INGRID BETANCOURT

http://www.monde-magouilles.com

(+ DE 55 VIDÉOS SUR L'AFFAIRE : INGRID BETANCOURT EN FIN DE PAGE)

SAMEDI 23/02/2008 : 6 ANS DE CAPTIVITÉ POUR INGRID

BIOGRAPHIE

Cette femme pourrait faire régner la justice en Colombie.

2002 : elle devait se présenter aux élections présidentielles en Colombie mais elle fut victime d'un enlèvement. Depuis, on est sans nouvelles d'elle.

«La Colombie n'a jamais eu que des petits chefs à sa tête», écrit-elle à juste titre. «Nos vrais leaders ont tous été assassinés.» Et l'on frémit. Car Ingrid Betancourt est un vrai leader. On vient de publier en français son grand livre indigné : La Rage au cœur, Éditions XO.

1961 : naissance d'Ingrid à Bogota (son père est ambassadeur)
1981 : elle fait Sciences Po à Paris et épouse un Français.
1985 et 1988 : naissance de ses enfants.
1990 : elle divorce, revient à Bogota et entre au ministère des Finances.
1994 : elle est élue députée.
1996 : publication de son livre Si sabia, enquête sur le financement de la campagne électorale de Samper par le cartel de Cali.
1998 : fondation d'Oxygeno, son parti. Elle est élue sénatrice avec le meilleur score du pays.
2001 : publication en France de La rage au cœur aux éditions XO.

 

Vie et œuvre
Communiqué officiel de l'Association des Amis d'Ingrid Betancourt:

"Paris, le 13 avril 2002

Voilà maintenant plus d'un mois et demi qu'Ingrid a été enlevée et la campagne pour sa libération s'organise. Vous êtes de plus en plus nombreux à vous manifester.

Il s'agit de faire pression non seulement pour la libération d'Ingrid et de Clara Rojas , mais à travers d'elles, aussi pour celle des quelque 3.000 autres détenus et pour que cessent les violations des droits de l'homme commises par tous les acteurs du conflit en Colombie: FARC, ELN, paramilitaires, Etat colombien et que s'établisse enfin un Etat de droit dans ce pays.

Les Amis d'Ingrid Betancourt, le comité de soutien de Belgique, le comité Ingrid pour la paix et la famille d'Ingrid se sont réunis et mis d'accord pour coordonner les actions que vous pouvez entreprendre:

- une campagne internationale "INGRID BETANCOURT CITOYENNE D'HONNEUR" auprès des municipalités.
- l'envoi de pétitions en France et en Colombie, notamment à la presse et aux médias colombiens.
- La création de comités locaux ou l'adhésion aux comités existants.
- l'information en se branchant sur : www.betancourt.info la diffusion de l'information.

Bien sûr, toutes les initiatives et les autres formes d'action sont les bienvenues.

Il est très important que l'opinion publique colombienne connaisse cette action internationale dont nous sommes tous responsables. Mais, nous savons que la presse colombienne, qui a toujours discriminé Ingrid, ne rendra pas compte spontanément de cette campagne.

Nous devrons donc publier des communiqués payants et aurons besoin de vos dons dans les prochains jours. (Vous trouverez les modalités de versements sur le site ingridbetancourt.com à la page vos dons ou en cliquant directement sur ce lien:

www.ingridbetancourt.com/pages/dons.htm

Tous les détails pour participer à ces diverses actions se trouvent sur le site"

http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Ingrid_Betancourt

 

 

LES FAITS

 

Ingrid Betancourt a été enlevée le 23 février 2002 alors qu'elle était candidate à la présidentielle colombienne, en même temps que sa directrice de campagne Clara Rojas. Comme les deux femmes, "plus de 3.000 personnes" sont actuellement otages de FARC, rappelle le comité de soutien à Ingrid Betancourt.

La France, la Suisse et l'Espagne avaient proposé le 13 décembre de créer une zone démilitarisée sous contrôle international dans le sud-ouest du pays, pour négocier un accord entre le gouvernement et les FARC sur un échange de prisonniers.

Les FARC ont toutefois exclu début janvier tout échange humanitaire entre leurs otages et les guérilleros emprisonnés tant que le président Uribe serait au pouvoir.

L'affaire Betancourt a été au coeur de plusieurs tensions diplomatiques entre la France et la Colombie. La dernière a eu lieu en septembre, la Colombie accusant la France d'envoyer sans consultation un émissaire auprès de la guérilla des FARC.

UN ENLÈVEMENT QUI ARRANGE BEAUCOUP DE MONDE :

Il y a maintenant douze ans, Ingrid Betancourt mettait de côté sa vie tranquille de mère de famille expatriée pour retourner dans son pays et se battre pour en changer l’avenir. Son pays, la Colombie, était au bord du gouffre, saigné par des années de guerre. Pris entre la guérilla marxiste, les paramilitaires, les cartels de la drogue et les politiciens impuissants ou corrompus, peu de gens osaient se lever pour tenter d’offrir une autre vision d’avenir au peuple colombien. Ingrid Betancourt, elle, décide de le faire.

Elle condamne la corruption et la violence, se bat pour le développement régional, pour les plus démunis. Ell e est élue député en 1994, puis sénateur en 1998. Elle fonde son propre parti et compte se présenter aux élections présidentielles de mai 2002. Mais, trois mois avant les élections, Ingrid et sa directrice de campagne, Clara Rojas, sont enlevées par les FARC, les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie. Ingrid Betancourt est une empêcheuse de tourner en rond pour ceux qui font la ruine de la Colombie. Elle se bat avec une folle énergie. Sa popularité est grandissante. Elle gêne des gens de tous les camps. Son enlèvement arrange, décidément, beaucoup de monde…

SA MEILLEURE CHANCE DE SURVIE

L’enlèvement est pratique courante en Colombie. L’assassinat tout autant. Aujourd’hui, Ingrid serait peut être morte si son combat n’était pas connu au-delà des frontières de son pays. Que l’on croie ou pas qu’elle est la femme providentielle dont la Colombie a besoin, n’est pas très important. Elle qui a tout sacrifié pour son pays, mérite, comme des milliers d’autres otages, de ne pas sombrer dans l’oubli médiatique. Sa meilleure chance de survie, c’est qu’on parle d’elle. Très vite, des Comités de soutien à Ingrid Betancourt se constituent. Leur objectif: oeuvrer à la libération de la jeune femme et de son assistante. Leur détention sera longue, très longue. Aujourd’hui encore, près de quatre ans après leur enlèvement, les deux femmes sont toujours prisonnières.

Mais les Comités ne baissent et n'ont jamais baissé les bras. Ils s’assurent en permanence que les media continuent de s’intéresser à elles, que les associations, que les politiques, que les diplomates s’impliquent dans la recherche d’une issue qui leur soit favorable. Et, pour commencer, de faire en sorte que le gouvernement colombien sache que les pays libres suivent l’affaire de près. Car, "oublier Ingrid et Clara, c’est les condamner à mort " …

DES PREUVES DE VIE

Le 2 octobre 2002, des rumeurs de la mort d’ Ingrid Betancourt inquiètent au plus haut point les comités de soutien à travers le monde. Selon la police colombienne, Ingrid aurait succombé à l’épuisement et au paludisme et aurait été enterrée dans une forêt des Andes. Police et armée colombiennes tenteraient, sur place, de vérifier les assertions dans ce sens de dizaines de villageois. Le ministre canadien des Affaires étrangères avait montré un vif intérêt pour la libération d’Ingrid Betancourt lors d’une rencontre avec sa soeur Astrid. Celle ci avait demandé l’appui officiel du gouvernement d’Ottawa pour un "accord humanitaire" consistant en un échange de prisonniers.

Il faut rappeler que plus de trois mille personnes se trouvaient alors séquestrées (par la guérilla ou d'autres organisations) dans un pays ravagé par plusieurs dizaines d’années de guerre civile. Les FARC se disaient prêts à un tel échange, mais le Président colombien Alvaro Uribe, récemment élu, estimait qu’un accord ne pouvait intervenir que dans le cadre d’un nouveau processus de paix. De son côté, le président du Comité canadien de soutien considérait qu’Ottawa et d’autres gouvernements, Paris notamment, disposaient de la crédibilité nécessaire pour demander aux FARC une preuve de vie et pour entamer ensuite des négociations "avant qu’il ne soit trop tard ". Les nouvelles d’Ingrid Betancourt parvinrent à sa famille sous la forme d’une cassette vidéo. Dans ce document de vingt-deux minutes, l’otage apparaît très éprouvée physiquement et fait part de sa détresse morale ainsi que des conditions extrêmement dures de sa détention. Mais elle fait preuve aussi d’une grande lucidité et d’une absolue fidélité à ses principes.

Elle estime que la libération des otages civils retenus comme prisonniers politiques est de la seule responsabilité des rebelles. "Les FARC doivent faire un geste unilatéral de paix, c’est- à- dire des libérations humanitaires " explique-t-elle. Elle exhorte aussi les autorités colombiennes à échanger les rebelles emprisonnés contre les soldats et policiers détenus par les FARC. "L’échange est l’obligation morale d’un État démocratique " affirme-t-elle. Par contre, elle se dit opposée à un accord humanitaire pour un échange de prisonniers entre des civils et des guérilleros: "C’est une position de principe et je souhaite que ma famille le comprenne", lance-t-elle. Mais depuis lors, rien n’a vraiment bougé…

" LORSQUE JE SERAI PRESIDENTE… "

Ingrid Betancourt est un personnage atypique dans son pays. Fille d’un ancien ministre de l’Éducation et d’une mère sénateur, elle a vécu la majeure partie de son enfance à l’étranger, surtout en France où elle a fait Sciences Po. Elle vivait une vie tranquille de mère de famille quand, soudain, elle décide de tout laisser tomber pour rentrer dans son pays et agir. Elle veut se battre pour son peuple. Elle travaille à l’élection de sa mère au sénat puis entre au ministère des Finances. Après quelques années, déçue par le peu de résultats qu’elle obtient, Ingrid décide de se lancer elle même en politique avec son amie Clara Rojas. Elle est élue député. Elle n’a de cesse de dénoncer la corruption des politiques.

Résultat: elle est menacée de mort à plusieurs reprises et échappe de peu à un attentat. Elle est régulièrement la cible des journaux qui portent contre elle les accusations les plus odieuses. Plusieurs fois, elle doit publiquement défendre son honneur mais elle en sort toujours blanchie.

En 1998, elle fonde son propre parti, "Oxygène" et se présente au sénat. Contre toute attente, elle remporte le plus de voix au niveau national ! Elle est bientôt convaincue que la seule façon efficace de changer le système est de se faire élire à la Présidence. Fin 2001, elle démissionne donc de son poste de sénateur et s’en va en lançant un retentissant: "Lorsque je serai Présidente, je vous démissionnerai tous !" Les élections ont lieu en mai 2002. Le 23 février, le destin d’Ingrid Betancourt va basculer sur la route de San Vicente…

TOUR DE PASSE- PASSE

Ce jour là, la jeune femme s’apprête à se rendre dans cette petite ville située dans une enclave cédée par le gouvernement aux FARC dans le cadre des négociations de paix. San Vicente a, comme maire, un élu officiel du parti créé par Ingrid. Au lendemain des élections locales, elle-ci avait promis d’aller soutenir dans leurs difficultés les paysans de la ville. " Je viens chez vous, avait elle annoncé, exiger des garanties pour la cette zone démilitarisée dont la population civile a joué un rôle important en acceptant que son territoire soit transformé en laboratoire de paix. C’est maintenant à tous les Colombiens d’agir pour que cette région ne devienne pas une terre de barbarie et de terreur " . Mais le contexte politique n’était guère favorable.

Deux jours plus tôt, le gouvernement avait rompu les négociations de paix et, le jour de l’enlèvement, l’armée lançait une offensive pour reprendre la zone aux FARC. Le samedi 23, Ingrid devait, à la suite d’un accord avec le frère du Président de la République (à l’ époque, M. Pastrana qui se rendait aussi à San Vicente) prendre place dans un des hélicoptères présidentiels.

Toutefois, à la dernière minute, M. Pastrana lui fit dire, par un de ses généraux, qu’elle ne pouvait pas s’embarquer. C’était un comble : une candidate officielle à la Présidence de la République se voyait interdire le moyen de transport le plus sûr alors que des dizaines de journalistes, eux, en bénéficiaient! Finalement, les services de sécurité colombiens lui prêteront une voiture banalisée. Peu de temps après, elle était kidnappée avec son amie…Plus tard, le Président Pastrana confiera : "Si vous croyez que j’allais me laisser damer le pion par Ingrid "…

"UNE INJUSTICE SOCIALE CONSIDÉRABLE "

Deux semaines plus tard seulement, l’association "Les amis d’Ingrid Betancourt " publie un premier communiqué: "La Colombie est en guerre – non déclarée mais réelle- depuis une quarantaine d’années. La violence endémique dans ce pays a causé environ deux cent mille morts. Les assassinats indiscriminés -pratiquement jamais élucidés- ont atteint toutes les couches de la population: des candidats à la Présidence, des leaders politiques, des juges, des journalistes,des prêtres, des syndicalistes, des paysans, des Indiens, des défenseurs des Droits de l’Homme. Ils ont été perpétrés aussi bien par des groupes paramilitaires, que par l’armée, les cartels de la drogue, des délinquants de droit commun, la guérilla.

A l’origine du conflit, une injustice sociale considérable dans ce pays riche où s’affichent des fortune indécentes alors que plus de cinquante pour cent de la population vit en état de pauvreté". Rappelant " l’immense responsabilité de la classe dirigeante" qui "ne veut rien céder et semble convaincue que la paix s’obtiendra par les armes, dût-elle coûter encore des milliers de vies humaines et des déplacements internes de populations", l’association réclame la libération de celle "qui se bat pour la justice sociale, contre la corruption, pour la défense des plus pauvres " .

Depuis l'enlèvement et sous l'impulsion des comités, toutes les formes de manifestations se relaient dans de nombreux pays, y compris, évidemment, en Colombie : occupation pacifique de la cathédrale de Bogota, appels au Président Uribe ("Sauvez la vie de trois mille fils de Colombie " ) , marches de soutien, défilés, intervention sur les télévisions et dans les radios, messages sur le site Internet, et même des T-shirts, posters, ballons. Des centaines de villes à travers l’Europe (au nombre de 1.500 en décembre 2005) élisent Ingrid Betancourt citoyenne d’honneur pour célébrer son courage. Et toujours des demandes renouvelées d’intervention adressées au gouvernement de Bogota. Un an, deux ans passent. Quelques timides tentatives sont lancées, tantôt par les FARC, tantôt par les autorités colombiennes. Sans résultat.

UNE SI LONGUE ATTENTE

Le 31 août 2003, une deuxième vidéo est diffusée. Clara Rojas, l’amie et directrice de compagne d’Ingrid qui a refusé d’être libérée pour rester avec elle, est aussi vivante et apparemment en bonne santé. Elle explique, entre autres, qu’elles ont changé vingt-cinq ou vingt-six fois de campement depuis leur enlèvement, qu’Ingrid a fait trois grèves de la faim et qu’il avait fallu la ligoter pour lui administrer du sérum et lui sauver la vie.

Le 18 août 2004, le Président Uribe rend publique une offre (la toute première) qu’il a faite aux FARC un mois plus tôt. Il acceptait de libérer cinquante guérilleros "qui n’ont pas de sang sur les mains" contre tous les otages "échangeables", soit soixante membres du Congrès, des militaires, des politiciens et trois Américains. "Inacceptable " répondent les FARC.

Janvier 2005. Un émissaire des FARC qui se trouvait à Caracas (Vénézuéla) pour rencontrer des responsables suisses chargés de négocier la libération des otages, est enlevé en plein jour dans le cadre d’une opération commanditée par le gouvernement colombien.

23 février 2005, troisième anniversaire de l’enlèvement. Déclaration d’un député à la Chambre des Communes à Ottawa: "J’invite tous mes collègues à faire un geste pour que cet anniversaire soit le dernier " .

27 Juillet 2005. Enfin, une ouverture! Après la première libération (depuis 2001) d’un otage par les FARC, un émissaire du gouvernement français rencontre, avec l’accord de Bogota, un représentant des guérilleros. Quelques jours plus tard, le Président Uribe, reçoit la mère d’Ingrid Betancourt. Il autorise alors son Commissaire à la Paix à rencontrer les FARC "au jour, à l’heure et à l’endroit où ils le souhaitent" pour discuter d’un échange de détenus. Trois mois plus tard, les FARC n’ont toujours pas donné de réponse...

 

 

Une équipe de la DGSE a participé à la tentative de libération de Mme Betancourt

 



L’expédition secrète, imaginée par le ministère français des affaires étrangères, a échoué. Informé par Astrid Betancourt de la possible libération de sa soeur, Ingrid Betancourt, détenue depuis le 23 février 2002 par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), le Quai d’Orsay a décidé d’envoyer en Amazonie, via le Brésil, une « mission d’appui humanitaire » .

Composée exclusivement d’une équipe médicale, cette mission devait apporter les premiers soins à Ingrid Betancourt : telle a été, jusqu’à présent, la version des autorités françaises. En réalité, outre le personnel navigant et l’équipe médicale -tous militaires-, plusieurs agents de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), qui dépend du ministère de la défense, se trouvaient à bord de l’avion.

L’opération a été décidée dans l’urgence. Début juillet, un intermédiaire avait informé Astrid Betancourt d’une possible libération de sa soeur dans les jours suivants, et lui avait proposé un rendez-vous dans la petite ville de Leticia, sur le fleuve Amazone. Cet homme, selon Astrid Betancourt, serait un paysan d’une soixantaine d’années, venu à Bogota en provenance du département du Putumayo. Selon le Quai d’Orsay, les autorités colombiennes auraient été mises au courant par la famille Betancourt qui leur aurait demandé de ne pas monter une opération militaire pour ne pas mettre en danger la vie de l’otage.

Les conditions posées à Astrid Betancourt étaient claires : un membre de la famille et un prêtre devaient se rendre, seuls, à la frontière entre la Colombie et le Brésil. Le 5 juillet, la soeur d’Ingrid Betancourt arrive au lieu de rendez-vous. Mardi 8 juillet dans la soirée, au moment de s’embarquer sur un bateau à destination de la frontière, Astrid Betancourt prévient l’ambassadeur de France à Bogota, Daniel Parfait. Elle lui demande un avion de rapatriement et une assistance médicale, craignant que sa soeur puisse être très affaiblie par un an et demi de séquestration.

C’est donc à la France - deuxième patrie d’Ingrid Betancourt, qui a la double nationalité - d’agir. Très impliqué personnellement dans le dossier, le ministre des affaires étrangères Dominique de Villepin prend les commandes de l’opération. Il a connu Ingrid Betancourt au début des années quatre-vingt, à l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris. Le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, qui devait pourtant effectuer une visite de deux jours en Colombie à compter du 22 juillet, n’est pas mis dans la confidence. De même, à l’Elysée, on estime qu’une telle opération « n’aurait pu avoir lieu sans que le président n’en soit informé », et on assure que « ça n’a pas été le cas. »

Le 9 juillet, l’avion Hercules C-130 en provenance de la base militaire d’Evreux (Eure) se pose à Manaus, capitale de l’Etat de l’Amazonie brésilienne. Selon le ministère de la défense, ce gros porteur a été choisi parce qu’il pouvait atteindre cette destination sans escale de ravitaillement. A son bord, une dizaine de passagers sont tous munis d’un passeport diplomatique. Parmi eux, Pierre-Henri Guignard est le chef-adjoint du cabinet de Dominique de Villepin.

Les militaires de la DGSE n’étaient pas armés, assure-t-on au ministère de la défense. D’autres responsables évoquent en revanche une « équipe de protection » . Ils auraient par ailleurs disposé d’équipements de communication ultrasophistiqués pour leur permettre d’évoluer dans la jungle.

Les autorités brésiliennes n’étaient à ce moment pas informées de la nature et du détail de l’opération même si une autorisation de survol et d’atterrissage avait été demandée et accordée. A Brasilia, le ministère des relations extérieures prétend n’avoir été prévenu de l’opération alors en cours que le samedi 12 juillet. L’affirmation a été « tardive et partielle », selon le porte-parole du palais d’Itamaraty,Ricardo Neiva Tavares.

Sur l’aéroport de Manaus où atterri le C-130, la police fédérale veut procéder à une inspection de l’avion. Cette visite leur est refusée sans explications, au seul motif de la protection dipUnlomatique. Au Quai d’Orsay, on réfute cette version : si cette demande d’inspection avait été faite, elle aurait été satisfaite, assure-t-on.

Relayée par l’hebdomadaire brésilien Carta Capital, l’hypothèse d’une livraison d’armes aux FARC en échange de la libération d’ingrid Betancourt est vigoureusement rejetée par Dominique de Villepin . « Nous avons agi en total transparence, à la demande de la famille Betancourt, a déclaré au Monde le ministre des affaires étrangères. Il n’y a évidemment pas la moindre affaire de trafic d’armes là-dessous. De toute façon, les FARC sont l’une des organisations terroristes les plus riches du monde et n’ont pas besoin qu’on leur vende des armes supplémentaires. Surtout, la France a des relations amicales avec le Brésil et la Colombie et ne monterait certainement pas ce genre d’opération qui aurait vite fait de générer une crise diplomatique. D’ailleurs, je n’aurais pas envoyé mon directeur de cabinet dans l’avion s’il s’était agi d’une telle opération. Il s’agit d’une mission médicale et humanitaire conduite et assumée comme telle. »

Pendant deux jours, l’avion reste immobilisé à Manaus dans l’attente de la libération. Puis il doit s’envoler pour Cayenne (Guyane), à la demande des autorités brésiliennes qui s’impatientent. Pendant ce temps, depuis le 5 juillet, Astrid Betancourt, accompagnée d’un prêtre, attend en vain au coeur de l’Amazonie une hypothétique libération.

Les espoirs de la famille sont une nouvelle fois déçus. Peut-être alertées par l’agitation qui s’est emparée de cette zone frontalière, les FARC ont-elles annulé l’opération. Le 14 juillet, Astrid Betancourt rentre à Bogota, passant le relais à son beau-frère, Juan-Carlos Lecompte.

Cette affaire se solde par une double méprise diplomatique, vis-à-vis de la Colombie et du Brésil. A Bogota, le ministère de la Défense nie avoir été mis au courant, ce qui contredit la « très grande confiance » évoquée par Nicolas Sarkozy lors de sa visite. La Colombie s’inquiète par ailleurs de possibles discussions entre la France et les FARC. Ces contatcts ont été vigoureusement niés par M. de Villepin et par Nicolas Sarkozy. Lors de sa visite à Bogota, le ministre de l’intérieur a assuré « de la façon la plus formelle » que « le gouvernement français a toujours indiqué qu’il n’entretenait pas de contact avec les FARC. » Toutefois, certains responsables gouvernementaux français évoquent un possible « donnant-donnant diplomatique ». Paris tenterait de servir de médiateur ou de « facilitateur » du dialogue, entretenant des contacts par diverses filières avec la guérilla.

L’affaire a également été très mal prise à Brasilia. Le numéro 2 du ministère, Samuel Pinheiro Guimaraes, a demandé des explications à l’ambassadeur de France, Alain Rouquié. Itamaraty n’a pas voulu aggraver l’incident par des déclarations publiques, et l’on assure côté français qu’un « point final » a été mis à cette affaire.

Le cauchemar des militaires brésiliens et de beaucoup de personnalités civiles est « l’internationalisation de l’Amazonie », région à cheval sur neuf pays. Les premières spéculations policières, découvrant une équipe étrangère se dirigeant vers la zone frontalière, évoquaient toutes sortes de trafics, drogue ou même biopiraterie. La mobilisation de la Police Fédérale aurait pu alerter la guérilla. L’attitude des diplomates et agents français à Manaus a suscité l’exaspération des policiers brésiliens, qui ont dévoilé l’affaire au reporter de Carta Capital, Bob Fernandes.

L’hebdomadaire revient sur le sujet dans son édition parue à Sao Paulo vendredi 25 juillet. A Brasilia, l’inquiétude dépasse de loin les susceptibilités personnelles. L’armée brésilienne a annoncé qu’elle combattra les FARC si elles traversent la frontière. Or, la libération d’Ingrid Betancourt devait bien avoir lieu en territoire brésilien.

PATRICE SAINT-JACQUES

 

 

Le jeudi 10 janvier 2008

Les deux otages des FARC sont libres

 

Une des deux otages, Clara Rojas, s'est entretenue au téléphone avec le président vénézuélien Hugo Chavez après sa libération.
Photo Reuters

Agence France-Presse

Caracas

Les deux Colombiennes Clara Rojas et Consuelo Gonzalez, qui ont recouvré jeudi la liberté après plusieurs années passées aux mains de la guérilla des Farc dans la jungle, sont arrivées au cours de la soirée à Caracas où les attendaient leurs proches.

Les deux femmes, qui semblaient en bonne forme, ont été libérées au cours d'une opération héliportée menée dans la jungle colombienne, organisée par la Colombie et le Venezuela en collaboration avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Otages de la guérilla marxiste colombienne des Farc depuis plusieurs années, elles ont été transférées en hélicoptère jusqu'à Santo Domingo, un aéroport situé dans l'ouest du Venezuela, d'où elles ont embarqué à bord d'un avion à destination de Caracas.

L'appareil s'est posé environ une heure plus tard sur l'aéroport de la capitale vénézuélienne, où l'attendaient les proches des ex-otages et de hauts responsables vénézuéliens.

À sa descente de l'avion, Consuelo Gonzalez, une ex-parlementaire de 57 ans, a été accueillie par ses filles en pleurs, Patricia et Maria Fernanda Perdomo, qui l'attendaient avec des fleurs. Elle a aussi pris dans ses bras sa petite-fille de deux ans qu'elle ne connaissait pas.

«C'est comme revenir à la vie. Par moments, je pense que c'est un rêve», a-t-elle déclaré.

Clara Rojas, une avocate de 44 ans, a retrouvé sa mère, Clara Gonzalez, âgée de 76 ans, et la serrée dans ses bras.

Les proches de Consuelo Gonzalez portaient des affiches avec les mots: «Maintenant liberté pour tous.»

 

Consuelo Gonzalez et Clara Rojas.

 

La libération des deux femmes avait été annoncée quelques heures plus tôt à Caracas par le président vénézuélien Hugo Chavez. Le chef d'État avait annoncé mercredi une nouvelle tentative de libérer les deux femmes, après l'échec d'une première opération fin décembre.

Elles «ont retrouvé la pleine liberté. Je leur ai souhaité la bienvenue à la vie», a déclaré devant la presse le président Chavez.

Il a indiqué que son ministre de l'Intérieur, Ramon Rodriguez Chacin, l'avait appelé par téléphone quelques minutes avant midi (16h30 GMT) pour lui annoncer la libération des deux otages.

«Semblant très ému, notre ministre de l'Intérieur m'a dit:«En ce moment, nous sommes en train de recevoir Clara et Consuelo des mains d'un commando des Farc», a raconté M. Chavez.

«J'ai salué le chef du groupe des Farc, j'ai salué Clara et Consuelo, très émues», a dit le président vénézuélien.

Fin décembre, une précédente opération humanitaire internationale chapeautée par le Venezuela pour aller chercher les deux femmes et Emmanuel, fils de Clara Rojas et d'un guérillero des Farc, s'était soldée par un échec.

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) avaient promis de libérer les trois otages et de les remettre à M. Chavez. Mais l'opération avait échoué notamment parce que la guérilla ne détenait plus Emmanuel, qui avait été confié en secret dès 2005 à une famille d'accueil sous un faux nom.

Des analyses ADN ont confirmé que le petit garçon était bien le fils, né en captivité, de Clara Rojas.

Mercredi, le président Chavez avait annoncé qu'une nouvelle opération était en préparation, en coopération avec les autorités colombiennes.

Celle-ci a été menée dans la jungle à partir de l'aéroport colombien de San José de Guaviare, à 300 kilomètres au sud-est de Bogota, où deux hélicoptères vénézuéliens se sont posés jeudi matin avant de redécoller pour aller chercher les otages.

Clara Rojas, principale collaboratrice de l'ancienne candidate à la présidence colombienne Ingrid Betancourt, avait été capturée avec elle le 23 février 2002. Consuelo Gonzalez avait été enlevée par les Farc le 10 septembre 2001.

La famille d'Ingrid Betancourt s'est réjouie de ces deux libérations, en espérant qu'elle ouvrirait la voie à celle de la Franco-Colombienne.

«Nous nous réjouissons de tout coeur de la libération de Clara et de Consuelo», écrivent Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid, et Astrid Betancourt, sa soeur, dans un message diffusé à Paris par un comité de soutien aux otages en Colombie.

«Je suis très émue. C'est un formidable élan pour faire que tous les autres otages, dont maman, reviennent à la maison. Cela montre que quand il y a de la volonté, on peut avancer», a déclaré par téléphone depuis New York Mélanie Delloye, la fille d'Ingrid Betancourt.

Les Farc se disent prêtes à libérer, en plus de Clara Rojas et Consuelo Gonzalez, 43 de leurs otages, dont Ingrid Betancourt et trois Américains, contre la libération de 500 de leurs militants emprisonnés.

http://www.cyberpresse.ca/article/20080110/CPMONDE/80110033/7067/CPMONDE

 

 

Pour la France, les FARC restent une organisation terroriste
AP / 21.01.2008

 

La France demeure solidaire des positions de l'Union européenne s'agissant de la qualification des FARC" en organisation terroriste, a déclaré lundi Nicolas Sarkozy au président colombien Alvaro Uribe, selon son porte-parole David Martinon.

 

"Du point de vue de la France, cette question ne pourrait être réexaminée qu'en fonction d'une évolution du comportement des FARC qu'elle appelle de ses voeux", a ajouté le chef de l'Etat selon son porte-parole.

Auréolé du succès de sa médiation qui a permis la libération le 10 janvier de Clara Rojas et Consuelo Gonzalez, le président vénézuélien Hugo Chavez a proposé que les FARC soient retirées de la liste des organisations terroristes. Un appel qui a déclenché la polémique, Alvaro Uribe réaffirmant qu'il est hors de question de légitimer des terroristes.

Selon David Martinon, Nicolas Sarkozy a par ailleurs "encouragé" lundi Alvaro Uribe "à n'exclure aucun concours utile pour permettre en particulier la libération sans délai des otages femmes ou malades dont notre compatriote Ingrid Betancourt", et ce alors que les rapports du président colombien sont particulièrement tendus avec Hugo Chavez.

Lors d'une conférence de presse à la Maison de l'Amérique latine à Paris, à l'issue de son entretien à l'Elysée, le président colombien a éludé la question au sujet de la médiation de son homologue vénézuélien, invoquant "le profond respect à notre peuple frère vénézuélien".

Interrogé sur le cas d'Ingrid Betancourt et l'"obsession" du président Sarkozy pour sa libération, Alvaro Uribe a rétorqué que la Colombie était "obsédée par la sécurité du pays et qu'il "comprend l'obsession de Nicolas Sarkozy pour Ingrid Betancourt". "Toute cause noble nécessite l'obsession".

Alors que les efforts de médiation des émissaires français, espagnol et suisse dans le dossier des otages étaient suspendus depuis des mois, Bogota leur a récemment demandé de s'accorder avec l'église colombienne en vue de la création d'une "zone de rencontre", proposition visant à sélectionner 150km du territoire colombien libre de présence militaire pour y discuter d'une éventuelle prise de contact avec les FARC.

A ce sujet, le président français a assuré, selon son porte-parole, "que la France soutenait toutes les initiatives susceptibles de contribuer à la libération des otages".

"Quant au réengagement direct de trois pays -Suisse, Espagne, France- aux côtés de cette facilitation, le président de la République a rappelé qu'il pourrait de son point de vue être utile si ces efforts de facilitation disposent de garanties d'indépendance et de marges de discussions indispensables à son succès", a toutefois souligné David Martinon.

A l'issue d'une rencontre de près d'une heure avec le président français, M. Uribe a évoqué à sa sortie de l'Elysée "un entretien très confiant, sincère, très constructif". "Les horloges de la Colombie et de la France marchaient de façon synchrone", a-t-il ensuite assuré lors de sa conférence de presse.

Cherchant à reprendre la main au niveau international, M. Uribe est arrivé dimanche à Paris pour une tournée européenne, dont le premier rendez-vous était une rencontre avec des membres de la famille d'Ingrid Betancourt dimanche. Le chef d'Etat colombien se rendra ensuite en Belgique et en Espagne, et achèvera son voyage en Suisse, pour le Forum économique mondial de Davos.

Lors de leur entretien à l'Elysée lundi matin, MM. Sarkozy et Uribe ont évoqué en particulier "la question des otages et les moyens de parvenir à leur libération" selon M. Martinon. Les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) détiennent plus de 700 otages dont la franco-colombienne Ingrid Betancourt depuis 2002.

Nicolas Sarkozy a "remercié son homologue pour avoir facilité la libération récente de deux otages" et "l'a encouragé à poursuivre en ce sens pour faciliter de nouvelles libérations", selon le porte-parole de l'Elysée. Hugo Chavez avait accusé Alvaro Uribe d'avoir tenté de saboter ses efforts pour obtenir la libération de Clara Rojas, ancienne directrice de campagne d'Ingrid Betancourt, et de la parlementaire Consuelo Gonzalez de Perdomo, finalement intervenue le 10 janvier après plusieurs tentatives avortées.

Le président "a réaffirmé à son homologue l'engagement de la France et sa détermination personnelle à contribuer à une solution rapide au drame que vivent les otages", a souligné M. Martinon. AP

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/ameriques/20080121.FAP1598/pour_la_france_les_farc_restent_une_organisation_terror.html

 

 

La contre-offensive diplomatique d'Uribe auprès de Sarkozy

 

Eric Feferberg AFP ¦ Le président colombien Alvaro Uribe reçu par Nicolas Sarkozy, le 21 janvier 2008 à l'Elysée


Le président colombien a défendu ce lundi devant son homologue français Nicolas Sarkozy ses propositions pour la libération des otages de la guérilla des Farc, dans une contre-offensive diplomatique face au président vénézuélien Hugo Chavez.

Médiation de l'Eglise catholique

Alvaro Uribe a entamé dimanche à Paris une tournée européenne qui le mènera en Espagne, en Suisse et à Bruxelles afin de souligner «les efforts» de son pays en faveur de la libération des otages, dont la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, une priorité de Nicolas Sarkozy.

Mais il a dans le même temps réaffirmé son objectif «d'écraser» la guérilla marxiste des Farc, juste avant d'être reçu à l'Elysée. Alvaro Uribe a notamment demandé l'appui du président français après avoir relancé une médiation de l'Eglise catholique avec la participation d'émissaires représentant la France, l'Espagne et la Suisse. Une médiation qui vise à parvenir à l'échange de 43 otages dits «politiques», dont Ingrid Betancourt, contre 500 guérilleros emprisonnés.

Nicolas Sarkozy a apporté un soutien conditionnel à cette proposition, estimant qu'elle pouvait être «utile» si elle dispose de «garanties d'indépendance et de marges de discussion indispensables à son succès», a souligné le porte-parole de l'Elysée, David Martinon.

Chavez considéré comme un acteur majeur

Le chef de l’Etat français a également «encouragé» Alvaro Uribe «à n'exclure aucun concours utile pour permettre en particulier la libération sans délai des otages». Hugo Chavez, qui vient d'arracher aux Farc la libération de deux otages, a toujours été considéré comme un acteur majeur par Paris pour aboutir à la libération d’Ingrid Betancourt.

«Le but de sa tournée c'est de reprendre la main» face à Hugo Chavez, a affirmé Fabrice Delloye, père des enfants de la Franco-colombienne. «Notre sentiment avec mes enfants, c'est de dire que si le président Chavez peut jouer un rôle utile, tant mieux, mais de grâce dans la discrétion et dans le respect du gouvernement colombien. Il ne peut pas passer son temps à injurier Uribe et son gouvernement», a-t-il ajouté.

Un «pion des Américains»

Hugo Chavez a accusé Alvaro Uribe d'être un «pion des Américains» et de ne penser qu'à «sa guerre» contre la guérilla marxiste des Farc, sans aucune considération pour les otages.

http://www.20minutes.fr/article/207539/France-La-contre-offensive-diplomatique-d-Uribe-aupres-de-Sarkozy.php

 

 

Le fils d'Ingrid Betancourt rencontre Alvaro Uribe
NOUVELOBS.COM / 22.01.2008

Le président colombien a entamé dimanche une visite de cinq jours en Europe. Il doit être reçu lundi par Nicolas Sarkozy.

 

Mélanie et Lorenzo Betancourt (Reuters)


Lorenzo Delloye-Betancourt, le fils d'Ingrid Betancourt et de Fabrice Delloye, l'ex-mari et père des enfants d'Ingrid Betancourt, doit rencontrer le président colombien, Alvaro Uribe, dimanche 20 janvier. Il doit être accompagné d'Hervé Marro, porte-parole du Comité de soutien à Ingrid Betancourt.
La rencontre doit avoir lieu à 17H30, en présence du président colombien Alvaro Uribe et de l'Ambassadeur de Colombie, Fernando Cepeda Ulloa, à la Résidence de l'Ambassadeur de Colombie, située à l'angle de la Rue de Grenelle et de la Rue Constantine (à proximité des Invalides), à Paris.

La question des otages

Dans le cadre d'une tournée de cinq jours en Europe, Alvaro Uribe est arrivé dimanche en France. Il doit rencontrer le président Nicolas Sarkozy lundi.
La question des otages, et plus particulièrement le sort d'Ingrid Betancourt, sera l'un des thèmes majeurs abordé lors de l'entretien des deux chefs d'Etat.
Ingrid Betancourt est otage des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) depuis le 23 février 2002.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/ameriques/20080120.OBS6143/le_fils_dingrid_betancourt_rencontre_alvaro_uribe.html

 

 

La famille d’Ingrid Betancourt
“ Il faut à tout prix que Chavez continue la médiation”
Par : EL MOUDJAHID

 

Juan Carlos Lecompte, le second mari d’Ingrid Betancourt

 

Il faut ’’à tout prix’’ que le président vénézuélien Hugo Chavez poursuive sa mission de médiation pour obtenir de nouvelles libérations d’otages, a déclaré jeudi Astrid Betancourt, la soeur d’Ingrid, la franco-colombienne otage de la guérilla des Farc, dont l’opinion est partagée par d’autres membres de sa famille, ont rapporté des agences de presse. Astrid Betancourt, qui était interrogée par la radio privée Caracol, est formelle: "Les efforts de Chavez ont été couronnés de succès". Pour Juan Carlos Lecompte, le second mari d’Ingrid Betancourt, qui s’exprimait devant un groupe de journalistes à Bogota, le président Chavez était "la personne idoine" pour obtenir de nouvelles libérations d’otages, notamment d’Ingrid Betancourt.
" C’est la première fois", dit-il, "que la guérilla (des Farc) libère de manière unilatérale et sans condition des otages politiques", soulignant que la guérilla "écoute Chavez".

http://www.elmoudjahid.com/stories.php?story=08/01/11/2297108

 

 

Les lettres d'Ingrid et de sa famille rassemblées dans un livre
par Sarah Gandillot,
Les éditions du Seuil publient un ouvrage qui rassemble les lettres échangées entre Ingrid Betancourt et sa famille.

 

Les lettres d'Ingrid et de sa famille rassemblées dans un livre
Il y a quelques semaines déjà, fin novembre, la France entière était bouleversée par la lettre envoyée par Ingrid Betancourt à sa famille.

Une lettre qui marquait. Des mots qui nous touchaient au plus profond, un appel au secours écrit du fin fond de la jungle colombienne. Ingrid Bétancourt écrivait à sa mère. Elle racontait sa souffrance physique et morale, le désespoir qui l'habite, la pensée de ses enfants qui la fait tenir.

Pour elle, il faut lire ces mots, s'en imprégner. Pour ne pas l'oublier. Et pour que ces mots ne se perdent pas, les éditions du Seuil publient aujourd'hui un court livre de 62 pages intitulé Lettres à maman par-delà l'enfer . Cet ouvrage qui comprend la lettre d'Ingrid Betancourt, otage des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), ainsi que des textes de ses enfants, a été préfacé par le prix Nobel de la paix Elie Wiesel.
Lettres à maman, par-delà l'enfer, qui sort cette semaine en librairie en France, paraîtra prochainement dans d'autres pays, comme en Amérique Latine, notamment en Colombie et au Brésil. Il sort aussi aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, Italie, Espagne, Portugal, Grèce et aux Pays-Bas.

 

Extrait de la lettre

" Je n’ai envie de rien. Je crois que c’est la seule chose de bien, je n’ai envie de rien car, ici, dans cette jungle, l’unique réponse à tout est « non ». Il vaut mieux donc, n’avoir envie de rien pour demeurer, au moins, libre de désirs. Cela fait 3 ans que je demande un dictionnaire encyclopédique pour lire quelque chose, apprendre quelque chose, maintenir vive la curiosité intellectuelle. Je continue à espérer, qu’au moins par compassion, ils m’en procureront un, mais il vaut mieux ne pas y penser. Chaque chose est un miracle, même t’entendre chaque matin car ma radio est très vieille et abîmée."

Pour lire la suite de ce texte, cliquez-ici

Plus de 370 000 signataires ! Sur le site www.agirouringrid.com, vous pourrez aussi signer la pétition pour la libération d'Ingrid Bétancourt.

http://www.femmeactuelle.fr/loisirs/news-culture/les-mots-d-ingrid-betancourt-02858

 

 

LA LISTE DES OTAGES DÉTENUS PAR LES FARC

 

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Biographie de Ingrid BETANCOURT

 

 

 

 

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Montage: Patrice Saint-Jacques :

 

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