors commandant en chef de l’Armée nationale congolaise. Ce dernier lui remet ses galons de lieutenant-colonel.
Trois ans plus tard, il répond aux ordres des services secrets français qui lui demandent d’aller rejoindre Tchombé, au Katanga.

 

 

 

 

 

 

“MERCENAIRE DE LA CHARITÉ”

 

 

Après le Katanga, Denard sera en étroite collaboration avec l’Elysée et les réseaux Foccart. Nous sommes en 1968, en pleine période de décolonisation, de guerre froide entre les deux blocs de l’Est et de l’Ouest. Quand la diplomatie officielle échoue, les services secrets français feront appel aux services de Bob, en palliatif. C’est alors la guerre du Biafra...
Devenu “Gilbert Bourgeaud” par la grâce des services secrets français, il affrètera un chalutier rempli de matériel militaire, escorté par la Royale pour alimenter en armes et en munitions les Ibos du Biafra.
Il deviendra vite “Monsieur Robert”, grâce aux actions humanitaires qu’il engagera, notamment lors de cette opération, car son chalutier ne contient pas uniquement des armes mais, aussi, des médicaments. Bernard Kouchner salue ainsi ce “mercenaire de la charité.”
En 1975, les trois îles de l’archipel des Comores: Anjouan, la Grande Comore et Mohéli, proclament leur indépendance, tandis que la troisième île, Mayotte, demeure française. Ce mouvement indépendantiste est mené par l’Anjouanais Abdallah. Mais la France voit d’un mauvais œil l’accession au pouvoir d’Abdallah et lui préfère Ali Soilihi.
Les services secrets font, alors, appel à Denard qui engage sa première opération, le 5 septembre 1975. Il débarque aux Comores, forme deux cents Comoriens et, après avoir pris le contrôle de la Grande Comore, se rend à Anjouan et arrête le président Abdallah. Ce dernier est remplacé par Ali Soilihi qui fera preuve, par la suite, de sa mauvaise gestion du pays.
Après de nouvelles opérations en Angola et au Bénin, Denard revient aux Comores pour destituer Soilihi, devenu tyrannique et réinstaller Abdallah au pouvoir, le 13 mai 1978.

 

 

 

 

 

Cliquez pour consulter l'index  Biographie de Bob DENARD

 

 

 

POURSUIVI POUR ASSASSINAT

 

 

Sous ce nouveau régime, il s’installe aux Comores, se fait appeler Saïd Mustapha M’hadjou et se marie à une jeune Comorienne, conformément aux traditions hanafites. Il forme la Garde présidentielle comorienne et demeure sous les ordres de son ami, le président Abdallah.
Mais en 1989, lors d’une opération de désarmement des forces armées comoriennes opérée par la Garde présidentielle que dirigeait Bob, le président Abdallah est abattu dans sa résidence, en présence de Denard et de deux de ses officiers.
La France dépêche, alors, deux mille paras pour évacuer Denard et ses hommes sur l’Afrique du Sud où il restera pendant trois ans.
Le 2 février 1993, il rentre à Paris. A son arrivée à l’aéroport de Roissy, il est arrêté; puis, incarcéré à la prison de la Santé. Deux mois plus tard, il est jugé pour tentative de coup d’Etat au Bénin qui a eu lieu en janvier 1977 et condamné à cinq ans de prison avec sursis.
Tout le monde pense, alors, que la carrière du baroudeur est terminée. Mais, en 1995, Bob est appelé par ses amis comoriens pour une nouvelle opération. Il achète, alors, en Norvège, un bateau, recrute une trentaine de mercenaires dont des anciens du SDECE ou de la DGSE et se dirige vers l’Océan indien.
Dans la nuit du 27 au 28 septembre 1995, le bateau de Bob s’ancre devant Moroni, la capitale comorienne. Les commandos débarquent et délogent le président Djohar, délivrent les fils de l’ancien président Abdallah, torturés et condamnés à mort par le régime de Djohar. Ce dernier est, alors, mis hors d’état de nuire, à l’île de la Réunion. Denard est, par la suite, rapatrié en France.
Mais le procès qui, en instance, devant la Cour d’Assises de Paris, ne concerne pas cette dernière opération. Denard est accusé d’avoir assassiné le président Abdallah, en 1989.
A cet égard mais, aussi, à l’issue du coup d’Etat qui vient de surgir aux Comores, nous avons interrogé Me Elie Hatem, l’un des avocats et proche ami de Denard.

 

 

 

 

“CORSAIRE” AUX GRANDES QUALITÉS HUMAINES

 

 

 

D’origine libanaise, le Dr Hatem est professeur de sciences politiques et de droit comparé à la Boston University. Il est, aussi, impliqué directement dans les affaires comoriennes: il a prêté son assistance aux sécessionistes anjouanais qui ont proclamé l’autodétermination de leur île, en 1997, après avoir demandé leur rattachement à la France et que cette dernière la leur a refusée.
Où et à quelle occasion êtes-vous entré en contact avec Bob Denard?
Elie Hatem: S’occuper des Comores implique, automatiquement, une entrée en contact avec M. Denard qui est une image emblématique dans l’archipel. Je me souviens, quand je me suis rendu en octobre 1997 à Anjouan, la première chose qui m’a frappé c’est son bateau qui demeure accosté au port de Mutsamudu.
Pour mieux comprendre les Comores, il m’était donc utile d’écouter l’avis de Bob et de profiter de son expérience. Depuis, nous sommes liés d’une forte amitié qui m’a permis de découvrir, derrière “le corsaire”, un homme d’une grande générosité de cœur et de grandes qualités humaines.
Et, à chaque fois, je suis impressionné par sa vision pratique, son ouverture d’esprit et sa grande culture. Grâce à lui, j’ai beaucoup appris, notamment sur le monde arabe où il a connu plus d’un dirigeant, à l’instar du roi Hassan II du Maroc, ou aussi les dirigeants yéménites. Il a même été au Liban et rencontré des leaders libanais, comme feu le président Camille Chamoun dont il garde un excellent souvenir.

L’archipel des Comores.

Me Elie Hatem.

 

 

SUPPORT TECHNIQUE À LA FRANCE

 

 

Certains le qualifient d’agent des services secrets français...
Il n’a jamais été un agent des services. Néanmoins, il a travaillé pour eux. Quand les services spéciaux ne pouvaient pas effectuer certaines opérations clandestines, ils faisaient appel à lui et à ses soldats de fortune. Ainsi, il a toujours eu des officiers traitants, à l’instar du général Janou Lacaze, qui le suivaient en permanence. Denard et ses hommes servaient donc de support technique à la France quand certaines missions spéciales ne pouvaient pas être accomplies par les services spéciaux, au moins dans un premier temps, avant d’être remplacés par des forces plus conventionnelles.
Comment se fait-il qu’il comparaît devant une juridiction française pour une affaire surgie aux Comores, pays indépendant, d’autant qu’il s’agit du président de la République qui a été tué?
Effectivement, cela paraît surprenant. Mais l’arrêt de la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Paris qui l’a renvoyé devant la Cour d’Assises s’est fondé sur le fait que feu le président Abdallah avait aussi bien la nationalité comorienne que française. Bob Denard est, donc, accusé de meurtre devant les juridictions françaises qui retiennent, depuis un arrêt de la Cour de Cassation du 20 août 1932, que l’homicide volontaire, même commis à des fins politiques, reste une infraction de droit commun.
Cependant, ce qui est le plus surprenant dans cette affaire, ce sont les deux éléments suivants: premièrement, les enfants de feu le président Abdallah et son épouse ne sont pas partie civile au procès; ils viendront, d’ailleurs, témoigner en faveur de Denard devant la Cour d’Assises.
Deuxièmement, l’instruction qui a été faite de ce dossier, présente des irrégularités de procédure.

 

 

 

LA RELATION DES FAITS

 

 

On peut donc penser qu’il y a derrière ce procès des motifs politiques... Est-ce donc le procès de la décolonisation?
Je ne m’aventurerai pas dans ma réponse et préfère m’en tenir aux éléments de pure nature juridique.
En ce qui concerne la constitution de partie civile, nous avons été étonnés, au cours du procès, d’apprendre que l’Etat comorien et qu’une association comorienne d’extrême-gauche, fraîchement créée, se soient constituées parties civiles. En effet, ladite association n’a pas d’intérêt direct juridiquement protégé pour ester en justice. Elle a été, d’ailleurs, débouté de sa demande. Par ailleurs, en ce qui concerne la constitution de partie civile de l’Etat comorien, il convient de souligner que le 30 avril dernier, un coup d’Etat a surgi en Grande Comore et qu’un gouvernement de fait a été mis en place, qui n’est d’ailleurs pas reconnu officiellement par la France. La Cour statuera donc sur cet élément à savoir: si les avocats qui prétendent représenter l’Etat comorien sont expressément mandatés par l’ancien gouvernement de droit ou par le nouveau gouvernement de fait, auquel cas ils seront déboutés de leur demande, tant que le Quai d’Orsay n’ait pas reconnu ce dernier.

 

DENARD N’A PAS TUÉ LE PRÉSIDENT ABDALLAH

 

Pourriez-vous nous donner votre version des faits qui ont conduit à la mort du président Abdallah?
Dans la nuit du 26 au 27 novembre 1989, Bob Denard et deux de ses officiers se sont rendus au palais présidentiel, à Moroni. En dehors du palais, des tirs surgissaient entre les forces militaires comoriennes et la Garde présidentielle qui cherchait à prendre le dessus.
Entré dans le bureau du président Abdallah, Denard voyait ce dernier effrayé par les tirs et les coups de bazookas qui retentissaient. Le garde du corps du président est, alors, brusquement entré dans le salon, tandis que Denard tentait de ramener le président à la raison en lui tapotant les joues, à genoux, devant son fauteuil.
Pris par la panique et pensant que Denard intentait à la vie du président, le garde du corps tire avec son kalachnikov dans la direction de Denard et de ses deux officiers. Celui-ci se jette au sol. C’est le Président qui reçoit, alors, la rafale, tandis que l’un des officiers de Bob abat le garde du corps. Le tout se déroule dans une fraction de seconde.
Revenons, maintenant aux Comores qui vient de subir un nouveau coup d'Etat. Que se passe-t-il dans ce pays et quelles sont les perspectives d’avenir?
Depuis son accession à l’indépendance, en 1975, la Fédération islamique des Comores qui regroupait la Grande Comore, Anjouan et Mohéli (Mayotte étant restée française), a fait l’objet d’une succession de coups d’Etat (environ 18), dont ce dernier.
En septembre 1997, les forces armées de la Grande Comore ont débarqué à Anjouan et ont été repoussées par les Anjouanais qui ont organisé un référendum pour l’autodétermi-nation, sous ma surveillance. Ensuite, une Constitution a été adoptée et des élections ont eu lieu, mettant en marche les nouvelles institutions.
Quelle relation entre ce coup d'Etat et l’affaire Denard?
Il est certain que ce coup d’Etat a surgi quatre jours avant l’ouverture du procès de Denard. Mais je ne pense pas, n’ayant pas des éléments me permettant de l’affirmer, qu’il y ait une relation directe entre ce procès et le coup d’Etat.

 

 

OPÉRATION AZALLÉE

 

 

BOB à Moroni le: 25/10/78

 

 

Les îles des Comores avaient été une colonie française jusqu'à juillet de 1975, quand elles ont gagné leur indépendance. Les îles sont une économie agricole mal développée qui se fonde fortement sur des concessions étrangères pour soutenir leurs approximativement 550.000 personnes. Il y a peu d'industrie et petites ressources naturelles. Le terrain est montagneux, avec seulement 750 kilomètres (450 milles) de routes, 540 kilomètres (324 milles) dont sont le gravier.
Septembre 28, 1995 Bob Denard et 33 mercenaries a pris la commande des îles des Comores dans un coup ( appelé opération Kaskari par les mercanaries ) contre le Président Djohar. En dépit de haveing recieved la communication préalable et les conseils au sujet du coup, France n'ont fait rien jusqu'au jour de l'invasion; quand ils l'ont severly dénoncée.
Le Président Jacques Chirac a demandé que le ministre de la défense et du chef d'armée du personnel commencent à rédiger des plans pour reprendre des îles des Comores. L'intelligence a été recueillie et des capitaux de COS (la commande spéciale française d'opérations) ont été placés sur l'alerte. Les équipes de GIGN, de DRM, et de DGSE ont commencé à se déployer discrètement au secteur autour de l'Océan indien. Octobre 3 le gouvernement français a donné à opération Azalee le feu vert.
Bob Denard a commencé à créer un gouvernement civil dans un effort à la barre outre de l'invasion imminente. Une nouvelle garde présidentielle a été créée des membres fidèles de la vieille garde que Denard lui-même avait formée. Les points forts stratégiques ont armé avec les mitrailleuses lourdes ont été installés autour de l'île, en particulier autour des îles deux aéroports.
Par ce temps, plus de 200 membres de COS et DRM étaient sur leur chemin aux îles à bord d'une frégate et deux des vedettes. Les membres de GIGN et de commandos Jaubert aussi bien que plusieurs escadrons de puma étaient également dans le secteur.

 

 

 

L'opération

 

 

 

BOB : MARONI DECEMBRE 1989 - DEFILE : MARONI

DANS LES COMORES - TEMPS DE THE (Gauche vers droite) ALBERTO CASTRO

BOB ENVAHIT LES COMORES - BOB EN CONSTUME BLANC PASSE LA REVUE

EMBARQUEMENT (SAFAIR C130) - CHARGEMENT (SAFAIR SUD-AFRICAIN C130)

 

 

Le Français a finalement déployé 600 hommes contre une force de 33 mercenaries et d'une force de dissident de 300 hommes. L'opération a commencé à 11 P.m. le 3 octobre quand les membres des commandos Jaubert ont exploré les plages près des aéroports de l'île deux chez Hahaya et Iconi. À 2:30 AM trois les pumas ont fourni des membres de 1 heu RPIM a , 13 e RDP au macadam de l'aéroport de Hahaya. Au commencement pris sous le feu des mitrailleuses lourdes des insurrectionist, de l'utilisation française de troopers leur vitesse de vision de nuit et de la couverture de l'obscurité de fixer l'aéroport et le secteur local. 20 soldats de Comoran sont capturés dans le processus.

Par des membres de 3:00 AM des commandos Jaubert avait fixé l'aéroport d'Iconi. Des éléments de 5 e RIAOM, la RAM a de 2 e et, 2 e RPIM a sont pilotés dedans sur C-160 Transals pour tenir le terrain d'aviation tandis que les commandos Jaubert se dirigent pour les casernes de Kandani. 30 soldats de Comoran sont capturés dans le processus. 15 membres de GIGN sont alors pilotés dedans et libèrent l'ambassade française dans Moroni. Une autre équipe de commandos de Jaubert assaillent et saisissent le Vulcain; le bateau employé par Denard et ses mercenaries pour atteindre les Comores.

L'assaut principal d'air commence à 5 AM, quand deux Transalls fournissent des elemnts de la légion étrangère à la piste chez Hahaya. 30 minutes plus tard ils sont joints par des membres de 2 e a , des marines de RIAOM, et la RAM de 2 e une artillerie. Par 5:50 l'aéroport est bloqué et une zone de sécurité a été établie autour d'elle. Le début d'approvisionnements arrivant par la navette en tant qu'unités françaises commencent à se déplacer vers le capital de Moroni.

À 6:30 AM les unités françaises emballent trop l'extension les casernes chez Kandani avant Bob Denard et ses mercenaries se cassent librement. Une autre force emballe vers le passage où une force de 200 insurgés a été rapportée.

Par 3:00 P.m. le jour suivant Bob Denard et son Mercenaries s'était rendu. Après avoir été gambadé par des gendarmes de GIGN, il est porté à l'aéroport d'Iconi, piloté en France, et emprisonné. Tandis que pas une action spéciale pure d'opérations, reprendre français des îles des Comores est de statut noteworhty. Des unités spéciales d'opérations ont été avec succès déployées et utilisées d'une façon opportune. En sept jours, des plans ont été élaborés et approximativement 1.000 soldats ont été déployés pour soutenir cette opération. Des capitaux d'air ont été employés pour déplacer des soldats autour rapidement et avec concision.
Une fois que Denard se rendait compte que les Français prévus pour reprendre les Comores les mercenaries étaient orderd à ne pas combattre. En outre la chance était très disproportional; certains pourraient indiquer que ce n'était pas un combat "juste". Cependant, en présentant une telle chance accablante, le Français a fait n'importe quel futil de résistance et a ainsi empêché le carnage. La France a agi décisivement et a employé leurs forces spéciales pour se déplacer rapidement et pour réaliser la surprise tactique. Des unités telles que GIGN et commandos Jaubert ont été employées aux bâtiments potentiellement dangereux d'espace libre. En utilisant la bonne combinaison des parachutistes et des équipes spéciales de forces, les unités françaises pouvaient reprendre l'île en moins de 48 heures.

Merci à : http://www.geocities.com/sadfbook

 

 

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"Il y a autant de défaites différentes que d'hommes
mieux encore, en fouillant les regards tu pourras même apercevoir
des clartés qui n'ont rien à voir avec la rédition"

 

 

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Bob Denard jugé en février et mars 2006 à Paris

 

PARIS (AP) -- L'ex-mercenaire Bob Denard, 76 ans, et 26 autres prévenus seront jugés du 20 février au 15 mars 2006 par le tribunal correctionnel de Paris pour une tentative de coup d'Etat aux Comores en septembre 1995.
Les audiences se tiendront tous les lundi, mardi et mercredi à 13h30 devant la 14e chambre correctionnelle.
Les 27 prévenus sont notamment poursuivis pour association de malfaiteurs. Ils risquent dix ans d'emprisonnement.
L'avocat de Bob Denard, Me Elie Hatem, a réclamé et obtenu que son client soit soumis à une expertise médicale. Souffrant de la maladie d'Alzheimer depuis deux ans, il ne serait plus en état de comparaître, selon l'avocat. Si l'expert médical confirme ce diagnostic, Bob Denard serait dispensé de se présenter devant le tribunal mais pourra être jugé quand même.
Dans la nuit du 26 au 27 septembre 1995, un groupe d'une trentaine d'hommes renversait le président Saïd Djohar pour y installer Mohamed Taki et Saïd-Ali Kemal.
Le 4 octobre 1995, les troupes françaises, en vertu d'un accord de défense liant les deux pays, intervenaient pour libérer le président Djohar. Les mercenaires se rendront aux militaires français.
Ancien quartier-maître de la Marine nationale et colonel dans l'armée congolaise, Robert Denard et l'un de ses lieutenants, Dominique Malacrino, ont été acquittés le 17 mai 1999 par la cour d'assises de Paris de l'assassinat du président comorien Ahmed Abdallah, tué de cinq balles dans la nuit du 26 au 27 novembre 1989 dans son bureau du palais présidentiel de Moroni. AP

 

Audience du 15 mars 2006

 

« La volonté de condamner des gens ne doit pas passer avant les termes de la loi. » Le ton était donné d’entrée par l’avocate commise d’office pour défendre l’un de ceux que le procureur avait qualifié de « bons ouvriers ». « Je suis convaincue que dans ce dossier on a essayé de trouver une qualification pénale, mais ce n’est qu’une idée, qu’un parfum. Si les Comores avaient décidé de poursuivre l’atteinte à la sûreté de leur état, je le comprendrais, mais là il s’agit d’une construction intellectuelle qui vise à les faire punir coûte que coûte », précisait-elle.
En quelques mots, elle avait résumé le malaise qui plane sur ce procès depuis son commencement. On en serait presque venu à compatir à la situation intenable du procureur de la République. Mais le zèle excessif de ses réquisitions restait présent à l’esprit de tous.

Son successeur à la barre annonçait une plaidoirie courte. Elle le fut.
Après avoir salué « la patience du tribunal », il prévenait : « Je ne vais pas vous parler de droit du tout. Je ne vais pas répondre du tout aux parties civiles car leur répondre serait donner un certain crédit à leur logorrhée faite de mauvaise foi. Je ne veux pas répondre non plus à Monsieur le procureur car je ne veux pas qu’il se sente humilié. »
Et se tournant vers les prévenus, il déclarait : « Je ne peux pas leur donner une médaille. Mais je veux leur dire que j’aurais été très fier d’être en leur compagnie. Je suis très honoré de serrer la main de chacun de vous et je serais très honoré que vous l’acceptiez. Grâce à vous j’ai retrouvé la fierté d’être Français ! ».

En quelques mots bien sentis, Solange Doumic établissait alors l’irrecevabilité des parties civiles. Puis elle s’attaquait à la thèse de l’association de malfaiteurs, qu’elle réduisait en miettes, tout comme le réquisitoire du procureur : « J’ai regretté que pendant les 4 heures 30 de réquisitoire Monsieur le procureur n’ait pas pris un par un les éléments pouvant accréditer la thèse de l’association de malfaiteurs. […] Je n’ai pas compris pourquoi le procureur mettait à charge des éléments qui sont issus de son imagination fertile. »
« Pour condamner, il faudrait qu’il y ait une intention délictueuse », rappelait-elle avant de disséquer l’accusation pour la réduire à néant.
« Il y a une certitude, c’est qu’il y a une légitimité à intervenir parce que la France le souhaite et que les Comoriens le demandent ». « Que l’on ne vienne pas me dire que ces hommes ont agi seuls dans un intérêt personnel ! ». Et elle évoquait le film et les photos pris par un de ses clients, « disparus, comme l’Inmarsat » et le « vrai-faux passeport de Bernard Martin, est-ce qu’on a fouillé dans cette direction ? » « Dans une affaire de ce type, on aimerait que le parquet ait une logique », ajoutait-t-elle avant de demander la relaxe pour ses trois clients.
« Il faut qu’il y ait des hommes de l’ombre pour que certaines choses puissent être faites dans la lumière », terminait-elle.

« Il y a un paradoxe extraordinaire à venir vous demander de juger des faits que l’Etat dans lequel il ont été commis ne veut pas juger et pour lesquels il a pris une loi d’amnistie qui éteint définitivement l’action publique ». Olivier Lagrave relevait les contradictions et les paradoxes du dossier. « Le cynisme d’état, vous ne le découvrez pas aujourd’hui et moi non plus », lançait-t-il à l’adresse du tribunal.
Comme ses confrères, mais avec d’autres arguments, il s’attaquait ensuite à la thèse de l’association de malfaiteurs qu’il réduisait en poussière.
Egratignant à son tour le procureur de la République qui, il est vrai, n’a pas été à la hauteur, il constatait qu’ « on n’a pas autant cherché que ce que Monsieur le procureur nous a affirmé ». Evoquant la disparition du téléphone satellitaire, il affirmait : « cet Inmarsat, il a évidemment été récupéré par les services qui y avaient intérêt, et ces services, ce sont les nôtres ».
Enfin, il rappelait que pour son client « comme pour les autres, c’était une mission qu’on leur demandait de mener, évidemment officieuse mais dans l’intérêt de la France ».

Dans une longue plaidoirie, Elie Hatem, défenseur du colonel Denard, apportait l’éclairage qui permettait de donner au dossier sa véritable dimension : « il s’agit d’une question politique et non pas d’une question de droit commun ».
Pour lui, le débarquement de Bob Denard et l’intervention militaire française la semaine d’après sont deux phases distinctes d’une même opération voulue et orchestrée par l’autorité politique française.
Il a remué ciel et terre pour obtenir les témoignages des autorités françaises de l’époque. Alain Juppé (premier ministre), Charles Million (ministre de la Défense), Michel Dupuch (chef de la cellule africaine de l’Elysée), Jacques Dewatre (patron de la DGSE), et même Jacques Chirac. Et aucun témoin n’est venu. Il évoquait le « bras de fer » avec le bureau d’aide juridictionnelle pour faire citer les témoins, l’affaire étant « montée jusqu’à la Chancellerie, c’est-à-dire l’Etat. ». Et il concluait sur ce point : « Il y a une volonté de l’Etat français de mettre des bâtons dans les roues pour empêcher mon client de se défendre ».
La raison ? « L’Etat avait pour objectif la destitution finale du président Djohar. Les services ont utilisé Monsieur Denard pour fabriquer le prétexte de l’intervention française officielle. »
« Je ne veux pas laver notre linge sale en public mais je suis dans l’obligation d’en parler pour défendre mon client », précisait-il.
« Si la France était de bonne foi, elle aurait remis Djohar en place », remarquait-il avec bon sens. Au terme d’un cour magistral de droit international, il démontrait que l’intervention militaire française, « deuxième phase d’une opération dont la première avait été conduite par le colonel Denard », était elle-même illégale au regard de la jurisprudence internationale.
Revenant à son client, il apportait l’évidence de l’absence d’intention délictuelle. Critiquant fermement le délirant réquisitoire du ministère public, il s’exclamait « on veut nous faire croire que le colonel Denard est un malfrat ! ».
Comme ses prédécesseurs, il constatait que les critères permettant de condamner sur la base de l’association de malfaiteurs n’étaient pas réunis et demandait la relaxe pour le colonel Denard.
Il mettait enfin le coup de grâce aux demandes des parties civile, constatant leur irrecevabilité, et donnait à leurs avocats un cour de droit constitutionnel qu’ils n’oublieront pas, prouvant que l’Union des Comores (identifiée dans l’ordonnance de renvoi comme « Société Gouvernement de l’Union des Comores »), entité qui n’existait pas à l’époque des faits, ne pouvait pas disposer de la personnalité juridique lui permettant d’agir en justice. Il existe en fait trois états comoriens distincts : La Grande Comore, Anjouan et Mohéli et c’est au non d’un de ces états, et non pas de leur confédération, qu’il aurait été possible d’agir.

C’est alors qu’Eric Sossah laissait éclater son talent de comique judiciaire « Je représente ici l’Etat unitaire composé de trois îles parfaitement indépendantes ». Comprenne qui pourra…
Au mépris de toutes les règles de procédure, il tentait alors de repartir pour une plaidoirie. Le président le remettait en place : « Tout à l’heure vous avez dit que c’était votre dernière intervention, maintenant vous en avez une autre, donc c’était l’avant-dernière, et ensuite il y en aura encore une ? ». Sossah, furieux, partait alors vociférer au fond de la salle d’audience. C’est dommage que cela se termine de cette manière-là, ponctuait Philippe Gérard.

Mais la vraie fin allait être beaucoup plus digne. Les prévenus ayant la parole en dernier, le capitaine Jeanpierre, ancien de la Garde Présidentielle comorienne, se levait et, se faisant le porte-parole de ses camarades, clôturait ainsi le procès : « Je ne voudrais pas sortir du tribunal avec des regrets, donc je vide mon sac. Je suis un soldat. Tout ce qui se passe ici me dépasse un peu. J’assume ce que j’ai fait et ce que je regrette, c’est que nos hommes politiques n’aient pas notre honneur et notre courage. ».
Un silence approbateur s’établissait sur la salle d’audience.

Le jugement sera rendu le 20 juin 2006 à 13H30.

 

 

JUGEMENT DU 20/06/2006

 

 

Bob Denard échappe à la prison ferme


Agé de 76 ans, le mercenaire a été condamné mardi par le tribunal correctionnel de Paris à cinq ans d’emprisonnement avec sursis pour sa participation à une tentative de coup d’Etat aux Comores en septembre-octobre 1995.

Cinq ans de prison avec sursis. La condamnation prononcée mardi par le tribunal correctionnel de Paris à l’encontre du mercenaire Bob Denard est beaucoup plus clémente que les réquisitions.

A l'issue du procès, qui s'était tenu en février et mars, le vice-procureur du tribunal avait en effet requis cinq ans d'emprisonnement ferme contre le mercenaire. Des peines allant de cinq ans ferme à un an avec sursis avaient également été requises contre les 26 autres prévenus. Atteint de la maladie d’Alzheimer, Bob Denard avait été dispensé de comparaître au procès.

 


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