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Une équipe de la DGSE a participé à la tentative de libération de Mme Betancourt

 



L’expédition secrète, imaginée par le ministère français des affaires étrangères, a échoué. Informé par Astrid Betancourt de la possible libération de sa soeur, Ingrid Betancourt, détenue depuis le 23 février 2002 par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), le Quai d’Orsay a décidé d’envoyer en Amazonie, via le Brésil, une « mission d’appui humanitaire » .

Composée exclusivement d’une équipe médicale, cette mission devait apporter les premiers soins à Ingrid Betancourt : telle a été, jusqu’à présent, la version des autorités françaises. En réalité, outre le personnel navigant et l’équipe médicale -tous militaires-, plusieurs agents de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), qui dépend du ministère de la défense, se trouvaient à bord de l’avion.

L’opération a été décidée dans l’urgence. Début juillet, un intermédiaire avait informé Astrid Betancourt d’une possible libération de sa soeur dans les jours suivants, et lui avait proposé un rendez-vous dans la petite ville de Leticia, sur le fleuve Amazone. Cet homme, selon Astrid Betancourt, serait un paysan d’une soixantaine d’années, venu à Bogota en provenance du département du Putumayo. Selon le Quai d’Orsay, les autorités colombiennes auraient été mises au courant par la famille Betancourt qui leur aurait demandé de ne pas monter une opération militaire pour ne pas mettre en danger la vie de l’otage.

Les conditions posées à Astrid Betancourt étaient claires : un membre de la famille et un prêtre devaient se rendre, seuls, à la frontière entre la Colombie et le Brésil. Le 5 juillet, la soeur d’Ingrid Betancourt arrive au lieu de rendez-vous. Mardi 8 juillet dans la soirée, au moment de s’embarquer sur un bateau à destination de la frontière, Astrid Betancourt prévient l’ambassadeur de France à Bogota, Daniel Parfait. Elle lui demande un avion de rapatriement et une assistance médicale, craignant que sa soeur puisse être très affaiblie par un an et demi de séquestration.

C’est donc à la France - deuxième patrie d’Ingrid Betancourt, qui a la double nationalité - d’agir. Très impliqué personnellement dans le dossier, le ministre des affaires étrangères Dominique de Villepin prend les commandes de l’opération. Il a connu Ingrid Betancourt au début des années quatre-vingt, à l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris. Le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, qui devait pourtant effectuer une visite de deux jours en Colombie à compter du 22 juillet, n’est pas mis dans la confidence. De même, à l’Elysée, on estime qu’une telle opération « n’aurait pu avoir lieu sans que le président n’en soit informé », et on assure que « ça n’a pas été le cas. »

Le 9 juillet, l’avion Hercules C-130 en provenance de la base militaire d’Evreux (Eure) se pose à Manaus, capitale de l’Etat de l’Amazonie brésilienne. Selon le ministère de la défense, ce gros porteur a été choisi parce qu’il pouvait atteindre cette destination sans escale de ravitaillement. A son bord, une dizaine de passagers sont tous munis d’un passeport diplomatique. Parmi eux, Pierre-Henri Guignard est le chef-adjoint du cabinet de Dominique de Villepin.

Les militaires de la DGSE n’étaient pas armés, assure-t-on au ministère de la défense. D’autres responsables évoquent en revanche une « équipe de protection » . Ils auraient par ailleurs disposé d’équipements de communication ultrasophistiqués pour leur permettre d’évoluer dans la jungle.

Les autorités brésiliennes n’étaient à ce moment pas informées de la nature et du détail de l’opération même si une autorisation de survol et d’atterrissage avait été demandée et accordée. A Brasilia, le ministère des relations extérieures prétend n’avoir été prévenu de l’opération alors en cours que le samedi 12 juillet. L’affirmation a été « tardive et partielle », selon le porte-parole du palais d’Itamaraty,Ricardo Neiva Tavares.

Sur l’aéroport de Manaus où atterri le C-130, la police fédérale veut procéder à une inspection de l’avion. Cette visite leur est refusée sans explications, au seul motif de la protection dipUnlomatique. Au Quai d’Orsay, on réfute cette version : si cette demande d’inspection avait été faite, elle aurait été satisfaite, assure-t-on.

Relayée par l’hebdomadaire brésilien Carta Capital, l’hypothèse d’une livraison d’armes aux FARC en échange de la libération d’ingrid Betancourt est vigoureusement rejetée par Dominique de Villepin . « Nous avons agi en total transparence, à la demande de la famille Betancourt, a déclaré au Monde le ministre des affaires étrangères. Il n’y a évidemment pas la moindre affaire de trafic d’armes là-dessous. De toute façon, les FARC sont l’une des organisations terroristes les plus riches du monde et n’ont pas besoin qu’on leur vende des armes supplémentaires. Surtout, la France a des relations amicales avec le Brésil et la Colombie et ne monterait certainement pas ce genre d’opération qui aurait vite fait de générer une crise diplomatique. D’ailleurs, je n’aurais pas envoyé mon directeur de cabinet dans l’avion s’il s’était agi d’une telle opération. Il s’agit d’une mission médicale et humanitaire conduite et assumée comme telle. »

Pendant deux jours, l’avion reste immobilisé à Manaus dans l’attente de la libération. Puis il doit s’envoler pour Cayenne (Guyane), à la demande des autorités brésiliennes qui s’impatientent. Pendant ce temps, depuis le 5 juillet, Astrid Betancourt, accompagnée d’un prêtre, attend en vain au coeur de l’Amazonie une hypothétique libération.

Les espoirs de la famille sont une nouvelle fois déçus. Peut-être alertées par l’agitation qui s’est emparée de cette zone frontalière, les FARC ont-elles annulé l’opération. Le 14 juillet, Astrid Betancourt rentre à Bogota, passant le relais à son beau-frère, Juan-Carlos Lecompte.

Cette affaire se solde par une double méprise diplomatique, vis-à-vis de la Colombie et du Brésil. A Bogota, le ministère de la Défense nie avoir été mis au courant, ce qui contredit la « très grande confiance » évoquée par Nicolas Sarkozy lors de sa visite. La Colombie s’inquiète par ailleurs de possibles discussions entre la France et les FARC. Ces contatcts ont été vigoureusement niés par M. de Villepin et par Nicolas Sarkozy. Lors de sa visite à Bogota, le ministre de l’intérieur a assuré « de la façon la plus formelle » que « le gouvernement français a toujours indiqué qu’il n’entretenait pas de contact avec les FARC. » Toutefois, certains responsables gouvernementaux français évoquent un possible « donnant-donnant diplomatique ». Paris tenterait de servir de médiateur ou de « facilitateur » du dialogue, entretenant des contacts par diverses filières avec la guérilla.

L’affaire a également été très mal prise à Brasilia. Le numéro 2 du ministère, Samuel Pinheiro Guimaraes, a demandé des explications à l’ambassadeur de France, Alain Rouquié. Itamaraty n’a pas voulu aggraver l’incident par des déclarations publiques, et l’on assure côté français qu’un « point final » a été mis à cette affaire.

Le cauchemar des militaires brésiliens et de beaucoup de personnalités civiles est « l’internationalisation de l’Amazonie », région à cheval sur neuf pays. Les premières spéculations policières, découvrant une équipe étrangère se dirigeant vers la zone frontalière, évoquaient toutes sortes de trafics, drogue ou même biopiraterie. La mobilisation de la Police Fédérale aurait pu alerter la guérilla. L’attitude des diplomates et agents français à Manaus a suscité l’exaspération des policiers brésiliens, qui ont dévoilé l’affaire au reporter de Carta Capital, Bob Fernandes.

L’hebdomadaire revient sur le sujet dans son édition parue à Sao Paulo vendredi 25 juillet. A Brasilia, l’inquiétude dépasse de loin les susceptibilités personnelles. L’armée brésilienne a annoncé qu’elle combattra les FARC si elles traversent la frontière. Or, la libération d’Ingrid Betancourt devait bien avoir lieu en territoire brésilien.

PATRICE SAINT-JACQUES

 

 

CONGO/GABON : EDITH BONGO MET DES COUCHES-CULOTTES POUR DORMIR OU LE DESTIN TRAGIQUE D'UNE FEMME DE POUVOIR...

Elle est belle, jeune, elle, fille de président qui a voulu devenir femme de président. Pour donner à sa mère ce que son père a transmuté à Antoinette. Son diplôme de docteur en médecine en poche, Edith Sassou n'a jamais exercé la médecine car elle va devenir madame Bongo Ondimba. Elle largue son petit ami à coups de millions de francs cfa... Aujourd'hui, Edith Bongo vit à Paris, malade, on parle de la maladie de Parkingson, d'un empoisonnement, du fait qu'elle ait touché les fétiches de Bongo ou d'un envoûtement mais une chose est sûre, la richissime Edith, aux dires de ses proches que j'ai rencontrés, porte des couches-culottes pour dormir et se shoote à la seringue. Son goût pour la drogue était connu mais nous passons de la rumeur à un état de fait. Peut-être prend-elle des injections hypodermiques à la morphine. Qui sait ? Elle ne se cache plus pour se shooter.
Comment en est-on arrivé à ce scénario catastrophe ? Comment le conte de fée a-t-il pu brusquement tourner au conte d'enfer ? Tout est parti d'une histoire de nectar : Okombi Salissa, ministre de Sassou, on dit que c'est le seul que l'enfant terrible d'Oyo ne contrôle pas, aurait réniflé le nectar présidentiel réservé à Bongo Ondimba. Les chefs d'Etat ayant la jalousie tenace, Okombi Salissa ne doit, paraît-il d'être encore en vie seulement parce qu'Edith aurait menacé son père : " Si tu le tues, je jette en pâture tous tes crimes aux yeux du monde !" Sassou a pensé que sa fille était devenue folle. Il a fallu l'intercession de madame Antoinette Sassou auprès de sa belle-fille pour que le statu quo demeure.
Protégée nuit et jour par trois gardes du corps, Edith Lucie Bongo, fille de président, épouse de président, a payé cher un coup tiré dans la griserie du cannabis. Un coup tiré, on marque un but de plaisir mais parfois ce but compte double avec en prime une déliquescence physique ! Bongo l'aurait-il empoisonnée ? S'agit-il d'un envoûtement ? Est-elle simplement malade ? C'est désormais trop privatif pour que mes sources osent poser des questions.
Son père, Sassou, a dit qu'il n'avait pas voulu de ce mariage car aujourd'hui, sa fille bien-aimée est très mal en point. Quand on mange du Omar, on récolte certes des mbongos (argent) mais attention ! On peut diriger très mal. En effet, les nains sont très redoutables en coups fourrés. Surtout quand ils portent des talons. Un coup de talon, ça peut faire très mal... Ce n'est donc plus demain qu'on verra Edith en public avec son mari dans l'état où elle se trouve. Le conte de fée tourne court. Peut-être que le destin du père, quant à sa fin, sera pire. Dieu seul sait... Bongo et Sassou se croisent dans les rendez-vous officiels. Désormais, les sourires sont de façade.
Quand on ne peut plus retenir ses urines entre autres, on porte des couches-culottes pour dormir. Edith aura compris la leçon mais elle a eu tort de commettre une erreur trop publique. Sa belle-mère Antoinette est beaucoup plus fûtée. Elle se tape des jeunes dans la discrétion et quand la rumeur point à l'horizon, elle fait disparaître le suspect en l'envoyant en mission. N'a-t-elle pas une fondation nommée Congo-Assistance ? En France, par exemple (j'en connais un exemple). Des missions dont on ne revient jamais...
Vous avez un doute, hein ? Avez-vous vu la vidéo de la fête de l'indépendance le 15 août 2007 à Owando sur le site officieux de Sassou ? Il est tout seul, le pauvre petit ! Yaya Bongo est seul ! Il marche les bras pendouillants sur le tapis rouge et dédaigne de regarder la caméra. Vous auriez fait quoi à sa place, hein ? Beau papa t'invite, ça fait vilain et mal poli de ne pas répondre à l'invitation. Donc, l'air de dire : " J'ai pas envie, maman mais je bois quand même ma tasse", Bongo s'amène. Seul ! Il n'a pas de chance avec les nanas, Yaya Bongo : la première se barre avec un musicien, lui préférant un président de la république, la seconde, celle qu'il est allé chercher chez lui, dans son Congo natal, une fille de chef d'Etat, le cocufie avec un vulgaire ministre et aux yeux des gardes du corps ! Comme quoi, question meufs, c'est pas gagné même dans les palais.
Affaire à suivre au palais téké d'Ondimba... Nous n'avons pas fini d'apercevoir le côté obscur de la fesse de cette histoire de fesses.

http://demainlecongobrazzaville.over-blog.com/article-12023129.html

 

 

Patience Dabany


PATIENCE DABANY
envoyé par saintjacques33

Durée : 04:39 Pris le : 02 juin 2007 Lieu : Gabon Patience envoie des provocations à ses rivale dont Mari mar est l'une d'elles

 

 

Le dossier sur les activités illégales de la CIA est en ligne, ici.

UN DOCUMENT EXPLOSIF DE: 702 PAGES

La CIA a tenté au début des années 1960 d'assassiner le président cubain Fidel Castro avec des cachets empoisonnés grâce à l'aide d'un membre de la mafia de Las Vegas, selon un dossier sur les activités illégales de l'agence de renseignement. Le dossier d'environ 700 pages, qui porte sur une période allant des années 1950 aux années 1970, était très attendu par les historiens, même si l'essentiel avait été révélé dans les années 1970 dans la presse et lors d'enquêtes parlementaires. Le document, baptisé ironiquement "Bijoux de famille" par la CIA, détaille également d'autres projets d'assassinats de dirigeants étrangers, dont Patrice Lumumba, premier Premier ministre après l'indépendance du Congo (devenu Zaïre puis RDC) -qui allait effectivement être assassiné en janvier 1961-, et Rafael Trujillo dictateur de la République dominicaine. Filatures et mises sur écoute de journalistes américains, surveillance de militants antiguerre du Vietnam, ouverture de courriers en provenance et en direction de la Chine et de l'Union soviétique, dont quatre lettres destinées à l'actrice Jane Fonda, cambriolages au domicile d'anciens employés de la CIA, font aussi partie des activités illégales recensées.

 

CLIQUEZ POUR LIRE LE RAPPORT INTEGRAL

 

Lundi 16 juillet 2007

Attentat contre Soro :
Les services secrets français ont bouclé leur dossier

 

Les agents de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) ont bouclé leur dossier sur l’attentat contre le Premier ministre Guillaume Soro. Les agents secrets français ont réuni une pile d’informations sur les auteurs et les commanditaires du coup. Le dossier a été transmis à « La centrale » à Paris.

Paris n’est plus à l’heure des supputations sur les auteurs et les commanditaires de l’attentat contre le Premier ministre.
La centrale, nom de code du QG des services secrets français sis à Paris XX arrondissement, a reçu, il y a peu, le dossier intégral sur le « murder party » du vendredi 29 juin dernier à Bouaké.
Les agents de la direction générale de la sécurité extérieure en fonction à Abidjan ont bouclé leur enquête sur l’attentat de Bouaké.
Une pile d’informations précise notre source proche du dossier, qui fixent définitivement les responsabilités et le degré d’implication de certaines personnes.
Parce que l’affaire est encore en instruction et que le dossier est classé secret défense, nous ne mentionnerons pas le nom des personnes citées nommément dans les documents.
Ce qu’il faut cependant savoir, c’est que les oreilles françaises étaient au fait de la préparation d’une action d’éclat contre le Premier ministre Guillaume Soro.
Dès qu’ils ont eu vent du projet, les agents français ont mis en alerte leurs différents réseaux dans la sous-région.
La démarche recommandée par La centrale était d’observer et de laisser le projet suivre son cours jusqu’à sa réalisation.
Les services secrets français ont donc suivi chacune des étapes de la préparation de l’attentat de Bouaké.
Ils ont pu sans difficulté suivre à la trace les commanditaires et les auteurs du coup.
Recoupant et assemblant les informations, ils ont réalisé un dossier truffé de preuves incontestables.
Le dossier transmis à Paris comporte entre autres un listing d’appel, des écoutes téléphoniques et des numéros d’appel connus.
Sur ce plan précis, les bandes sonores signalent le dernier ordre d’attaque formulé par l’un des commanditaires, le jour de l’assaut.
Figurent aussi dans le document, des photos et une copie filmée de l’attaque de l’avion du Premier ministre.
Mais, l’axe de cette note confidentielle reste de toute évidence, la fiche sur laquelle figurent le nom des individus impliqués dans l’attentat contre le Premier ministre.
Ce document décrit le degré d’implication et situe la responsabilité des uns et des autres dans le meurtre manqué de Guillaume Soro et de ses collaborateurs.
Selon notre source, tous les autres agents de la DGSE de la sous-région ont communiqué leurs informations à La piscine (un autre nom de code du QG de la DGSE).
A la direction, une équipe va travailler sur l’ensemble des bulletins pour en faire un support unique et uniforme que Paris compte verser à la commission d’enquête internationale.
En attendant, le gouvernement a décidé de saisir l’ONU.
Affaire donc à suivre.

 

 

Le grand pouvoir insoupçonné des chefs d'Etats africains

 

Le grand pouvoir insoupçonné des chefs d'Etats africains : L'Elysée n'aurait-il pas les mains libres face aux encombrants « amis » africains de la France ?

On ne soupçonne pas souvent l'immense pouvoir dont disposent les chefs d'Etats africains. Et oui, la francafrique a ses revers et ceux-ci peuvent être aussi dangereux pour la France que ne le sont ses réseaux mafieux pour l'Afrique. La francafrique serait-elle donc contre-productive pour la France et l'Afrique ? Son étude est pourtant profitable afin de mieux saisir les liens ô combien étroits qui lient les élites franco-africaines.

Rappelons pour commencer que la Francafrique doit son origine aux actions de plusieurs éminents personnages, dont le général De Gaulle et Jacques Focart, qui dans les années 1960 décidèrent de maintenir l'influence de la France dans une Afrique riche en matières premières mais décolonisée. Parmi leurs relais en Afrique on trouvait notamment l'ivoirien Félix Houphouët-Boigny ou le marocain Hassan II entre autres.

Depuis, les réseaux francafricains jouent un rôle central dans la politique africaine de la France pilotée par la cellule africaine de l'Elysée située au 2, rue de l'Elysée.

Ces réseaux francafricains sont d'ailleurs comparables à ceux de la très puissante French American Foundation (FAF) qui, elle, doit son origine aux actions notamment de James G. Lowenstein, membre entre autres du Council on Foreign Relations (CFR) où s'élabore la politique étrangère des États-Unis et dont l'équivalent britannique est le Royal Institute of International Affairs (RIIA, dit Chatham House) ; James Chace, directeur de la rédaction de Foreign Affairs, revue du CFR ; et de Nicholas Wahl, professeur de sciences politiques et fin connaisseur de la classe dirigeante française lui permettant des contacts en particulier avec le général de Gaulle et Michel Debré (Dans les années 1970, ces trois hommes mirent en commun leurs réseaux français dans le monde politique, économique, ainsi que dans la presse et le milieu universitaire). Ceci simplement pour dire que la corruption africaine a des relais en France, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, et bien au-delà de ces trois grandes puissances (la règle est simple : Vous avez vos propres intérêts et nous les nôtres).

Enfin, nous pouvons ajouter que la Francafrique est soutenue par le ministère des Affaires étrangères, le ministère de la Défense, le ministère de l'Économie ou encore celui du commerce.

La clef du système d'influence de la Francafrique est sa capacité à recruter des personnes appelées à occuper de hautes fonctions. En France comme en Afrique, sa grande force est d'accueillir en son sein les représentants politiques issus de courants qui, officiellement, s'opposent - des socialistes à l'UMP ; ou en Afrique des personnalités issues des oppositions aux régimes en place. Le mode de recrutement vise à créer et à développer des liens de confiance durables avec des personnalités politiques africaines ou avec des jeunes africains talentueux et pressentis pour occuper des postes clefs dans leurs pays. C'est ainsi que les « amis » Bongo, Eyadema, Sassou Nguesso et autres ont été sélectionnés puis recrutés.

La présélection des candidats se fait le plus souvent par l'intermédiaire des réseaux maçonniques et autres. Tous ces recrutements poursuivent, bien entendu, le but suprême de servir au mieux les intérêts de la France. Depuis 1960, les services secrets français ont pour fonction de recruter les jeunes leaders africains appelés à occuper des postes de dirigeants dans leurs pays pour les former au soutien de la politique néocoloniale française qui vise à favoriser la constitution d'une France forte et influente sur la scène internationale.

Cependant, pour éviter toute conclusion hâtive, je tiens à souligner que les personnes approchées par les réseaux francafricains et qui ont même parfois accepté de les fréquenter n'ont pas pour autant tous accepté les offres de services qui leur ont été ultérieurement présentées.


L'opposition politique fondamentale en France réside aujourd'hui entre ceux qui soutiennent une gouvernance de droite plus libérale sous l'autorité de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) et ceux qui, avec pour chef de fil le parti socialiste (PS), prônent un capitalisme modéré et plus social synonyme d'une meilleure répartition des richesses. Mais s'agissant de la politique africaine de la France, au-delà des Petites hostilités entre amis, ce clivage s'estompe nettement.

À ce niveau en effet, la grille de lecture traditionnelle française opposant une gauche à une droite n'a plus de pertinence - car on retrouve des deux côtés des partisans de la francafrique. C'est dire que parmi ceux qui dans le monde politique français aujourd'hui doivent s'inquiéter en cas d'un éventuel déballement des affaires illicites et compromettantes liées aux réseaux francafricains, il y a sûrement une majorité, même sûrement tous les membres des gouvernements successifs de droite depuis 1960. Et cela doit être exactement le même cas de l'autre côté de la barrière politique.

Parallèlement aux élites politiques, d'importantes opérations de lobbying auprès des décisionnaires africains sont constamment organisées par des hommes affaires représentant des intérêts tricolores en Afrique comme Total, Areva, Bouygues, Bolloré, CFAO (de François Pineau), Castel... ; et par les représentants des principales compagnies pétrolières (BP, Shell, ExxonMobil, Chevron, Total et Eni).

Voilà pourquoi pendant des décennies les locataires successifs de l'Elysée (du général De Gaulle à Jacques Chirac) ont toujours montré une déférence extrême à l'égard des chefs d'Etats africains, notamment le gabonais Omar Bongo, le congolais Sassou Nguesso, l'angolais José Eduardo dos Santos ou l'équato-guinéen Tedero Obiang Nguema dont les pays regorgent de ressources pétrolières, en faisant tant de concessions superflues que l'on a l'impression qu'un basculement a eu lieu dans lequel les deux parties ont oublié laquelle a le grand pouvoir et laquelle le petit. En effet, certains chefs d'Etats africains qui ont bien compris l'enjeu capital que représentent leurs colossales ressources naturelles pour les puissances occidentales et les appétits qu'elles aiguisent, se sentent pousser des ailes et se voient de fait investis d'un très grand pouvoir.

Suffisamment grand en tout cas pour leur permettre d'exiger et d'obtenir de l'Elysée d'influer sur le cours de la justice en France. De plus ils sont offerts en France de supers réseaux de communicants et de lobbyistes bien introduits dans la classe politique française de tous bords. C'est pourquoi quand par exemple Omar Bongo, non content qu'on lui fasse un procès pour ses quelques « masures » à Paris, ménace de fermer l'antenne librevilloise de Radio France internationale (RFI), les autorités françaises s'empressent de le calmer par un coup de fil apaisant.

Une seule règle donc lorsque vous êtes élu président et arrivez à l'Elysée : Ne surtout pas offusquer le « doyen » des chefs d'Etats africains, Omar Bongo qui a connu toutes les présidences françaises depuis le général De Gaulle. Il connaît tout le monde, sait tout sur tout le monde et surtout il maîtrise tous les dossiers de la francafrique. C'est donc une véritable bombe qui peut vous exploser à la figure si vous n'y prenez garde. C'est à croire que pour les autorités françaises, ces encombrants « amis » chefs d'Etats africains seraient devenus une vraie menace.

Il faut dire que cette politique hasardeuse et très risquée de l'Elysée, essentiellement axée sur des relations personnalisées avec les chefs d'Etats africains a en effet solidarisé les présidents successifs : Giscard D'Estaing, François Mitterrand et Jacques Chirac, avec des régimes corrompus et dictatoriaux qui ont même parfois commis des crimes contre l'humanité. Comme nous pouvons le voir, l'Elysée n'a donc pas les mains libres face à ces encombrants « amis » africains de la France.

Alors la question est : L'Elysée redoutant qu'un jour ces puissants et encombrants « amis » chefs d'Etats africains, qui connaissent bien trop de secrets et de dossiers sensibles, et qui prennent trop de liberté, soient tôt ou tard emmenés à tout déballer sur la place publique, ne serait-il pas tenté de les mettre aujourd'hui hors circuit, à la loyale, par la voie judiciaire ?

© Congoplus

http://www.rdpg.org/index.php?option=com_content&task=view&id=3221&Itemid=1

 

 

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JE VOUS LE DEMANDE : S.V.P SIGNEZ LA PÉTITION. LES GENS MEURENT DANS LE MONDE. QUE CE SOIT AU DARFOUR OU EN IRAN. MERCI

Cher PATRICE bonjour


j'ai pris le temps de vous écrire pour tout d'abord vous rendre hommage pour ce que vous faites et votre soutien .
Vous ne savez pas à quel point vous nous avez réconfortés.
Pour vous mettre un peu au courant de nos activités, nous avons commencé il y a trois semaines à collecter des signatures pour la pétition "ni guerre, ni concession au mollahs". Nous devons collecter un grand nombre pour pouvoir être efficace et faire une action forte pour un changement de la situation des droits de l'homme en Iran. Mais malheureusement il ne nous reste que trois jours jusqu'à samedi 30 juin pour la première étape de la collecte. Nous avons pensé que peut être nous pourrions obtenir un grand nombre de signature grâce à votre aide.

Vous savez que chaque signature a beaucoup de valeur et elle peut sauver une vie humaine. A l'heure actuelle en Iran 80 pourcent de mon peuple vit en dessous du seuil de la pauvreté. Vos signatures peuvent sauver des milliers d'enfants sans domiciles fixe et affamés ou des femmes qui pour nourrir leur familles sont obligées de se prostituer. Nos signatures peuvent sauver des victimes au seuil de la mort dans la liste d'attente des pendaisons et ….. C'est pour ça que ces signatures ont de l'importance plus que tout à cet instant pour nous.
Toutes ces atrocités proviennent d'une dictature religieuse et d'un régime totalitaire au pouvoir en Iran aide et soutenu par une fausse politique de complaisance de la part des états occidentaux. C'est pourquoi nous collectons des signatures pour faire changer d'avis les dirigeants occidentaux et pour qu'il fasse pression sur notre gouvernement afin qu'il cesse ces atrocités et ces barbaries.
Donc en haut l'acte le plus essential et important pour nous dans cette étape c'est le nombre de signatures. C'est pourquoi je voulais vous prier de nous aider à en collecter un grand nombre.

Mais par exemple le fait que vous fassiez signer cette pétition par tous vos amis et collègues et vos proches est une grande aide.
Ou bien si vous connaissez d'autres associations qui pourraient nous soutenir comme vous.

Dès cet instant j'ai ouvert la page de la pétition et je compte constamment le nombre des signatures.

Je voudrais que vous aussi vous me mettiez au courant.

Dans la page vidéo du site: http://www.sauvelemonde.com
Vous trouverez des clips sur la répression des femmes et des jeunes. Il y aussi des caricatures, des photos et des posters pour plus d'informations sur cette campagne.

Je peux vous envoyer des photos de la violation de droit de l'homme en Iran.

J'aimerais aussi fixer un rendez vous de chat avec vous si vous le voulez bien pour parler de plus près.
Je répète encore à quel point nous vous sommes reconnaissants.
J'attends impatiemment votre réponse.
Avec mes sincères amitiés

Atefeh

La police allemande déjoue une tentative d’attentat états-unienne contre le G8

Deutsche Presse-Agentur et Agenzia Giornalistica Italia rapportaient jeudi 7 juin 2007 que la police allemande avait surpris des « hommes des services de sécurité US […] tentant de dissimuler des explosifs militaires C4 à travers un point de contrôle à Heiligendamm » où se tenait le sommet du G8. Après que la valise contenant la charge explosive a été détectée par les appareils de contrôle, précisent les agences, les agents états-uniens, habillés en civil, se sont immédiatement identifiés. La police allemande a refusé de commenter cet événement (voir dépêches ci-dessous).

Toujours est-il qu’hormis un épisode irakien durant lequel des forces spéciales britanniques avaient été démasquées alors qu’elles semaient la terreur vêtues de djellabas, c’est la première fois que des agences de presse occidentales rapportent l’échec d’une opération déguisée (« False flag operation ») en Europe.

Le 7 juillet 2005, lors de l’ouverture du sommet du G8, un attentat avait fait 56 morts et plus de 700 blessés. L’agenda du sommet avait été modifié, les principaux sujets étant abandonnés pour traiter de la lutte contre le terrorisme international. Comme nous l’avions expliqué alors, les terroristes avaient identiquement introduit leurs explosifs sous couvert d’un exercice anti-terroriste (lire nos articles « Attentats de Londres : le même scénario se déroulait simultanément sous forme d’exercice ! » et « Londres renoue avec la stratégie de la tension », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 13 juillet 2005.).

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Deutsche Presse-Agentur
Amerikaner testeten G8-Kontrollen mit « Sprengstoff-Schmuggel »

Rostock (dpa) - US-Sicherheitskräfte haben die Kontrollen um den G8-Gipfel in Heiligendamm nach dpa-Informationen mit dem Transport einer geringen Menge Sprengstoff getestet. Der in einem Koffer versteckte Plastiksprengstoff sei von den deutschen Beamten an einer Kontrollstelle in einem Auto entdeckt worden, erfuhr die dpa. Obwohl es sich um eine « sehr kleine Menge » gehandelt habe, schlug demnach die Durchleuchtungstechnik Alarm. Daraufhin hätten sich die zivil gekleideten Insassen als US-Sicherheitskräfte zu erkennen gegeben.

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Agenzia Giornalistica Italia
G8 : SICUREZZA ALLA PROVA, AGENTI USA TENTANO DI PASSARE CON C4

(AGI) - Heiligendamm (Germania), 7 giu. - Gli uomini della sicurezza americana hanno messo alla prova i controlli attorno al vertice del G8. Secondo quanto riferito da fonti tedesche, alcuni agenti Usa in borghese hanno tentato di introdurre dell’eplosivo al plastico C4 da un varco di accesso all’area di Heiligendamm. L’esplosivo, nascosto in una valigetta a bordo di un’auto, e’ stato localizzato dai macchinari e a quel punto gli uomini della security americana si sono qualificati.

http://www.voltairenet.org/article149043.html

 

 

Un nouveau groupe terroriste en Iran, commandité par la CIA

Alors que depuis plusieurs semaines, les pressions contre l’Iran se sont accrues, la chaîne d’information américaine ABC News a confirmé le 5 avril 2007 les nouvelles activités terroristes de la CIA en Iran.

On sait que depuis 1981, la CIA équipe et finance les [Moudjahiddins du peuple contre la révolution islamique ; après la défaite des Soviétiques en Afghanistan, la CIA a utilisé les mercenaires d’Oussama Ben laden pour contrer l’influence chiite en Asie centrale ; plus récemment, la CIA a pris le contrôle des mouvements séparatistes de l’Arabistan (c’est-à-dire de la région arabe de l’Iran). Désormais,la CIA manipule aussi le Jundullah, un groupe qui a commis plusieurs attentats mortels à l’intérieur de l’Iran. Originaire du Baloutchistan, région pakistanaise frontalière, le groupe terroriste dirigé par Abdel-Malik Regi serait resté en relation étroite avec les États-unis depuis 2005. Kidnapping, attentats… ses actions ont entraîné la mort de plusieurs citoyens ordinaires, aussi bien que de soldats et d’officiers. L’un de ses attentats, qui avait causé la mort de 11 gardiens de la révolutions iraniennes dans la ville de Zehland en février 2006, a même été revendiqué publiquement par son leader, Regi, lors d’un entretien télévisé.

http://www.voltairenet.org/article146940.html

 

 

Une nouvelle arme états-unienne pour bombarder le Pakistan en toute discrétion

En janvier 2006, les États-Unis bombardaient le Baloutchistan, une province du Pakistan frontalière de l’Afghanistan, causant la mort de nombreux civils, ce qui engendra d’importantes manifestations et des dissensions parmi les alliés du général Musharraf au pouvoir, sans parler de l’indignation internationale suite à cette violation flagrante de la souveraineté d’un État officiellement allié.

Pour pouvoir continuer à bombarder les régions hostiles au régime du général Musharraf, allié précieux dans la « guerre au terrorisme », sans toutefois s’exposer à l’ire de la population, les forces spéciales de l’US Army expérimentent actuellement une nouvelle arme. Sorte de croisement entre la roquette et le missile de croisière, le HIMARS (pour High Mobility Artillery Rockets, fusées d’artillerie à haute mobilité) est lancé depuis le côté afghan de la frontière à partir d’un véhicule tout-terrain, indispensable dans cette région montagneuse. Il peut être guidé par GPS jusqu’à sa cible et délivrer plusieurs sortes de charges, notamment des bombes à sous-munitions.
Officiellement, cette arme permet d’atteindre des cibles que les frappes aériennes distinguent mal par mauvais temps, jusqu’à une distance de 300 km. Mais surtout, personne ne peut identifier d’aéronefs états-uniens sur zone.

Ainsi, le mardi 19 juin 2007, une gigantesque explosion causait la mort d’au moins 30 personnes, dont des civils, dans le Nord-Waziristan. Les autorités pakistanaises et états-uniennes affirment qu’elle était due à des munitions présentes sur place. Pourtant les témoins locaux affirment avoir vu 3 missiles en provenance de l’Afghanistan tout proche. Il s’agit de la première utilisation du HIMARS sur un théâtre d’opération.

http://www.voltairenet.org/article149375.html

 

 

Défense : la coopération entre les marines chinoise et française s’intensifie

Á l’occasion de la récente escale du bâtiment de commandement et de ravitaillement de la Marine française VAR à Hong-Kong (photo ci-dessus), le ministère de la Défense a déclaré vouloir renforcer sa coopération avec son équivalent chinois.
L’amiral commandant des forces françaises dans l’océan Indien, Jacques Launay s’est notamment entretenu avec ses homologues chinois sur le thème de projets d’exercices navals conjoints d’une ampleur inédite.

La France est la deuxième force navale en présence, après les États-Unis, dans la zone couvrant l’Océan Indien et la Mer de Chine, et entend bien ne pas rester à l’écart du processus de redéploiement naval chinois en fonction de ses nouveaux intérêts stratégiques. En effet, ce processus implique que la Plan (People’s Liberation Army Navy, Marine de l’armée populaire de libération) se modernise et se rééquipe largement, dans les années à venir, afin de passer d’une défense côtière à un déploiement défensif plus distant, destiné à protéger les couloirs maritimes stratégiques dans lesquels le pétrole joue un rôle de premier plan.
Principal fournisseur de la Chine jusqu’à présent, la Russie n’est pas en mesure de répondre à tous les besoins matériels et humains (formation, etc.) générés par ce redéploiement.
Parallèlement à cet aspect technique, la coopération entre les marines chinoise et française permettrait d’exercer un contrepoids à la présence de la 7ème flotte états-unienne dans la région.

http://www.voltairenet.org/article149501.html

 

 

FINANCE DES GUERRES PASSEES ET FUTURES (Version longue)


LE JEU DE L'ARGENT - Archives oubliées
envoyé par al-fred

Durée : 45:59 Pris le : 10 décembre 2006 Lieu : France. LES ARCHIVES OUBLIEES N°2 -

Documentaire Canadien - Le controle et la création du dollar américain est effectué, non pas par le gouvernement, mais par une banque privée "la réserve fédérale" (FED) qui détient le monopole. - 46min -

 

 

ARTICLES CACHÉS SUITE:

 

 

Le silence de Reporters Sans Frontières sur le journaliste torturé à Guantanamo
par Salim Lamrani

 

Le silence observé par l’organisation de « défense de la liberté de la presse », Reporters sans frontières (RSF), au sujet du journaliste soudanais, M. Sami al Hajj, suscite de nombreuses interrogations quant à l’impartialité de l’association dirigée par M. Robert Ménard. Toujours prompte stigmatiser, souvent de manière arbitraire, certains pays dans la ligne de mire de Washington tels que Cuba, le Venezuela et la Chine, RSF a totalement ignoré le calvaire enduré par M. al Hajj, travaillant pour la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera [3].

Sami al Hajj

Le 22 septembre 2001, Al Jazeera a envoyé une équipe de journalistes, dont faisait partie M. al Hajj, enquêter sur le conflit en Afghanistan. Après 18 jours de reportage, le groupe s’est retiré au Pakistan. En décembre 2001, M. al Hajj est retourné avec ses collègues couvrir l’investiture du nouveau gouvernement afghan. Mais, avant d’avoir pu atteindre la frontière, la police pakistanaise a procédé à l’arrestation du journaliste soudanais, relâchant les autres membres de l’équipe qatarie [4].

Transféré aux autorités étasuniennes installées en Afghanistan, M. al Hajj allait vivre un véritable cauchemar sur la base aérienne de Bagram. « Ce furent les pires [jours] de ma vie », a-t-il témoigné. Il a avoué avoir été abusé sexuellement et menacé de viol par les soldats nord-américains. Il a également été gravement torturé pendant de longs mois. Les sévices à son encontre ont été multiples. Il était obligé de se mettre à genoux à même le sol pendant plusieurs heures. Des chiens le harcelaient et l’agressaient constamment. Le journaliste soudanais a également été longtemps enfermé dans une cage et placé dans un hangar à avions glacial. Il a expliqué comment ses cheveux et les poils de sa barbe ont été arrachés un à un par ses bourreaux. Il a été régulièrement passé à tabac par ses gardes et, durant près de 100 jours, il n’a pas été autorisé à se laver alors que son corps était couvert de poux [5].

Le 13 juin 2002, M. Sami al Hajj a été expédié à Guantanamo. Durant le vol, il a été maintenu enchaîné et bâillonné avec un sac sur la tête. A chaque fois que la fatigue le gagnait, il était violemment réveillé par ses gardes qui le frappaient à la tête. Avant son premier interrogatoire, il a été privé de sommeil pendant plus de deux jours. « Pendant plus de trois ans, la plupart de mes interrogatoires avait pour but de me faire dire qu’il a une relation entre Al Jazeera et Al Quaeda », a-t-il rapporté à son avocat [6].

Sur le territoire cubain illégalement occupé par les Etats-Unis, le reporter soudanais n’a pas reçu d’attention médiale alors qu’il a souffert d’un cancer de la gorge en 1998, et qu’il est atteint de rhumatismes. Il a été frappé sur la plante des pieds et intimidé par des chiens menaçants. Il a été victime de brimades racistes et n’a pas été autorisé à profiter des temps de promenades en raison de sa couleur de peau. Il a également été témoin de la profanation du Coran en 2003 et, avec ses codétenus, s’est mis en grève de la faim. La réaction de l’ armée étasunienne à la protestation a été extrêmement violente : il a été battu et jeté du haut des escaliers, se blessant sérieusement à la tête. Il a ensuite été isolé avant d’être transféré vers le Camp V, le plus sévère de tous les centres de détention de Guantanamo, où il a été classé au niveau de sécurité 4, niveau qui est synonyme des pires brutalités [7].

Ce témoignage, accablant pour l’administration Bush qui refuse toujours d’accorder le statut de prisonniers de guerre aux détenus de Guantanamo, s’ajoute à deux déclarations faites par d’autres victimes à Amnistie Internationale, tout aussi accusatrices [8]. Cependant, ils ne constituent que la pointe émergée de l’iceberg. A Guantanamo, le crime est double : les Etats-Unis infligent les barbaries les plus inhumaines à des personnes séquestrées sans preuves formelles, et occupent par la force une partie du territoire de la nation souveraine de Cuba.

La collusion entre RSF et Washington s’est déjà illustrée dans le cas du cameraman espagnol José Couso, assassiné par les soldats de la coalition. Dans son rapport, l’entité parisienne avait exonéré de toute responsabilité les forces armées étasuniennes malgré les preuves flagrantes. La connivence entre RSF et le Département d’Etat nord-américain était telle que la famille du journaliste a dénoncé le rapport, demandant à M. Ménard de se retirer de l’affaire. La complicité est également évidente dans le cas de Cuba, où RSF transforme des agents stipendiés par les Etats-Unis en « journalistes indépendants », alors l’information à ce sujet est disponible et inconstestable [9].

Les autorités étasuniennes se réjouissent des rapports tendancieux de RSF et les utilisent même dans leur guerre propagandiste contre Cuba. M. Michael Parmly, chef de la Section d’intérêts nord-américain à La Havane, a affirmé que 20% des journalistes emprisonnés dans le monde « se trouve à Cuba. Reporters sans frontières a récemment établi un classement de 164 pays pour la liberté de la presse ; Cuba a été classé avant-dernier juste devant la Corée du Nord [10] ».

Mise en cause pour sa stigmatisation constante de Cuba à partir d’éléments factuels erronés et pour son alignement sur le point de vue étasunien, RSF a tenté de répondre aux accusations. Mais le manque de cohérence du communiqué ainsi que les propos contradictoires observés n’ont fait que renforcer les soupçons [11]. En effet, M. Ménard n’a point fourni d’explications sur les liens douteux et les diverses réunions de son organisation avec l’extrême droite cubaine de Floride. Le secrétaire général de RSF va même jusqu’à afficher son admiration pour M. Franck Calzón, président du Center for a Free Cuba, organisation extrémiste financée par le Congrès des Etats-Unis. « Il fait un travail fantastique en faveur des démocrates cubains », a-t-il assuré à son sujet [12]. Par la suite, RSF a été contrainte d’avouer publiquement qu’elle recevait un financement de ce même Centre [13].

De la même manière, RSF a perçu des émoluments par le National Endowment for Democracy, organisme dépendant du Congrès et chargé de promouvoir la politique étrangère étasunienne [14]. Ce financement entraîne un conflit d’intérêts au sein de l’ organisation française, peu disposée à dénoncer les exactions commises par l’un de ses mécènes, à savoir le gouvernement des Etats-Unis. Avant la publication du témoignage divulgué par Amnistie Internationale, M. Ménard aurait toujours pu prétendre ignorer l’existence de M. Sami al Hajj. Mais, malgré la forte médiatisation internationale de ces nouveaux cas de torture sur la base navale de Guantanamo, RSF n’a toujours pas daigné s’ intéresser à ce scandale et s’est réfugié dans un mutisme révélateur.

La censure de ce nouveau cas de grave violation de la liberté de la presse commise par l’administration Bush ne fait que confirmer un peu plus le double discours de Reporters sans frontières. Pendant que l’organisation s’acharne de manière démesurée sur Cuba alors que les cas évoqués sont loin d’être convaincants, elle reste silencieuse sur une flagrante atteinte à l’intégrité d’un journaliste, emprisonné et torturé uniquement parce qu’il travaille pour la chaîne qatarie Al Jazeera, extrêmement influente dans le monde arabe et peu complaisante envers Washington. La crédibilité de l’organisation de M. Ménard, déjà fortement ébranlée par son traitement partial et ses liens avec le gouvernement des Etats-Unis, est de plus en plus en berne car de tels manquements comparés à la récurrence obsessionnelle de certains sujets comme Cuba ne peuvent pas être le fruit du hasard.


Salim Lamrani
Chercheur français à l’université Denis-Diderot (Paris VII), spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

 

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« Le terrorisme international n’existe pas »
Par le Général Leonid Ivashov

 

Le général Leonid Ivashov était le chef d’état-major des armées russes au moment des attentats du 11 septembre 2001. Ayant vécu les événements de l’intérieur, il nous en donne une analyse très différente de celle de ses homologues états-uniens. Comme lors de son intervention devant la conférence Axis for Peace 2005, il explique ici que le terrorisme international n’existe pas et que les attentats du 11 septembre sont une mise en scène. Ce que nous voyons n’est qu’un terrorisme instrumentalisé par les grandes puissances et qui n’existerait pas sans elles. Plutôt que de feindre une « guerre mondiale au terrorisme », il avance que la meilleure manière de réduire les attentats se situe dans le rétablissement du droit international et la coopération pacifique entre les États aussi bien qu’entre leurs citoyens.

 

 

Le général Leonid Ivashov (à gauche), lors de la conférence Axis for Peace, le 18 novembre 2005 à Bruxelles, en compagnie de Webster G. Tarpley
Comme le montre la situation mondiale, le terrorisme apparaît partout où s’exacerbent les contradictions, où intervient un changement de relations sociales ou de régime, où apparaît une instabilité politique, économique ou sociale, où se libèrent des potentialités agressives, où intervient la déchéance morale, où triomphent le cynisme et le nihilisme, où le vice se légalise et la criminalité explose.
C’est la globalisation qui crée les conditions pour ces phénomènes extrêmement dangereux. C’est dans son cadre qu’intervient le nouveau découpage de la carte géostratégique mondiale, que les ressources planétaires sont redistribuées, que les frontières des États sont défaites, que le système de droit international est mis en pièces, que les particularités culturelles sont effacées, que la vie spirituelle s’appauvrit…
L’analyse de l’essence du processus de globalisation, ainsi que des doctrines politiques et militaires des États-Unis et de certains autres pays, prouve que le terrorisme contribue à la réalisation d’une domination mondiale et à la soumission des États à une oligarchie mondialisée. Cela signifie que le terrorisme n’est pas un sujet indépendant de la politique mondiale mais simplement un instrument, un moyen d’instaurer un monde unipolaire ayant un seul centre de direction globale, un expédient pour effacer les frontières nationales des États et instaurer la domination d’une nouvelle élite mondiale. C’est justement cette nouvelle élite qui est le sujet clef du terrorisme international, son idéologue et son « parrain ». L’objet principal de la nouvelle élite mondiale est la réalité naturelle, traditionnelle, culturelle et historique, le système existant des relations entre les États, l’ordre mondial national et étatique de la civilisation humaine, l’identité nationale.
Le terrorisme international actuel est un phénomène qui combine l’emploi de la terreur par des structures politiques étatiques et non étatiques comme moyen d’atteindre ses objectifs politiques par la voie de l’intimidation, par la déstabilisation sociale et psychologique de la population, par l’écrasement de la volonté de résister des organes du pouvoir et la création des conditions propices à la manipulation de la politique de l’État et de la conduite de ses citoyens.
Le terrorisme est l’instrument d’une guerre d’un nouveau type. Simultanément, le terrorisme international, en accord avec les médias, devient le système de gestion des processus globaux. C’est précisément la symbiose des médias et de la terreur qui crée les conditions permettant des tournants dans la politique internationale et des modifications de la réalité existante.

Si l’on analyse dans ce contexte les événements du 11 septembre 2001 aux États-Unis, on peut en tirer les conclusions suivantes :
1. Les commanditaires de ces attentats sont les cercles politiques et les milieux d’affaires qui avaient intérêt à déstabiliser l’ordre mondial et qui avaient les moyens de financer cette opération. La conception politique de cet acte a mûri là où sont apparues des tensions dans la gestion des ressources – financières et autres. Les raisons de ces attentats doivent être recherchées dans la collision des intérêts du grand capital au niveau transnational et global, dans les cercles qui ne sont pas satisfaits par les cadences du processus de globalisation ou par la direction que ce processus prend.
À la différence des guerres traditionnelles dont la conception est déterminée par des politiciens et des généraux, les initiateurs en furent des oligarques et des politiciens qui leur sont soumis.
2. Seuls les services secrets et leurs chefs actuels ou retraités – mais ayant conservé de l’influence à l’intérieur des structures étatiques – sont capables de planifier, organiser et gérer une opération de telle ampleur. D’une manière générale, ce sont les services secrets qui créent, financent et contrôlent les organisations extrémistes. Sans leur soutien, de telles structures ne peuvent pas exister – et encore moins effectuer des actions d’une telle ampleur à l’intérieur de pays particulièrement bien protégés. Planifier et réaliser une opération de cette échelle est extrêmement compliqué.
3. Oussama ben Laden et « al Qaïda » ne peuvent être ni les organisateurs ni les exécutants des attentats du 11 septembre. Ils ne possèdent ni l’organisation requise pour cela, ni les ressources intellectuelles, ni les cadres nécessaires. Par conséquent, une équipe de professionnels a dû être formée et les kamikazes arabes jouent le rôle de figurants pour masquer l’opération.
L’opération du 11 septembre a changé la marche des événements dans le monde, dans la direction qu’avaient choisie les oligarques internationaux et la mafia transnationale, c’est-à-dire ceux qui aspirent au contrôle des ressources naturelles de la planète, à celui du réseau d’information globale et des flux financiers. Cette opération a aussi joué le jeu de l’élite politique et économique des États-Unis qui aspire également à la domination globale.

 

 

Le général Leonid Ivashov en compagnie du journaliste Christopher Bollyn d’« American Free Press »
L’usage du terme « terrorisme international » vise à remplir les objectifs suivants :
la dissimulation des buts réels des forces réparties à travers le monde, luttant pour la domination et le contrôle global ;
le détournement des revendications des populations dans une lutte aux buts incertains contre un ennemi invisible ; la destruction des normes internationales fondamentales, l’altération conceptuelle des termes tels que : agression, terreur étatique, dictature ou mouvement de libération nationale ;
la privation des peuples de leur droit légitime à la résistance armée contre l’agression et à l’action contre l’activité de sape de services spéciaux étrangers ;
la renonciation à la défense prioritaire des intérêts nationaux, la transformation des objectifs dans le domaine militaire par un glissement vers la lutte contre le terrorisme, la violation de la logique des alliances militaires au détriment d’une défense conjointe et au profit de la coalition antiterroriste ;
la résolution des problèmes économiques par voie d’une contrainte militaire forte sous prétexte de la lutte contre le terrorisme.

Pour combattre efficacement le terrorisme international, il faut prendre les mesures suivantes :
confirmer devant l’assemblée générale de l’ONU les principes de la Charte des Nations-Unies et du droit international comme devant être respectés par tous les États ;
former une union géostratégique de civilisation (peut-être sur la base de l’Organisation de coopération de Shanghai, qui regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, la Kirghizie, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan.), avec une autre échelle de valeurs que celle des Atlantistes ; élaborer une stratégie de développement des États, un système de sécurité internationale, un autre modèle économico-financier (ce qui signifierait remettre le monde sur deux pieds) ;
associer (sous l’égide de l’ONU) les élites scientifiques à l’élaboration et la promotion des conceptions philosophiques de l’Être humain du 21e siècle
organiser l’interaction de toutes les confessions religieuses du monde, au nom de la stabilité du développement de l’humanité, de la sécurité et du soutien mutuel.

 

Général Leonid Ivashov

 

Le général Leonid Ivashov est vice-président de l’Académie des problèmes géopolitiques. Il fut chef du département des Affaires générales du ministère de la Défense de l’Union soviétique, secrétaire du Conseil des ministres de la Défense de la Communauté des États indépendants (CEI), chef du Département de coopération militaire du ministère de la Défense de la Fédération de Russie. Il était chef d’état-major des armées russes, le 11 septembre 2001.

 

 

Torture : un moment de vérité pour McCain... et pour nous tous
Par Ray McGovern

 

Sous l’impulsion des néo-conservateurs, les États-Unis ont légalisé l’usage de la torture pour la première fois de leur histoire. Un amendement du sénateur républicain John McCain visant à rétablir l’État de droit est actuellement disputé au Congrès. Ray McGovern, porte-parole d’un groupe d’anciens responsables des services secrets, lui a apporté son soutien. Il explique aux lecteurs du Réseau Voltaire que la question qui se pose aux parlementaires états-uniens n’est pas de trouver un équilibre entre sécurité nationale et droits de l’Homme, mais de défendre ou d’abandonner les valeurs fondamentales de la démocratie.



Le sénateur John McCain
Le sénateur John McCain et ses collègues ont donné au Congrès une occasion de se racheter, d’une manière discrète mais significative, pour sa misérable fuite devant ses responsabilités lorsqu’il a donné il y a trois ans au président ce que les avertissements du sénateur Robert Byrd avaient alors désigné comme un « chèque en blanc » pour la guerre en Irak.

Avec l’aide remarquable du conseiller à la Maison-Blanche d’alors, Alberto Gonzales [1] et de juristes recrutés au département de la Justice, le vice-président Dick Cheney et le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld ont abusé de ce blanc-seing pour qu’il autorise la torture de détenus par la CIA et le personnel militaire. McCain, lui-même victime de tortures au Viet-Nam, tente de ramener les États-Unis à la conformité vis-à-vis des normes internationales, alors que l’administration Bush tente désespérément de laisser une porte ouverte pour permettre à la CIA et aux interrogateurs sous contrat de transgresser ces normes sans craindre d’être poursuivis.

McCain a présenté un amendement aux lois d’encadrement et de financement de la Défense, qui imposerait au personnel du département de la Défense de respecter les spécifications du Manuel de campagne de l’armée pour les interrogatoires. De même que pour la CIA et d’autres personnels de Défense, l’amendement interdirait les traitements « cruels, inhumains ou dégradants » des détenus « sans distinction de nationalité ou de territoire ». Cheney a ouvertement mené campagne pour faire repousser ou modifier cet amendement [2]. Il a perdu le premier round quand, malgré des efforts herculéens de sa part, 89 sénateurs ont rejoint McCain et voté pour.

Cela constitue un défi direct à Cheney ainsi qu’au président qui, on peut le supposer, est tenu informé. Les amendements des représentants n’incluent pas la formulation de McCain ; ainsi l’accord final sur la disposition concernant la torture est dorénavant entre les mains de Commission paritaire de la Chambre des représentants et du Sénat qui œuvre à concilier les différends entre les propositions. Lundi, le président George W. Bush se disait « confiant » quant au fait qu’un accord serait obtenu avec McCain, mais le sénateur Démocrate Carl Levin a déclaré que la Chambre des représentants a pour l’instant refusé la formulation de McCain et que cela était « inacceptable » pour le Sénat. Le vote bancal d’hier, à la Chambre des représentants, demandant aux négociateurs de la Chambre d’inclure mot pour mot le texte de McCain, rendra la tâche encore plus difficile à la Maison-Blanche pour s’imposer.

Les lois de Défense sont des législations impératives pour eux, aussi Cheney et Bush pourraient devoir peser la décision de passer à l’action avec le veto qu’ils ont si souvent brandi. Ceci, bien entendu, précipiterait une catastrophe mondiale en termes de relations publiques, mais ce genre de considération n’a pas découragé de telles actions par le passé. De plus, même s’ils se soucient du fait que les États-Unis deviennent encore davantage des parias à l’étranger, Bush et Cheney caressent peut-être un maigre espoir que la propagandiste-en-chef Karen Hughes [3] puisse s’en occuper. En outre, malheureusement, ils se sentent peut-être encouragés par de récents sondages suggérant que beaucoup d’États-uniens sont devenus suffisamment effrayés pour accepter la torture comme regrettable, mais permise si utilisée contre des « terroristes présumés ».

Aucun effort n’a été fait pour camoufler ce qui se profile derrière l’opposition à McCain [4]. Même le sénateur républicain Lindsey Graham, un avocat considéré comme un modéré sur la question de l’usage de la torture, a concédé que le « problème » était de trouver un moyen de protéger les interrogateurs qui vont trop loin. Au moins pour ce non-magistrat, il ne semble pas possible de résoudre la quadrature d’un tel cercle. J’essaie toujours de me faire à l’idée que, parallèlement à la rhétorique du « nous-ne-torturons-pas », notre pays a pour la première fois dans son histoire ouvertement adopté l’usage de la torture.

Qui cèdera, Cheney ou McCain ?
Les défenseurs de l’école de pensée de Cheney se sont fait entendre en ayant recours à la rhétorique factice du « scénario apocalyptique de la bombe à retardement » pour, en fait, rationaliser la torture. Et il semble que cela ait un certain impact. Selon un sondage AP-Ipsos réalisé fin novembre, 61 % des États-uniens sondés pensent que la torture est justifiée au moins en de rares occasions ; seuls 36 % disent qu’elle n’est jamais justifiée. Un sondage Poltronics de janvier 2005 recouvrant plus de deux mille entretiens téléphoniques avait donné 53 % des États-uniens estimant que la torture était acceptable, contre 37 opposés. Ce sondage avait également donné 82 % des spectateurs de la chaîne FOX News affirmant que la torture est acceptable dans « une grande variété de situations ».

Dans ce contexte, aussi incroyable que cela puisse paraître, le survivant de la torture McCain coure le risque d’apparaître trop modéré sur le sujet de la torture dans les rangs républicains, dont il espère pourtant le soutien pour emporter l’investiture républicaine à l’élection présidentielle de 2008. En conséquence, malgré l’important soutien dont il dispose parmi ses collègues sénateurs et en dépit de sa position sans compromis jusqu’à présent, il est toujours possible que McCain accepte des termes de compromis – des formules qui assurent l’administration que les interrogateurs de la CIA et sous contrat soient à l’abri des poursuites judiciaires lorsqu’ils « ne mettent pas les gants », ainsi que l’ancien chef du contre-terrorisme de la CIA Cofer Black a décrit l’approche de la CIA depuis le 11 septembre 2001.

Du point de vue de l’administration, les « techniques d’interrogation améliorées » ont certainement été utiles pour promouvoir la guerre d’Irak et la guerre au « terrorisme ». Nous savons désormais, par exemple, que les fausses informations inclues dans le discours du président Bush du 7 octobre 2002, tout juste trois jours avant que le Congrès ne vote la guerre, à propos de l’Irak entraînant des agents d’Al Qaïda à l’usage d’explosifs et d’armes chimiques, avaient été soutirées du captif Ibn al-Shaykh al-Libi par des interrogateurs égyptiens à qui nous l’avions « remis ». Al-Libi s’est depuis rétracté, déclarant que ses aveux avaient été faits sous la contrainte.

Et lorsque le procureur général d’alors, John Ashcroft, eut besoin de se targuer d’un succès dans la guerre au « terrorisme », José Padilla fut présenté sur la base du témoignage de nul autre que le cerveau du 11 septembre, Khaled Sheikh Mohammed, dont l’interrogatoire incluait la « baignoire ». Les poursuites pour « bombe sale » ont été abandonnées après qu’il ait passé trois ans et demi en prison.

C’est la torture et son cortège qui pointent leur nez
Mes collègues de Veteran Intelligence Professionals for Sanity et moi ne peuvent à peine croire ce que nous voyons. Si j’admire le sénateur McCain pour ses positions, il me semble étrange cependant que, par exemple, il cite les dommages causés à l’image des États-Unis à l’étranger comme la raison principale pour laquelle la torture devrait être interdite. Notre image entachée est un problème sérieux, mais c’est à mes yeux l’une des raisons les moins importantes d’une longue liste qui incite à ôter la torture de notre boîte à outils. D’autres raisons qui viennent à l’esprit sont, par ordre d’importance :

La torture met nos troupes, ainsi que celles d’autres pays, en danger de « traitement réciproque ».
La torture ne brutalise pas seulement l’ennemi, mais également le bourreau. (Demandez, comme moi, à ceux qui ont participé, ou simplement assisté à des tortures en Irak ou en Afghanistan).
Les informations obtenues sous la torture sont notoirement inutilisables. Les interrogateurs expérimentés savent que la torture est susceptible de fournir autant de désinformation que d’informations, sachant que les victimes de tortures feraient n’importe quoi pour mettre fin à la douleur. Par le passé la torture fut délaissée principalement parce qu’elle ne marchait pas.
La torture est moralement répréhensible. Elle occupe la même place que l’esclavage, le génocide, le viol, l’inceste – toujours, intrinsèquement mauvaise. Les sociétés civilisées se sont longtemps opposées à la torture car elle est largement reconnue comme un affront intolérable au droit inaliénable de l’homme à l’intégrité physique et à la dignité personnelle. C’est pour cela qu’il y a autant de lois contre la torture. Mais la torture n’est pas répréhensible parce qu’il y a des lois qui s’y opposent ; il y a des lois qui s’y opposent parce que c’est répréhensible.

Un corollaire du « crime suprême »
L’usage de la torture avant et après l’invasion de l’Irak signale un crime encore plus grand ; à savoir l’attaque et l’occupation de l’Irak pour des raisons autres que celles avancées. La guerre est, purement et simplement, une guerre d’agression. Le tribunal post-Seconde Guerre mondiale de Nuremberg, essentiellement créé par les États-Unis, a déclaré :

« Initier une guerre d’agression […] est le crime international suprême qui diffère des autres crimes de guerre parce qu’il renferme en lui-même le mal de tous les autres accumulé. »

Le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a jugé la guerre illégale, de même que la Commission internationale des juristes et une majorité d’experts légaux de par le monde. Pour ce qui est du « mal de tous les autres accumulé », la torture vient immédiatement à l’esprit. Il n’est pas possible de la contourner. La torture est un crime de guerre, un crime contre l’humanité. De plus, en assumant que les sondages ont raison, une autre partie de l’ « accumulation » réside dans le fait qu’une majorité de nos concitoyens ont été effrayés jusqu’à penser qu’il est permis de déshumaniser des êtres au point de les torturer.

Les dirigeants de notre pays, incluant ceux qui nous représentent au Congrès – oui, nous tous – doivent ouvrir les yeux et s’écarter de ce que le criminel de guerre nazi Albert Speer appelait la « contamination morale ». Nous ne sommes que trop disposés à fermer les yeux et laisser nos institutions commettre nos pêchés à notre place.

Au procès de Nuremberg, Speer, numéro trois de la hiérarchie nazie en temps de guerre, était le seul accusé à accepter la pleine responsabilité non seulement de ses propres actions, mais également de celles du régime. Speer confia qu’il était devenu « inextricablement condamné moralement ». « Je ne voyais pas parce que je ne voulais pas voir […] Je ne peux éviter la responsabilité sous aucun prétexte […] Il est surprenant à quel point c’est facile de fermer les yeux moralement. J’étais comme quelqu’un qui suit des empreintes de pas maculées de sang dans la neige sans réaliser que quelqu’un a été blessé. »

Lettre à John McCain
La semaine passée, 33 officiers retraités du renseignement dont je fais partie ont envoyé une lettre au sénateur McCain, exprimant notre profond soutien à son amendement visant à renforcer l’interdiction des traitements cruels, inhumains et dégradants sur les détenus par le personnel états-unien partout dans le monde.
Le bureau de McCain a largement distribué cette lettre auprès des parlementaires, un communiqué de presse a été diffusé, mais jusqu’à présent les principaux medias semblent être passés à côté. La lettre déclare, notamment :

« Ceux qui défendent une « flexibilité » pour abuser des prisonniers sont prêts à remettre en cause à la fois l’efficacité et nos valeurs en tant que nation sur la base de la croyance erronée que les traitements abusifs permettront d’obtenir des renseignements vitaux. Mais les interrogatoires du monde réel ressemblent rarement à ceux que nous voyons à la télévision et dans les films […] Heureusement, le choix entre nos valeurs et le succès contre l’ennemi terroriste n’en est pas un. Nous ne devons pas être séduits par la fiction selon laquelle la fidélité à nos idéaux est ce qui fait obstacle entre notre grande nation et la sécurité qu’elle mérite. »

Tout dépend essentiellement du fait que le sénateur McCain cède ou pas sur le principe et sur l’édulcoration de son amendement. Une telle marque d’intégrité lui confèrerait certainement une stature à part ces temps-ci à Washington.


Ray McGovern
Raymond L. McGovern est ancien analyste de la CIA. Il est co-fondateur de Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS), l’association des anciens responsables des services de renseignement hostiles à la captation des moyens de l’État fédéral à des fins privées par le clan Bush.

 

 

Terrorisme
Ces exercices de simulations qui facilitent les attentats

 

Tout comme les militaires organisent régulièrement des manœuvres pour tester leur matériel et leur organisation en vue de combats réels, les puissances publiques civiles ont mis en place des exercices de simulation d’attentats. Partant d’un scénario catastrophe tel qu’un avion suicide ou une bombe placée dans le métro, des cabinets de gestion de crise sont formés qui coordonnent les secours et les premières réactions. Mais l’étude de plusieurs cas récents montre que ce qui devait permettre de sauver des vies a, en fait, été utilisé pour faciliter des attentats. Des exercices de simulation se déroulaient ainsi à Londres le 7 juillet 2005 ou à New York le 11 septembre 2001…


Action secrète : renversement de gouvernement, guerre psychologique...

Commençons par Londres. Peter Power, le directeur de Visor Consultants, une firme privée sous contrat avec la police de la ville de Londres, a décrit le 7 juillet même, dans une interview à ITV, comment il avait organisé et conduit ce jour-là un exercice de simulation d’attentats pour le compte d’un client anonyme.

Peter Power : « À 9h30 ce matin nous étions en fait en plein exercice, pour une société qui compte plus de mille personnes à Londres, exercice basé sur des bombes synchronisées et explosant précisément dans les stations de métro où cela s’est produit ce matin. J’en ai encore les cheveux dressés sur la tête. »

ITV : « Pour être plus clair, vous organisiez un exercice pour savoir comment gérer cela et c’est arrivé pendant que vous meniez cet exercice ? »

Peter Power : « Précisément, c’était aux environs de 9h30 ce matin. Nous avions planifié cet exercice pour une société, pour des raisons évidentes je ne vous dirai pas son nom, mais ils sont devant leur télé et ils le savent. Nous étions dans une salle pleine de gestionnaires de crise qui se rencontraient pour la première fois. En cinq minutes nous avons décidé que ce qui se passait était réel et nous avons activé les procédures de gestion de crise de manière à passer de la réflexion lente à la réflexion rapide, ainsi de suite [1]. »

En prévision d’un déluge de courriers électroniques, Peter Power, ancien officier de Scotland Yard spécialisé dans l’anti-terrorisme, a préparé la réponse automatique suivante :


Peter Power, manager en chef de Visor Consultants« Merci pour votre message, étant donné le volume de courriels concernant les événements du 7 juillet, et les égarements faisant croire que notre exercice relevait de la prémonition, ou était quelque chose comme une conspiration [à noter que plusieurs sites web ont interprété notre travail du 7/7 d’une manière inappropriée/ naïve / ignorante / hostile], il a été décidé de produire cette réponse automatique :

» Il est confirmé qu’un petit nombre de scénarios " walk through" programmés bien à l’avance ont débuté ce matin pour le compte d’une compagnie privée de Londres (dans le cadre d’un programme bien plus vaste et qui demeure confidentiel) et que deux scénarios portaient sur des attentats à la bombe, à la même heure que ceux qui ont eu lieu avec les conséquences tragiques que l’on connaît. Un des scénarios en particulier était très similaire aux événements réels.

» Cependant, toute personne ayant connaissance des menaces portées à l’encontre de la capitale, sera au courant que _ » a) les services d’urgences ont d’ors et déjà réalisé plusieurs de leurs exercices basés sur l’explosion de bombes dans le système souterrain. _ » b) Il y a quelques mois, la BBC a diffusé un documentaire sur des thèmes similaires, bien qu’avec des conséquences plus dramatiques ? Il est donc à peine surprenant que nous ayons choisi un scénario réalisable - mais le timing et le script étaient néanmoins troublant.

» En bref, notre exercice (qui n’implique qu’une poignée de personnes, tels des gestionnaires de crise) s’est rapidement transformé en réalité et les joueurs, ce matin-là, ont parfaitement réagi à la réalité soudaine des événements.

» Il n’y a pas d’autres commentaires à faire. De plus étant donné le nombre extraordinaire de messages provenant de personnes mal informées, aucune réponse ne sera dorénavant donnée à quiconque ne fournira pas la preuve qu’il a de bonnes raisons pour nous questionner (c’est-à-dire journalistes accrédités etc.) » [2].

Les exercices de simulation d’attentats
La réponse automatique de Peter Power suggère que les exercices de simulation ont lieu fréquemment, de manière routinière, que l’exercice du 7 juillet ne sortait pas de l’ordinaire et qu’il a simplement coïncidé avec les attaques réelles. En fait, les scénarios nommés « walk through » n’ont rien de routinier. Et l’exercice de simulation d’attentats de Visor n’était nullement une coïncidence isolée.

Il existe plusieurs cas, largement documentés, d’exercices de simulation d’attentats, aux États-Unis et au Royaume-Uni, qui ont eu lieu avant ou exactement le même jour et à la même heure que des attentats réels. Dans les exemples ci-dessous, les exercices de simulation présentent des ressemblances troublantes avec les attaques terroristes réelles…

 

 

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Britain’s Atlantic Blue : avril 2005

 

Au Royaume-Uni, plusieurs exercices de simulation d’attentats s’étaient déroulés avant le 7 juillet 2005 dans le métro londonien. En 2003, l’exercice de simulation s’appelait Osiris 2. Il a nécessité la participation de plusieurs centaines de personnes. Selon Peter Power, il s’agissait de « tester les équipements et les gens dans les profondeurs du métro londonien » [3]. En plus de l’exercice du 7 juillet conduit par Visor Consultants, un exercice de simulation identique, nommé Atlantic Blue fut mené en avril 2005.

Atlantic Blue était intégré à un vaste programme de préparation aux situations d’urgence, nommé TOPOFF 3, développé par les États-Unis avec la participation du Royaume-Uni et du Canada. Il a été décidé par le secrétaire d’État à l’intérieur britannique, Charles Clarke (Secretary of State for the Home Department) en étroite coordination avec son homologue américain, Michael Chertoff, l’actuel secrétaire à la Sécurité de la Patrie qui a rédigé la version finale de l’USA Patriot Act suspendant les libertés fondamentales aux États-Unis au motif de lutter contre le terrorisme islamique.

Les hypothèses de l’exercice de simulation conduit par Visor Consultants le 7 juillet étaient les mêmes que lors d’Atlantic Blue. Rien de surprenant à cela, puisque Visor Consultants était impliqué – par contrat avec le gouvernement britannique – dans l’organisation et l’exécution d’Atlantic Blue, en coordination avec le département de la Sécurité de la Patrie de Michael Chertoff.

 

Des exercices préfigurant le 11 septembre

 

Les commentaires officiels cherchant à justifier le manque de réaction de la Défense des États-Unis le 11 septembre expliquent que les événements étaient tellement inimaginables que les militaires n’y étaient pas préparés. De nombreux exercices similaires avaient pourtant été menés. D’après USA Today, [4] « Dans les deux années qui ont précédé les attaques du 11 septembre, le commandement de la défense aérienne de la région nord-américaine [North American Aerospace Defense Command, NORAD, responsable de la défense aérienne des USA et du Canada] a conduit des exercices simulant ce que la Maison-Blanche a par la suite qualifié d’imaginable […] : l’utilisation d’avions détournés comme arme en les faisant se crasher sur des cibles. » L’une de ces cibles imaginaires n’était autre que le World Trade Center… Concernant ces exercices, le NORAD explique qu’ils utilisent « de nombreux types d’avions civils et militaires » pour jouer le rôle des avions détournés et tester « la détection des trajectoires et l’identification [des avions], le décollage d’urgence et l’interception, les procédures à suivre en cas de détournement, la coordination interne et externe de l’agence, ainsi que les procédures de sécurité opérationnelle et de sécurité des communications ». Et le porte-parole du NORAD d’ajouter : « Nous organisons quatre exercices par an impliquant toute la zone nord-américaine, la plupart incluent des scénarios de détournements d’avion. » [5]

Par ailleurs, le secrétariat à la Défense avait organisé du 24 au 28 octobre 2000, soit plus de dix mois avant le 11 septembre, des exercices concernant une attaque du Pentagone. Ils impliquaient trois scénarios : une attaque terroriste à la station de métro desservant le bâtiment, un accident de construction et… un avion de ligne s’écrasant sur le Pentagone et faisant 342 morts [6].

 

Le 11 septembre aussi

Ce qui est encore plus intéressant est que le 11 septembre même avait été choisi pour être un jour d’exercices. À travers tout le pays, des dizaines de bases militaires et toutes sortes d’agences gouvernementales étaient mobilisées pour des simulations. Voici quelques exemples représentatifs de ces exercices…


Couverture du manuel de la FEMA concernant les exercices de juin 1999 faisant apparaître le World Trade Center comme cible.Exercice au World Trade Center

Tom Kenney, porte-parole de la Federal Emergency Management Agency (FEMA, agence chargée de gérer les catastrophes) a expliqué au journaliste Dan Rather que son agence avait été déployée dans New York le lundi 10 septembre au soir en vue d’exercices prévus le 12. « Nous sommes l’une des premières équipes à avoir été déployée pour aider la ville de New York dans ce désastre. Nous sommes arrivés tard dans la nuit de lundi et sommes entrés en action mardi matin. »

Ceci a été confirmé par le maire de New York, Rudolph Giuliani, devant la commission d’enquête sur le 11 septembre. « Il y avait des centaines de personnes présentent, de la FEMA, du gouvernement fédéral, de l’État, du bureau de gestion des situations de crise de l’État et ils se préparaient à un exercice d’attaque biochimique. »
Comme ses prédécesseurs, cet exercice nommé Tripod devait simuler un attentat biochimique au World Trade Center entraînant l’évacuation du bâtiment.

 

Exercice impliquant le crash d’un avion sur un bâtiment

 

À quelques minutes des attentats au World Trade Center et au Pentagone, John Fulton, le chef du Strategic War Gaming Division du National Reconnaissance Office (NRO) mettait en place un exercice de simulation programmé longtemps à l’avance. Cette agence de renseignement qui gère l’espionnage depuis l’espace dépend du département de la Défense et son personnel provient par moitié de la CIA et par moitié de la Défense. Voici ce qu’en dit la dépêche de l’Associated Press datée du 22 août 2002 :

« Dans ce que le gouvernement décrit comme une étrange coïncidence, une agence de renseignement des États-Unis avait programmé le 11 septembre un exercice au cours duquel un avion perdu se crashait sur l’un des ses bâtiments. Mais la cause n’en était pas le terrorisme – il s’agissait d’une simulation d’accident. _ » Les responsables de Chantilly en Virginie, la base du National Reconnaissance Office, avaient programmé un exercice ce matin-là au cours duquel, suite à une avarie mécanique, un petit jet privé s’écrasait contre l’une des quatre tours du siège de l’agence. _ » L’agence est située à quatre miles [6.5 km] des pistes de l’aéroport international Dulles de Washington et 24 miles [40 km] du Pentagone. [...] S’ajoutant encore à cette coïncidence, le vol 77 d’American Airlines – le Boeing 767 qui fut détourné et s’écrasa sur le Pentagone – avait décollé de Dulles à 8 h 10 le 11 septembre, cinquante minutes avant le début de l’exercice. Il frappa le Pentagone aux environs de 9 h 40. »

 

Opération Global Guardian

 

Au moment des attaques du 11 septembre, un exercice militaire de grande ampleur nommé Global Guardian battait son plein. Commencé la semaine précédente, il impliquait l’US Strategic Command (Stratcom, agence responsable des forces nucléaires) en coopération avec l’US Space Command et le NORAD. Basé sur le scénario d’une attaque nucléaire contre les États-Unis par une puissance étrangère (la Russie), il mettait en jeu plusieurs centaines de militaires et était lié à différentes autres simulations telles que Crown Vigilance (un exercice de l’Air Combat Command, le commandement aérien), Apollo Guardian (US Space Command) ou encore les programmes du NORAD Vigilant Guardian et Amalgam Warrior. Il s’agit d’un exercice qui mêle simulations en salle et sur le terrain [7]. Le centre de commandement de l’exercice Global Guardian était situé dans un bunker souterrain de la base de l’Air Force d’Offutt (Nebraska). C’est là que se trouvait naturellement le commandant en chef du Stratcom, l’amiral Richard Mies. Du fait de l’exercice, c’est lui qui dirigeait ce matin-là tous les bombardiers, missiles de croisière et sous-marins des États-Unis. Toujours à cause de l’exercice, trois avions militaires de commandement équipés de moyens de communication sophistiqués avaient décollé de la base. Ces E-4B sont conçus pour contrôler les forces nucléaires depuis les airs en cas de crise. Ils constituent des centres de commandement alternatifs pour les hauts responsables gouvernementaux et leur permettent de diriger les forces US, commander des opérations de guerre et coordonner les actions des forces civiles en cas de crise majeure.

Le matin du 11 septembre, le personnel de Fort Monmouth, une base de l’armée de terre située à 70 km de New York, se préparait pour un exercice nommé Timely Alert II dont le but affiché était de tester les capacités de réactions en cas d’attaque chimique. L’exercice impliquait différentes agences parmi lesquelles les pompiers de la base et la police du New Jersey. Au même moment, à Fort Belvoir situé à une quinzaine de kilomètres du Pentagone, se déroulait un exercice censé « tester la sécurité de la base en cas d’attaque terroriste ». Tandis qu’au Pentagone, le docteur Matt Rosenberg était en train d’étudier « un nouveau plan d’urgence médicale basé sur le scénario improbable d’un avion se crashant à cet endroit » [8]. Et il ne s’agit que de quelques-uns des exercices organisés ce jour-là…

Par ailleurs, une partie des personnels les plus qualifiés pour répondre aux attaques se trouvait en entraînement à l’autre bout du pays. Ce fut le cas pour le groupe d’intervention antiterroriste mixte FBI/CIA, qui suivait un exercice d’entraînement à Monterey (Californie). USA Today rapportait le 11 septembre qu’« en fin de journée, avec la fermeture des aéroports à travers le pays, le groupe d’intervention n’a toujours pas trouvé de moyen de retourner à Washington ». Le site d’information Evote.com ajoutait le même jour que le FBI avait déployé « tous ses meilleurs agents des opérations spéciales et de la lutte antiterroriste (ainsi que les hélicoptères et avions légers associés) dans un exercice d’entraînement à Monterey ». De sorte qu’au moment des attaques « la principale agence fédérale responsable de prévenir de tels crimes était décapitée ».
De même, fin août, les deux tiers des avions composant le 27th Fighter Squadron avait été envoyés en opération à l’étranger (Turquie et Islande). Basé à Langley, cet escadron est un de ceux chargés de protéger les zones de New York et Washington...

La simultanéité de tous ces exercices avec les attentats réels, le 11 septembre 2001 aux États-Unis comme le 7 juillet 2005 au Royaume-Uni, ne peut être expliquée par de simples coïncidences. Elle amène à considérer que les commanditaires des attentats étaient informés de ce qui se préparait à l’intérieur des appareils d’État états-unien et britannique, c’est-à-dire que les commanditaires, ou au moins une partie d’entre eux, appartenaient à ces appareils d’État. Mais pourquoi utiliser sa connaissance d’une telle situation au risque de se dévoiler ?

Premier point : des militaires, des responsables gouvernementaux ou des membres des services de renseignement qui souhaiteraient un durcissement politique ne pourraient pas organiser des attentats sans se faire remarquer. C’est là la première fonction d’un exercice. Il donne la légitimité aux organisateurs de mettre en branle l’opération, leur permet d’utiliser les fonctionnaires et les installations gouvernementales pour le faire et offre une réponse satisfaisante à toute personne qui s’inquiéterait de ce qui se passe. Pour que cela fonctionne, il est évidemment nécessaire que le scénario de l’exercice soit proche de l’attentat projeté.

Second point : prévu à la date de l’attentat, l’exercice permet de déployer légitimement des hommes sur le terrain, hommes portant l’uniforme des services de sécurité ou de secours qui ne seront pour cette raison pas inquiétés. Il est aisé de placer parmi eux, par exemple, les poseurs de bombe.

Troisième point : le déroulement des exercices simultanément à des attentats réels permet de troubler la bonne exécution des réponses des services de sécurité ou de sauvetage loyaux par la confusion entre la réalité et la fiction. C’est ce qui s’est passé concernant les avions le 11 septembre où jusque 29 appareils ont été signalés détournés à un moment de la matinée. Où fallait-il alors envoyer des patrouilles, quels bâtiments fallait-il protéger en priorité ? On imagine le chaos que cela a pu entraîner dans les salles de commandement.

L’hypothèse de commanditaires internes à l’appareil d’État est choquante au premier abord. Il existe pourtant un précédent historique récent. Entre la fin des années 1960 et les années 1980, le réseau Stay behind [9] de l’Otan a orchestré des attentats à travers l’Europe. Cette affaire connue sous le nom de « stratégie de la tension » avait été officiellement révélée devant le Parlement italien par le président du Conseil Giulio Andreotti en 1990 et avait fait scandale sur tout le continent. Il s’agissait à ce moment-là d’effrayer la population pour la pousser à accepter la perte d’une partie de ses libertés individuelles contre un regain de sécurité.

Enfin notons la dépêche « Risque élevé d’attentats en Italie selon le ministre de l’Intérieur » de l’Associated Press du lundi 15 août 2005 à 15 h 08 :

« Un "risque élevé" d’attentats demeure en Italie, a estimé lundi le ministère italien de l’Intérieur, qui a annoncé l’organisation d’exercices le mois prochain afin de tester la capacité de réaction du pays. Le ministère de l’Intérieur a évoqué cette menace à l’issue d’une rencontre à Rome des hauts responsables de la sécurité, des renseignements et de la défense civile. "Après avoir examiné le niveau d’enquêtes en Italie après les attentats de Londres et de Charm-el-Cheik, le comité (de sécurité) a effectué une analyse profonde de la menace terroriste dans le contexte islamique", précise le ministère dans son communiqué. La conclusion établit qu’"un risque élevé d’une action terroriste dans notre pays demeure", ajoute le ministère. Des exercices afin de tester l’organisation du pays en cas d’attentats seront organisés en septembre dans toute l’Italie, "dans le but de maintenir l’ordre public, d’assurer une aide rapide et une information correcte et de lancer un travail d’enquête", précise le ministère.

 

 

Délocalisation des centres de torture
La CIA possède des prisons secrètes en Europe

 

Au cours des quatre dernières années, les États-Unis ont procédé à des enlèvements dans le monde entier et ont interné et torturé leurs victimes dans des centres secrets, vient de révéler le Washington Post. Certaines de ces prisons sans droit ont été installées en Europe de l’Est, y compris dans l’Union européenne, indique avec plus de détail Zia, dans un article que nous reproduisons.
Au moment où nous mettons en ligne, nous recevons confirmation de l’existence d’un tel centre en Pologne et de la présence d’un avion-prison de la CIA sur l’aéroport de Serihegy (Roumanie).
Une table ronde réunira, lors de la conférence Axis for Peace 2005, Ray McGovern (ancien analyste de la CIA), Sufian Abu Zeida (ministre de l’Autorité palestinienne), l’ambassadeur Craig Murray (qui a démissionné de Whitehall pour protester contre le centre de torture britannique en Ouzbekistan), Mateusz Piskorski (député polonais qui vient de porter l’affaire à la Diète) et le général René Vargas Pazzos (ancien chef de l’état-major de l’armée équatorienne, témoin du plan Condor). Ensemble, ils analyseront la globalisation de la torture par la Coalition.

Un possible règlement de compte entre les services secrets étasuniens et l’administration Bush à la suite du scandale de l’agent de la CIA dévoilée par la Maison-Blanche a ébranlé la presse et l’opinion publique étasunienne. Selon l’édition du 1er novembre du Washington Post, l’administration Bush aurait donné l’ordre d’organiser un réseau de prisons mises en place après les attentats du 11 septembre à New York, afin d’interroger des membres importants de l’organisation terroriste Al-Quaïda. Des facilités de détentions connues sous le nom de « lieux noirs » dans les rapports officiels étasuniens ont été installées dans huit pays, parmi lesquels la Thaïlande, l’Afghanistan et une série de démocraties est-européennes, avec l’accord tacite des autorités de chacun de ces pays.

La base étasunienne de Guantanamo (Cuba) représente une autre ramification des prisons mises sous la tutelle de la CIA, avec un centre secret de détention selon les déclarations d’anciens détenus et de représentants actuels des services secrets étasuniens. Pour des raisons de sécurité, ces lieux sont connus aux États-Unis de quelques officiels de haut rang, tandis que, pendant ce temps, dans les pays hôtes, les informations les concernant n’auraient atteint que les oreilles des chefs d’États et d’un nombre restreint de personnes appartenant aux services secrets locaux… La majorité des centres de détention ont été construits et sont entretenus avec des fonds alloués par le Congrès étasunien, précise de Washington Post, et, bien que silencieuse à ce sujet, la Maison-Blanche a permis à la CIA d’offrir des informations générales sur le programme de détention développé hors des États-Unis aux présidents et vice-présidents des commissions de l’information du législatif étasunien.

 

La République tchèque courtisée par les États-Unis

Les dévoilements du Washington Post semblent confirmés par certaines personnalités officielles européennes. Le ministre tchèque de l’Intérieur, Frantisek Bublan, déclarait hier à Prague que la République tchèque a repoussé récemment une demande des États-Unis d’installer sur le territoire tchèque un centre de détention où devaient être transférés des suspects incarcérés présentement à Guantanamo (Cuba). « Les négociations ont eu lieu il y a à peu près un mois. Les États-Unis ont fait des efforts pour installer ici quelque chose de ce genre, mais n’ont pas réussi », a déclaré le ministre tchèque au quotidien en ligne Aktualne.cz, propos repris par Mediafax. « Il est question d’une affaire assez compliquée, et je ne veux pas donner de détails », a ajouté le ministre tchèque Bublan. Le porte-parole du ministère de l’Intérieur n’a pu commenter immédiatement cette information. La demande étasunienne ne faisait pas référence aux détenus qui étaient directement liés au réseau terroriste Al-Quaïda ; ainsi soulignait Aktuane.cz, les prisonniers qui devaient y être transférés ne faisaient pas l’objet d’une inculpation. Selon « une source proche des services d’information tchèque », citée par la publication en ligne, les États-Unis ont adressé la même demande à d’autres États d’Europe de l’Est. Et, « selon nos informations ajoutait cette source, ils ont en partie réussi. »

 

Totalement isolé dans les ténèbres

Les conditions de détentions et les méthodes appliquées aux interrogatoires dans ces prisons patronnées par la CIA sont tenues totalement secrètes : les « lieux noirs » accueillent environ une centaine de personnes suspectées de terrorisme, toujours selon les suggestions du Washington Post. Les détenus sont partagés en deux catégories ; une trentaine parmi ceux-ci, en vertu de leur statut important dans la hiérarchie d’Al-Quaïda, sont soumis à un « traitement exceptionnel », dans le cadre de centres financés et administrés directement par la CIA. Ce groupe « bénéficie » d’un total isolement, d’un confinement dans les ténèbres, parfois dans des cellules souterraines, et, selon les détails du Washington Post, les interrogateurs sont exclusivement des agents de la CIA qui opèrent dans deux lieux, en Thaïlande et à Guantanamo (Cuba), prétendument fermés respectivement en 2003 et 2004. La seconde catégorie, soit environ soixante-dix personnes, est considérée comme moins importante, sont laissées aux soins des agents des services secrets des pays d’accueil, après une « vérification » préalable des « lieux noirs » sous le contrôle de la CIA. Si la CIA reconnaissait officiellement l’existence de prisons secrètes, le gouvernement des États-Unis pourrait être mis en accusation par d’autres États, ce qui augmenterait le risque d’une condamnation politique tant à l’intérieur qu’à l’étranger, précise le Washington Post.

 

La Maison-Blanche menacée

Créé à la suite des attentats du 11 septembre 2001, le réseau de prisons de la CIA a été développé hors des États-Unis dès lors que les prisons secrètes ont été déclarées illégales sur le territoire étasunien selon les déclarations de personnalités officielles rapportées par le Washington Post. Ainsi, les pratiques au sein des « lieux noirs » se déploient en dehors de toute légalité, les enquêteurs utilisant des « méthodes d’interrogatoire avancées » approuvées par la CIA, dont certaines contreviennent non seulement aux conventions de l’ONU, mais aussi à la législation étasunienne sur la torture, les traitements inhumains ou abusifs. D’autre part, le Sénat étasunien a interdit récemment et de manière explicite, l’application de traitements inhumains de la part des cadres militaires de l’armée des États-Unis.

Selon l’agence de presse roumaine (Rompres), l’amendement adopté interdit les « traitements cruels, inhumains ou dégradants » appliqués aux détenus qui se trouvent emprisonnés par les autorités étasuniennes, et ce, quelle que soit leur citoyenneté et leur lieu de détention. En réponse à ces accusations, la Maison-Blanche a menacé, si besoin est, de bloquer l’adoption du budget de la défense, usant de l’argument avancé par le porte-parole Scott McClellan, que cette mesure limite la « capacité du président, en tant que chef des armées, de conduire de manière efficace la guerre contre le terrorisme. » Plus encore, à la suite de l’adoption de cet amendement, le vice-président Dick Cheney et le directeur de la CIA, Porter Goss, ont sollicité le Congrès pour créer une exception dans le cas des cadres de la CIA, souligne le Washington Post.

 

Les précédents de la CIA

Les révélations du Washington Post interviennent dans un contexte où les autorités de Rome ont sollicité cet été des explications de Washington à propos de l’enlèvement en février 2003 à Milan par des agents de la CIA d’un imam égyptien suspecté de terrorisme, information donnée par la BBC. Cet imam, Osama Mustafa Hassan, connu aussi sous le nom de Abu Omar, a été enlevé dans une rue de Milan, placé dans un avion militaire à destination de l’Allemagne, d’où il a été transféré dans une prison égyptienne où il aurait été torturé. À la suite du déclenchement d’une enquête, les autorités italiennes ont émis un mandat d’arrêt aux noms de treize personnes affiliées à la CIA impliquées dans cet enlèvement. Parmi les individus visés par les autorités italiennes, on trouve le directeur du bureau de la CIA à Milan. À la suite de ce scandale, le ministre italien des relations avec le Parlement, Carlo Giovanardi, a déclaré au Sénat que les autorités de romaines n’ont jamais été informées de l’enlèvement de l’imam Osama Mustafa Hassan. « On ne peut affirmer que les autorités italiennes eussent autorisé une opération de ce type ou même qu’elles eussent pu y être impliqué. » Au moment même de ce démenti, le Washington Post affirmait qu’avant de mettre en œuvre cette opération, le directeur du bureau de la CIA de Rome a demandé l’autorisation de ses collègues italiens. Plus encore, il semble que tant la CIA que les services secrets italiens ont convenu, au cas où il y aurait des fuites, que les deux parties engagées dans cette opération nieraient une quelconque implication dans son déroulement. Pareillement, les autorités étasuniennes ont été accusées de gérer des centres de détention secrets sur un navire opérationnel se déplaçant dans l’Océan indien. Il existe des « accusations très sérieuses » allant dans ce sens cette année dans le rapport spécifique de la commission des Droits de l’Homme de l’ONU quant au problème de la torture, selon Manfred Nowak cité par Rompres.

Les États-Unis ne veulent en aucune façon rendre des comptes aux Nations unies
Les autorités étasuniennes ont refusé de fournir au Comité des droits de l’Homme de l’ONU des informations sur la situation des prisonniers retenus en Afghanistan, en Irak et sur la base de Guantanamo à Cuba, nous apprend Rompres. Le Comité des droits de l’Homme des Nations unies a demandé à Washington, au mois de juillet 2004, de lui fournir des informations en liaison avec le statut juridique et le traitement des prisonniers retenus par Washington hors des frontières étasuniennes. Le « statut juridique et le traitement de ces personnes sont réglés par les lois de la guerre » ont répondu au mois d’octobre 2004 les États-Unis. Simultanément, les autorités étasuniennes ont précisé que ces questions ne sont pas dans les attributions du comité onusien, qui doit se contenter de surveiller l’application du Pacte international sur les Droits politiques et civils des États signataires du Pacte. Chacun des 154 pays signataires doivent présenter régulièrement un rapport au Comité, c’est pourquoi Washington estime que le Pacte ne se réfère qu’à la situation du respect des droits de l’Homme à l’intérieur des frontières de chaque État et non à l’étranger.

 

La commission de surveillance des mesures antiterroristes

La Commission internationale des juristes a récemment annoncé la mise en place d’un organisme destiné à l’évaluation de l’impact des mesures antiterroristes sur les droits de l’Homme dans les divers États du monde. Dans un contexte où les « gouvernements cherchent à redéfinir et à éluder les principes bien établis des droits de l’Homme et de l’État de droit, afin d’arrêter le terrorisme », le Comité international des juristes a l’intention de déterminer comment les autorités politiques peuvent combattre le terrorisme sans transgresser ces normes. Le Comité est formé de huit experts de droit international parmi lesquels l’ancien commissaire aux Droits de l’homme de l’ONU, Mary Robinson. L’organisme dispose d’un mandat de dix-huit mois pour déterminer si les mesures antiterroristes peuvent affecter les droits de l’Homme, pour stimuler des débats nationaux sur ce thème et pour proposer des recommandations aux gouvernements visant au respect des principes du droit international dans le champ même de la lutte contre le terrorisme.

Le Comité se réunira dans quatorze États et dans quatre régions (Afrique de l’Est, Afrique du Nord, Moyen-Orient, et Amérique latine) où ont été mises en place des mesures contre le terrorisme. En dehors des discussions publiques, les membres du Comité rencontreront les autorités des divers gouvernements de ces régions.

(D.E)

 

 

Attentats en Jordanie: diffusion des aveux de l'épouse d'un des kamikaze

 

Les autorités jordaniennes ont annoncé l'arrestation de l'épouse d'un des trois kamikazes irakiens présumés responsables des attentats d'Amman et diffusé à la télévision ses aveux dans lesquels elle affirme avoir été impliquée dans l'une des attaques.

" Je m'appelle Sajida Mabrouk Atrous Rishawi, née en 1970 à Ramadi (Irak). Je suis entrée en Jordanie avec mon mari le 5 novembre avec des passeports irakiens falsifiés, sur lesquels le nom de mon mari était Ali Hussein Ali et le mien Sajida Abdel Kader Latif", dit la femme, la tête recouverte d'un foulard blanc et vêtue d'un manteau noir.
La séquence diffusée par la télévision jordanienne débute par quelques images muettes sur lesquelles la femme ouvre son manteau et montre une ceinture d'explosifs autour de sa taille, ainsi que la manière dont elle peut être actionnée.
En Irak, "nous avons attendu l'arrivée d'une voiture avec, à son bord, deux personnes et nous avons pris la route pour la Jordanie. C'est mon mari qui a organisé notre venue de là-bas et je ne
" En Jordanie, nous avons loué un appartement et il (son mari) avait deux ceintures explosives. Il en a porté une, m'a fait porter l'autre et m'a appris comment l'utiliser (...) pour exécuter (l'opération) dans des hôtels en Jordanie".
" Nous avons pris un taxi (...) pour l'hôtel (Radisson) où nous nous sommes mis chacun dans un coin. Il y avait un mariage, des femmes, des hommes et des enfants. Mon mari a réussi à se faire exploser, moi j'ai essayé mais je n'ai pas pu, ça n'a pas explosé".
" J'ai vu les gens courir et s'enfuir de l'hôtel. Je me suis enfuie comme eux", poursuit-elle, sur un ton calme, comme le reste de ses propos.
Les auteurs des attentats, des Irakiens, sont Ali Hussein Al-Shammari, 35 ans, Rawad Jassem Mohamed Abed, et Safa Mohammed Ali, tous deux âgés d'une vingtaine d'années, a affirmé dimanche le vice-Premier ministre jordanien Marwan Moasher.
Sajida Rishawi, l'épouse d'Al-Shammari, est aussi "la soeur d'un important terroriste, Samer Moubarak Rishawi, tué récemment à Falloujah (ouest de Bagdad), un des bras droit de (Abou Moussab Al-) Zarqaoui", le chef d'Al-Qaïda en Irak, a-t-il ajouté.
Mme Rishawi a été arrêtée samedi à 11H00 locales (09H00 GMT) dans un appartement à Tlaa al-Ali, un quartier bourgeois à l'ouest de la capitale, ont indiqué à l'AFP des sources sécuritaires.
" Les terroristes ont traversé la frontière irako-jordanienne au passage de Karameh le 5 novembre et loué un appartement (...) à Tlaa al-Ali", a indiqué M. Moasher.
Le couple s'est rendu à l'hôtel Radisson, où un mariage était célébré, tandis que les deux autres membres du groupe se dirigeaient vers les hôtels Hyatt et Days Inn, selon lui.
Sajida Rishawi "était habillée comme pour participer à la cérémonie de mariage. Ils (avec son mari) sont entrés dans le lobby. Elle a tenté d'actionner le détonateur mais il n'a pas fonctionné. Son mari l'a forcée à quitter l'hôtel et s'est ensuite fait exploser", a expliqué M. Moasher.
Dans la séquence, Sajida a simplement dit qu'elle avait fui comme tout le monde.
Selon M. Moasher, les ceintures explosives des kamikazes pesaient entre 5 et 10 kg et contenaient également des billes de métal "pour faire le plus de victimes possible". Il a également réitéré qu'aucun Jordanien n'avait été impliqué dans les attaques (ou) arrêté".
Interrogé sur la poursuite de l'enquête, M. Moasher a affirmé qu'elle n'était "pas finie". "Nous devons nous assurer que toutes les pistes ont été examinées".
Le roi Abdallah II de Jordanie, a fait état dimanche "d'autres pistes". "Nous voulons savoir si cela (l'arrestation de la femme) nous conduit vers d'autres personnes qui ont participé à ce crime", a-t-il dit à la télévision américaine NBC.
La branche armée d'Al-Qaïda en Irak, dirigée par le Jordanien Zarqaoui, a revendiqué jeudi ce triple attentat qui a fait 57 morts

 

 

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